"La Vie Hospitalière"

vendredi 2 décembre 2022

« Des brigades ont injecté du Rivotril aux personnes âgées dans les Ehpad »

Pierre Chaillot est statisticien et auteur de la chaîne Décoder l’éco. Pendant la crise sanitaire, il a régulièrement analysé la façon dont les statistiques liées à l’épidémie ont pu être interprétées de façon erronée, voire manipulées par des acteurs publics ou privés


Les 24 et 25 septembre 2022, il a participé à un colloque organisé dans la région de Marseille, proposant une analyse critique des décisions politiques prises pendant la crise.


Lors de son intervention, Pierre Chaillot a détaillé les modalités d’exercice de la corruption statistique. Il est notamment revenu sur la façon dont les résultats des tests avaient pu être dévoyés pour effrayer les populations.


« Depuis l'introduction de ces tests, on a complètement abandonné la notion de malade. On ne s'occupe pas des malades, on s'occupe des résultats des tests. »










« Si on essayait vraiment de dénombrer les malades à partir des remontées des médecins, via le réseau Sentinelles ou le réseau SOS Médecins, on ne pourrait pas faire peur aux gens. La seule manière d’avoir des chiffres massifs, ce sont les fameux tests qui donnent positif ou négatif sans rapport avec des symptômes. Les vagues suivent la dynamique des gens et leur volonté à se faire tester. »


Lors de notre entretien, Pierre Chaillot s’est aussi exprimé sur la polémique liée à l’usage du Rivotril - une molécule médicamenteuse de la classe des benzodiazépines - dans le cadre de protocoles de soins palliatifs, notamment dans les EHPAD.


« Le scandale n’est pas tant lié à la molécule en elle-même, mais plutôt au protocole. C'est ce qu'ils ont appelé le protocole palliatif covid. C'est un protocole qui n'a pas lieu qu'en France, et qui a consisté à dire : « Il y a un virus mortel qui circule et quand les personnes âgées l'ont, on ne peut pas les soigner, et en plus elles sont dangereuses pour les autres parce qu'elles vont contaminer leurs voisins. Donc, il faut les isoler et les mettre en protocole palliatif. »


« La molécule utilisée par la plupart des autres pays a été le Midazolam et on s'est retrouvé en situation de pénurie. Il y a eu un décret spécifique en France pour pouvoir utiliser le Rivotril », ajoute Pierre Chaillot. « C'est à partir du moment où l’on prend cette décision que l'on a une forte augmentation de la mortalité, en particulier des personnes âgées dans les EHPAD. »


« Cette prise de décision est un vrai scandale. Comment peut-on affirmer d'emblée que les personnes ne se sortiront pas d'une quelconque pathologie et faire peur à tout le monde pour dévoyer le système de soins palliatifs sans tenter autre chose ? »


Selon Pierre Chaillot, les mesures prises par les pouvoirs publics dans le cadre de la crise sanitaire s’apparentent d’ailleurs à une gigantesque « expérience de Milgram ».


« On a vécu un niveau d’absurdité phénoménal. On a forcé les gens à fliquer leur voisins pour savoir s’ils étaient vaccinés, tout le monde a joué le jeu. Les gens ont participé de manière volontaire à cette expérience. »


Et Pierre Chaillot de conclure : « Quelle que soit l'expérience que l'on met en place, il y a toujours un nombre significatif de personnes qui ne se laisse pas avoir, à peu près autour de 5%. On a bien vu que ça n'avait aucun rapport avec le niveau d'éducation des gens. De grands chercheurs se sont rebellés, et puis il y a eu aussi des gens pleins de bon sens, quel que soit le niveau de diplôme. »


« Il ne faut pas se laisser faire. Il faut continuer à donner de l'information, refuser les choses quand elles sont complètement stupides, ne pas compter sur la totalité de la masse des gens pour s'investir à sa place, il faut le faire personnellement, fermement, sans s'arrêter. C'est nécessaire et ça suffit à ne pas tomber dans la dérive totale. »


Retrouvez l’analyse intégrale de Pierre Chaillot dans la vidéo.








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