"La Vie Hospitalière"

lundi 3 février 2020

Mouvement de grève prévu mardi à l'hôpital du Mans


Négociation sur le congé d’ancienneté, soucis au service admission et facturation : FO et la CGT appellent à une mobilisation du personnel, à l’hôpital du Mans, ce mardi 4 février 2020.
La journée du mardi 4 février 2020 s’annonce tendue à l’hôpital du Mans. Dans un communiqué, l’intersyndicale CGT et FO appelle à un rassemblement dès 8 heures 15, dans le hall du Fontenoy. “ Une pétition de plus de 1.500 agents sera remise au directeur ”, précise l’intersyndicale, opposée à une “ préconisation ” de la cour régionale des comptes : la suppression du seul congé d’ancienneté que les personnels peuvent demander après 24 ans de service au sein de l’établissement. Un congé de sept heures par an, obtenu lors d’un accord local, il y a quarante ans.
“ Ce seul avantage va disparaître parce qu’une cour des comptes en fait la proposition, alors que le centre hospitalier du Mans est excédentaire depuis 2011 ”, regrettent les syndicats, qui n’acceptent pas les contreparties proposées par la direction : “ CGT et FO ne participeront plus aux instances représentatives du personnel tant que la direction ne s’engagera pas dans une volonté de construire un dialogue social. ”
Par ailleurs, FO annonce un mouvement de grève au service admission, facturation et état-civil de l’hôpital du Mans, ce mardi 4 février 2020. La mobilisation serait massive, avec “ 100 % de l’équipe administrative du bâtiment Aliénor en grève ”. À l’origine de cette grogne, un manque de guichets et de postes, qui provoquerait notamment un retard dans la gestion des dossiers rejetés par la Sécurité sociale.

Source : ouest-france.fr


dimanche 2 février 2020

Réforme des retraites : le grand flou aussi sur la prévention de la santé au travail


Avec l’entrée en vigueur du nouveau système de retraite universel, les Caisses d’assurance retraite et de santé au travail sont appelées à disparaître. Sauf que celles-ci s’occupent aussi de la prévention et de la réparation liées aux risques professionnels. Qui va donc gérer demain la santé des salariés ?
C’est parfois par la forme que l’on découvre le fond. Il en va ainsi, dans le projet de loi sur les retraites, de la disparition programmée des Carsat (Caisses d’assurance retraite et de santé au travail), actuellement au nombre d’une par région.
À première vue, leur suppression relève de la pure évidence. La loi, qui prévoit la fusion des régimes en un seul, suppose par extension la création d’une seule et unique caisse de retraite, qui s’appellera la Caisse nationale de retraite universelle (CNRU).
Sauf que les Carsat ne se réduisent pas à la simple liquidation des pensions, lorsque l’on arrive à la fin de sa carrière. Ces organismes ont dans leurs missions la prévention des risques professionnels pour la santé et la réparation des accidents et maladie professionnelles (c’est la branche dite AT-MP de la Sécurité sociale).
Une toute petite partie de leur champ, en masse financière (environ 13 milliards d’euros l’an dernier), et en personnel, mais qui n’en est pas moins au cœur de l’architecture pour la prévention de la santé au travail en France. Plus de dix personnes meurent au travail chaque semaine en France, des suites d’un accident ou d’une maladie professionnelle reconnue, d’un accident de trajet ou d’un suicide.
Malgré une baisse continue depuis 2002, la Sécurité sociale a dénombré en 2015 plus de 760 000 sinistres professionnels ayant entraîné un arrêt de travail. Le travail tue, blesse, ou abîme.
Personne ne sait précisément, à quelques jours seulement de l’examen en première lecture du texte à l’Assemblée nationale, qui va désormais endosser ces missions. Les salariés de ces organismes pas davantage, à part que leur contrat de travail pourra être transféré dans une nouvelle structure en forme de gros point d’interrogation.
Les directeurs des Carsat ne semblent pas plus au courant que leurs subordonnés. Ils ont demandé à rencontrer, en urgence, le gouvernement. Interrogé par Mediapart, le secrétariat d’État chargé des retraites, piloté par Laurent Pietraszewski, ne donne pas d’autres détails ou éclaircissements que ceux déjà contenus dans le texte de loi.
Dans le projet législatif, seul l’article 50 offre quelques pistes. Le gouvernement s’y voit autorisé à prendre, par « voie d’ordonnance, dans un délai de dix-huit mois à compter de la publication de la présente loi », toute mesure afin « d’organiser la gestion au niveau local des risques accidents du travail et maladies professionnelles au sein du régime général ».
Renvoi à une ordonnance, donc, comme d’autres points clés du texte, ce qui laisse libre cours aux spéculations et aux inquiétudes de ceux qui voient, dans cette réforme, un dévoiement de la philosophie même de la Sécurité sociale.
Le système de retraite par points, et c’est confirmé par le premier article du texte de loi, va devoir s’astreindre désormais à l’équilibre financier. Il s’agit de la fameuse règle d’or qui ne pourra autoriser la future caisse à distribuer plus que ce qu’elle ne récolte.
Mais la Sécurité sociale fonctionne sur un tout autre schéma : celui d’assurer à chacun, au titre de la solidarité nationale, les droits qui lui reviennent, et pas uniquement ce qu’une enveloppe budgétaire prédéfinie lui permettrait. Changer de modèle présente le risque de percevoir pour chacun, in fine, et malgré des cotisations tout au long de sa vie, une pension moins élevée ou pendant moins longtemps, en cas de disette financière.
Ce renversement pourrait bien s’appliquer au champ de la réparation et de la prévention des risques professionnels, selon Marc Dubois, expert à l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), syndiqué à la CGT. « Jusqu’ici, les salariés avaient droit à des actions de prévention dans leurs lieux de travail, et à une réparation en cas d’accident ou de maladie professionnelle. On retourne le système et on se retrouve avec une enveloppe financière, gérée par l’État, qui distribue des droits comme il l’entend. »
Même analyse de Fabienne Clamens, salariée d’une Carsat dans le Sud de la France et experte du dossier retraite à la fédération CGT des organismes sociaux.
« Le projet de loi organique pose le cadre : nous faisons face un changement profond et radical de modèle social, avec une caisse unique qui ne s’occupera que des retraites, dans un schéma étatique qui vous garantira uniquement un filet de sécurité. Le reste est un texte à trous : qui va gérer la branche accidents et maladie professionnelle ? Rien n’est dit, on nous propose une ordonnance qui peut éventuellement tout bouleverser en moins de deux ans. Soit c’est de l’amateurisme, soit ils ne veulent pas dévoiler leur jeu et c’est inquiétant. »
Le rapport Delevoye rendu en juillet 2019 prévoyait déjà un nouveau réseau local, à l’horizon 2030, sans plus de précision. Le rythme s’est depuis accéléré. Ce qui peut laisser penser que le gouvernement va aller chercher une solution déjà en germe, contenue dans le rapport sur la santé au travail rendu il y a un an et demi au premier ministre par la députée LREM Charlotte Lecocq.
C’est d’ailleurs ce que suggère le Conseil d’État, qui a tiqué à la lecture du projet de loi sur une énième ordonnance et conseille cela dans son avis. « Ce délai de dix-huit mois devrait lui permettre de tenir compte des conclusions de la mission confiée par le premier ministre à un membre du Parlement sur l’organisation du système français de prévention des risques professionnels et de tirer conséquences de la suppression des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail. »
Le rapport Lecocq imaginait le scénario suivant : des réparations versées par l’assurance-maladie, et une nouvelle entité nationale publique autour de la prévention, peut-être débarrassée de son caractère paritaire (c’est-à-dire gérée par les syndicats et le patronat), qui absorberait les structures existantes (voir notre article sur l’inquiétude autour du sort de l’INRS).
Puis, à l’échelon du dessous, des structures régionales de droit privé d’intérêt général, articulées autour des services de santé au travail et regroupant les anciens salariés de la branche AT-MP des Carsat. Des structures éventuellement placées, selon des observateurs sur le terrain, sous la tutelle des agences régionales de santé, bras armés du ministère de la santé ou du CROCT, ces comités régionaux d’orientation des conditions de travail, actuellement sous l’autorité du préfet. Leur pouvoir, jusqu’ici, était relativement faible.
L’idée, qualifiée de « disruptive » par le premier ministre ravi, avait fait bondir sur le terrain, à la remise du rapport. Le projet avait de fait été mis en attente et les négociations interrompues… jusqu’à la réforme des retraites. Car outre le Meccano administratif, la différence de statuts, de missions, d’intérêts et même de conventions collectives entre les différentes structures appelées à s’appareiller, c’est à nouveau une question de fond qui est posée : celle de la séparation des missions de contrôle et de prévention dans le domaine de la santé au travail.
Depuis 1967, les cotisations servant à alimenter la branche AT-MP de la Sécurité sociale sont collectées par des caisses séparées de l’assurance-maladie, les Carsat dont il est question depuis le début de cet article. Cette branche est alimentée uniquement par des cotisations patronales, qui représentent environ 13 milliards d’euros par an.
Elles couvrent, dans une logique de réparation, le coût des conséquences des accidents du travail, des maladies professionnelles et des accidents de trajet pour les salariés (arrêts maladies, soins, rentes, voire capital en cas d’invalidité permanente). Sur ces 13 milliards est également prélevé une somme dédiée à financer les actions de prévention dans les entreprises, mais également la recherche en la matière.
Le montant de ces cotisations relève du principe du « pollueur-payeur », comme la rappelle Marc Benoît dans une analyse publiée sur le site d’Attac, notamment pour les moyennes et grandes entreprises. Plus une entreprise déclare d’accidents ou de maladies professionnelles pour ses salariés, plus ses cotisations augmentent. À l’inverse, les actions de prévention sont récompensées par une modulation à la baisse.
Ce système, dont la portée a été amoindrie au fil du temps sous la pression des employeurs et la faiblesse des institutions, faute de personnel en nombre suffisant, est remis en cause.
Le rapport Lecocq préconisait d’opérer une « séparation très claire des fonctions de conseil, contrôle et réparation » au sein des Carsat, à « coût global constant » pour les entreprises. Or, toujours selon Marc Benoît, « casser le lien entre les actions de prévention et la cotisation AT-MP […], c’est supprimer l’appui de l’incitation financière et de l’intervention des services de prévention de la Sécurité sociale au respect du droit à la santé au travail des salariés ».
Autrement dit, si l’État reprend à nouveau la main sur une enveloppe, dédiée à la réparation et attribue, en fonction de ses marges de manœuvre, des subventions aux entreprises pour les inciter à la prévention... Le gouvernement ne s’en est d’ailleurs jamais caché : il souhaite une gestion des risques professionnels plus « fluide, plus efficace », pour les entreprises.
Ce scénario, très noir, se voit renforcer par les derniers échos de la conférence de financement du futur système de retraite, qui démarrait jeudi 30 janvier. Dans le « cocktail de mesures » envisagées par l’exécutif, outre le recul de l’âge de la retraite ou la hausse des cotisations, figure la possibilité de trouver l’argent ailleurs pour financer l’équilibre du régime. Y compris celle de piocher dans les milliards de la branche AT-MP de la Sécurité sociale, traditionnellement excédentaire, et ce quels que soient ses besoins.
Les Carsat avaient également un rôle d’identification des risques professionnels, ce qui permettait encore une fois de mesurer le niveau d’exposition des salariés et donc éventuellement la possibilité pour un salarié de partir plus tôt. À qui sera-t-il dévolu dans le futur schéma ? Les branches, regroupant les entreprises d’un même secteur d’activité et relevant d’un accord ou d’une convention collective, pourraient effectuer à l’avenir ce travail.
Là encore, le passif incite à la prudence, dans des branches gérées de manière paritaire, mais où le patronat pèse lourd quand le rapport de force syndical et faible.
Le compte de prévention de la pénibilité (C2P) a déjà, en raison de la méfiance des employeurs censés le renseigner tout au long de la carrière, le plus grand mal à se déployer. Six critères avaient été retenus à sa création, quatre ont déjà été supprimés par ordonnance en 2017 (manutention manuelle de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux).
Il reste le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes, le travail répétitif, le travail exercé en milieu hyperbare (sous haute pression) et dans des températures extrêmes.
Pour les entreprises très structurées, avec des collectifs de travail bien au fait des risques en santé et sécurité, le C2P peut fonctionner. De même, lorsque l’exposition à certains produits, comme l’amiante par exemple, occasionne des maladies professionnelles officiellement reconnues, souvent après de longues batailles, cela permet d’acquérir des droits. Mais plus la présence syndicale est faible, plus les salariés sont isolés, plus la démarche se complique.
Un administrateur d’une Carsat du Sud-Est, interrogé par Mediapart, raconte les coulisses de cette « brusque agitation autour du réseau des Carsat ». Pour lui, elle est « orchestrée par les directeurs, qui voient leurs prérogatives de gestion disparaître ». Il prévient : « Sur le fond, cette réforme est à rejeter en bloc, sans vouloir extraire un ou deux articles. Elle consiste au final à une étatisation de la retraite, c’est la même idée qui se profile dans la fin de la gestion de la prévention au travail par la Sécurité sociale. »
En raison du grand flou qui l’entoure, elle peut néanmoins provoquer légitimement quelques sueurs froides de plus aux salariés des Carsat, et aux salariés tout court.
Article de Mathilde Goanec

Source : mediapart.fr
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Nuit « de panique » au CHU de Brest


L’arrivée d’un patient présentant une suspicion de coronavirus (écartée plus tard dans la soirée) a déclenché un « vent de panique », ce samedi, en fin de journée, à La Cavale Blanche, à Brest. Avec une seule infirmière pour s’occuper de 138 patients, le personnel a fait valoir son droit de retrait après 20 heures.
« Vous auriez dû venir à 21 h, samedi. Là, c’était quelque chose, vous auriez vu le bordel que c’était ». La confidence vient d’un membre du personnel de l’hôpital de La Cavale Blanche, à Brest, croisé sur l’un des parkings du CHU, peu après 7 h, ce dimanche.
Après un vendredi soir « en souffrance », face à l’afflux massif de patients, les urgences de La Cavale Blanche ont connu « une grosse panique » dans la nuit de samedi à dimanche, comme l’affirme Bahar Bourhis, déléguée CGT et membre du CHSCT de l’hôpital brestois.
Une suspicion de coronavirus écartée
En tension depuis des mois, dénonçant « un manque de personnel et de moyens », en grève depuis le mois de mai 2019, le service des urgences a connu une situation critique, en début de soirée samedi.
Vers 18 h 30, un patient présentant une suspicion de coronavirus s’est présenté aux urgences. Comme le veut la procédure, il a été pris en charge par un infirmier et une aide-soignante, et placé à l’isolement. Des analyses ont été menées immédiatement. Vers 22 h, la suspicion a été levée et le patient a été réorienté dans un autre service de l’hôpital. « Ce n’est pas la première fois depuis le début de l’épidémie qu’on a des suspicions de coronavirus », précise la représentante syndicale.
« J’ai vu des infirmières pleurer »
En raison de la situation extrêmement tendue, Thibault Jurvillier, directeur de La Cavale Blanche, et Laurence Jullien-Flageul, directrice des soins, se sont également rendus aux urgences. Une réunion avec le personnel, dont l’équipe de jour qui est restée après son service, les syndicats et la direction a débuté. Elle a duré jusqu’à près d’1h. « On y a parlé manque de moyens humains et de matériel », explique Bahar Bourhis.
Killian accompagnait sa copine, blessée aux cervicales depuis leur voyage au ski. Arrivés aux urgences à 15 h samedi, ils sont rentrés chez eux à 4 h du matin. « À notre arrivée, c’était déjà blindé. Il y avait une dizaine de lits dans le couloir. Quand les échanges ont commencé entre le personnel et la direction, vers 20 h 30, les urgences étaient pleines. Les médecins exigeaient que les échanges aient lieu en public, devant les patients. Ils se sont mis en demi-cercle, face aux directeurs. D’un côté, je comprends leur colère parce que la situation est horrible pour le personnel. J’ai vu des infirmières pleurer au téléphone. De l’autre, on est un peu spectateur du conflit en tant que patients. J’ai même vu des gens partir d’eux-mêmes, quand ils voyaient la situation ».
La direction dénonce « une instrumentalisation du conflit social »
« Cette situation extrême a au moins eu le mérite de remettre tout le monde autour de la table. La directrice des soins, Laurence Jullien-Flageul, a rappelé que le directeur général de La Cavale Blanche avait proposé un protocole avec l’arrivée de dix équivalents temps plein et une enveloppe de 50.000 euros pour du matériel. Nous avons demandé une nouvelle session de négociations. Une réunion devrait avoir lieu la semaine prochaine ».
Une réunion que ne confirme pas, ce dimanche après-midi, la direction de la communication du CHU.
« Il y a des éléments en cours de discussion mais l’hôpital n’est pas un lieu de théâtre. On n’a pas encore arrêté précisément la date ni l’objet de ce rendez-vous ». Par la voix d’Aurélia Derischebourg, directrice de la communication du CHU de La Cavale Blanche, la direction dénonce « une instrumentalisation de cette suspicion de Coronavirus autour du conflit social. Ce n’était ni le lieu, ni le moment et cette mise en scène est pour nous inacceptable ».

Article de Rémy Quéméner

Source : letelegramme.fr

Chaîne humaine devant l'hôpital Robert Debré


Ils alertent contre le manque de moyens dans les hôpitaux publics. Une centaine de personnes se sont rassemblées, dimanche 2 février, pour former une chaîne humaine autour de l'hôpital Robert-Debré, à Paris, dans le but de dénoncer les conditions de travail des médecins et soignants.
Réunis à l'appel du Collectif Inter-Hôpitaux, les manifestants, dont beaucoup étaient en blouses blanches, ont déroulé une banderole indiquant "Urgence(s) pour l'hôpital public" et portaient des pancartes "Blouses blanches en colère", "Sauvons l'hôpital public" ou "Médecins en grève".
"Pas loin du burn-out"
Depuis mi-janvier, plus de 1.100 médecins hospitaliers, chefs de services et autres responsables de pôles ou d'unités fonctionnelles issus de toute la France et réunis au sein de ce collectif, se disent prêts à démissionner administrativement, c'est-à-dire à suspendre leurs activités d'encadrement, en l'absence de "négociations" avec le gouvernement sur une augmentation du budget et des salaires à l'hôpital.
"Une chaîne humaine, malheureusement le gouvernement n'en a cure", a regretté Julie, infirmière en réanimation pédiatrique à Robert-Debré, se disant "à bout, pas loin du burn-out". "Pour nous, c'est symbolique, et on continuera à mener des actions, faire des manifestations". Selon elle, "les médecins chefs de service continuent à démissionner en masse" et "les soignants vont aussi finir par quitter le navire".
Lundi, plusieurs actions de médecins démissionnaires sont attendues, notamment à Paris et à Caen, selon le collectif. Après dix mois de crise  à l'hôpital, syndicats et collectifs de soignants appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 14 février pour réclamer au gouvernement l'"ouverture de véritables négociations" sur le budget et les salaires du secteur.

Source : francetvinfo.fr

(2019-nCov) : Un hôpital construit en 10 jours, à Wuhan !


Le premier hôpital de Wuhan a été achevé à la date qui avait été prévue par les autorités, il va être opérationnel sans tarder. 


Un autre hôpital est sur le point de se terminer. Les travaux ont commencé le 24 janvier, avec l'objectif d'apporter une réponse à la hauteur de l'épidémie, qui si elle s'intensifie devra être reconnue par l'OMS comme pandémie. 
Actuellement l'OMS estime que les autorités chinoises ont par leurs mesures protégés le peuple chinois et tous les autres peuples de notre planète bleue...
Ceci écrit, le nombre de personnes infectées au niveau mondial a été porté à 14.556. Malheureusement 305 personnes sont décédées à ce jour. (1)

"La Vie Hospitalière" souhaite qu'au niveau international un grand élan de solidarité se manifeste très rapidement,  à l'instar des communautés chinoises.


Ayons aussi une pensée pour tous les personnels de santé qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour soigner les patients et enrayer tout autant l'épidémie.




1) Mise à jour du 2 février 2020 à 23 heures : 16.758 victimes et 361 personnes décédées...

L'UFML-S appelle à manifester le 3 février


L’UFML-S dénonce l’impact de la réforme des retraites pour les médecins libéraux et appelle à manifester le 3 février
L’UFML-S a missionné l’économiste Frédéric Bizard pour évaluer l’impact de la réforme des retraites pour les médecins libéraux. Non seulement les médecins perdront à terme un tiers des revenus de leurs retraites, mais la réforme les rendra dépendants des décisions de l’État sans aucun contre-pouvoir. Cette réforme ne reconnaît aucune des spécificités de l’exercice libéral et frappera durement l’ensemble des professions libérales de santé.  
« L’UFML-S ne peut accepter une réforme des retraites qui déchirera le tissu libéral du soin. Elle est l’ultime brique à la construction des déserts médicaux par le sabotage induit de l’exercice libéral. »
L’UFML-S membre et co-fondateur de SOS Retraites appelle les médecins libéraux à se lever et à s’opposer au sabotage de la médecine de France et à entrer en grève à partir du 3 février 2020.
Manifestation nationale SOS Retraites 
à 13 heures  Place de la Bastille  à Paris 

Source : caducee.net


Dr Sandrine Bonnel, PH démissionnaire de ses fonctions administratives : « Je ne veux plus simplement subir »


Le 14 janvier, plus de 1.000 médecins menaçaient de démissionner de leurs fonctions administratives à l’hôpital. Cette semaine, à Rennes, Saclay, Nantes ou encore Brest, des dizaines de praticiens sont passés à l’action.
Avec une vingtaine de collègues, le Dr Sandrine Bonnel, chef de pôle à l’établissement public de santé mentale de Ville-Évrard (Seine-Saint-Denis), remettra sa démission dans quelques jours. Entre perte de sens et pénurie de soignants, la psychiatre de 56 ans explique son geste au « Quotidien ».
LE QUOTIDIEN : Pourquoi avoir fait le choix de démissionner ?
Dr SANDRINE BONNEL : J’ai le souci et le sentiment de pouvoir faire quelque chose pour le service public hospitalier. Je ne veux plus simplement subir et déplorer. Subir une lente dérive qu’on sent venir depuis une vingtaine d’années mais qui atteint aujourd’hui un seuil critique.
Il y a une impression de perte de sens. On travaille à toute vitesse, tout le monde court tout le temps, on n’a pas le temps de manger. Trouver un temps de réunion devient impossible, on est toujours en retard de quelque chose… Les outils informatiques créent une surcharge d’activité dénuée de sens soignant et les dispositifs de certification causent un surcroît d’activité stérile quand il n’est pas ubuesque.
Les patients pâtissent d’une situation où il n’y a plus assez de soignants. Il y a des services qui ferment faute d’infirmiers alors même qu’ils disposent parfois d’un matériel flambant neuf. On ne trouve plus de médecins non plus. En psychiatrie, les services d’hospitalisation temps plein et les urgences sont particulièrement en tension. Certains services fonctionnent avec des médecins mercenaires.
À Ville-Évrard, qui est le plus gros hôpital psychiatrique de France, nous devons avoir environ 25 postes de praticiens vacants ! Nous manquons également de places. La « chasse au lit » occupe un temps fou. Les médecins des urgences se disputent avec les médecins de garde. Tout le monde se dispute avec tout le monde car le système est en tension. Mais on est toujours là, on ne laisse pas tomber. Si on fait cela, c’est qu’on espère encore.
En quoi consiste exactement une démission administrative ?
C’est une méthode qui nous a été proposée par le CIH [collectif inter-hôpitaux, NDLR] et à laquelle nous avons réfléchi en interne à l’établissement. Cette réflexion est née le 17 novembre après la grande manifestation de défense de l’hôpital public.
Je tiens à le préciser : nous ne démissionnons pas de nos fonctions de soin. Cette démission touche les chefs de pôle et les responsables d’unités fonctionnelles. Nous maintenons nos fonctions soignantes et enseignantes mais nous ne siégerons plus par exemple à la CME ou aux différentes commissions. En ce qui me concerne, la rémunération de chef de pôle est de 200 euros par mois. Je pense qu’elle sera suspendue.
Avec les médecins qui souhaitaient démissionner, nous nous sommes mis d’accord sur un texte de pétition qui circule entre nous. Nous sommes pour l’instant à peu près 25. Nous irons en début de semaine prochaine déposer notre pétition au directeur.
Comment réagit la direction à cette vague de démissions ?
Les relations avec la direction ne sont pas mauvaises à Ville-Évrard. Ce n’est pas dans un climat de conflictualité locale que nous faisons ce geste. La problématique du recrutement et des fortes tensions connues par l’établissement, c’est quelque chose que l’on questionne régulièrement mais ce ne sont pas des crispations personnelles qui motivent notre mouvement. Ce sont plutôt les conséquences d’une politique globale de santé et qui s’applique à l’ensemble des services même si elle trouve des déclinaisons particulières en psychiatrie. Le climat local reflète une situation globale.
L’infléchissement de cette politique de santé s’impose. L’hémorragie a commencé depuis longtemps. On a le sentiment d’une extinction forcée d’un certain système de soin. Les soignants sont de bons petits soldats, on râle mais on y va quand même. Et cela fait très longtemps, mais on n’en est pas encore à la démission pure et simple.
Article de Martin Dumas Primbault 


Source : lequotidiendumedecin.fr


samedi 1 février 2020

Vers une grève des personnels hospitaliers de Hong Kong


Des milliers de médecins, d'infirmières et d'employés d'hôpitaux de Hong Kong ont voté en faveur d'une grève qui pourrait commencer dès lundi. La raison ? Tenter de faire pression sur le gouvernement de Hong Kong pour qu'il ferme toutes les frontières avec la Chine continentale, pour le moment seuls 6 des 14 points de passage sont fermés...
Les personnels de santé ont aussi d'autres exigences : ils demandent que le gouvernement donne une politique claire pour assurer l'approvisionnement en masques chirurgicaux, ainsi que l'arrêt des services non urgents et l'augmentation du nombre de services d'isolement dans les hôpitaux.
Ils souhaitent aussi un meilleur soutien aux médecins et une promesse ouverte de ne pas punir ceux qui participent à la grève.
En réponse, les autorités locales ont décidé d' utiliser des drones pour dénoncer toute personne qui  ne respecterait pas les ordres relatifs à l'isolement et au port obligatoire du masque pour toute la population. 

"La Vie Hospitalière" signale que de nombreux villages et villes de Chine utilisent des drones équipés de haut-parleurs pour patrouiller suite à cette épidémie.
— Global Times (@globaltimesnews) 31 janvier 2020.

Ces drones sont normalement équipés d'un produit désinfectant destiné à être pulvérisé sur les voies publiques.

Selon nos informations la Chine aurait confirmé un cas de grippe aviaire H5N1 dans le Hunan, ce qui a incité les autorités à abattre 17.828 volailles par mesure de précaution. 



Nous avons globalement au niveau mondial 12.027 victimes et 259 personnes décédées...

Secret médical : un généraliste dénonce les abus des assurances et presse l’Ordre d’agir


« Pas de secret médical partagé entre l’assurance et le médecin traitant », le rappel à l’ordre d’un généraliste à un courtier
2020 n’est apparemment pas l’année des bonnes résolutions pour certaines compagnies d’assurances, qui continuent de demander aux médecins généralistes des informations médicales sur leurs patients afin de faire valoir leurs droits. Dans un tweet publié cette semaine, le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), dénonce les demandes insistantes de la société SMA auprès d’un de ses patients victimes d’un accident du travail. La compagnie aurait demandé à son assuré de faire remplir, signer et tamponner un formulaire prérempli à son médecin, lui demandant de préciser l’ensemble de son "passé médical".
Sur Twitter, le médecin a interpellé l’Ordre des médecins. « Sous couvert d’un accident de travail, il faut révéler tous les antécédents, signer, tamponner ? Vous dites vous mêmes que c’est illégal, et vous laissez faire ça ? », s’est indigné le Dr Rochoy.
Ce n’est pas la première fois qu’une assurance joue avec les limites légales du secret médical. Il y a tout juste un an, un généraliste du Finistère s’indignait que la société Socram lui demande de fournir des informations confidentielles au sujet d’un patient décédé, sans lesquelles la société refuserait de débloquer les fonds destinés aux ayants droit. En mars dernier, un autre omnipraticien s’en prenait à une société de courtage qui exigeait d’une patiente une attestation médicale de médecin traitant suite à un arrêt, faute de quoi l’assurance de sa banque ne l’indemniserait pas.
Rappel de la loi
Las de voir se multiplier ce type de demandes au cabinet, le Dr Rochoy a décidé d’écrire à l’organisme concerné à chaque fois qu’un patient se déplace à son cabinet pour lui faire remplir un formulaire d’assurance. Ces courriers (un modèle type est disponible sur son blog) sont également adressés en copie à l’Ordre des médecins. Le généraliste y rappelle la loi du 4 mars 2002 et l’article L-1110-4 du Code de Santé Publique sur le secret médical dont les informations sont reprises dans le rapport « Questionnaires de santé, certificats et assurances » du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), mis à jour en décembre 2019.
Ce document précise en effet qu’« il appartient à̀ l’assuré de communiquer les éléments médicaux en rapport avec l’état de santé à l’origine de son arrêt de travail ou de son invalidité » et que « les médecins des compagnies d’assurances ne sont autorisés par aucun texte à demander des renseignements au médecin traitant, pas plus qu’ils ne sont autorisés à̀ demander une copie de la première page d’un arrêt de travail où figurent les éléments d’ordre médical motivant cet arrêt ».
En bref, si le secret médical n’est pas opposable au patient, le médecin se doit de ne pas transmettre directement de telles informations à la compagnie d’assurances. Le Conseil national de l’Ordre des médecins précise bien que « le médecin ne doit pas répondre » à ce type de demandes et dans le cas d’un décès, qu’« on admet, tout au plus, qu’il dise si la mort est naturelle, due à une maladie ou à un accident ». Le code de la Santé publique stipule par ailleurs que « le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir la communication de ces informations en violation du présent article est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende ».
Lettre au procureur de la République
Malgré les réponses du Cnom à ses courriers, qui confirment tous qu’« il n’appartient en aucun cas au médecin traitant du salarié de remplir, signer ou contresigner le questionnaire de santé ou le certificat médical détaillé », le Dr Rochoy déplore aujourd’hui que le Conseil national « n’engage pas d’action contre des gens qui bafouent le secret médical ». 
Le médecin a donc décidé d’adresser un courrier (dont Le Généraliste a eu copie) directement au procureur de la République pour demande d’avis : « Il n’est pas possible que cela se poursuive impunément. Soit nous vivons dans un pays où les assurances ont tous les droits, et peuvent accéder  à l’intégralité des données médicales afin de choisir si oui ou non, elles acceptent d’assurer tel ou tel risque (...), soit nous vivons dans un pays où les assurés sont jugés de confiance par défaut : dans ce cas, ils n’ont pas à apporter a posteriori la preuve qu’ils n’ont pas menti ou omis des éléments lors de la signature du contrat », écrit le généraliste. Il insiste également sur le caractère chronophage de ces consultations destinées à remplir des certificats d’assurance. « Dans les deux cas, les médecins généralistes - déjà occupés à faire du soin -, n’ont pas vocation à̀ être des contrôleurs pour assureurs et mutuelles », martèle-t-il.
L’Ordre national des médecins, qui rencontre régulièrement la Fédération des assurances, n’a pour l’instant pas communiqué de mesures concrètes pour lutter contre ces abus. Contacté par Le Généraliste, le Cnom invite toutefois les praticiens qui auraient des interrogations sur la légalité des informations demandées par les assurances via leurs patients à contacter directement leur conseil départemental pour avis. La commission déontologie de la Fédération des assurances, elle aussi sollicitée, n’a à ce jour pas donné suite.
Article de Camille Roux

Source : legeneraliste.fr

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Réforme des retraites : analyse du contenu (1)


La lecture du projet de loi concernant le régime universel de retraite réserve nombre de surprises, et non des moindres. Nous verrons dans un premier temps ce qui saute aux yeux pour voir ensuite quelques détails techniques pour lesquels je donnerai des précisions.
Ce qui surprend d’abord, c’est le très grand amateurisme de ses auteurs, couplé à un mépris à l’égard des élus et de nos institutions démocratiques. Certains points que je voulais évoquer n’ont pas échappé au Conseil d’État.

UNE RÉFORME PAR ORDONNANCES, SANS LE DIRE
À presque chaque page on apprend que les dispositions pratiques ne sont pas dévoilées, ne seront pas discutées au parlement, mais seront précisées par ordonnances dans des délais variables (de 3 à 18 mois). 
La réforme ne passera pas en force par ordonnances, mais les dispositions les plus importantes relèveront d’ordonnances ! J’avais relevé ce renvoi à des ordonnances à 25 reprises, le Conseil d’Etat vient de faire la même critique, en en dénombrant 29.  De qui se moque-t-on ?  Voie démocratique ou ordonnances ? En pratique le texte qui est présenté n’est qu’un emballage, quant au contenu, il sera donné plus tard ! On veut faire voter par notre représentation nationale une réforme dont on donnera le contenu qu’après !

UNE RÉFORME QUI MÉPRISE LES INSTITUTIONS, LES ÉLUS
On avait déjà vu le mépris de nos institutions dans le déroulement des « réunions monologues de concertationprésentation ». Je vous en ai déjà compté l’histoire : 6 réunions programmées avec les caisses de professions libérales. Ces caisses connaissant trop bien le sujet et faisant des remarques désagréables, la concertation s’est arrêté après la seconde réunion, remplacée par des réunions avec les syndicats (une dizaine en un an), incompétents. On est passé de discussions avec les représentants de toute la profession, élus, à des discussions avec des non élus, ne représentant que 10% de la profession, de plus rémunéré par les autorités, donc très complaisants.
Même comportement avec les élus de la nation. On se moque d’eux en ne leur présentant que l’emballage, mais il y a pire que cela. Lors des premières réunions, nous avons évoqué la possibilité d’aller voir nos députés pour leur expliquer ce qui allait se passer et que nous essaierons de les convaincre. Réponse du numéro 2 du HCRR, et passé depuis au cabinet du ministre : « les députés feront ce qu’on leur dira de faire ». Ça on le savait déjà, mais qu’un haut fonctionnaire le dise publiquement, on attend un sursaut d’orgueil de la part de nos élus, pour montrer qu’être réinvesti n’est pas leur préoccupation première, et qu’ils sont aussi à l’écoute de ceux qui les ont élus. 

UNE RÉFORME INACHEVÉE, FAITE PAR DES INCOMPÉTENTS
Ces nombreux renvois témoignent d’une grande impréparation. Cerise sur le gâteau, le Conseil d’État nous apprend qu’en moins de 3 semaines, le projet a été modifié 6 fois ! (Expliquant sans doute qu’il dénombre plus de renvois à des ordonnances). On présente une réforme qui n’est pas finie ! Précipitation, amateurisme, incompétence. Grave pour un pays comme le nôtre, inquiétant de la part d’individus qui nous font bien savoir qu’ils appartiennent à une classe supérieure, qui sait tout sur tout et n’a besoin d’aucune expérience, d’aucun conseil. Belle démonstration de leurs compétences, il faut faire fermer d’urgence leur école ! Une réforme de cette importance, la plus importante depuis 75 ans mérite mieux.

PAS DE CHIFFRES, OU FAUX
Autre point qui frappe pour une réforme des retraites et également relevé par le Conseil d’État, c’est l’absence de projections. J’ai déjà évoqué ce problème ici à plusieurs reprises depuis des mois. 
On ne sait pas où on va ! Pas de chiffres, pas d’étude d’impact sérieuse. Certes on vous donne des simulations : vous avez tel âge, tel revenu, à tel âge vous toucherez tant. C’est une totale manipulation de l’opinion, car il est très probable que vous ne toucherez jamais cette retraite promise. En effet il manque des projections, qui nous diraient si le régime sera équilibré dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans. Cela nous dirait quelle valeur du point on peut espérer à telle date.
On vous promet un rendement de 5,5%, on fait ces calculs avec ce rendement sans se préoccuper de ce qu’il sera demain. Déjà pour ce rendement « décrété » (ce qui ne peut être) de 5,5%, j’ai été un des premiers à dévoiler ici une première entourloupe : ce rendement n’est pas de 5,5%, mais de 4,95%. Ensuite, en ce qui concerne ces promesses gouvernementales pour la retraite, les médecins connaissent. En effet, pour l’ASV, géré par l’État et les syndicats, non par la caisse, on a fait en 1972 de belles promesses. Lorsque la première génération a pris sa retraite, le rendement était divisé par 5, et maintenant, 50 ans plus tard, il a été divisé par 15. J’avais annoncé cette chute, nié par les syndicats et les autorités, elle et maintenant là, incontournable. Alors pour le régime universel, on aimerait bien avoir quelques précisions.
On nous promet une étude d’impact, qui au passage aurait dû précéder les exemples et guider la réforme. Il paraît quelle sera trop volumineuse pour que les députés puissent la lire. Pour notre part, chez les médecins, en désaccord avec les premières simulations, nous avons voté le financement d’une expertise indépendante, pour montrer que dans leurs comparatifs, nos projections sont minorées, la leur majorée, pour minimiser l’impact. Si nos chiffres sont faux, les autres le sont aussi.

UNE GOUVERNANCE AUX ORDRES
Dernier point que je voulais évoquer pour aujourd’hui : comment, par qui sera piloté le régime universel ?  On retrouve ici la patte non d’une république démocratique, mais d’une dictature administrative, qui met en place ses hommes de main. Les Articles 49 à 56 qui organisent cette gouvernance ne comportent pas moins de 4 renvois à des ordonnances et à de nombreux décrets, arrêtés ou « fixé par voie réglementaire » comme le nombre d’administrateurs.
Pour cela on crée une Caisse Nationale du Régime Universel, la CNRU (Art 49). Il n’y aura pas d’administrateurs élus comme par le passé (ils ont déjà fait disparaître ces dispositions dans les caisses maladie). 
La gestion sera paritaire : le Conseil d’Administration sera composé pour moitié par des représentants des salariés, pour moitié du patronat. Ce seront donc des syndicalistes désignés, issus de syndicats « agréés », qui siègeront. Ainsi les professions libérales auront un poste « patronat », donné à un seul syndicat, non élu mais choisi par le fait du prince (UNAPL). Il se trouve que c’est celui qui reçoit le plus de « subventions » de la part des autorités, et qui donc bien entendu valide la réforme. C’est l’Etat qui fixe le nombre d’administrateurs pas la Caisse.
Quel sera le pouvoir de ce Conseil ? Vous le saurez plus tard : « Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par voie d’ordonnance, dans un délai de 6 mois à compter la publication de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi afin d’organiser la gouvernance interne de la Caisse,… ses relations avec le directeur,… ses conditions de fonctionnement et de financement,… ses relations avec l’État,… »
En pratique le Conseil d’administration n’aura aucun pouvoir, il n’y a donc besoin d’aucune compétence pour les membres. Ce n’est pas une nouveauté, cela fonctionne déjà comme cela dans les caisses « autonomes ». Ainsi chaque fois que le CA de la Carmf vote une décision, elle n’est pas applicable.  Ces décisions doivent passer par l’accord de la Direction de la Sécurité Sociale, qui peut les annuler, en demander la modification. Pour le régime de base nous n’avons même pas de décision à prendre : l’Etat fixe la valeur du point, la cotisation, toutes les modalités, sans prendre notre avis. Pour nos régimes complémentaires, nos décisions sont sans objet si cela ne sied pas aux autorités. 
Il y aura quand même une petite différence par rapport au fonctionnement actuel : avant, c’est l’État qui ratifiait (ou non) les décisions des Conseils, transmises par le directeur (sens montant), demain c’est le Conseil, qui ratifiera les décisions du gouvernement, transmises par son directeur (sens descendant). J’espère que vous saisissez la nuance.
À signaler que la CNRU pilotera également les anciennes caisses (Art 50), qui ne disparaîtront pas avant 2070, je vous expliquerai pourquoi. « Le directeur général de la Caisse (certainement nommé par les autorités, ordonnance à venir).., en cas de délibération qui ne serait pas compatible avec le schéma de transformation prévu au I, informe le ministre chargé de la Sécurité Sociale, qui peut s’y opposer dans les conditions fixées par décret (à venir) ». 
Ainsi il est prévu que les anciennes caisses ne seront plus pilotées par leurs Conseils d’Administration ou leurs directeurs, ni par le Conseil d’Administration du RU, mais par le directeur, haut fonctionnaire issu de Bercy ou des Affaires Sociales, et qui changera tous les 6 ans. Le RSI a été mis en place comme cela, avec la même organisation, 15 ans plus tard il était en faillite.

MAGOUILLES SYNDICALES
L’Article 51 est totalement vide, il commence par un renvoi à des ordonnances, dans un délai de 12 mois, pour organiser les modalités de représentation, de gouvernance des professions libérales. Tout ce qui concerne les professions libérales est renvoyé à des ordonnances, cela n’empêche pas certains syndicats ou caisses de professions libérales de valider une réforme dans laquelle ce qui les concerne n’est pas encore publié. Pourquoi ? Parce que ces ordonnances vont mettre en place, comme signalé dans l’Article, un Conseil de la Protection Sociale des Travailleurs indépendants. Qu’est-ce que cela cache ? 
Alors que Delevoye avait promis que chaque caisse professionnelle pourrait continuer à gérer son action sociale, l’invalidité-décès et éventuellement un éventuel régime complémentaire, tout ceci sera géré non plus par les caisses, mais par ce CPST, commun à toutes les professions, confié aux syndicats non élus. 
Ces syndicats n’ont jamais pu se faire élire à la caisse qui est restée indépendante, et ce qu’ils n’ont pu obtenir par les urnes, ils l’ont obtenu avec la Direction de la Sécurité Sociale. Pour plus de sûreté, cela ne sera discuté ni au parlement, ni avec la profession. Les ordonnances sont prêtes, ne pas dévoiler ces dispositions dont nous avons eu connaissance dans la loi, c’est de la pure manipulation antidémocratique.
Pour terminer sur cette nouvelle gouvernance, signalons que dans beaucoup de caisses comme à la Carmf, toutes les catégories sont représentées au Conseil d’Administration : actifs (syndiqués, non syndiqués), retraités, conjoints survivants, tous ont leur mot à dire et les décisions sont prises en commun. 
Demain, il n’y aura que des quasi permanents syndiqués, non « actifs », exit les autres catégories d’affiliés.
(À suivre)
Article du Dr Gérard Maudrux

Source : blog.gerardmaudrux.lequotidiendumedecin.fr



À propos de l'auteur
Dans une première vie chirurgien urologue libéral à Grenoble, Gérard Maudrux a présidé pendant 18 ans et jusqu’à la fin de 2015 la Caisse autonome de retraite des médecins de France, la CARMF. 
Il tourne la page avec un seul regret : avoir encore des choses à dire, une vision non conformiste du système de santé à présenter. Car ses idées (il a fondé Action santé pour lutter contre la loi Evin en 1991, il veut bloquer la fuite en avant des charges, est favorable à une retraite à la carte…), le Dr Maudrux les a toujours défendues le verbe haut, au besoin seul contre tous. 
C’est ce qu’il se propose de continuer à faire à travers ce blog iconoclaste.

Coronavirus : l’OMS annonce l’urgence de santé publique de portée internationale


L’Organisation mondiale de la Santé décrète l’urgence de santé publique de portée internationale. Le bilan du coronavirus s’élève à 213 morts et près de 10.000 personnes contaminées.
Le bilan du coronavirus s’élève de jour en jour, il est maintenant à 213 morts et près de 10.000 personnes contaminées. Les autorités chinoises font état ce matin de 43 décès supplémentaires en 24 heures. Il s’agit de la plus forte progression quotidienne depuis le début de l’épidémie.
Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré à l’issue de la réunion d’urgence jeudi : « Je déclare l’épidémie une urgence de santé publique de portée internationale. »
Aussi, il ajoute : « Il ne s’agit pas d’un vote de défiance à l’égard de la Chine. » Il estime qu’il n’y a pas lieu de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec ce pays. 
L’organisation s’est pourtant restreinte de décréter cet état d’urgence la semaine dernière. Elle n’avait admis que lundi que la menace était bel et bien « élevée » à l’international. L’OMS attribuait même ce statut de risque « modéré » à une erreur de formulation.
L’Organisation mondiale de la Santé s’inquiète des pays qui ne sont pas prêts à faire face à l’épidémie. « Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. » Selon l’OMS, de nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l’épidémie.
Si la grande majorité des cas restent localisés en Chine, 18 autres pays ont déclaré des cas et le plus souvent, sur des personnes arrivant de Chine. Les contaminations locales se font de plus en plus nombreuses.
En effet, en France, un médecin a été contaminé par une personne ensuite rentrée en Chine. Aux États-Unis, c’est un homme qui a contracté le virus en Chine qui a contaminé à son tour dans l’Illinois. En Allemagne, sur cinq cas contaminés, le coronavirus s’est répandu parmi les employés d’une entreprise. Une de leurs collègues est allée en Chine et les a contaminés par la suite.

Source : letribunaldunet.fr



Lire aussi :  Coronavirus symptômes origine... (sante.journaldesfemmes.fr)

L’AMM appelle à la création d’une chaîne d’approvisionnement internationale contre le coronavirus


L’Association médicale mondiale tire la sonnette d’alarme et appelle les gouvernements et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à créer le plus rapidement possible une chaîne d’approvisionnement internationale de médicaments et de fournitures médicales pour aider les professionnels de santé à lutter contre la propagation du coronavirus.
Le Dr Frank Ulrich Montgomery, Président du Conseil de l’AMM a déclaré : « Nous avons reçu des demandes urgentes de la part de nos associations membres issues de la région asiatique, qui font état d’une dangereuse pénurie des fournitures médicales qui protègent les professionnels de santé contre les risques d’infection, c’est-à-dire les gants, les masques, les détergents et les blouses à usage unique, dont les stocks sont très faibles. Nous exhortons l’Organisation mondiale de la santé et les gouvernements du monde entier à créer immédiatement une chaîne d’approvisionnement internationale pour satisfaire les besoins criants de nos collègues.
Nous recevons des messages de Chine, de Hong Kong et d’autres pays asiatiques qui nous alertent sur la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement internationales afin de réduire la dépendance à un pays ou une région, voire dans certains cas extrêmes à seul fabricant. Nous avons également besoin de stocks décentralisés de matériel nécessaire afin d’être mieux préparés aux situations d’urgence et nous devons réviser les lois relatives au contrôle des coûts, qui peuvent se révéler dangereuses et qui ont déjà conduit par le passé à des coupes budgétaires qui ont compromis la préparation aux situations d’urgence. »

Source : wma.net



Deux nouvelles primes pour certains personnels soignants des hôpitaux publics d’Île-de-France


C’était une promesse du gouvernement. Les deux primes réservées à certains personnels des hôpitaux publics travaillant en Île-de-France ou dans les services gériatriques ont été validées par des décrets parus au Journal officiel, ce vendredi 31 janvier.
Ces mesures figuraient parmi les annonces pour l’hôpital public, présenté en novembre 2019, par Edouard Phillipe et la ministre de la Santé, Agnés Buzyn.
Un premier décret instaure une prime « d’attractivité territoriale » pour les infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de puériculture et manipulateurs radio en poste à Paris et dans les trois départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).
Son montant est fixé à 940 euros brut par an pour les fonctionnaires et les contractuels dont la rémunération est inférieure au salaire moyen du secteur (1.935 euros net en 2017, dernier chiffre disponible). Cette somme est réduite de moitié pour ceux qui sont un peu mieux payés (jusqu’à 2.500 euros net environ).
Ceux qui ont « exercé de manière effective » ces fonctions « au moins trois mois » l’an dernier la recevront « au cours du premier trimestre ».
Une prime « grand âge »
Un second décret crée une prime « grand âge » pour les aides-soignants des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des services gériatriques hospitaliers (médecine, soins de suite, soins de longue durée).
Cette gratification de 118 euros brut par mois leur sera versée « à compter du mois de janvier ».
Dans un communiqué, Mme Buzyn affirme que « près de 50.000 » agents en région parisienne et 80.000 aides-soignants « exerçant auprès des personnes âgées » bénéficieront de ces mesures.
La ministre annonce également « l’entrée en vigueur dès ce mois de janvier » d’une troisième prime « de valorisation collective » pour les personnels « engagés dans des projets de transformation et d’amélioration de la qualité des soins ».
Son montant sera « compris entre 200 et 600 euros par projet et par agent », précise-t-elle.

Source : nouvelobs.com

Coronavirus : comment la Chine a fait pression sur l’OMS

La Chine s’est notamment opposée à ce que l’Organisation mondiale de la santé proclame une urgence de santé publique de portée internationale.
Après des débats agités, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affiché ses divisions et n’a pas proclamé une urgence de santé publique de portée internationale à propos de l’épidémie due au 2019-nCoV. Les considérations politiques semblent l’avoir emporté sur les arguments scientifiques, la Chine s’étant plus que fermement opposée à une telle déclaration.
Réunis en téléconférence mercredi 22 janvier pour débattre de la situation créée par l’épidémie due au nouveau coronavirus 2019-nCoV, les membres du comité d’urgence de l’OMS se sont divisés en deux moitiés opposées sur l’avis à rendre au directeur général de l’institution. « Je ne déclare pas d’urgence de santé publique de portée internationale », a donc déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, plus familièrement appelé docteur Tedros, en reconvoquant une réunion du comité d’urgence le lendemain. 
Cette dernière n’a pas fait varier les positions.
Le docteur Tedros a donc maintenu sa décision le 23 janvier, en indiquant que « le comité d’urgence était divisé sur la question ». Il précisait qu’il s’agissait d’une urgence sanitaire en Chine mais qu’elle n’était « pas encore devenue une urgence sanitaire mondiale » et que « la flambée représentait un risque très élevé en Chine et un risque élevé aux niveaux régional et mondial ». Dans son allocution devant la presse à l’issue de la réunion du comité d’urgence, le directeur général a tenté de prévenir les critiques : « Je tiens à réitérer que le fait que je ne déclare pas une urgence de santé publique de portée internationale aujourd’hui ne doit pas être pris comme un signe que l’OMS ne pense pas que la situation soit grave ou que nous ne la prenons pas au sérieux. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. »
Mutisme
Une telle conclusion n’a pas fait l’unanimité chez les scientifiques et chez les commentateurs chevronnés en matière d’épidémie. Le strict mutisme est de rigueur à l’OMS comme parmi les membres du comité. Mais, selon les informations que Le Monde a pu recueillir auprès de plusieurs sources de nationalités différentes, la décision de l’OMS résulte d’une opposition catégorique de la part de la Chine et de ses alliés, qui ont fait pression sur les membres du comité et la direction de l’organisation.
L’OMS dispose d’un instrument juridique, le Règlement sanitaire international (RSI), qui a fait l’objet d’une révision en 2005, compte tenu de la dissimulation par la Chine, pendant plusieurs mois, des informations sur l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui sévissait à partir de novembre 2002 dans la province de Guangdong. La nouvelle version est plus contraignante pour les États membres. Avec le RSI-2005, l’OMS se retrouvait dotée d’un « instrument juridique international qui a force obligatoire pour 196 pays dans le monde, dont tous les États membres de l’OMS. Il a pour but d’aider la communauté internationale à prévenir les risques graves pour la santé publique, susceptibles de se propager au-delà des frontières et de constituer une menace dans le monde entier et à y riposter », précise le site de l’organisation.
Comme le prévoit le RSI en cas d’épidémie à fort potentiel de dissémination, l’OMS a constitué un comité d’urgence pour la pneumonie due au nouveau coronavirus 2019-nCoV. Il regroupe quinze membres et six conseillers, choisis par le directeur général sur la liste des experts du RSI. Pour la plupart, ce sont des spécialistes des épidémies et des agents infectieux, mais il compte aussi une experte en médecine aéronautique, une représentante du ministère de la communication et de l’information de Singapour ou encore, parmi les conseillers, un responsable médical de l’Association internationale du transport aérien (IATA) ainsi qu’un chef d’unité à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
La composition de ce comité ad hoc reflète aussi des préoccupations géopolitiques puisque les quinze experts qui en sont membres sont originaires d’Arabie saoudite, d’Australie, du Canada, de Chine, de Corée du Sud, des Etats-Unis, de France, du Japon, des Pays-Bas, de Russie, du Sénégal, de Singapour pour deux d’entre eux et de Thaïlande, là encore pour deux d’entre eux. L’ancien directeur général de la santé français Didier Houssin en assure la présidence.
Débats houleux
Lors des réunions des 22 et 23 janvier, le docteur Tedros aurait invité les ambassadeurs des quatre pays les plus concernés par l’épidémie à ce moment - Chine, Thaïlande, Corée du Sud, Japon - à se joindre comme observateurs aux quinze membres et six conseillers du comité d’urgence. C’est à cette occasion que le représentant chinois aurait d’emblée exercé une pression sur le comité et par voie de conséquence sur le directeur général, affirmant qu’« il était hors de question de déclarer une urgence de santé publique de portée mondiale », indiquent au Monde deux sources concordantes, qui confirment que les débats ont été particulièrement houleux.
Le fait même que l’OMS reconnaisse que des opinions divergentes existaient dans le comité et que le président du comité, Didier Houssin, précise à l’issue de la première réunion que les positions étaient divisées à 50-50 n’est en rien habituel dans cette institution.
« Ce n’est pas que les autorités chinoises minimisent la gravité de l’épidémie, les mesures drastiques prises après la mise au point officielle du président Xi Jinping le montrent, et elles affirment presque comme un défi qu’aucun autre pays n’est prêt à aller aussi loin. Mais elles ont réorienté leur diplomatie en suivant un nouveau credo : la Chine n’est plus un pays du tiers-monde, analyse un bon connaisseur du dossier. Il s’agit de démontrer que le pays possède les capacités de gérer seul la crise sanitaire et c’est l’une des grandes différences avec ce qui s’est passé avec le SRAS. Là, ce sont les Chinois qui ont isolé le virus, séquencé son génome et l’ont partagé et publié dans les revues internationales. »
Une déclaration d’urgence sanitaire internationale aurait aussi l’inconvénient d’entraîner des restrictions pouvant toucher les personnes, les marchandises et les transports, dont la Chine comme ses alliés, en Asie notamment, se passeraient bien.
Le choix fait par le docteur Tedros visait aussi à trouver un compromis avec la Chine puisqu’il souhaitait se rendre en visite officielle dans ce pays. Le voyage a effectivement eu lieu les 27 et 28 janvier et le directeur général a obtenu des autorités chinoises de pouvoir « envoyer une délégation internationale d’experts en Chine, dès que possible, afin de travailler avec leurs homologues chinois à une meilleure connaissance de l’épidémie pour guider les efforts mondiaux de riposte », comme le rapporte un communiqué de l’OMS publié à Pékin le 28 janvier.
Article de Paul Benkimoun


Source : lemonde.fr