"La Vie Hospitalière"

samedi 23 novembre 2019

À Évreux, les manipulateurs radio de l’hôpital en grève pour dénoncer leurs conditions de travail


Pour la première fois, jeudi 21 novembre 2019, ces agents de l’hôpital d’Évreux ont exprimé leur colère, qui porte sur les salaires et les conditions de travail.
Ce sont « les invisibles » de l’hôpital, tels que les présente Jessy Lecardonnel, délégué FO au centre hospitalier Eure-Seine. « Ils font leur travail en douceur. On ne les a jamais vus dans des grèves. Mais ils sont en train de sonner l’alarme. » Ces invisibles, ce sont les manipulateurs radio. Le site d’Évreux en compte 28. La quasi-totalité de l’effectif était en grève, jeudi 21 novembre 2019. Les autres assuraient un service minimum.
Les agents dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, réclament une revalorisation de leur salaire et leur intégration aux primes Buzyn et Veil, auxquelles ils n’ont pas accès.
« Recrutement immédiat »
« La prime Buzyn est réservée aux personnels des urgences, dont nous avons été oubliés. Lorsque nous travaillons de nuit ou le week-end, nous ne travaillons que pour les urgences », fait savoir Damien Marie, manipulateur radio depuis neuf ans.
Une profession qui peine à recruter, à 1.400 euros par mois en début de carrière. « On ne trouve pas sur le marché des manipulateurs radio, même dans le privé. Il n’y a pas de reconnaissance. La fonction publique hospitalière n’attire plus du tout, quel que soit le corps de métier : les conditions se sont de plus en plus dégradées », se désole Jérôme Pineau, secrétaire général CGT de l’hôpital Eure-Seine.
Pour le site d’Évreux, les manipulateurs radio réclament des mesures urgentes. « Nous souhaitons le recrutement immédiat de secrétaires en imagerie médicale, où la situation est dramatique et qui a des répercussions immédiates sur notre activité, avec toujours plus de glissement de tâches, notamment administratives. Cela entraîne également des retards de prise en charge et une colère des patients », poursuit Damien Marie.
Et ce n’est pas le plan d’urgence pour l’hôpital public, annoncé mercredi 20 novembre 2019 par le gouvernement -, qui devrait calmer la colère. « Que l’on donne à l’un et pas à l’autre, nous ne pouvons pas le tolérer. C’est un mépris du travail du personnel hospitalier. Sans manipulateurs radio, l’hôpital ne fonctionne plus », s’insurge Jérôme Pineau.
Autant de revendications qui devraient être portées lors de la mobilisation nationale du jeudi 5 décembre 2019.
Article de Vincent Folliot

Source : paris-normandie.fr


Note de "La Vie Hospitalière"
L'Association pour la Protection contre les Rayonnements Ionisants (association historique fondée en 1962 par Jean Pignero) a déjà dénoncé le manque de personnel dans les services de radiologie mais aussi dans les services de radiothérapie où les personnels travaillent bien souvent en flux tendu. C'est l'une des raisons pour l'APRI qui fait que des accidents surviennent " dans ces services.

vendredi 22 novembre 2019

Ces grands groupes de santé privés qui comptent bien profiter de l’agonie de l’hôpital psychiatrique public


Toujours moins de lits, des services fermés, pas assez de médecins, des soignants en sous effectif… Le secteur des hôpitaux psychiatriques va mal. Celui des cliniques psy privées se porte mieux. Du moins, du point de vue des grands groupes de santé privée qui se sont constitués depuis une décennie. 
En 1980, le nombre de lits, pour une prise en charge à temps plein, s’élevait à 120.000 dans la psychiatrie publique  pour 18.000 dans les cliniques privées. Trente-six ans plus tard, le nombre de lits dans le public a chuté à 41.000, ceux du privé ont baissé à 13.300 en 2016.
Plus de la moitié des lits de psychiatrie ont donc été fermés en 40 ans, très majoritairement dans le public, tandis que le nombre de lits dans le privé diminuait moins drastiquement. « La part du privé dans l’équipement en lits de psychiatrie a nettement augmenté en 40 ans. Elle représentait 11% du total des lits en 1975, (…) un peu plus de 24 % en 2016 », notait l’année dernière un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Le poids relatif du privé a donc plus que doublé. Si on regarde le nombre des établissements, près d’un tiers (30 %) des structures de prises en charge françaises sont aujourd’hui des cliniques privées à but lucratif.
Le secteur privé peut être brandi comme une menace face aux soignants du public : « Nous, à Caen, nous subissons l’austérité, et on nous dit « attention, si vous vous plaignez trop, les lits seront donnés au privé », témoigne Olivier Mans, infirmier psy, cadre à l’établissement public de santé mentale de Caen et secrétaire de la fédération syndicale Sud-santé-sociaux. Dans l’hôpital public, les technocrates essaient de définir des normes pour pouvoir quantifier les soins. Au final, cela sert surtout aux groupes privés », constate l’infirmier. Des entreprises – et leurs investisseurs – voient dans le soin psychiatrique un marché potentiellement lucratif.
Deux grands groupes à capitaux australiens et canadiens
Ainsi, le groupe Ramsey générale de santé, qui gère 30 cliniques psychiatriques en France, se targue de détenir 17% des parts de marché de l’hospitalisation privée générale dans le pays et l’un « des principaux acteurs de la psychiatrie privé ». Ce groupe est le fruit de fusions et d’acquisitions capitalistiques successives qui n’ont pas grand chose à voir avec des objectifs de santé publique. Ramsey générale de santé est né du rachat en 2014 de l’entreprise française Générale de santé par un groupe… australien, en l’occurrence Ramsey Health Care. Générale de santé, une société de cliniques psychiatriques créée en 1987, avait elle-même auparavant racheté des sociétés anglaises, avant d’être acquise par un fond d’investissements britannique. En 2016, Ramsey Générale de santé affiche un chiffre d’affaire de 2,2 milliards d’euros. Ses actionnaires sont Ramsey Health Care (plus de 50 % du capital), mais aussi une filiale assurance du Crédit Agricole (plus de 38 % du capital).
L’autre gros acteur des cliniques psychiatriques privées en France, c’est le groupe Clinea, lui-même propriété du groupe Orpea, l’un des leaders des maisons de retraites privées. Le groupe Orpea, créé en 1989, introduit en bourse en 2002, gère aujourd’hui plus de 350 maisons de retraites et cliniques en France. Sa filiale Clinea, lancée en 1999, possède 38 cliniques psy en France. Orpea appartient aujourd’hui principalement à un fonds de pension canadien, CPPIB, premier actionnaire depuis 2013. La famille propriétaire de Peugeot (à travers FFP Invest) en est aussi actionnaire à hauteur de près de 6 % du capital. Le PDG et le directeur général délégué du groupe Orpea ont tous deux touché plus d’un million d’euros de rémunération en 2017.
Des rachats successifs de petites cliniques
D’autres groupes de taille plus restreinte sont aussi sur le marché : Inicea, qui a aujourd’hui dix cliniques psychiatriques en France, ou encore OC Santé – un groupe régional de santé privé en Occitanie – qui gère quatre cliniques psychiatriques. On trouve aussi le groupe Sinoué, créé par un psychiatre il y a 12 ans, qui exploite une dizaine d’établissements en France et en Angleterre – et dont le PDG figure au conseil d’administration de la fondation Fondamental, à laquelle nous avons consacré un précédent article sur la psychiatrie en France.
L’heure est à la concentration du secteur : ces groupes se sont souvent constitués en rachetant de petites cliniques qui, bien qu’appartenant au secteur lucratif, n’étaient pas dans la même logique d’expansion et de rendement financier propre au grands groupes. « La clinique où je travaille était une petite clinique, dans le secteur lucratif, mais qui avait été fondée par quelques psychiatres et qui œuvrait beaucoup dans la psychothérapie institutionnelle », témoigne Philippe Gallais, infirmier qui a passé vingt ans en psychiatrie, et est délégué CGT au sein du groupe Clinea.
La psychothérapie institutionnelle, c’est ce courant de prise en charge psychiatrique développé dans les année 1950 et 1960 par des psychiatres comme Jean Oury, qui met l’accent sur la relation entre soignant et soigné, et sur la dynamique de groupe au sein de l’institution psychiatrique. La clinique de Philippe Gallais, La Lironde, près de Montpellier, existe depuis 1972. Elle a été rachetée par Clinea en 2007 : « Avec le rachat, c’en était fini de la psychothérapie institutionnelle. Avant, on pouvait garder un patient schizophrène neuf mois. Aujourd’hui, c’est trois mois maximum », résume l’infirmier.
Ces groupes privés « vivent avec l’argent de la Sécurité sociale »
« Les petites cliniques de psychothérapie institutionnelle ne tenaient que par la force de leurs fondateurs et des personnes qui y travaillaient. Elles subissent aujourd’hui les OPA de grands groupes qui les transforment en entreprises, ajoute Philippe Gasser, psychiatre, vice-président de l’Union syndicale de la psychiatrie. Cela commence par des plans sociaux, puis vient la rationalisation des pratiques, avec moins de soignants, moins de thérapie communautaire, moins d’art-thérapie, moins d’ergothérapie. » À la Lironde, le travail s’est bel et bien transformé après le rachat de la clinique. En 2011, le personnel s’est mis en grève contre « une dégradation des conditions de travail » depuis l’acquisition de l’établissement par Clinea.
« Tous les grands groupes privés de cliniques psychiatriques ont une vingtaine d’années. Pas plus. Ces groupes ne se sont pas constitués tout seul », analyse aujourd’hui Philippe Gallais. De fait, ce sont les Agences régionales de santé (ARS) qui attribuent les autorisations pour l’ouverture de places en cliniques privées. « Les ARS lancent des appels à projets, avec des cahiers des charges régionaux où il est dit « il faut tant de lits ». Ensuite, elles répartissent les besoins en lits sur les différents acteurs, publics et privés. L’État est complice de la formation de ces groupes privés. Car ils vivent avec l’argent de la Sécurité sociale. Mais lorsqu’il y a des conflits sociaux dans les cliniques, tout comme dans les maisons de retraites, les ARS refusent d’intervenir. Elles se comportent comme de simples gestionnaires. »
Quand l’agence régionale de santé « joue la concurrence »
La part des cliniques psychiatriques privées commerciales dans les places de prise en charge varie largement d’une région à l’autre. Ainsi, dans les Alpes-maritimes, 31 % des lits sont dans le secteur privé. La proportion s’élève à 35 % dans le Rhône. Mais à 16 % en Ile-et-Vilaine. En Haute-Garonne en revanche, les établissements privés à but lucratif concentrent trois-quarts des lits de psychiatrie. « L’ARS de la région joue la concurrence entre le public et le privé. Ils ne prennent pas en compte le fait que nous ne prenons pas en charge le même type de patients, déplore François Ringoot, infirmier à l’hôpital psychiatrique public Marchant de Toulouse, en Haute-Garonne, et délégué syndical Sud-santé-sociaux. Les patients qui vont en clinique psychiatrique privée ont le plus souvent une mutuelle. Au contraire, à l’hôpital Marchant, la majorité des patients sont hospitalisés sous contrainte. Les hospitalisations libres vont en majorité dans le privé. »
En France, en 2017, sur les quelques 320.000 personnes qui ont été hospitalisées en psychiatrie à temps complet, 81.000 l’ont été sous contrainte, c’est-à-dire sans leur consentement - en majorité à la demande d’un tiers, comme un membre de la famille. Les personnes hospitalisées sous contrainte peuvent aussi l’être sur demande du préfet, ou « en cas de péril imminent », pour les personnes isolées ou désocialisées. Plus de 99 % des personnes hospitalisées sous contrainte ont été prises en charge dans les hôpitaux publics. « Quand il y a deux patients sous contrainte dans un service, nous savons gérer. Quand il y en a 14, c’est beaucoup plus difficile. Mais pour l’ARS, c’est la même chose, ce sont des lits, rapporte François Ringoot. Et cela alors que nous manquons de médecins, que des lits sont fermés, et que des services fonctionnent sans le nombre de soignants nécessaires. »
« Il n’y a rien de plus rentable socialement que le service public »
« Comme on a organisé une pénurie dans le secteur public, on va avoir recours au privé pour les patients les moins graves, et ceux qui ont le plus d’argent. On les envoie en clinique privée pour libérer nos lits dans le public, résume Mathieu Bellahsen, responsable d’un secteur de psychiatrie publique en banlieue parisienne et auteur de l’ouvrage La Santé mentale (La Fabrique, 2014). De cette manière, le pouvoir oriente la psychiatrie publique vers le traitement des patients hospitalisés sous contrainte et des patients les plus pauvres. Alors qu’une psychiatrie démocratique supposerait de proposer quelque chose pour tout le monde, une chose commune, sans ségrégation des patients », ajoute le psychiatre. « Les cliniques privées font très peu de soins sans consentement parce ce n’est pas possible de prévoir à l’avance quand le patient va être d’accord pour se soigner, ajoute Bernard Odier, psychiatre et représentant du syndicat des psychiatres du public. Pour le moment en France, les cliniques privées restent spécialisées dans les formes les moins sévères de troubles, elles ne convoitent que ce qui est programmable, pour remplir les lits à l’avance, prévoir la durée du traitement. »
Dans la même logique, les cliniques psy privées disposent de très peu de services d’urgences. Selon Philippe Gallais, « les cliniques traitent des pathologies plus choisies, alors que l’hôpital public ne va pas refuser un patient. Le privé a tendance à miser sur des créneaux comme l’addiction, la dépression. » Mais les pratiques de soin psychiatrique sont-elles fondamentalement différentes entre public et privé ? Non, répond Philippe Gallais : « Car la psychiatrie publique aussi s’est beaucoup appauvrie. » « Dans le privé, on a peut-être tendance à soigner davantage à coup de médicaments, et à enfermer plus », juge pour sa part Olivier Mans, infirmier à l’hôpital psychiatrique de Caen. « Mais le grand drame de cette progression du privé, c’est surtout que si l’accès des patients à des soins psychiatriques gratuits n’est plus possible, il y a un plus gros risque d’isolement social. Socialement, il n’y a rien de plus rentable que le service public. »
Article de Rachel Knaebel

Source : bastamag.net



Est-on encore bien soigné en France ?




À lire sans plus tarder.

jeudi 21 novembre 2019

Mesures pour l'hôpital : pour la santé, «une occasion gâchée»


Si certains ont salué les annonces de l’exécutif, la grande majorité des professionnels dénonce des mesures inadaptées et appelle à la poursuite du mouvement.
Avis franchement négatif sur le nouveau plan pour l’hôpital, présenté mercredi par le Premier ministre. Peut-être que la dynamique de mobilisation  -  qui avait vu personnels soignants et médecins, dans une union rare, manifester ensemble  - se ralentira. Mais les deux collectifs, Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, se disent très déçus. Et appellent à la poursuite du mouvement, avec une nouvelle journée d’action le 30 novembre.
«Le plan d’urgence pour l’hôpital ne répond en aucun cas aux problématiques du secteur», a ainsi fustigé une responsable du collectif Inter-Urgences. «Face au malaise, le Premier ministre se moque des soignants en souffrance», poursuit le Syndicat national des professionnels infirmiers. Qui ajoute : «Les soignants n’ont rien demandé au sujet de la dette des hôpitaux. Notre quotidien, c’est le budget de fonctionnement.»
«C’est une occasion gâchée,» analyse le Dr Patrick Pelloux, urgentiste. «Il y a certes un peu d’argent mais cela ne correspond pas aux ­attentes. Il n’y a aucune annonce sur la réouverture de lits. On a le sentiment de mesures techno qui ­répondent aux demandes des directeurs alors que j’espérais l’annonce d’un grand rendez-vous autour de l’hôpital public.»
«Les usagers se doivent de se mobiliser encore plus»
De fait, c’est autant le ton que le fond qui est mis en cause. Dr Anne Gervais, vice-présidente du collectif Inter-Hôpital laisse même éclater sa colère : «C’est monstrueux. Pour toute réponse, une politique de ­saucissonnage, avec des miettes pour les médecins, des primes pour les chefs de service et 66 euros pour le personnel soignant. Mais il n’y a rien pour répondre aux défis que l’on a soulevés», dit-elle avant de les énumérer.
«Comment faire pour que l’Ondam [le taux de progression des dépenses de l’assurance maladie, ndlr] réponde aux besoins et non l’inverse ? Comment faire pour que les salaires des infirmières ne soient pas à la traîne par rapport aux autres pays occidentaux ? Comment faire pour changer la gouvernance et inclure les usagers. Je suis effondrée, je ne vois pas ce qui va changer. Les usagers se doivent de se mobiliser encore plus avec nous.»
«Je n’en peux plus de ces effets d’annonce»
À l’inverse, les députés de la majorité se disent satisfaits, évoquant un plan à la hauteur des enjeux. Olivier Véran, rapporteur général de la commission des affaires sociales, se montre euphorique : «Derrière ces milliards, il y a des engagements très forts. Je n’ai jamais vu une telle ­ambition financière au service de l’hôpital.»«Il y a des mesures importantes qui marquent une rupture», estime François Cremieux, directeur général adjoint des Hôpitaux de Paris (AP-HP). «Ce plan prend en compte des spécificités régionales, comme celle de l’Ile-de-France pour le logement, mais aussi pour l’attractivité des postes de médecins hospitaliers en début de carrière. Il ouvre une progression pour les aides-soignants.» La Fédération hospitalière de France, elle aussi, se montre ­positive -  il est vrai que c’était elle qui était porteuse d’un allongement de la dette. «Notre appel pour des mesures d’urgence pour l’hôpital et les hospitaliers a été entendu. Nous serons vigilants sur l’application concrète de ces mesures.»
Ces marques de satisfaction sont néanmoins très minoritaires. Le vent de colère n’a en rien diminué après les annonces d’Edouard Philippe. «Qu’ils viennent au pied d’un lit, lâche une jeune pédiatre de l’hôpital Necker. Qu’ils nous ­disent si l’on va arrêter de transférer des nourrissons à 200 kilomètres, faute de lits ou de personnel.» Même le professeur émérite André Grimaldi se dit à bout : «Je n’en peux plus de ces effets d’annonce. Le Premier ministre ose dire que c’est historique, que pour la première fois le point d’indice des actes médicaux va augmenter. Mais il oublie de préciser que, depuis deux ans, ce qui a été historique, c’est qu’il avait baissé.» Et, triste : «Pourquoi jouer les uns contre les autres ?»


Source : liberation.fr



Plan hôpital: Edouard Philippe "ne veut diviser personne"


Le Premier ministre Edouard Philippe a défendu jeudi sur France Inter le plan hôpital expliquant qu'il ne voulait "diviser personne" face aux critiques notamment du collectif Inter-urgences. 
Interrogé sur le choix d'une prime spécifique de 800 euros réservée aux infirmiers et aides-soignants d'Ile-de-France, le Premier ministre a répondu: "Je ne veux diviser personne, je veux sauver l'hôpital public". Après la présentation du plan hôpital mercredi, le collectif Inter-Urgences a jugé les "mesures extrêmement médico-centrées" et "qui semblent chercher à diviser Paris et les régions".
"Quand on veut sauver l'hôpital public, on regarde là où les problèmes sont les plus criants et on consacre ces moyens aux problèmes les plus criants", a argumenté le Premier ministre. "Il y a une spécificité de la région parisienne, c'est pas parce que c'est Paris, il y a une très grande densité hospitalière, parce que les conditions d'exercice sont un peu particulières, décalées et très intenses, parce que la cherté de la vie est particulière", a-t-il dit.
Il a rappelé que l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ferme des lits car "on ne trouve pas les hommes et les femmes qui viennent travailler dans les services". Interrogé sur le fait de savoir pourquoi une augmentation de salaire n'avait pas été choisie, il a répondu que "l'impact sur chacune des personnes concernées aurait été très largement en deçà des espérances formulées".
Interrogé sur les critiques de ce plan qui a suscité des réactions mitigées de la part des professionnels, il a indiqué: "Je n'ai pas annoncé le plan en me disant que le lendemain tout le monde aller crier hourra, danser la gigue et dire tout est réglé".

Source : parismatch.com

Cinq décès dans un Ehpad : les mesures d’hygiène « pas du tout respectées » affirme l’avocat d’une famille


L’enquête avait permis de détecter une « toxi-infection alimentaire » après la mort de cinq résidents d’un Ehpad de Lherm, près de Toulouse (Haute-Garonne) en mars dernier. Interrogé par France Bleu Occitanie mercredi 20 novembre, l’avocat d’une famille de l’une des victimes affirme que les résultats des expertises menées cet été indiquent des dysfonctionnements répétés depuis des années dans l’établissement.
« Les mesures d’hygiène n’étaient pas du tout respectées, et depuis des années », explique Maitre Nicolas Raynaud de Lage.
« Le personnel quand il était souffrant continuait à travailler », continue-t-il, ajoutant que le port du masque, du bonnet et de la blouse pour la préparation des repas en cuisine n’était pas toujours respecté.
Antoinette, 93 ans, est morte à l’Ehpad du Lherm : « C’était une dame tirée à quatre épingles »
« À force de faire des économies, on en arrive à ce drame »
« Tant la chaîne du chaud que la chaîne du froid n’étaient pas respectés, et cela fait longtemps qu’ils ne l’étaient pas. L’échelle, la machine qui permet de maintenir les plats à température pour éviter la prolifération de bactéries n’a jamais fonctionné », continue encore l’avocat.
« À force de faire des économies de bout de chandelle, on en arrive à ce drame », déplore-t-il auprès de France Bleu.
Contacté par le média, le groupe Korian, propriétaire de l’Ehpad du Lherm, n’a pas été en mesure de commenter l’information, indiquant n’avoir pas accès au dossier de l’enquête.
Le 31 mars dernier, 26 résidents de l’Ehpad La Chêneraie près de Toulouse étaient tombés malades après le repas du soir. Cinq d’entre eux étaient décédés.
Source : nouvelobs.com


L'hygiène en cause ?... 

Il n'y a pas que l'hygiène mais aussi le fait que bien des EPHAD n'ont plus de cuisines (donc moins de personnel attaché à ce service), ils se font livrer des plats préparés qui rentrent ensuite dans des armoires afin qu'ils soient réchauffés pour être donnés aux pensionnaires, le dernier servi n'a pas toujours un plat très chaud... Il n'y a plus de poisson entier (par exemple de la Roussette) mais du poisson mixé, reconditionné et pané pour la forme... du tout fait industriel...


Quel est le contrôle réel des aliments ? 

Un contrôle de température effectif dans la plupart des cas, mais pour le reste, l'origine de l'alimentation est-elle vraiment suivie, sa conservation etc...
L'arôme des plats, le bon goût, le plaisir de l'oeil aussi, appartiennent bien souvent au passé... bien que certains disent le contraire, qu'ils s'invitent alors aux tables des pensionnaires, et ensuite ils pourront parler...

L'économie moteur des orientations...

Tout le monde y trouve son compte ? Par réellement, seul le groupe qui gère l'EPHAD en tire  des bénéfices, pour le reste il y a beaucoup à voir...

L'alimentation industrielle est aujourd'hui de mise y compris bien évidemment dans les hôpitaux où les cuisines sont de plus en plus réduites à un espace minimum, et où les employés qui travaillent pour la réalisation des plateaux, travaillent dans des conditions pas très évidentes...
Les syndicats que font-ils vraiment pour ces agents ? Il y a aussi un grand malaise non seulement dans les EPHAD mais dans la restauration hospitalière, aujourd'hui, où l'économie à tout-va, a pris le dessus. 

Pourtant pour les personnes âgées (ou un patient qui paye quand même un forfait hôtelier (1)) un bon plat était bien souvent leur seul plaisir. Et, puis les quantités sont aussi diminuées, bien des pensionnaires ne mangent plus vraiment, il y a peu de personnels aussi pour les aider à manger, car ils sont occupés à donner à manger à ceux qui ont des difficultés et nous arrivons à des situations extrêmes au nom du profit et seulement au nom du profit !

La plupart des maux du monde hospitalier proviennent de certaines orientations économiques où le profit est le moteur, il est grand temps de revenir en arrière... 

L'aspect humain passe aujourd'hui en second plan de plus en plus.


1) Pour rappel, le forfait hospitalier correspond à une participation financière de 20 euros, aux frais d'hébergement, comprenant la restauration...(15 euros par jour en cas de séjour dans le service psychiatrique d'un établissement de santé).

Hôpitaux en crise : quel est donc ce mal dont souffre Macron ?


LE CLIN D’ŒIL DE SERGE RAFFY. Le président semble vouloir éradiquer le virus qui ravage l’hôpital public français depuis des années, le « néoliberalicus ». Le vaccin présenté par le docteur Buzyn sera-t-il efficace ?
On imagine la scène : le président atteint d’un virus pathogène et contagieux, le« néolibéralicus », agent infectieux qui se développe dans notre pays depuis une trentaine d’années. Le chef de l’Etat est envoyé illico presto dans un service d’urgence d’un hôpital de la région parisienne. Là, Emmanuel Macron, lui-même fils de médecin, découvre avec effarement l’état de l’hôpital public français.
Jusqu’alors, il mettait la grogne des blouses blanches sur le dos de l’esprit gaulois, toujours à ronchonner. Mais il tombe des nues. Les soignants lui racontent les lentes dégradations de leurs métiers, la fermeture des lits, la saturation des urgences, les journées de douze heures, les infirmiers et infirmières en burn-out, la perte de sens, les médecins qui prennent la poudre d’escampette face au désastre, les salaires de misères, la crise des recrutements, les urgentistes au bord du suicide, les salles d’attente bondées. Et tant d’autres catastrophes vécues au fil du temps. Un vrai naufrage. Quelques professeurs viennent lui rendre visite. Ils lui annoncent tout de go, triomphants, qu’ils ont enfin identifié le mal dont il souffre. Ce « néolibéralicus »est sans doute à l’origine de tous les maux.
Naufrage
Le virus est apparu au début des années 1980, a commencé à se propager dans les cerveaux de nos élites avec la rapidité d’un supersonique. Pendant une vingtaine d’années, la gauche, avec mollesse, sans vraiment prendre conscience de la dangerosité de cette molécule, a contenu ses effets sur nos sociétés, en particulier dans les milieux médicaux. Et puis, sous un certain Nicolas Sarkozy, la machine s’est emballée. Le « néolibéralicus »a littéralement envahi nos services de santé. Réduction des personnels, fermeture des lits, management brutal, enfermement dans une logique comptable, mandarins remplacés par des bureaucrates à la tête des établissements hospitaliers, fuite des personnels, écœurés par les nouvelles méthodes des experts des tableaux Excel… Le président, ébahi, découvrant l’ampleur du mal, prenant conscience qu’il faut stopper l’épidémie au plus vite, réclame un traitement de choc, avant le grand naufrage.
Un remède de cheval ? Attaquer le « néolibéralicus » là où il est le plus fragile, à la racine. Il faut éradiquer l’idée de départ, celle qui voulait transformer l’hôpital en entreprise comme une autre, qui rêvait d’un désengagement de l’Etat vers une médecine totalement privée. Heureusement, dans ce naufrage, Emmanuel Macron, a un atout non négligeable : sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Son plan 2022, pour est mis en place quasiment sous la contrainte des événements.
« Trésor national »
Pluie de primes tous azimuts pour les personnels hospitaliers, fin de la philosophe comptable, reprise en mains par les médecins contre les technocrates, reconstruction de la chaîne médicale de haut en bas des échelons, revalorisation des métiers, relance d’une politique attractive pour des étudiants effrayés par le climat délétère des hôpitaux… la liste égrenée par celle qu’on pourrait surnommer la Simone Veil des blouses blanches est impressionnante.
C’est elle que le président a envoyée au front. Hématologue de profession, elle a travaillé en hôpital et a le mérite d’être respecté par la profession. Son vrai crédit ? Elle a surtout alerté le locataire de l’Elysée depuis longtemps sur la réalité du secteur de la santé, rappelant à chaque occasion que, pour elle, l’hôpital public est un « trésor national », expression clairement favorable à un retour massif de l’Etat dans la sphère hospitalière. Agnès Buzyn, a-t-elle convaincu définitivement le président que le « néolibéralicus » doit disparaître définitivement ? Ou bien n’est-ce qu’un répit, lié à la grande peur de la grève générale du 5 décembre ?
Article de Serge Raffy


Source : nouvelobs.com



L'hôpital est "en état de choc" : le professeur Rémi Salomon lance un appel de soutien aux Français


Quelques heures après les annonces d'Édouard Philippe sur l'hôpital, Rémi Salomon, chef de service en pédiatrie à Necker, a affiché sa déception, mercredi soir, dans le Grand Journal du soir d'Europe 1. Selon lui, cette série de mesures "n'est pas à la hauteur", et le Premier ministre "n'a pas perçu le cœur du problème : des services en manque de personnel". Face à ce constat, Rémi Salomon lance un appel de soutien à l'ensemble des Français.
"J'appelle les usagers à signer la pétition sur change.org pour dire qu'il faut un plan d'urgence pour l'hôpital public. On en est à 200.000, on doit être à trois millions !", tonne le professeur, déjà ardent défenseur de la mobilisation inédite qui a réuni dans la rue plus de 25% des médecins hospitaliers le 14 novembre dernier.
"Humainement, on ne peut plus continuer comme ça. Les Français doivent savoir que l'on est entré dans une spirale infernale. C'est vrai que le problème dure depuis des années, que l'on paye une politique d'austérité des 10-15 dernières années, mais c'est une maladie chronique et on est arrivé en état de choc. Et quand on en est là, on ne pose pas de goutte-à-goutte au patient, on lui met une voie centrale et une perfusion et on remplit largement, sinon le cœur lâche."
Il aurait fallu "trois milliards sur trois ans"
En fin de matinée, mercredi, Édouard Philippe a détaillé ces mesures pour l'hôpital : 1,5 milliard d'euros supplémentaires sur trois ans, une prime de 800 euros pour 40.000 infirmiers et aides-soignants d’Île-de-France et une reprise d'un tiers de la dette de l'hôpital dès 2020. "Si on veut réellement attirer les professionnels, il faut améliorer les conditions de travail", martèle Rémi Salomon. Concrètement, en lieu et place de la rallonge d'un milliard et demi d'euros accordé par le gouvernement sur trois ans, il estime qu'il aurait fallu "au minimum trois milliards [d'euros] sur trois ans", soit le double.
Concernant l'annonce d'une prime de 800 euros annuels, elle ne trouve pas grâce non plus aux yeux du chef de service, qui la trouve "insuffisante". "En France, les infirmières sont 10% en-dessous du salaire moyen. Dans le reste de l'Europe, c'est 10% au-dessus. Nous voulons simplement revenir à la moyenne". Il ajoute : " la prime n'est pas une revalorisation salariale, ça ne compte pas pour la retraite, et c'est transitoire par définition."
Enfin, sur la reprise de 10 milliards de dettes de l'hôpital sur trois ans à partir de 2020, soit un tiers du total, le spécialiste reste mécontent. "Au début des années 2000, l'État a mis 10 milliards d'euros sur l'investissement à l'hôpital", rappelle-t-il. "Mais comme la dette arrive par l'enveloppe économique qui baisse chaque année, on va refabriquer de la dette ! On a déjà mis 10 milliards sur la table il y a plus de quinze ans, et regardez où l'on en est aujourd'hui !"

Source : europe1.fr


mercredi 20 novembre 2019

Crise des hôpitaux : le collectif Inter-Urgences pourrait renforcer sa mobilisation après les annonces du gouvernement


Le «plan d'urgence pour l'hôpital» présenté ce mercredi matin par le premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne répond «en aucun cas aux problématiques du secteur», fustige Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences, au Figaro. Son collectif, à l'origine de la mobilisation aux urgences, se réunira très prochainement pour décider des mobilisations à venir.
«C'est bien qu'Édouard Philippe soit intervenu, note le président du collectif, car le sujet est interministériel». «Mais les médecins sont excédés», reprend-il, «les paramédicaux sont dégoûtés sous l'émotion car ces mesures opposent tout le monde.» 
L'urgentiste estime que ces dernières sont prises au cas par cas, «attisant la grogne». «On a rien sur les lits», s'étonne-t-il, estimant que la prime annuelle de 800 euros ne «change pas grand chose». Pour le reste des mesures, «elles ne répondent pas à l'urgence», note-t-il.
Les prochains jours seront importants pour le collectif qui, attendant la mobilisation à venir du 30 novembre, votera sur la possibilité de se joindre à l'appel à la grève du 5 décembre. En outre, l'inter-syndicale des urgences appelle à une nouvelle mobilisation mi-décembre, apprend aussi Le Figaro.
«Il y a des lits qui vont rouvrir»
Des élus de l'opposition n'ont pas manqué de critiquer ce plan qu'ils jugent eux aussi «insuffisant», à l'image de Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. «On attendait un plan de sauvetage pour l’hôpital, nous n’avons eu que du rafistolage. Aucune réorganisation, des investissements et des revalorisations a minima, aucune vision pour l’hôpital», a-t-il fustigé, critiquant au passage un hôpital «malade des 35 heures». Valérie Rabault, présidente du groupe «Socialistes et apparentés» à l'Assemblée, a critiqué un «investissement de 150 millions d'euros par an en plus. Nous proposions 1,5 milliard d'euros par an en plus.»
Sur Twitter, le porte-parole du PCF Ian Brossat estime que ces annonces sont minimes. «300 millions de plus pour l'hôpital public en 2020. Sur un budget de... 80 milliards. Même pas une goutte, une gouttelette dans un océan de difficultés !», lance-t-il. Un budget trop faible que note aussi la présidente du Rassemblement nationale, Marine Le Pen. «Nous attendions des objectifs clairs et ambitieux sur le nombre de réouvertures de lits (...) et sur le déficit d'attractivité du public par rapport au privé, que les timides hausses de rémunérations proposées aujourd'hui ne permettront pas de combler», juge-t-elle.
De son côté, la majorité a apporté son soutien au plan proposé par les ministres. «Derrière les milliards annoncés pour l’hôpital, il y a des lits qui vont pouvoir rouvrir, des soignants qui vont être recrutés, des carrières revalorisées, et de nombreux investissements réalisés au quotidien pour le confort des médecins, des soignants, et des patients,» s’est félicité Olivier Véran, député LREM de l’Isère et rapporteur général de la Commission des Affaires Sociales. La députée Marie Tamarelle-Verhaeghe a elle aussi salué des «annonces fortes».
Des acteurs du monde hospitalier ont eux aussi exprimé leur satisfaction. Le Directeur général de l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France, Etienne Champion, a lui aussi salué «des mesures fortes et une grande ambition,» de même que le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux. «Notre appel pour redonner de l'oxygène à l'hôpital a été entendu. Plus de moyens dès 2020 pour le quotidien des hospitaliers et relancer l'investissement: les mesures du gouvernement dans le bon sens,» s'est-il réjoui.

Article de Pierre Zéau et Océane Herrero 
Source : lefigaro.fr



Crise à l'hôpital public : voici les mesures annoncées par le gouvernement


Le plan était très attendu. Le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont détaillé mercredi les mesures d'urgence prévues pour l'hôpital public.
Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont dévoilé mercredi "un plan d'urgence" pour l'hôpital comprenant des primes pour les personnels, une rallonge budgétaire et une reprise partielle de la dette des établissements. 
Emmanuel Macron avait promis la semaine dernière des "décisions fortes" pour l'hôpital, alors que plusieurs milliers de chefs de service, médecins, infirmiers, aide-soignants et internes manifestaient partout en France.
Les annonces de la ministre de la Santé en juin et en septembre, chiffrées à 750 millions d'euros sur trois ans, n'avaient en effet pas suffi à mettre fin à une grève inédite des urgences démarrée en mars. Dans le détail, voici ce qu'a annoncé l'exécutif mercredi.
Une prime pour les infirmiers et aides-soignants de la petite couronne parisienne
- Une prime annuelle de 800 euros net sera attribuée de manière "pérenne" à quelque 40.000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et sa proche banlieue et gagnant moins de 1.900 euros par mois, a annoncé Agnès Buzyn. "Nous devons reconnaître la situation spécifique de Paris et de la petite couronne", a-t-elle souligné, évoquant des "sujétions", comme le logement ou la garde des enfants, qui "pèsent de manière déraisonnable dans le pouvoir d'achat de certains soignants".
- Une autre prime de "100 euros net mensuels" sera accordée "dès 2020" aux aides-soignantes "qui exercent auprès de personnes âgées et qui ont acquis une compétence spécifique en gériatrie", a poursuivi la ministre de la Santé.
- En outre, la fin de carrière sera améliorée pour "l'ensemble des aides-soignants" avec un nouveau "grade de débouché" en guise de coup de pouce avant leur départ en retraite. Par ailleurs, une enveloppe de 200 millions d'euros sera laissée "à la main" des hôpitaux "pour récompenser, selon des critères qu'ils auront eux-mêmes définis, l'engagement et l'investissement des personnels".
L'augmentation du budget des hôpitaux
Le budget des hôpitaux va bénéficier d'un coup de pouce d'1,5 milliard d'euros sur trois ans, dont 300 millions dès 2020. "Cet argent vient en plus de la trajectoire budgétaire prévue par le gouvernement" et "l'augmentation sera votée dès la semaine prochaine dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale" (PLFSS), a précisé Edouard Philippe. Par ailleurs, "l'intégralité" des 400 millions d'euros de crédits gelés en début d'année sera "débloquée dans les prochains jours", a-t-il ajouté.
La reprise partielle de la dette
L'État va reprendre 10 milliards d'euros de la dette des hôpitaux sur trois ans afin d'aider à "restaurer l'équilibre financier des établissements", a indiqué Edouard Philippe. Alors que la dette totale des hôpitaux avoisine les 30 milliards d'euros, ce "signe inédit de confiance du gouvernement envers l'hôpital public" doit permettre d'alléger le fardeau des intérêts d'emprunt et de "moderniser" les établissements, a plaidé le Premier ministre.
Ce "programme massif" passera par une loi "présentée au premier semestre 2020 en même temps que la loi de programmation des finances publiques", a précisé Edouard Philippe. 
Dans l'intervalle, le gouvernement mènera un travail d'identification "hôpital par hôpital" pour élaborer "les conditions et circonstances" de cette reprise.
Devançant d'éventuels reproches, alors que l'État a déjà annoncé la reprise l'an passé d'environ 35 milliards de dettes de la SNCF, le Premier ministre a assuré que son "objectif n'est pas d'augmenter continûment, indéfiniment et déraisonnablement la dette publique française". "Au contraire, c'est bien d'en maîtriser le niveau afin qu'elle soit finançable pour notre nation", a-t-il dit.
Article de Michaël Bloch

Source : lejdd.fr


"Crise à l’hôpital : Le Plan du Gouvernement 2020 - 2022 pic.twitter.com/cS1KZhdVAh "
- Ph. Leduc (@LeducPh) November 20, 2019

C'est un peu de la poudre de Perlimpinpin
Pour "La Vie Hospitalière" le compte n'y est pas. réellement...Des réponses qui sont pour la plupart  à côté des vrais problèmes, de chaque jour, de l'Hôpital public, c'est un peu de la poudre de Perlimpinpin du moins compte tenu que l'urgence existe et que tous les problèmes doivent être traités immédiatement ! 
Immédiatement, ce n'est pas en 2020 mais bien là, en novembre 2019.
Ainsi la T2A doit être impérativement supprimée, elle est à l'origine de biens des problèmes budgétaires des établissements de santé ! Il ne sert à rien de tourner en rond.
Les effectifs dans les services doivent être augmentés (notamment dans les services d'urgences qui ne peuvent plus assurer correctement leurs missions), et ceci ce sont dès maintenant que des dispositions doivent être engagées. 
La situation est trop alarmante, ceci pour l'intérêt général (personnels et patients - dont nous pouvons l'être, tous potentiellement, un jour ou l'autre).
Les lits ne doivent plus être fermés. Il faut redonner aux services quels qu'ils soient tous leurs moyens (effectifs, matériels etc).
Une augmentation de 300 euros pour les personnels apparaît tout autant une des solutions afin de pouvoir retenir ceux qui s'en vont travailler ailleurs épuisés par les conditions qui leur sont imposées et qui ne leur permettent plus de travailler correctement (certains quittent même notre pays).
Donc l'urgence pour la sauvegarde de l'Hôpital public est là, elle doit être traitée dans l'immédiat.

mardi 19 novembre 2019

Delfraissy : «Il a fallu une forme de révolte pour que l’hôpital devienne une priorité politique»


 Alors que le Premier ministre doit annoncer ce mercredi «un plan d'importance sur l'hôpital», le président du Comité d'éthique, Jean-François Delfraissy, en appelle à des mesures fortes, entre autres financières.
Longtemps chef de service de médecine interne à l’hôpital Kremlin-Bicêtre près de Paris, le professeur Jean-François Delfraissy préside le Comité consultatif national d’éthique. Pour la première fois, il évoque la crise hospitalière.
Vous vous dites inquiet…
Je suis préoccupé, et la forte démotivation que l’on ressent un peu partout m’inquiète réellement. Au cours des trois dernières années, j’ai vu une dégradation dans les équipes hospitalières. Il y a une série de raisons, et elles sont anciennes. 
À mes yeux, ce qui a porté tort, ce furent d’abord les 35 heures appliquées sans accompagnement. Cela a été aussi l’introduction de la logique de rentabilité dans le monde hospitalier avec les effets délétères que cela a provoqué. Puis il y a eu la loi HPST, dite Bachelot, qui a écarté les médecins de la gouvernance, et entraîné des relations difficiles avec les administrations de ces hôpitaux. Mais aussi des raisons exogènes : l’hôpital ne devrait pas être un monde à part, ni un bunker. Il n’a peut-être pas vu le monde changer et s’est imparfaitement adapté aux bouleversements sociologiques comme le coût du logement, la féminisation des métiers de la santé… Et il a aussi un peu perdu de vue que sa fonction principale est le service rendu au patient et non sa propre organisation.
Vous écartez la question financière ?
Bien au contraire. Il y a un vrai problème financier, les établissements ont une activité qui s’accroît régulièrement et fortement et pendant ce temps-là, on a ponctionné l’hôpital pour faire face à d’autres dépenses, en particulier en médecine de ville. Au final, nous avons assisté à un arrêt massif des investissements. 
Donc, la question des moyens est bien sûr centrale ! Malgré tous ces effets délétères, nous avons des équipes soignantes qui arrivent à rester très professionnelles. Je ne sais pas si les politiques s’en rendent suffisamment compte. Ces équipes aiment leur métier mais elles sont dévorées par leur quotidien. Du coup, l’hôpital s’est refermé sur lui-même. Quel est l’avis du patient ? Voilà la question qui doit rester centrale. Or la gouvernance hospitalière ne permet pas suffisamment que la porte soit ouverte aux patients. S’ajoute à cela que certains médecins sont depuis près de dix ans dans un conflit permanent et stérile avec l’administration. Aujourd’hui, force est de constater que l’administration est également dépassée et sans solution miracle.
Comment répondre à cette situation ?
On a le sentiment que les politiques hésitent. Leur vision en général reste confuse, complexe. La plupart ne connaissent pas bien la situation, et ne voient dans l’hôpital que des problèmes techniques ou budgétaires même si c’est souvent le principal employeur de leur ville. On est pourtant au cœur des préoccupations de la société. Nous avons aujourd’hui une ministre qui connaît bien les enjeux. Elle a pris une série de décisions qui vont dans le bon sens, comme la suppression du numerus clausus, l’optimisation de la prise en charge hors de l’hôpital, la notion que tous les hôpitaux ne doivent pas offrir le même service, l’introduction du numérique en santé. Mais voilà, cela ne répond pas à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’échappatoire. Pour sortir de la crise actuelle, il faut une réponse financière et il faut que celle-ci soit importante. Sinon, on ne pourra pas redémarrer un dialogue entre toutes les parties pour penser la reconstruction, et répondre à cette question essentielle : quel objectif pour l’hôpital de demain ? Un objectif de rentabilité, voire de profit ? ou un objectif de soins optimisés, ce qui veut dire qu’on maintient pleinement ce qui fait la grandeur de notre système de répartition, la prise en charge des plus démunis, des plus faibles ? Tant que l’on n’aura pas tranché, les équipes resteront perdues, ne sachant dans quel modèle se situer et agir. Il est urgent de poser sur la table la question des valeurs que nous souhaitons voir appliquées dans notre système public hospitalier.
Quels sont les choix possibles ?
En même temps que se développe cette crise, la médecine connaît des bouleversements majeurs, avec la médecine 4P (prédictive, préventive, personnalisée et participative), l’arrivée du numérique, le transfert de tâches, et l’arrivée de nouveaux métiers. Le monde hospitalier ne peut pas résister à ces changements. Cela aussi, il faut le mettre sur la table, et ne pas se limiter à la seule critique des pouvoirs publics. Je le redis, nous devons procéder à notre auto-analyse et nous ouvrir sur l’extérieur.
Enfin, il va bien falloir mener une réflexion collective sur un sujet qui m’apparaît important et rarement discuté : la question des coûts des médicaments et des nouveaux dispositifs médicaux, qui viennent aggraver les budgets de santé. Sur ces questions d’innovation, on ne s’interroge pas, car il y a un payeur… qui paye toujours. Le secteur privé doit être interpellé sur ces questions. Les coûts de l’innovation ne sont pas toujours justifiés, et nous devons tous nous poser la question des choix à faire dans un système où bientôt le coût de l’innovation technologique risque de nous priver du personnel dont nous avons besoin à l’hôpital, dans les Ehpad. On doit également porter l’innovation sur l’humain.
En attendant, que dire aux professionnels de santé qui estiment «mal travailler» ? La révolte a-t-elle été nécessaire ?
Assurément, l’éthique du soin est fragilisée, les conditions matérielles ont atteint un niveau minimal dans de nombreux services. Il a fallu une forme de révolte pour que l’on ait une réponse au plus haut niveau politique, pour que l’hôpital devienne une priorité politique. Mais, au risque de me répéter, la seule réponse financière ne suffira pas. Il faudra ouvrir un débat avec toutes les parties - y compris les citoyens - pour construire l’hôpital de demain.


Source : liberation.fr

D’une problématique née des urgences le rapport Carli-Mesnier met le feu à l’hôpital dans sa totalité


Les médecins et les soignants souhaitent sortir de l’impasse dans laquelle le Gouvernement et ses conseillers nous ont menés, nous les acteurs de l’Hôpital Public.
Cette impasse a été encore accentuée par le rapport Carli-Mesnier à partir duquel la Ministre a bâti le pacte de refondation des urgences présenté en septembre.
Ce plan préconise la création des S.A.S (Système d’Accès aux Soins dont le coût est exorbitant puisqu’ils existent déjà sous la forme de SAMU) qui ne répondent en rien aux problématiques de terrain des Services d’Urgences et provoquent l’incompréhension totale des personnels, ce qui a amplifié le mouvement de protestation à tout l’hôpital.
Des propositions du gouvernement doivent être rendues ce 20 novembre.
Nous rappelons que ce sera la 3ème fois qu’un plan de sortie de crise est annoncé.

Nous rappelons les mesures indispensables pour sortir l'Hôpital public de sa faillite sanitaire :
1- Une augmentation de salaires de 300 euros pour tous les soignants.
2- La fin des patients brancards par une réouverture de lits.
3- Le recrutement de personnels soignants et médicaux en adéquation avec la fréquentation des services hospitaliers (conformément à des ratios opposables).

Ces mesures ne sont pas négociables. 
Elles sont possibles en pratiquant une majoration de l’ONDAM de 2,1% à 5%. Elles sont possibles si le gouvernement supprime la taxe sur les salaires (4 milliards).
L’AMUF souhaite réinstaurer un climat de confiance avec le Gouvernement. Il est nécessaire à une sortie de crise avec des mesures concrètes au plus proches du terrain et non sur un affichage d’une hypothétique technostructure (SAS) consommant plus d’un tiers de l’enveloppe totale des 750 millions et sans aucun lien avec l’urgence de la situation. Il est donc indispensable de répondre à ces mesures et de solliciter pour conseils des acteurs de terrain à l’origine de ce mouvement. 
Le gouvernement doit soutenir l’Hôpital Public.

(Communiqué de Presse de l'Amuf du 19 novembre 2019)

Source : amuf.fr

lundi 18 novembre 2019

Plan hôpital : la reprise de la dette à l'étude


En réponse à la mobilisation réussie des personnels hospitaliers, notamment le 14 novembre, le Premier ministre dévoilera ce mercredi un nouveau plan pour l'hôpital. Reprise de la dette (ou une partie) et mesures structurelles sont sur la table.
Comment faire revenir l’hôpital public dans son lit ? Alors qu’après une première démonstration de force réussie le 14 novembre, les personnels hospitaliers appellent de nouveau à la mobilisation le 30 novembre, l’exécutif a remis sur le métier un plan d’urgence (le troisième depuis juin) dans l’espoir de faire baisser la température sociale. «Nous devons investir et assumer d’investir plus fortement que nous avions envisagé de le faire», s’est engagé Emmanuel Macron en marge de son déplacement à Epinay (Essonne), précisant que le Premier ministre détaillerait mercredi «le montant, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier». Ce «plan d’urgence» sera «conséquent» et «s’engagera jusqu’à la fin du quinquennat», a-t-il ajouté. Reste à savoir sur quel levier compte jouer le gouvernement pour atteindre cet objectif.
Car en insistant sur la nécessaire relance de l’investissement dans l’hôpital, Emmanuel Macron réintègre dans la réflexion gouvernementale une piste initialement écartée : la reprise par l’Etat de tout ou partie d’une dette hospitalière, qui avoisine aujourd’hui 30 milliards d’euros.
Bruno Le Maire a changé son fusil d’épaule
Au ministère de l’Economie et des Finances, on confirme qu’une telle «option» n’était «pas envisagée» il y a encore une semaine. Preuve que le message présidentiel a été reçu cinq sur cinq, le ministre Bruno Le Maire a changé son fusil d’épaule, se déclarant dimanche «ouvert» à cette solution. Dans les directions financières des établissements de santé, on applaudit : «Toute mesure de reprise de dette, parce qu’elle conduira à diminuer le montant des emprunts à rembourser ou les intérêts de la dette, se traduirait mécaniquement par une capacité d’investissement supplémentaire : cela veut dire pouvoir mener à bien des projets de rénovation ou de construction.» 
Toutefois, l’importance des marges financières ainsi libérées dépendra du contour de la mesure : «S’agit-il d’une reprise de toute la dette passée, ou seulement de celle à venir ; la reprise serait-elle totale ou partielle ?» s’interroge-t-on de même source.
Quoi qu’il en soit, une telle mesure pourrait laisser les hospitaliers sur leur faim. À Bercy, on alerte : «Il ne faut pas croire que ce serait l’alpha et l’oméga de la crise de l’hôpital.» Un sentiment partagé au sein de l’AP-HP : «Agir sur la dette ne permet pas d’augmenter les rémunérations des personnels et donc d’améliorer l’attractivité des métiers.» En clair, de répondre à la principale revendication des hospitaliers…
Revalorisation… de 0,1%
Or, pas de coup de pouce possible sur les rémunérations sans revalorisation de l’Ondam (Objectif national des dépenses de santé). C’est d’ailleurs la faible croissance de l’Ondam (2,3%) inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 qui, début octobre, avait fait bondir les personnels hospitaliers : la dynamique naturelle des dépenses de santé en France étant supérieure à 4%, c’était là acter un nouveau serrage de vis budgétaire. Et l’hôpital était en première ligne : la progression de ses ressources budgétaires étant limitée à 2,1% en 2020.
Le bug n’a pas échappé à Matignon. Difficile néanmoins de modifier de fond en comble un PLFSS déjà entériné en première lecture par l’Assemblée nationale et en cours d’examen au Sénat… Du coup, l’exécutif voudrait s’en tenir à une revalorisation de seulement 0,1% de l’Ondam. Quitte à réserver à l’hôpital les 200 millions d’euros de crédits supplémentaires ainsi dégagés. De quoi financer des gestes immédiats, comme le remplacement de petits matériels du quotidien, ou des mécanismes d’intéressements collectifs. Mais c’est là prendre le risque de la déception : même réel, l’effort est très en deçà des attentes des manifestants (4 milliards d’euros).
Plusieurs mesures structurelles sur la table
Le gouvernement n’entend pas en rester là. Pour rassurer les hospitaliers sur leur sort, et tordre le cou aux rumeurs de démantèlement de l’hôpital public au profit du privé, il devrait mettre sur la table plusieurs mesures structurelles. Son idée ? Donner aux établissements de santé une visibilité sur leurs ressources jusqu’en 2022 (en garantissant par exemple des tarifs planchers sur les actes de soin). La gouvernance des établissements de santé pourrait elle aussi être revue, de sorte que les médecins soient plus étroitement associés aux prises de décisions. Last but not least, la tarification à l’activité, bête noire des hospitaliers qui voient dans cet outil de gestion la source de tous leurs maux, pourrait elle aussi être aménagée. De quoi diviser le mouvement à moindres frais.

Source : liberation.fr