"La Vie Hospitalière"

lundi 7 octobre 2019

À l’hôpital Yves-Le Foll, de Saint-Brieuc, les infirmières de bloc opératoire sont en grève


Ce lundi 7 octobre 2019, à l’hôpital de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), une vingtaine d’infirmières de bloc opératoire ont suivi le mouvement de grève lancé nationalement. Elles réclament une reconnaissance de leurs compétences acquises après une formation spécifique.
Le mouvement de grève des infirmières de bloc opératoires diplômées d’état (IBODE) a été lancé nationalement le 23 septembre. Il a été suivi, entre 8 heures et 10 heures, ce lundi 7 octobre, par une vingtaine d’infirmières de l’hôpital Yves-Le Foll.
Aujourd’hui, les infirmiers de bloc sont une trentaine à exercer dans l’une des 15 salles d’opération de l’hôpital de Saint-Brieuc. Pas assez selon ces IBODE en quête de reconnaissance professionnelle et financière. « Nos gestes sont de plus en plus techniques, il ne s’agit pas uniquement de passer le bistouri », dit Marie-Chantal Le Bris, 56 ans, qui exerce dans la salle d’opération dédiée aux services des urgences.
IBODE depuis 25 ans, Marie-Chantal prépare les salles d’opération, assiste le chirurgien pendant l’intervention et veille sur le patient en salle de réveil. « L’absence de valorisation de notre métier entraîne un manque d’attractivité. C’est regrettable. »

Source : ouest-france.fr

Les urgences de Nanterre se mettent en grève


Le service des urgences de l’hôpital Max-Fourestier est en grève reconductible à partir de ce lundi soir. Il demande du personnel supplémentaire pour les soins, l’accueil… et le ménage.
Rats et cafards l'été, locaux vétustes, effectifs insuffisants. C'est la réalité quotidienne des infirmiers et aides-soignants de l'hôpital de Nanterre, qui seront en grève reconductible à partir de ce lundi soir.
Situé en périphérie de la ville dans le quartier du Petit-Nanterre, l'hôpital Max-Fourestier cohabite au sein du Cash (Centre d'accueil et de soins hospitaliers) avec plusieurs structures pour les sans-abri et un service de psychiatrie.
Malgré une activité modeste mais en progression (32.800 passages en 2018, + 3 % versus 2017), le service doit donc prendre en charge de nombreux patients en grande précarité, parfois difficiles, voire carrément violents. L'an dernier, le personnel avait obtenu un agent de sécurité dans la salle d'attente 24/24 heures après un incident qui aurait pu tourner au drame. « Un homme est arrivé avec un énorme pavé, il a cassé une vitre et a poursuivi les infirmières », raconte l'une d'elles. Et en attendant la reconstruction des urgences - pas avant 2023 - prévu dans le cadre d'un programme plus global de restructuration du Cash, le service n'a eu droit qu'à quelques coups de peinture.
« Pendant ce temps, le personnel travaille dans des conditions déplorables, regrette Nathalie Gubert, secrétaire du syndicat CGT au Cash. La nuit, les infirmiers et les aides-soignants doivent gérer l'inscription administrative des patients qui arrivent alors que ce n'est pas leur rôle et qu'ils ne sont pas formés pour ça, mais il n'y a pas d'agent d'accueil. »
« Tous les jours, on doit laver le sol et les toilettes »
Non seulement le personnel soignant doit assumer des tâches administratives, mais aussi… le ménage ! « Il y a bien un agent mais il ne nettoie ni les zones de soins, ni les toilettes, déplore une infirmière des urgences. Donc tous les jours on doit laver le sol et les toilettes. On utilise le même produit pour tout nettoyer, alors qu'on sait très bien qu'on ne fait pas le ménage à l'hôpital comme on le fait chez soi, il y a un protocole précis pour ça ! »
Après plusieurs rencontres avec la direction, le personnel vient d'obtenir des avancées. « La rénovation des locaux sanitaires va s'amorcer, du matériel neuf a été livré, d'autres équipements doivent bientôt être remplacés, se félicite la secrétaire de la CGT. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut rétablir le poste d'aide-soignant supprimé il y a deux ans et renforcer le poste d'agent d'accueil. »
Article de Florence Hubin

Source : leparisien.fr



Nobel de médecine : deux américains et un britannique récompensés pour leurs découvertes sur l'oxygénation des cellules


L'Académie a salué des découvertes qui "ouvrent la voie à de nouvelles stratégies prometteuses pour lutter contre l'anémie, le cancer et de nombreuses autres maladies". Les Américains William G. Kaelin Jr et Gregg L. Semenza ainsi que le Britannique Sir Peter J. Ratcliffe ont reçu, lundi 7 octobre, le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur la façon dont les cellules s'adaptent aux variations de leur approvisionnement en oxygène.
"Le prix Nobel de cette année récompense des travaux ayant révélé les mécanismes moléculaires à l'œuvre dans l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène" dans le corps, a justifié l'Institut Karolinska, qui remet le Nobel de médecine. Ces mécanismes sont également impliqués dans les tumeurs, dont la croissance dépend de l'apport en oxygène du sang, en particulier certains cancers à progression rapide comme celui du foie.
Vers de nouvelles stratégies contre l'anémie ou le cancer
Les travaux des chercheurs récompensés ouvrent la voie à des stratégies prometteuses pour lutter contre l'anémie, le cancer et de nombreuses autres maladies. Dans le cas des tumeurs, par exemple, l'oxygène est régulé de sorte à remodeler le métabolisme et permettre une prolifération efficace des cellules cancéreuses. Des laboratoires universitaires et des entreprises pharmaceutiques tentent donc de développer "des médicaments d'interférer à différents stades d'une pathologie", explique le jury du prix Nobel : soit en "activant", soit en "bloquant le mécanisme de captation de l'oxygène".
Les chercheurs récompensés ont travaillé sur les mécanismes permettant aux cellules de s'adapter différemment selon leur approvisionnement en oxygène. Ces travaux ouvrent la voie dans de nombreux domaines de la physiologie. (Jury du Prix Nobel)
Les lauréats vont se partager une récompense de 9 millions de couronnes suédoises, soit 828 000 euros environ. Ils recevront également une médaille en or le 10 décembre. Le Nobel de médecine est le premier des prix Nobel décernés chaque année. Suivront la physique mardi, la chimie mercredi, la littérature jeudi, la paix vendredi et l'économie lundi.
Source : francetvinfo.fr

La NASH en progression dans le monde


Maladie du foie gras, maladie du soda, stéatopathie non alcoolique (ou NAFLD pour non-alcoholic fatty liver disease), les expressions ne manquent pas pour parler de la stéatopathie métabolique, le terme retenu aujourd'hui par les spécialistes. 
« Entre 80 et 90 % des stéatopathies métaboliques sont des stéatoses simples, d'évolution bénigne, sans inflammation ni fibrose », indique le Pr Lawrence Serfaty, hépatologue et chef du service Maladies du foie au CHU de Strasbourg. « Mais au sein de cette population, 10 à 20 % de patients ont une stéatose accompagnée d'inflammation et de nécrose hépatocytaire et à risque de progresser vers une maladie chronique du foie : on parle de stéatohépatite non alcoolique ou NASH (non-alcoholic steatohepatitis). L'enjeu est de les identifier ». 
La prévalence de la stéatose, qui suit l'épidémie d'obésité, est en progression en Europe et partout dans le monde. Cette maladie relativement nouvelle a été caractérisée dans sa forme inflammatoire NASH pour la première fois au début des années 1980 par Jurgen Ludwig à la Mayo Clinic. « L'équipe américaine avait décrit à l'époque une stéatohépatite chez des femmes obèses qui ne consommaient pas d'alcool », explique le Pr Serfaty. 
Le terme de « maladie du soda » vient des États-Unis, où ce type de boisson très riche en fructose est particulièrement délétère pour le foie. 
Étude NASHCO 
Aux États-Unis, la stéatose métabolique concerne 25 % de la population. En Europe, sa prévalence est de 25 % en moyenne et est particulièrement marquée au Royaume-Uni. En France, l'étude NASHCO réalisée à partir de la cohorte Constances qui a inclus 200.000 adultes dans 21 départements a permis d'avoir une estimation nationale. « La prévalence est moins importante, de l'ordre de 18 %, soit environ 8 millions de sujets, avec un gradient Nord-Sud variant de 26% en Meurthe-et-Moselle, à 15 % en Haute-Garonne et 13% à Paris », précise le Pr Serfaty, coordonnateur de l'étude NASHCO. 
Dans cette étude, la prévalence a été estimée à partir de marqueurs indirects validés, à l'aide du Fatty Liver Disease Index, qui prend en compte l'indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille, les triglycérides et la gammaGT. 
La cohorte Constances montre également qu'en France la prévalence est deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes et augmente significativement avec l'âge. « Après l'âge de 60 ans, plus de 40 % des hommes sont touchés,» indique le Pr Serfaty. « La prévalence varie en fonction des facteurs de risque, estimée à 79% en cas d'obésité, à 63 % en cas de diabète de type 2 et à 50 % en cas de transaminases élevées de façon inexpliquée. Elle passe alors de 5 % en l'absence de facteurs de risque à plus de 95 % en présence des trois facteurs de risque ». 
Lorsque la stéatose évolue en NASH, cette évolution est lente et liée à la durée d'exposition, parfois sur plusieurs décennies. La prévalence de la cirrhose et du cancer du foie augmente significativement. Avec l'arrivée concommittante des antiviraux dans l'hépatite C, la NASH est devenue la première indication de greffe outre-atlantique. « L'exposition à l'obésité commence très tôt aux États-Unis, dès l'enfance,» indique le spécialiste. « Il existe même une forme pédiatrique de NASH, encore rare chez nous. En Europe et en France, la NASH représente moins de 10 % des indications de greffe hépatique. L'alcool reste la première cause de greffe mais il y a de plus en plus de formes mixtes, associant cirrhose alcoolique et métabolique ».
Un diagnostic d'élimination
La stéatose métabolique, qui ne dispose pas encore de marqueurs spécifiques, est un diagnostic d'élimination, une fois les autres causes de stéatose écartées, notamment l'alcool, les hépatites virales chroniques B et C ou encore les médicaments. « Si l'alcool est éliminé, il s'agit d'une stéatose métabolique dans 95 % des cas », indique l'hépatologue. « En pratique, le diagnostic est simple en cas de stéatose à l'échographie et de facteurs de risque métaboliques, obésité, diabète, hypertriglycéridémie, transaminases élevées ». Il faut rappeler que l'échographie conventionnelle peut visualiser la stéatose si elle est > 30 %. 
L'enjeu est d'identifier les patients à risque ayant une NASH. « Il n'y a pas de marqueurs directs , indique le Pr Serfaty. Les seuls marqueurs validés sont indirects et sont basés sur la fibrose, qui est prédictive de la morbimortalité. Plus la fibrose est importante, plus le risque de complications hépatiques et extra-hépatiques, notamment cardiovasculaires, est grand ». Le score FIB-4, « déjà utilisé par certains médecins généralistes de Strasbourg », souligne le Pr Serfaty, permet de calculer un score à l'aide de 4 paramètres simples, de repérer le risque de NASH et d'adresser le patient vers un spécialiste. 
Charge ensuite aux hépatologues d'évaluer plus finement la fibrose. « Aucun test n'est parfait, explique le Pr Serfaty. L'élastométrie par fibroscan, notamment avec sa fonction CAP, est très utilisée. Le Fibrotest ou le Fibromètre, des tests sanguins, doiventconfirmer. Plus qu'un examen, c'est un faisceau concordant qui est recherché. L'IRM PDFF et l'élasto-IRM, utilisée largement aux États-Unis, sont en passe de devenir les méthodes de référence mais d'accès difficile en France ».
Les facteurs de progression de la NASH restent aujourd'hui mal connus. « Dans 20 à 30 % des cas, il est possible d'identifier un facteur de risque, comme la prise pondérale ou un diabète non équilibré, voire des variants génétiques comme PNPLA3, poursuit l'hépatologue. Mais dans 70 % des cas, il n'y a pas encore d'explications. Le microbiote est une piste parmi d'autres dans cette maladie systémique et multifactorielle ».
Une chose est établie : il est possible de faire régresser la NASH, la fibrose voire la cirrhose, comme cela a été démontré après chirurgie bariatrique. Plusieurs médicaments sont en cours de développement, dont certains sont attendus courant 2020. « Des molécukes anti-diabétiques, comme les agonistes du GLP1, ont déjà démontré une certaine efficacité sur les lésions de NASH et doivent être proposées aux patients diabétiques ayant une NASH », indique le spécialiste.

Source : lequotidiendumedecin.fr
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Maternité de Cherbourg : deux nouveaux berceaux pour développer la relation affective maman-bébé


Depuis la mi-septembre, la maternité possède deux berceaux Kododo, destinés aux mères qui viennent d'accoucher par césarienne. L'équipement idéal pour s'occuper de leur bébé.
Claire Burnouf a accouché d’un petit Aaron en septembre. Elle a été la première à bénéficier d’un berceau Kododo, à la maternité de Cherbourg :
"C’est super ! J’ai vraiment apprécié pouvoir porter mon bébé quand je le voulais et l’avoir si près de moi, merci de m’en avoir fait bénéficier ! "
Fanny Titaux, auxiliaire de puériculture, rappelle le « combat » pour faire (enfin) parvenir cet équipement dans son service :
"Toute notre équipe est mobilisée sur ce projet depuis deux ans. L’hôpital ne pouvait prendre en charge cet achat de matériel. On avait alors fait une demande auprès de l’association Pièces jaunes, refusée. Puis on s’est tournés il y a un an vers l’association des gynécologues obstétriciens de Cherbourg : ils sont généreux, ils nous avaient déjà financé la déco pour égayer les locaux de notre service, la nurserie…"
1.500 euros pièce
Cette fois c’est la bonne. L’association a accepté d’acheter deux berceaux, chacun coûtant 1.500 euros.
L’entreprise Kadodo est venue faire une démonstration : ce berceau innovant s’attache au lit de la maman avec une sangle, et il y a un vérin pour qu’il puisse monter et descendre, et rester au niveau du lit. On enlève la paroi latérale et la mère peut ainsi dormir sans souci avec son bébé qui vient de naître.
Selon le site internet de la société, leurs matériels et mobiliers de maternité professionnels visent à « favoriser la relation affective maman-bébé la plus étroite possible dans les services de maternité et de néonatalogie, ou au retour à la maison.
Ce berceau favorise le processus relationnel et multi-sensoriel entre la maman et son bébé dans un environnement sécurisé pour le nouveau-né.
Si beaucoup de (futures) mères aimeraient que ce type d’équipement soit destiné à toutes les femmes qui accouchent, pour l’instant, seuls deux berceaux sont donc disponibles, et réservés aux femmes qui ont subi une césarienne. En effet, après cette opération, elles ne peuvent pas se lever pour s’occuper de leur bébé. Alors imaginez si elles veulent donner le sein…
« Les mères se sentent autonomes »
Selon une internaute qui a vu passer la bonne nouvelle sur Facebook :
"Il y a cinq ans, quand j’ai eu ma césarienne, il était impossible pour moi de me lever : c’était un crève-cœur de voir mon fils si loin de moi, surtout quand on sonne et que personne ne vient, ou alors au bout de 20 minutes… Alors merci beaucoup à l’association qui est à l’origine de cette superbe avancée ! "
À la maternité de Cherbourg, les premiers retours sont très positifs. Fanny Titaux en témoigne :
"Les mères se sentent plus autonomes, elles n’ont pas besoin de nous appeler régulièrement. Le maternage est très important, les mères peuvent toucher leur bébé, l’allaiter, remettre la suce… Bref, elles sont ravies !
Il y a 25 lits dans le service, l’idéal serait d’avoir autant de ces berceaux ultra-pratiques."

Source : actu.fr

dimanche 6 octobre 2019

Grève : après le « jeudi noir » aux urgences de Purpan, la direction du CHU riposte


Alors que les urgences du CHU de Purpan ont été paralysées par des arrêts maladies, jeudi 3 octobre 2019, la direction pointe du doigt « certains représentants syndicaux ».
À Toulouse, les urgences du CHU de Purpan ont été une nouvelle fois paralysées, jeudi 3 octobre 2019, en raison d’un mouvement de grève et d’arrêts maladie en cascade. Alors que le malaise social est profond depuis plusieurs mois, les professionnels de santé grévistes réclament davantage de moyens humains, soit au moins une quarantaine d’embauches de médecins et de paramédical, rien qu’aux urgences de Purpan. 
Des urgences paralysées par des arrêts maladie
« Notre équipe est à bout, épuisée, d’où les arrêts maladies qui s’enchaînent. La direction refuse de céder sur quoi que ce soit, et n’a pas trouvé d’autres moyens que de nous envoyer un huissier de justice pour faire constater notre mouvement de grève, durant la nuit », déplorait hier Pauline Salingue, représente de la CGT. Pour le syndicat, les urgences étaient fermées, jeudi, un terme démenti par la direction du CHU, qui conseillait néanmoins aux patients « de se tourner vers leur médecin traitant ou tout autre structure habilitée à recevoir des urgences ». 
En fin d’après-midi, jeudi, la direction du CHU a organisé la riposte. « Sur une vingtaine d’agents de ce service, nous avons eu entre 10 et 15 arrêts maladies. Les urgences n’étaient pas fermées mais en service très minimum », explique Vannessa Fage-Moreel, directrice des ressources humaines du CHU de Toulouse. La direction indique être confrontée depuis l’été, au sein de son service d’hématologie, et depuis une semaine au sein des urgences et du service d’orthopédie-traumatologie, à des « stratégies d’absentéisme coordonné » et à une forme de protestation « d’une violence inédite ». 
« Le fait que ça soit coordonné nous interpelle » 
Anne Ferrer, directrice générale adjointe du CHU, poursuit. « Les  arrêts ne remontent pas à cette nuit. La semaine passée on a affronté le même phénomène. On s’est organisés pour pouvoir ne pas fermer les urgences, assurer avec nos partenaires un accueil de qualité pour tous les patients qui se présentaient au CHU.  Les urgences de Toulouse n’ont pas été fermées. On peut avoir des patients réorientés lorsqu’ils appellent le 15. Le Samu peut les orienter vers des cliniques et des hôpitaux qui les accueillent dans de bonnes conditions. Nous accueillons aussi sur nos lits des patients en urgence qui relèvent de disciplines que le CHU est le seul à pouvoir offrir ».
Si la direction du CHU de Toulouse n’a pas donné de chiffres sur la grève du jeudi 3 octobre, elle assure que « la mobilisation sociale dans sa forme classique est restée faible. 165 professionnels se sont ainsi déclarés grévistes sur les 15.500 agents le 26 septembre 2019. Près de 120 de ces 165 grévistes l’ont été moins de 3 heures ». 
Anne Ferrer pointe du doigt les représentants syndicaux, accusés d’organiser ces arrêts maladies coordonnés : «Il faut refuser le modèle de l’arrêt maladie comme enjeu de négociations, qui est prôné par certains représentants syndicaux. Les gens qui sont en arrêt sont des gens qui sont en souffrance, et qui ont été arrêtés par leur médecin. Le fait que ça soit coordonné nous interpelle. Il est important de travailler avec les professionnels de santé pour qu’il n’y ait pas de digues qui cèdent. Il y a une digue symbolique qui cédera le jour où on considérera qu’on peut désorganiser, par des arrêts coordonnés la continuité du service public… »
« On entend le malaise au sein des urgences » 
Pour autant, et même si les tensions semblent s’accroître entre direction et grévistes, la direction du CHU assure que « le dialogue social n’est pas fermé » : « On entend le malaise de nos professionnels au sein des urgences. On y répond par un dialogue qui est nourri, qui est construit. On les encourage à participer à des groupes de travail dont les conclusions devront être rapides, car on cherche à réorganiser avec eux l’accueil des patients en situation d’urgence. Les flux de patients sont croissants dans nos urgences. On doit apporter une réponse pérenne. Aujourd’hui, le mouvement national qui touche les urgences appelle à des réponses locales, hôpital par hôpital », poursuit Anne Ferrer. 
La directrice générale explique encore : « L’hôpital accueille un nombre croissant de patients au sein de ses urgences depuis une dizaines d’années. Les urgences aujourd’hui sont un peu détournées de leur objectif initial avec des prises en charge légères là où antérieurement nous accueillions que des patients très lourds. Il faut prendre acte de ce phénomène de société et y répondre, assurer la transition jusqu’à ce que les nouveaux modes d’organisation puissent être mis en oeuvre et dans l’intervalle, répondre aux besoins de la population en les prenant en charge aux urgences. Nous cherchons par le biais du projet « Marche en avant » à la fois d’avoir des patients pris en charge pendant les périodes de pic mais aussi qui permettent à chaque soignant d’assurer un accueil personnalisé du patient. On a besoin de travailler encore sur ce projet qui sera mis en oeuvre à partir de novembre ». 
De  nouvelles actions prévues 
De leurs côtés, les syndicats prévoient une nouvelle mobilisation, la semaine prochaine. La grogne des professionnels de santé est d’ailleurs en train de gagner les établissements privés. Plusieurs cliniques ont prévues de se mettre en grève dans les prochains jours.
Le CHU de Rangueil pourrait également être concerné…  « Une grève touche aussi la clinique Ambroise Paré. La clinique Ducuing a prévu de faire grève lundi 7 octobre et Rangueil va également se mobiliser la semaine prochaine », expliquait Pauline Salingue, qui assurait encore : « Il est temps que la direction réagisse. Il y a actuellement une mise en danger de la population toulousaine ». 
Article de Gabriel Kenedi
Source : actu.fr

Pour "La Vie Hospitalière" il est quand même grave, voire inqualifiable, de s'attaquer aux syndicats et aux arrêts de travail des personnels ! 
Les personnels ne sont pas des bêtes de traits mais des êtres humains qui demandent un peu plus de considération  dans leur travail, et, surtout de respect lorsqu'ils sont obligés de s'arrêter pour le simple fait qu'ils n'en peuvent plus des conditions de travail devenues insupportables et qui, hélas, de plus en plus se pérennisent, pour ne pas écrire : se banalisent !...
Quand vont être pris en compte les besoins réels des services d'urgences en effectif notamment ? Quand ?...
La situation devient de plus en plus pénible, au sens propre et au figuré, et les directions feraient bien de quitter leurs fauteuils pour venir brancarder (par exemple), histoire de participer à la vie de chaque jour des services actifs comme ceux des urgences... toutes ces personnes s'apercevront, alors, très vite de la fatigue  qu'ont les personnels et peut être qu'ils s'arrêteront aussi au bout de quelque jours, épuisés physiquement et probablement moralement... à méditer.

La reprise de la Clinique Jeanne-d'Arc par le CHR d'Orléans est suspendue


Si le centre hospitalier régional d’Orléans ne trouve pas d’arrangement avec les infirmières de la clinique Jeanne-d'Arc de Gien, l’avenir du bloc opératoire de l'établissement est en danger. Or, de son sort dépendent ceux de la maternité et du service des urgences de l'hôpital giennois Pierre-Dézarnaulds.

La Clinique Jeanne-d'Arc - Photo du Syndicat Santé Solidaires (SSRC-SAS) -
Elles sont dix infirmières à travailler au bloc opératoire de la clinique Jeanne-d’Arc de Gien. Dix infirmières qui, pour le moment, ont "toutes décidé de partir", comme l’explique l’une d’entre elles, Brigitte.
Ces salariées refusent le contrat proposé par le centre hospitalier régional d’Orléans (CHRO), dans le cadre du projet de reprise de la clinique, gérée aujourd'hui par le groupe Ramsay (ex-Générale de santé). Cette problématique a d'ailleurs incité Olivier Boyer, directeur du CHRO, à suspendre ce projet et à renouer le dialogue avec le personnel.
Brigitte, infirmière de bloc opératoire, n'y croit plus : "Cela fait deux ans que ça dure et, malheureusement, ces négociations arrivent tard. Nous avions tiré la sonnette d’alarme en disant que les filles allaient partir. Nous avons l’impression qu’ils ne nous ont pas écoutées. Nous n’y croyons même plus, nous ne leur faisons plus confiance."
Les infirmières réclament, entre autres, que soit éclairci le montant de la rémunération concernant leurs astreintes ; "une revalorisation des salaires", alors qu’elles sont "moins bien payées que des intérimaires" ; "une organisation correcte" ; "le recrutement d’autres personnes pour nous soulager".
Démission d'une infirmière de bloc
À ce jour, comme le précise Brigitte, trois infirmières de bloc sont en arrêt maladie et une a posé sa démission. 
Les soignantes, démoralisées, ne sont pas sûres de trouver la force de rester, malgré de nouvelles discussions avec le CHRO et l’Agence régionale de santé. Certaines souhaitent changer de voie ou bouger; d’autres sont disposées à faire de l’intérim.
Porte-parole de ses collègues, Brigitte affirme "attendre le quatrième contrat" de l’hôpital d’Orléans, qui "a intérêt à nous apporter des choses concrètes", avant de prendre une décision définitive. 
Des répercussions sur la maternité et les urgences
Alors que le bloc opératoire est indispensable pour la maternité et le service des urgences, gérés par le centre hospitalier Pierre-Dézarnaulds, voisin de la clinique, la situation inquiète la directrice de l'hôpital de Gien, Marie Dunyach.
"Notre contrat avec Ramsay implique un accès aux salles et la mise à disposition du personnel qualifié, des infirmières de bloc que l’hôpital n’a pas. Nous disposons d’une salle pour la maternité et d’une autre destinée aux opérations programmées en gynécologie. Nous avons besoin d’un accès sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre au bloc pour les césariennes, mais aussi pour les interventions chirurgicales. Il est indispensable que le partenariat avec le centre hospitalier régional d’Orléans se mette en place de la même façon."
Marie Dunyach (Directrice du centre hospitalier giennois Pierre-Dézarnaulds)
La maternité de Gien fonctionne bien, puisqu'elle attire des patientes du Giennois, mais aussi des départements limitrophes, d'autant plus depuis la fermeture de celle de Cosne-sur-Loire (Nièvre).  Au 31 août, 505 femmes ont accouché à Gien. Au total, pour l’année 2018, elles étaient 790.
"Nous ne pouvons pas imaginer que le bloc opératoire ne fonctionne plus," affirme Marie Dunyach." Il faut absolument que cette opération se fasse afin que que le centre hospitalier Pierre-Dézarnaulds puisse continuer à remplir son rôle auprès de la population."
Les infirmières de la clinique, elles, n'ont pas envie qu’on leur fasse porter le chapeau d’une éventuelle fermeture du bloc. "Au contraire, la seule chose qui nous fait tenir, c’est de vouloir faire perdurer l’offre de soins dans le Giennois et maintenir la maternité".

Article d'Anne-Laure Le Jan

Source : larep.fr

Un hôpital condamné à payer près de 600.000 euros d’heures supplémentaires


Le centre hospitalier Nord-Deux-Sèvres, déjà déficitaire, dispose de deux mois pour faire appel.
En pleine crise dans les hôpitaux français, le centre Nord-Deux-Sèvres a été condamné ce jeudi à verser près de 600 000 euros à vingt infirmiers anesthésistes au titre d'heures supplémentaires impayées.
Selon France Bleu Poitou, le tribunal administratif de Poitiers reconnaît en effet le préjudice subi par ces agents dont les heures de travail de nuit n'avaient pas été payées. Chaque infirmier va ainsi toucher entre 4000 et 70 000 euros de dommages et intérêts.
S'il s'agit d'une victoire, ces indemnités sont moitié moins élevées que les sommes demandées, rappelle la radio. En effet, entre 2012 et 2016, les plaignants du centre hospitalier Nord-Deux-Sèvres (CHNDS) étaient appelés à réaliser, une fois par semaine, des gardes de 24 heures. Mais les heures effectuées entre 20 heures et 8 heures du matin n'étaient pas considérées par la direction comme des heures de travail classiques mais comme des heures d'« astreinte sur site » représentant 50 % du taux horaire habituel, détaille France Bleu.
À la disposition des urgences
Et le tribunal administratif d'estimer que ces infirmiers auraient dû être rémunérés normalement car il s'agissait bien d'un travail effectif et non pas d'astreintes. Ils n'avaient pas le droit de quitter l'hôpital et devaient être immédiatement disponibles pour d'éventuelles urgences ou pour la maternité. « Durant ces heures, ils n'étaient pas en train de dormir ou de regarder un film, ils étaient sur place, en blouse, à la disposition immédiate des urgences ! » a défendu leur avocat, Erwan Le Moigne.
La justice n'a en revanche pas retenu le calcul fait par les requérants pour se faire indemniser. Il en a notamment déduit les montants déjà versés pour les permanences effectuées. Le centre hospitalier, déjà déficitaire, dispose de deux mois pour faire appel.

Source : leparisien.fr

samedi 5 octobre 2019

Meurtre d'une interne en médecine : son partenaire mis en examen pour homicide volontaire


Un homme de 32 ans a été mis en examen pour homicide volontaire par personne étant partenaire de la victime et placé en détention le 3 octobre après le meurtre d'une interne en médecine générale à Saint-Ouen, a-t-on appris du parquet de Bobigny.
L'auteur présumé, en situation irrégulière, est né au Soudan. Il a été interpellé le 1er octobre à Paris, selon une proche de l'enquête.
La victime, une jeune femme de 27 ans, poursuivait un diplôme d'études spécialisées en médecine générale. Selon l'Assistancce Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), elle réalisait son 4ème semestre d'internat dans un stage de pédiatrie à l'hôpital Jean-Verdier à Bondy (Seine-Saint-Denis).
Elle avait été retrouvée par les secours le 16 septembre, peu après 16 heures, dans son logement dont la porte était entre-ouverte. Son corps présentait « des plaies, infligées à l'arme blanche ». Selon le rapport d'autopsie, la victime aurait reçus 14 coups de couteau.
La faculté de Paris-Diderot dans laquelle elle était inscrite et l'AP-HP ont immédiatement ouvert une cellule d'urgences médico-psychologique. Un psychiatre accompagne également les étudiants qui le souhaitent.
Le suspect a été mis en examen du chef « d’homicide volontaire par personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité », a précisé le parquet de Bobigny.
En 2018, 121 femmes ont été tuées lors de violences conjugales, selon le décompte officiel du ministère de l'Intérieur.

Source : lequotidiendumedecin.fr
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vendredi 4 octobre 2019

Urgences de Mulhouse : tous les internes en arrêt maladie pour '“épuisement professionnel“ ou ”symptômes dépressifs”


L'ensemble des internes du service des urgences de Mulhouse sont en arrêt de travail depuis lundi 30 septembre. Ils estiment ne plus pouvoir faire face au manque chronique de médecins titulaires.
Ils sont quinze en arrêt maladie, soit la totalité des internes du service des urgences de l'hôpital de Mulhouse, pour des affections telles que "épuisement professionnel" ou encore "symptômes dépressifs". Selon un interne qui souhaite rester anonyme : "ça a commencé par un puis deux cas et lundi (le 30 septembre), il y a eu un effet boule de neige. Le groupe des internes a décidé que si un ou deux partaient, ils partiraient tous". 
Une vague de peur chez les internes
Cette vague d'arrêts maladie des internes, allant de une à quatre semaines "n'était pas anticipée", a expliqué l'interne. "Si les internes sont en difficulté, c'est dû à l'absence de médecins, de chefs, qui les prennent en charge de façon effective et valide ce qu'ils proposent. Le fait que les médecins s'en aillent fait retomber la responsabilité sur les internes qui ne devraient pas être responsables", ajoute-t-il.  
 "Cela crée une angoisse majeure de devoir être en première ligne, de faire des prises en charge, de décider tout seul, en attendant que quelqu’un (un médecin) puisse se libérer…"
Un interne anonyme

Le syndicat des internes de spécialités d’Alsace a demandé à l’ARS (Agence régionale de santé) que l’on ne prenne plus d’internes au service d’urgences de Mulhouse pendant six mois Le temps que ce service reprenne un fonctionnement normal. Il est pourtant prévu que dans un mois, le 4 novembre 2019, jour de la fin du stage semestriel des internes actuels, de nouveaux internes arrivent aux urgences sans expérience.
Le syndicat doit rencontrer le doyen de la faculté de médecine de Strasbourg ce jeudi soir afin d’appuyer cette demande auprès de l’ARS, l’Agence régionale de santé. L'ARS a réagi en indiquant qu'elle organise le 8 octobre 2019, avec l’ensemble des partenaires, une réunion pour finaliser ses organisations. La direction du Groupement hospitalier régional Mulhouse Sud-Alsace (GHRMSA), elle, n'a pas fait connaître de réaction. 
Article de Claude Lepiouff 
Source: france3-regions.francetvinfo.fr

jeudi 3 octobre 2019

Un aide-soignant soupçonné d'agressions sexuelles sur 13 personnes dans des Ephad


Un aide-soignant, écroué en juin pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur quatre personnes dans un Ehpad de Haute-Saône, est suspecté d'avoir commis des faits similaires sur neuf autres victimes dans plusieurs établissements de la région, a indiqué jeudi le parquet.
Cet aide-soignant de 60 ans, qui "nie formellement son implication et conteste l'ensemble des plaintes", sera présenté à un juge d'instruction jeudi après-midi en vue d'une mise en examen supplétive pour agressions sexuelles, a précisé le procureur de Vesoul, Emmanuel Dupic, lors d'une conférence de presse.
"Nous craignons qu'il y ait d'autres victimes"
L'homme est suspecté d'avoir agressé sexuellement six personnes âgées de 75 à 90 ans, dont un homme, ainsi que sept collègues, dont une stagiaire de 16 ans, de 2013 à 2019, a précisé le magistrat. "Ce recensement n'est pas exhaustif. Compte tenu du mode opératoire, nous craignons qu'il y ait d'autres victimes", a-t-il ajouté. "Selon le témoignage "extrêmement difficile à recueillir" de ces personnes âgées et vulnérables, le suspect aurait agit pendant les soins qu'il leur prodiguait, profitant d'être seul avec elles", a expliqué Emmanuel Dupic.
Signalements internes
Les victimes ont été recensées dans cinq Ehpad différents situés en Haute-Saône, dans le Territoire-de-Belfort et dans le Doubs. Quand l'homme était licencié d'un établissement à cause de problèmes avec ses collègues ou de "signalements internes", il "retrouvait facilement du travail dans d'autres établissements", constate le magistrat.
"Avec les enquêteurs, nous avons été extrêmement surpris du fonctionnement de ces Ehpad qui n'ont jamais signalé les faits à la police ni prévenu son nouvel employeur", a-t-il encore relevé, estimant que "ce sont des dysfonctionnements de nature à permettre la réitération des faits" dans la mesure où "la police et la justice n'ont pas été prévenues". 
Les faits reprochés à l'aide-soignant sont passibles de sept ans de prison, a précisé le procureur. L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Besançon.

Source : lefigaro.fr

mercredi 2 octobre 2019

"On va bientôt manquer de bonne volonté et de bienveillance" : l'appel de 108 personnalités pour sauver l'hôpital


108 personnalités françaises, associées à des représentants de patients, signent une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour réclamer un plan d'urgence pour "sauver l'hôpital". Une tribune publié ce mercredi par le Parisien.
Parmi les signataires Charlotte Gainsbourg, Véronique Sanson, Vincent Lindon, Florence Foresti, Richard Bohringer, ou encore Thomas Piketty, associés à une quarantaine de représentants de patients. Ils ont tous été confronté à l'hôpital et interpellent le chef de l'Etat pour mettre en place un plan d'urgence.
"Des gens usés"
Patrick Chêne est lui aussi co-signataire de la tribune. Journaliste, il a été plusieurs fois hospitalisé pour un cancer. "L'hôpital m'a tout apporté ! J'ai vu à quel point on pouvait se réjouir d'avoir l’hôpital public en France. J'ai rencontré des gens qui sont bienveillance totale mais on voit aussi des gens usés, qui quittent le service public", confie le journaliste.
"On va bientôt manquer de bonne volonté et de bienveillance. C'est ce qui fait que quand vous avez un énorme coup dur, vous avez à la fois l'expertise du chirurgien, du professeur mais aussi la bienveillance du personnel soignant. Cela contribue énormément à la guérison lorsqu'on s'occupe de vous comme si vous étiez la personne la plus importante au monde."
"Une situation intenable"
"La situation sur le terrain est devenue réellement intenable : les difficultés d'accès aux soins s'accroissent, la qualité et la sécurité des soins se dégradent et nous observons l'épuisement et l'inquiétude des personnels hospitaliers", écrivent les signataires.
Les personnalités, qui ont été confrontées au monde hospitalier, réclament l'ouverture de lits, l'embauche du "personnel nécessaire", la revalorisation des salaires des personnels. "L'hôpital public a besoin de réformes mais aussi et surtout de moyens pour assurer ses missions dans des conditions acceptables pour les patients et pour les soignants", conclut la lettre.


Source : europe1.fr

Le plan santé, un an après


Un après sa présentation par le Président de la République, la mise en œuvre de la stratégie de transformation du système de santé  « Ma santé 2022 » a été engagée pour répondre à une préoccupation essentielle des Français.
La première année de déploiement de la stratégie a permis des réalisations sur les projets prioritaires et de bâtir les outils pour une transformation profonde de l’organisation des soins.
La loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé contient des avancées décisives sur trois priorités :
- L’organisation des soins de proximité pour tous.
- L’adaptation des métiers et des études aux nouveaux besoins de santé.
- Un développement du recours aux outils du numérique pour les soins et l’innovation en santé.
Cette loi concrétise en particulier la réforme des études médicales et la suppression du numerus clausus, crée la nouvelle catégorie des hôpitaux de proximité, ouvre la voie à une plus forte médicalisation de la gouvernance des établissements de santé, accélère les délégations de tâches des médecins vers d’autres professions ou encore donne la possibilité à de nouveaux métiers soignants de réaliser des actes de télésoins.
Les douze mois écoulés ont également été marqués par la signature de deux accords conventionnels entre l’assurance maladie et les représentants des professionnels de santé libéraux. Le recrutement des assistants médicaux est en cours, avec un objectif de 5.000 postes créés en 2022. 
Les assistants médicaux permettront de libérer du temps médical pour faciliter l’accès de tous à un médecin. Le deuxième concerne le financement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dans lesquelles les professionnels de santé de ville s’organiseront, avec comme priorité de proposer à la population un accès à des consultations sans rendez-vous. 
Les premières CPTS financées par des crédits de l’assurance maladie seront officiellement créées dans les prochains jours. Aujourd’hui, quelque 300 projets sont recensés. L’objectif est de couvrir l’ensemble du territoire national d’ici 2022 avec 1.000 CPTS.
Parallèlement au vote de la loi et à la signature des accords conventionnels, plusieurs projets d’importance ont trouvé leur concrétisation : les premières promotions d’infirmiers en pratiques avancées sont en passe d’être formées, les 400 postes de médecins en zone sous-dense sont en cours de recrutement et le financement à la qualité des établissements de santé a été significativement augmenté. Par ailleurs, la feuille de route de la stratégie du numérique en santé ainsi que la réforme des financements du système de santé ont été arrêtées et présentées par la ministre des solidarités et de la santé.
En complément de ces projets, la ministre des solidarités et de la santé a décidé d’intégrer dans la stratégie « Ma santé 2022 » un plan de refondation des urgences, financé à hauteur de 750 millions d’euros. Ce plan d’ampleur constitue une réponse sans précédent aux tensions que connaissent les services des urgences. Ce plan mobilisera l’ensemble des acteurs de soins concernés en positionnant les professionnels libéraux sur l’organisation d’une réponse pour les consultations sans rendez-vous et les hospitaliers pour les soins urgents et vitaux.
Après un premier acte qui a permis la mise en place des outils nationaux indispensables pour une transformation du système de santé, la deuxième année doit être celle du déploiement des projets selon les spécificités de chacun des territoires, en continuant de s’appuyer sur les professionnels, les usagers et les élus locaux.

Source : gouvernement.fr

mardi 1 octobre 2019

Décès d’une patiente à Mulhouse : le Samu hors de cause, selon l’ARS


L’Agence régionale de Santé estime que la régulation du Samu de Mulhouse a fonctionné "normalement" lors de la prise en charge d’une femme de 60 ans décédée en juin d’un arrêt cardiaque.
Pas de dysfonctionnement du Samu. L’Agence régionale de santé (ARS) assure que la régulation médicale du Samu de Mulhouse a fonctionné "normalement" lors de la prise en charge de Marie-Line Descloix, une patiente décédée en juin dernier.
Aucun véhicule sanitaire envoyé
Le 3 juin, l'employeuse de cette femme de 60 ans avait contacté le 15 pour signaler qu’elle se plaignait de douleurs au bras et à la cage thoracique. "Elle se plaignait de douleurs à la cage thoracique, des douleurs intercostales, au cœur et au bras gauche. Elle disait ne pas réussir à respirer correctement", a raconté l’employeuse à l’AFP. Cette dernière est restée en contact avec la sexagénaire jusqu'à ce qu'elle reçoive l'appel du Samu, mais aucun véhicule sanitaire n'aurait été envoyé pour lui porter assistance. Marie-Line Descloix a été retrouvée morte dans son lit par un voisin, dix jours après l'appel au Samu et l'autopsie pratiquée sur le corps a confirmé que la victime était décédée des suites d'un arrêt cardiaque.
Un rapport "en cours de finalisation"
Le parquet de Mulhouse a annoncé le 28 septembre l'ouverture d'une information judiciaire à la suite de ce décès. "Ce qui est sûr, c’est que la régulation a fonctionné normalement", a déclaré lors l'une conférence de presse Virginie Cayré, directrice générale déléguée de l’ARS pour l'Est de la région Grand Est. Elle révèle également que les conclusions d'une enquête administrative ouverte par l'ARS au cours de l'été seront prochainement rendues publiques. Le rapport est "en cours de finalisation", a-t-elle indiqué.
"L’ensemble des dispositifs de régulation a fonctionné", a abondé Corinne Krencker, directrice du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse-Sud-Alsace (GHRMSA).
Agent de régulation puis médecin régulateur
Dans un communiqué, l'hôpital de Mulhouse a indiqué le 29 septembre que "l'agent de régulation médicale qui a réceptionné cet appel a immédiatement recontacté la patiente puis l'a mise en relation avec le médecin régulateur".
"Ce dernier a ensuite pris une décision médicale au regard des éléments échangés au cours de l'entretien avec la patiente", poursuit le communiqué, précisant que la direction n'a pas connaissance de l'ouverture d'une information judiciaire mais a répondu à une enquête préliminaire.
Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de Naomi Musenga, jeune mère de famille de 22 ans décédée aux urgences de l'hôpital de Strasbourg, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu. La diffusion du contenu de cet appel avait provoqué un tollé et deux enquêtes, judiciaire et administrative, avaient été ouvertes.
Les urgences de l'hôpital de Mulhouse, en grève depuis des mois comme des centaines d'autres services d'urgence en France, font face à de nombreux départs de médecins, épuisés par les conditions de travail.

Source : francetvinfo.fr


Une bio-imprimante 3D soigne les plaies à l’aide des cellules de la peau d’un patient



Bien que l’avènement des imprimantes 3D soit communément considéré comme une révolution pour la fabrication, il pourrait aussi avoir d’énormes avantages pour la médecine. Pour aider à panser de grandes plaies qui pourraient normalement nécessiter une greffe de peau, les chercheurs du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine (WFIRM) ont mis au point une nouvelle bioimprimante qui peut imprimer les deux couches de la peau d’un patient directement dans une plaie.
L’idée d’une peau imprimée en 3D est en développement depuis quelques années. En 2014, un prototype de machine a été dévoilé, capable d’imprimer de grandes feuilles de peau humaine qui pouvaient ensuite être découpées sur mesure et greffées sur un patient. 
Au fil des ans, la technologie a évolué pour devenir des machines plus détaillées et finalement un appareil portatif qui fonctionne comme un distributeur de ruban adhésif pour la peau.
La nouvelle machine ressemble à un croisement entre ces deux dernières. Elle est beaucoup plus grande que l’appareil portatif, mais elle est encore relativement portable en milieu hospitalier. La machine peut être transportée sur roues jusqu’au chevet du patient, et un patient se trouve sous la buse de l’imprimante pendant qu’elle se met au travail.
Comme les appareils précédents, la nouvelle imprimante utilise une « encre » composée des propres cellules du patient, afin de minimiser le risque de rejet. 
Tout d’abord, une petite biopsie d’une peau saine est pratiquée et deux types de cellules cutanées peuvent être isolés : les fibroblastes, les cellules qui aident à construire la structure pour guérir les plaies, et les kératinocytes, qui sont les cellules principales que l’on trouve dans la couche externe de la peau.
De plus grandes quantités de ces cellules sont cultivées à partir de l’échantillon de biopsie, puis mélangées dans un hydrogel pour former l’encre de la bioimprimante. Et c’est là qu’elle diffère des bioimprimantes précédentes – plutôt que de simplement appliquer la nouvelle peau sur la blessure, la nouvelle machine utilise d’abord un scanner laser 3D pour construire une image de la topologie de la blessure. À l’aide de cette image, l’appareil remplit ensuite les parties les plus profondes avec les fibroblastes, avant de superposer les kératinocytes par-dessus.
Cette technique imite la structure naturelle des cellules de la peau, ce qui permet à la blessure de guérir plus rapidement. L’équipe a démontré qu’elle fonctionne à l’aide de modèles murins, en observant que la nouvelle peau commençait à se former vers l’extérieur à partir du centre de la plaie. Notamment, cela ne fonctionnait que lorsque l’encre était fabriquée avec les propres cellules du patient - dans d’autres expériences, le tissu était rejeté par le corps.
" Si vous livrez les cellules du patient, elles contribuent activement à la cicatrisation de la plaie en s’organisant dès le début pour commencer le processus de cicatrisation beaucoup plus rapidement " , précise James Yoo, co-auteur de l’article. " Bien qu’il existe d’autres types de produits de cicatrisation pour traiter les plaies et les aider à se refermer, ces produits ne contribuent pas directement à la création de la peau."
Les chercheurs affirment que les prochaines étapes consisteront à mener des essais cliniques sur des humains. Éventuellement, le nouvel appareil pourrait être utilisé pour traiter les brûlés, les patients souffrant d’ulcères diabétiques et d’autres grandes blessures qui ont de la difficulté à guérir par leurs propres moyens.

Bernard Neumeister
( Consultant et Expert hightech. Fondateur du site Infohightech.com )


Sources:

Problème grave avec un médicament, infection nosocomiale, accident médical... quels sont les recours ?


Face à un préjudice médical (dommage corporel, moral ou matériel résultant d'un acte médical ou chirurgical), il existe plusieurs moyens pour agir. Explications avec Service-public.fr.

Des procédures générales
Vous pouvez : 
- Saisir ia commission des usagers (CDU) qui veille à faire respecter les droits des patients en cas de litige avec un établissement de santé concernant l'accueil et la prise en charge.
- Saisir la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) pour tout accident médical, affection liée à un médicament ou à un traitement ou encore en cas d'infection contractée par un patient au cours de son hospitalisation.
- Mener une action de groupe à l'encontre d'un produit de santé (médicament, produit cosmétique, dispositif médical...) dès lors que plusieurs personnes ont subi un préjudice similaire, la procédure étant alors menée par une association d'usagers du système de santé.
En cas de préjudices spécifiques
En matière de contamination liée à une transfusion sanguine (VIH, hépatite B...), la demande d'indemnisation passe par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam).
Si vous avez avez été affecté par un problème concernant un vaccin , il existe, pour les vaccinations obligatoires, une procédure d'indemnisation par le biais de l'Oniam.
Il existe aussi des dispositifs particuliers pour certains médicaments ou produits (Mediator, Dépakine, prothèses mammaires PIP).
Enfin, si le préjudice porte sur le fonctionnement d'un hôpital ou d'une clinique , les victimes peuvent également avoir recours au tribunal (en passant soit par le juge administratif pour un établissement public soit par le juge civil pour un établissement privé).
Source : service-public.fr