"La Vie Hospitalière"

mercredi 5 février 2020

Crise à l’hôpital, temps de travail : les internes lèvent leur préavis de grève après le 14 février mais restent en alerte


Les internes ont décidé de participer à la journée de mobilisation pour la défense de l’hôpital public, le 14 février, mais ils lèveront tout de suite après leur préavis de grève déposé le 10 décembre, ayant obtenu des gages sur une partie de leurs revendications. Selon l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI), le ministère de la Santé a proposé l’ouverture de trois chantiers.
Le premier concerne le « déblocage » pour les internes franciliens de la prime d’attractivité territoriale de 800 euros, réservée aux paramédicaux d’Île-de-France. Cette prime « vie chère » répond à une revendication du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris (SIHP) mais ne satisfait pas totalement l’ISNI, qui attend du gouvernement une réponse nationale plus efficace sur la problématique du logement étudiant. La date de versement de cette prime est inconnue.
Seconde avancée : la création d’un fonds public pour la formation des internes afin de compenser l’interdiction faite à l’industrie pharmaceutique de financer les frais d’hospitalité des futurs médecins pour toutes les réunions à vocation scientifique.
Dernier dossier ouvert, et non des moindres : la prise en compte par la tutelle de la « question centrale » du respect du temps de travail. De longue date, les internes réclament le respect des 48 heures hebdomadaires et une obligation de décompte horaire pour objectiver les dérives et les abus. Mais de cela, il n’est pas encore question. En revanche, confirme l’ISNI, le ministère propose de rendre la présentation du temps de travail des internes « obligatoire » en commission médicale d’établissement (CME) dans le cadre d’une réunion annuelle.
La tutelle envisagerait surtout « la possibilité de sanctionner les établissements hors la loi » selon deux options : appliquer des pénalités financières et/ou conditionner leur certification par la Haute Autorité de santé (HAS) au respect du temps de travail des jeunes. « La volonté du ministère de la Santé de mettre les établissements face à leurs responsabilités est la bonne, salue Justin Breysse, président de l’ISNI. En revanche, je ne sais pas si sanctionner financièrement les hôpitaux qui sont déjà dans une position économique critique est la méthode à privilégier. Il vaudrait peut-être mieux valoriser les bons élèves. »
L’interne en rhumatologie d’Aix-Marseille juge la seconde option « pertinente » (certification conditionnelle) mais s’inquiète de sa mise en pratique. « Je ne vois pas sur quel indicateur fiable se fonder pour savoir précisément si notre temps de travail est respecté sans un décompte horaire », estime encore Justin Breysse.
Événements « à caractère festif »
L’ISNI appelle tous les internes à participer à la mobilisation du 14 février pour la défense de l’hôpital public sous la forme « d’événements à caractère festif » afin de sensibiliser la population, détaille le président de l’intersyndicale.
Si prolonger la grève n’a « plus de sens » en « période de crise sanitaire », l’ISNI continuera à défendre les internes sur le terrain, en s’efforçant de faire respecter la loi sur le temps de travail dans les hôpitaux et en veillant à ce que chacun des dossiers ouverts se concrétise rapidement. « Chaque jour, les internes sont confrontés aux risques psychosociaux. Il y a urgence ! », clame Justin Breysse.
Contacté ce mardi, le ministère de la Santé n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.
Article d' Anne Bayle-Iniguez 


Source : lequotidiendumedecin.fr




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