"La Vie Hospitalière"

dimanche 15 décembre 2019

Un patient meurt en chutant du 4ème étage d’un hôpital en Guadeloupe


Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de ce drame. La thèse de l’accident serait privilégiée.
Un patient du CHU de Guadeloupe, situé à Pointe-à-Pitre, a trouvé la mort en chutant du 4 ème étage de l’établissement de soins, ce vendredi. Le drame, qui s’est produit vers 17 heures 45, a coûté la vie à cet homme âgé de 82 ans, relate Le Progrès.
La direction de l’hôpital a annoncé qu’une « enquête interne sera conduite par l’équipe chargée de la gestion des risques afin de déterminer s’il y a eu des failles dans la surveillance du patient ». Selon une source hospitalière, l’octogénaire était pris en charge depuis « quelques jours » au service gériatrie. Il « souffrait d’un début de désorientation dans l’espace ».
L’homme serait entré dans le bureau d’un médecin en son absence, et aurait « certainement confondu la fenêtre avec une porte », selon cette source. Une cellule de soutien psychologique a été ouverte pour venir en aide aux patients et soignants qui le nécessiteraient.

Source : actu17.fr



samedi 14 décembre 2019

« On a frôlé la catastrophe sanitaire » : les services pédiatriques d’Ile-de-France au bord de la rupture


Par manque de lits de réanimation, 22 enfants ont dû être transférés hors de la région francilienne cet automne
Personnels infirmiers manquants, lits de réanimation ou d’hospitalisation fermés… Cette année, l’épidémie hivernale de bronchiolite met à rude épreuve les services pédiatriques des hôpitaux un peu partout en France. Si des difficultés sont signalées à Bordeaux ou à Marseille, c’est en Ile-de-France qu’elles sont le plus visibles. Entre le 17 octobre et le 2 décembre, vingt-deux enfants – pour la plupart des nourrissons âgés de moins d’un an – ont dû être transférés hors de la région, à Rouen, Amiens, Caen ou Reims, faute de lits de réanimation pédiatrique disponibles.
Ce nombre est exceptionnel : l’hiver dernier, il n’y avait eu que trois transferts. Les années précédentes, entre zéro et quatre. « On a frôlé la catastrophe sanitaire, si l’épidémie avait été plus intense, il y aurait certainement eu des morts », estime un chef de service sous le couvert de l’anonymat.
A l’origine de cette situation, une pénurie d’infirmiers qui empêche la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) de pourvoir une quarantaine de postes et la contraint à ne pas rouvrir au début de l’hiver une partie des lits dits « de soins critiques » destinés aux enfants et traditionnellement fermés l’été. Le 4 décembre, au plus fort de la crise, « il manquait 22 lits de ce type par rapport à ce qui devrait être ouvert en hiver », explique Noëlla Lodé, la représentante des cinq services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) pédiatriques en Ile-de-France.
Quinze lits ont été rouverts depuis, annonce jeudi 12 décembre, François Crémieux, le directeur général adjoint de l’AP-HP, qui assure que le groupe hospitalier « a mobilisé tous les moyens possibles en termes de ressources humaines » pour parvenir à pourvoir les postes infirmiers manquants, des postes « hyperspécialisés, nécessitant des temps de formation de deux à trois mois ».
« Des difficultés à trouver une place »
Au-delà de la gêne pour les familles des nourrissons concernés, cette crise a mis sous pression tous les services pédiatriques de la région. « Certains soirs, quand on prenait la garde, on savait qu’il n’y avait plus de lit de réa pour toute l’Ile-de-France, raconte Simon Escoda, le chef des services d’urgences pédiatriques de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis. Sachant cette grande pénurie, on a gardé sur site des enfants qui avaient des marqueurs de sévérité significatifs qu’on aurait largement transférés dans d’autres situations. C’est un glissement de tâche contraint et forcé. Quant aux dix-huit transferts pour insuffisance respiratoire que nous avons dû faire, nous avons quasiment à chaque fois eu des difficultés à trouver une place. »
Conséquence : « beaucoup d’énergie » consacrée à la recherche d’une place et à la surveillance du nourrisson, au détriment des autres tâches, entraînant « un retard des soins courants ». En novembre, la durée moyenne d’attente des consultations le soir aux urgences pédiatriques de Delafontaine était ainsi d’environ cinq heures, soit plus que l’hiver précédent. « Cette mise en tension permanente entraîne le système au bord de la rupture », déplore Laurent Dupic, réanimateur pédiatrique à l’hôpital Necker, qui évoque le « stress permanent » des soignants à qui il est demandé de « faire entrer et sortir très rapidement » les bébés hospitalisés, pour libérer des lits.
Au-delà des services de « soins critiques » de l’AP-HP, plusieurs chefs de service de pédiatrie racontent souffrir d’un fort turn-over de leurs équipes soignantes, ainsi que des arrêts maladie non remplacés. « Les infirmières s’auto-remplacent, s’épuisent et finissent par craquer », raconte Simon Escoda, à Saint-Denis. « Les services sont exsangues, les gens ne veulent plus travailler dans ces conditions-là et s’en vont », résume Vincent Gajdos, chef de service à l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine).
« Il va il y avoir une catastrophe »
Dans un témoignage saisissant relayé par le Collectif interhôpitaux, le chef de service de pédiatrie d’un établissement francilien décrit la difficulté de gérer l’épidémie avec une équipe composée d’un tiers de jeunes infirmières, dont certaines tout juste sorties d’école. « Je vous laisse deviner leur réaction face à un bébé de 3 ou 4 kg qui suffoque brutalement à cause de sa bronchiolite et qu’il faut intuber rapidement et brancher à un respirateur en attendant l’arrivée du SAMU pédiatrique qui est bloqué avec le transfert d’un autre patient ailleurs », écrit-il, estimant ne plus travailler « dans des conditions de sécurité, ni pour les patients, ni pour les soignants, ni pour nous autres, médecins ».
Plusieurs chefs de service interrogés disent leur crainte d’un accident. « Si on reste comme ça, il va il y avoir une catastrophe, un enfant qui va mourir dans le camion d’un SMUR, dans un centre hospitalier ou pire, en salle d’attente. C’est la hantise de tout le monde », raconte l’un d’eux.
Alertée sur cette situation de crise, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a diligenté le 4 décembre une mission « flash » de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin qu’elle fasse rapidement des « préconisations de court et de moyen terme pour résorber les tensions et optimiser la couverture des besoins » en lien avec le pic épidémique hivernal en Ile-de-France.
Une décision mal reçue par une partie des chefs de service de l’hôpital Necker qui ont envoyé une lettre à la ministre – dont des extraits ont été publiés par Libération – pour faire valoir leur « profonde incompréhension » face au déclenchement d’une telle procédure alors que, selon eux, l’actuelle épidémie ne fait que révéler « les insuffisances d’une structuration hospitalière à bout de souffle ».
La crise pourrait désormais prendre une tournure plus politique. Lors d’une réunion surprise, vendredi 6 décembre, avec les seuls chefs de service de l’hôpital Necker – l’établissement où elle exerçait auparavant – Mme Buzyn aurait directement mis en cause, selon les témoignages de plusieurs participants, la mauvaise anticipation de l’épidémie par la direction de l’AP-HP. Une mise en cause qui donnera un relief particulier aux conclusions des inspecteurs de l’IGAS, attendues d’ici au 19 janvier.
Article de François Béguin

Source : lemonde.fr


Retraites : les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation mardi 17 décembre

Mardi 10 décembre au soir, à la veille des annonces d’Edouard Philippe sur le contenu de la réforme des retraites, l’intersyndicale a annoncé une nouvelle mobilisation pour le mardi 17
Deux fois moins nombreux qu’il y a cinq jours, mais tout aussi déterminés. Les opposants à la réforme des retraites étaient, mardi 10 décembre, 339.000 à battre le pavé dans toute la France, selon le ministère de l’intérieur, 885.000 selon la CGT. Si les transports sont restés fortement perturbés mardi - une situation qui devrait perdurer mercredi et les jours suivants à la RATP et à la SNCF -, la mobilisation était donc en baisse. Mais pas de quoi décourager l’intersyndicale à l’origine de cet appel interprofessionnel.
Dans la soirée, la CGT, FO, Solidaires, la FSU et des organisations de jeunesse ont appelé à des grèves et à des manifestations, « localement », jeudi 12 décembre - au lendemain des annonces d’Edouard Philippe sur le futur système universel -, et ce week-end. Elles entendent aussi et surtout faire du mardi 17 décembre une « nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive ».
« Faire plier ce gouvernement »
« On compte faire plier ce gouvernement, a lancé Catherine Perret, numéro deux de la CGT. C’est le moment d’en mettre un grand coup pour qu’enfin il nous entende. » Dans son communiqué, l’intersyndicale, qui s’est réunie au siège de Force ouvrière, avenue du Maine, à Paris, a considéré que le mouvement « s’est inscrit depuis le 5 décembre dans la durée ».
Selon elle, la journée du 10 décembre a été « un nouveau temps fort avec de nouveaux salariés du privé et davantage de jeunes ». « Il y a eu sans doute des salariés qui n’ont pas fait grève aujourd’hui parce que ça coûte cher, la grève ; c’est perdre des journées de travail », a cependant reconnu Mme Perret. Mais, pour Eric Beynel, l’un des porte-parole de Solidaires, le mouvement « dépasse largement le seul secteur de ceux qu’on a tenté de jeter en pâture - les régimes soi-disant privilégiés » : le 17 « doit être un moment d’irruption des travailleurs dans les manifestations », a-t-il martelé.
L’intersyndicale attend de M. Philippe qu’il ouvre des négociations pour améliorer le système actuel.
L’intersyndicale attend désormais de M. Philippe qu’il tienne compte du « rejet massif » exprimé ces derniers jours, en retirant son projet et en ouvrant « sans préalable » des négociations pour améliorer le système actuel. Comme la semaine dernière, la CFE-CGC, qui ne s’était pas associée à l’action de mardi, était représentée lors de la rencontre au siège de FO, mais elle n’a pas signé le texte commun.
L’envoi d’un communiqué par la CGT pour appeler à deux nouvelles dates de mobilisation les 12 et 17 décembre a tendu l’atmosphère – le texte ayant été diffusé avant la fin de la réunion intersyndicale. Une façon de procéder qui a agacé ses partenaires, notamment FO. « Il n’y a pas eu de soucis ni de frictions », a cependant affirmé Frédéric Souillot, l’un de ses dirigeants :d’après lui, la longueur de la réunion était due à « des problèmes d’orthographe »…. « La CGT s’est impatientée et s’est excusée », a indiqué Mme Perret. « L’intersyndicale est, plus que jamais, unie », a assuré M. Souillot.
Il n’en demeure pas moins que la confédération de Philippe Martinez est susceptible de « donner l’impression qu’elle se montre sûre d’elle-même et qu’elle veut apparaître comme la meneuse des luttes », relève Raymond Soubie, président du groupe en stratégie sociale Alixio et fin connaisseur de ces thématiques : « Or, poursuit-il, une telle posture, si elle vient à se confirmer, n’est pas forcément en adéquation avec la réalité des rapports de force et - moins encore - avec les aspirations des autres organisations qui s’opposent à tout ou partie de la réforme. »
Des opérations plus décentralisées toute la semaine
Organiser une nouvelle journée interprofessionnelle dès jeudi s’avérerait compliqué en termes de logistique pour les confédérations de salariés - sans compter le risque qu’elle se transforme en échec. Le fait de retenir cette date, en vue d’opérations plus décentralisées, leur permet toutefois de ne pas être absentes ces prochains jours, tout en se projetant sur le 17 décembre, avec l’espoir que les annonces de M. Philippe leur permettent d’élargir le mouvement.

D’autant que, ce jour-là, une mobilisation des personnels hospitaliers est également programmée.
D’autres organisations pourraient à l’inverse rentrer dans le rang si elles décrochaient des concessions suffisantes à leurs yeux. Ainsi, la CFDT-Cheminots pourrait mettre fin à sa mobilisation si la « clause du grand-père » - qui consiste à n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux embauchés - était retenue pour les régimes spéciaux. Une hypothèse que ne semblait pas retenir Edouard Philippe, mercredi.
Les actions programmées jeudi laissent la main « aux organisations locales ou aux assemblées générales, ce qui n’est jamais un très bon signe », juge Dominique Andolfatto, chercheur en sciences politiques à l’université de Bourgogne-Franche-Comté.
À ses yeux, ce type de configuration peut préfigurer « un mouvement en archipel qui risque de se disperser et de se dissiper face à un gouvernement qui reste ferme sur les principes de la réforme ». « C’est aussi une sorte de stand-by en attendant les précisions sur la réforme que doit annoncer le premier ministre », complète-t-il.
Article de Bertrand Bissuel et Raphaëlle Besse Desmoulières

Source : lemonde.fr


Photo "La Vie Hospitalière"

vendredi 13 décembre 2019

«Ne vous inquiétez-pas, on a l’habitude des personnes âgées»


Témoignage de la famille d'une femme de 93 ans, Francine, décédée dans la plus grande solitude, après des heures d'attente sur un brancard.
Francine était une mère, une grand-mère et une arrière-grand-mère particulièrement chérie par les siens. Médecin de santé publique et médecin chef d’un centre de protection maternelle et infantile (PMI) avant de devenir chercheur, elle était une femme brillante et exigeante, bienveillante et douce. Le grand âge venant, Francine est devenue lentement une personne âgée démente, infiniment fragile, que seule apaisait la présence à ses côtés de son clan, mains dans ses mains noueuses.
Cette famille, qui est loin d’être parfaite, a su se mobiliser afin de l’accompagner au mieux jusqu’à la dernière minute… ou presque. Dans cette horreur qu’est la progression de la démence, Francine a reçu l’aide inestimable de son mari qui, jusqu’à son décès soudain, lui a apporté une aide dont nous étions bien loin d’imaginer la nature et l’ampleur. Entre ces deux disparitions, avec l’aide de deux dames de confiance, notre famille a tout fait pour s’assurer que Francine ne soit jamais seule, car elle qui avait toujours été là pour nous accueillir ne pouvait plus rester seule une heure sans détresse. Quelques minutes après que la porte de sa maison ne se ferme sur l’un de nous, elle se trouvait totalement désorientée.
Un beau samedi de juin, alors que l’une de ses filles et de ses petites-filles étaient à ses côtés, Francine s’est mise à trembler, à se plaindre d’une immense douleur et elle est devenue bleue. À 13 heures 15, les pompiers l’ont déposée aux urgences d’un hôpital privé de région parisienne. 
Le service était bondé, elle a dû tenir plus de six heures dans ce lieu totalement inadapté à une personne de 93 ans, incapable de se souvenir de ce qui a bien pu l’amener là ! Son sentiment de dignité lui a imposé d’essayer de prendre son mal en patience; mais comment supporter la douleur dans un couloir bruyant, sur un brancard qui lui interdit le moindre mouvement ? 
Nous avons dû insister pour que la plaie suintante de sa jambe soit examinée puis pansée, plus de cinq heures après sa prise en charge. Cette plaie était en fait la manifestation d’un sepsis, identifié plus tard comme cause probable de son décès.
À 19 heures 45, Francine a été admise dans un service d’observation, sans consigne de surveillance particulière de la part du médecin des urgences. Il n’avait rien détecté d’alarmant et son projet était de trouver le surlendemain une place en gériatrie. Épuisée par l’épreuve qu’elle venait de traverser, Francine avait enfin une chambre et elle a été placée sous scope. 
«Ne vous inquiétez pas, on a l’habitude des personnes âgées» : cette phrase alors prononcée par une infirmière a eu pour nous des conséquences effroyables. Les proches de Francine hésitaient à la laisser, mais avaient besoin d’aller se reposer en prévision d’un dimanche éprouvant. L’infirmière semblait être une personne compréhensive et digne de confiance. Une consigne parfaitement explicite lui a été donnée, la même qu’au médecin de garde : appeler si la situation se dégrade car la famille se trouve à cinq minutes. À 22 heures, nous avons appelé pour nous assurer que la situation était stable et répéter la consigne d’appeler au moindre changement. À 3 heures 45, Francine était morte. Et à 4 heures passées, un appel nous l’annonçait.
Que s’est-il passé entre 22 heures et 3 heures 45 ? Un rapport d’expertise médical pour la commission de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CCI) d’Ile-de-France a établi un an plus tard que l’on n’en sait rien ou presque ! 
Le médecin de garde a «découvert» Francine lorsqu’il a été appelé à 23 heures 30 pour un myosis bilatéral serré. La famille n’a pas été appelée. Après, on ne sait plus rien du tout : plus de scope, plus aucune surveillance, le néant, jusqu’au constat de décès à 3 heures 45. Nous ne savons même pas à quelle heure Francine est réellement décédée. La seule certitude est que personne ne la surveillait et qu’elle est morte seule. Sans les siens, elle a très probablement paniqué, elle avait d’ailleurs arraché les électrodes du scope que personne n’est venu remettre, comme en témoigne la totale absence de données de surveillance entre minuit et 3 heures 45. Avec une surveillance adéquate, l’issue aurait-elle été différente ? Nous ne le saurons jamais. 
Pourtant, l’essentiel était que Francine ne meurt pas seule parce qu’elle avait droit à une fin digne, ce dont hôpital l’a privée.
Au lendemain des obsèques de Francine, la famille a voulu comprendre. L’hôpital a tout mis en œuvre pour l’en empêcher : communication parcellaire du dossier médical nécessitant deux mises en demeure, organisation d’une conciliation factice en présence d’un médecin médiateur qui ne connaissait strictement pas le dossier, sans les deux médecins de Francine ni le directeur des soins. Cet hôpital n’a rien compris à sa mission qui aujourd’hui est autant de sauver les vies qui peuvent l’être que d’accompagner dignement le départ des autres. 
Cela implique de prendre le plus grand soin d’une personne fragile et susceptible de mourir, et de permettre aux proches d’accompagner sa fin. Personne parmi le personnel médical ne semble ce jour-là avoir envisagé que Francine avait débuté son agonie. Quelle obscurité se joue aux urgences pour ne pas considérer une telle option quand arrive une patiente de 93 ans ? 
Les premières victimes du sous-financement des services hospitaliers sont les personnes fragiles et les soignants. Au-delà, une révolution culturelle est nécessaire dans le rapport à la mort et aux proches des patients qu’entretiennent les hôpitaux et tous ceux qui les composent.
En désespoir de cause, pour se construire une représentation de la mort de Francine, la famille a dû se lancer dans une procédure extrajudiciaire devant la CCI. La réunion d’expertise médicale nous a enfin permis d’échanger avec les médecins. Ils ont répondu aux questions de la famille, entendu notre souffrance et présenté des excuses. Les experts médicaux ont été irréprochables. Le directeur des soins de l’hôpital a de nouveau esquivé cette réunion. 
L’expertise a établi que les médecins avaient commis des erreurs, qu’ils ont reconnues, et les dysfonctionnements criants de l’hôpital ont été caractérisés. Nous savons que des médecins peuvent se tromper et qu’il est plus facile d’en juger après coup. L’institution doit néanmoins s’organiser de façon à en limiter le risque, ce qui n’a pas été le cas, comme en témoigne l’absence de surveillance. Le rapport des experts nous a rendu un peu de la dignité dont Francine a été privée durant ses dernières heures. L’hôpital et les médecins ne l’ont pas contesté.
Stupeur, pourtant, à la lecture de l’avis de la CCI : Francine était vieille et malade, cela ne relève pas de la solidarité nationale. Une décision bureaucratique violente pour la famille, en désaveu des erreurs reconnues par l’hôpital et du travail des experts. Toute la dignité recouvrée, envolée, volée par la CCI. 
Tout effet positif potentiel sur le fonctionnement futur de l’hôpital annulé. Pour nous, le coût émotionnel a été considérable. Dans une société marquée par le vieillissement et la démence, alors qu’un hôpital ne comprend toujours pas son rôle d’accompagnement des patients et de leurs proches vers une mort digne, aucune des institutions extrajudiciaires auxquelles une famille peut s’adresser n’en prend la mesure et n’offre un recours.

Source : liberation.fr

Mort à 86 ans, après 6 heures sur un brancard aux urgences


Il est mort sur un brancard, après avoir passé six heures allongé aux urgences de Brest. Le jeudi 5 décembre, un homme de 86 ans est décédé au sein de l’établissement hospitalier, selon Le Télégramme.
Le quotidien a été alerté par un mail anonyme émanant d’un membre du personnel souhaitant «ne pas se taire face à ce drame». La direction de l’établissement a confirmé au journal le décès mais réfute toute faute.
Le personnel dénonce le manque de moyens
Les responsables hospitaliers assurent que « les bonnes pratiques ont été respectées en termes de délai et d’évaluation de l’état de santé » du patient qui souffrait visiblement de « plusieurs pathologies ». La victime aurait cependant tardé à être vue par un médecin, selon le quotidien.
Les personnels des urgences sont en grève depuis environ neuf mois. Ils dénoncent les manques de moyens. Ils réclament également des réouvertures de lits, des recrutements et des augmentations salariales. 


Source : lefigaro.fr

Le nombre de candidats au métier d'aide-soignant en chute libre


Ils étaient 42% de moins entre 2014 et 2018 à passer le concours. Une baisse qui n'a toutefois pas affecté le nombre de diplômés, stable depuis les années 2010.
La filière aide-soignante suscite de moins en moins de vocations : c'est ce qui ressort de l'étude publiée ce vendredi par la Drees et selon laquelle le nombre de candidats au concours d'aide-soignant a baissé de 42% entre 2014 et 2018, bien que le nombre d'élèves diplômés soit resté stable sur la période.
L'an dernier, 64.500 aspirants ont passé "les épreuves de sélection à l'entrée en formation d'aide-soignant", contre 111.100 quatre ans plus tôt, précise le service statistique des ministères sociaux.
Les causes de ce phénomène ne sont pas explicitées, même si la pénibilité et les faibles rémunérations du métier sont dénoncées par les syndicats et reconnues par les pouvoirs publics. 
Un nombre de diplômés qui reste stable
Cela n'a toutefois pas affecté les effectifs des 484 établissements de formation, qui ont admis 26.237 postulants en 2018, contre 26.911 en 2014. Le nombre d'inscrits dans un établissement de formation est globalement stable (+6%) depuis le début des années 2010, après avoir doublé lors de la décennie précédente.
Le nombre d'aides-soignants diplômés a suivi cette "augmentation des capacités d'accueil", passant de 12.000 à 20.000 entre 2000 et 2010, avant de plafonner autour de 22.000 depuis plusieurs années (22.826 en 2018). Par rapport aux autres formations en santé, "les promotions d'étudiants aides-soignants sont plus féminisées" (90%), plus âgées (28 ans et 7 mois), moins qualifiées (34% en dessous du baccalauréat) et plus souvent en reconversion professionnelle ou en retour à l'emploi (74%).

Source : lexpress.fr

«J’ai eu peur que mon patient meure»: quand la grève dans les transports affecte l’hôpital


Selon une infirmière parisienne, mardi, un patient en urgence vitale a dû attendre 1 heure 30 avant de recevoir des médicaments, de nombreux soignants étant bloqués par le mouvement social.
« Heureusement que ses proches n’étaient pas à ses côtés,» soupire Claire (prénom d’emprunt).« Je ne me voyais pas leur expliquer qu’en raison de la grève, je ne pouvais pas soigner ce patient en urgence vitale. » La journée de mardi fut particulièrement longue et éprouvante pour cette infirmière de 23 ans, qui officie à la Pitié-Salpêtrière, l’un des 39 hôpitaux que compte l’AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris).
En raison d’une pénurie de personnel, l’un de ses patients, qui risquait de développer un choc septique, a dû patienter plus d’1heure 30 avant de pouvoir recevoir des antibiotiques. 
Un dysfonctionnement que Claire impute indirectement à la mobilisation contre la réforme des retraites, qui affecte lourdement les transports d’Île-de-France et donc le quotidien des soignants, déjà ponctué, selon elle, « de débrouille et de bricolage ». « Ce n’est qu’un facteur d’aggravation de problèmes préexistants », déplore la jeune femme. Elle a effectué un signalement qui sera analysé par l’AP-HP.
Pour bien comprendre sa mésaventure, il faut rembobiner la journée de cette infirmière qui débute mardi aux aurores. Il est 6 heures 45. Afin de relever à l’heure ses collègues de nuit, dans son service qui compte 22 patients, Claire a parcouru à vélo les 10 km qui la séparent de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Elle doit travailler jusqu’à 14 heures 15, mais l’une des soignantes qui officie l’après-midi ne peut se déplacer en raison du trafic routier ankylosé.
Début d’hémorragie et risque de choc septique
Sollicitée par sa cadre, Claire accepte d’effectuer des heures supplémentaires, afin de respecter le minimum prévu de deux infirmières et deux aides-soignants dans le service. Ce n’est pas rare qu’elle remplace des collègues au pied levé. « On arrive toujours à se débrouiller », convient la jeune femme.
Claire, qui avait prévu de dormir sur place - comme l’a proposé l’AP-HP à son personnel pendant la grève, avec d’autres aménagements telles que des navettes et service de garderie à disposition - pense alors terminer à 19 heures cette journée de travail à rallonge. Mais vers 17 heures 30, les premiers doutes se dessinent : elle n’a toujours pas de nouvelles d’une éventuelle relève. Claire en avise l’une de ses cadres. Silence radio.
Une heure plus tard, l’état de l’un de ses 22 patients se dégrade. Le diagnostic est vite posé par un médecin. « Il a fait un début d’hémorragie et risque un choc septique », relate Claire. Une « urgence vitale », souligne-t-elle. Le choc septique est lié à une infection fulgurante et s’avère être l’une des premières causes de mortalité dans les hôpitaux. Une fois la prescription du médecin effectuée, elle appelle un coursier pour qu’il lui apporte en véhicule les antibiotiques à administrer d’urgence au patient, indisponibles dans son service.
Plus de coursier pour aller chercher les médicaments
« L’hôpital est tellement grand qu’on ne peut pas aller chercher les médicaments nous-mêmes. Il nous arrive parfois de demander à un aide-soignant d’y aller, mais cela prend 20 minutes aller-retour », explique la professionnelle. La situation se complexifie : il est 19 heures, l’une des deux aides-soignantes de l’après-midi est rentrée chez elle, tout comme le coursier contacté.
Leur situation est la même que celle de la jeune infirmière : tous deux travaillaient depuis l’aube et avaient été sollicités pour effectuer des heures supplémentaires, faute de personnel. Il reste bien deux soignants dans l’équipe de Claire, mais aucun ne peut quitter les 22 occupants du service. Le temps presse, elle n’a toujours pas en main les médicaments et l’état de son patient ne s’arrange pas. La jeune femme, paniquée, contacte alors le numéro de la garde administrative de l’hôpital. « Et là, ils me disent que je leur pose une colle. Ils n’ont personne sous la main, ni pour me relever, ni pour m’apporter des médicaments. »
L’infirmière n’en revient pas. « J’ai eu peur que mon patient meure… » Elle réussit finalement à joindre un collègue d’un autre service, qui réussira à lui procurer les médicaments à temps. En tout, 1 heure 30 s’est écoulée. « Nous nous en sommes sortis… Comme à notre habitude », souffle ce jeudi la soignante, qui certifie que « le patient va mieux ».
15 heures de travail d’affilée
Il faudra encore attendre 21 heures pour qu’une infirmière de nuit prenne le relais de Claire. Une demi-heure plus tard, après lui avoir transmis les informations nécessaires, elle quitte enfin l’hôpital, où elle ne s’imagine finalement pas dormir. Claire a alors travaillé sans discontinuer pendant près de 15 heures. « J’étais épuisée, j’en avais vraiment marre. »
Un cadre lui propose de décaler ses horaires du lendemain - elle devait reprendre du service à 6 heures 45 - pour respecter le délai de 12 heures. « Mais au réveil, je ne me sentais pas de revenir travailler. J’avais peu dormi et j’étais angoissée », témoigne la soignante, qui a finalement posé un jour de congé.
L’infirmière, qui se dit écœurée et « impuissante » face à cette « mise en danger extrême des patients », peste : « Ce n’est déjà pas facile dans mon service, mais en cette période de grève, l’organisation devient extrêmement compliquée. J’ai très envie de changer de service. » Selon elle, cet incident est dû « à une gestion désastreuse de l’hôpital, de ses services et de ses personnels », qui s’est retrouvée « amplifiée par la grève des transports. »
Selon l’AP-HP, « la fatigue se fait sentir chez les personnels »
Contactée, l’AP-HP assure ne pas avoir eu de remontée d’autres cas, similaires à celui relaté par Claire, depuis le début du mouvement de grève. L’institution concède néanmoins qu’avec ces perturbations de trafic, « la fatigue se fait sentir chez les personnels qui peuvent venir et sont usés par les heures de transports ». Il est trop tôt pour avoir des données portant sur l’absentéisme dans les hôpitaux franciliens pendant cette grève, note aussi l’AP-HP, qui rapporte avoir déprogrammé certaines opérations, « afin de concentrer les moyens humains sur celles qui sont les plus urgentes. »
Rien qui puisse suffire à éteindre la colère de Claire, dépitée par le manque de moyens dans l’hôpital public. « Nous portons les services à bout de bras, et les patients sont mis en danger par cette gestion désastreuse, alors que nous passons notre temps à alarmer toutes la chaîne de direction de l’hôpital », dénonce-t-elle.
Comme l’exige sa hiérarchie, Claire a effectué un signalement d’« incident indésirable ». Et à la question : « Pouvez-vous évaluer la gravité immédiate de cet événement ? », la jeune infirmière a répondu : « catastrophique ».

Source : leparisien.fr


Les médecins généralistes lancent leur mouvement de grève samedi


Le premier syndicat de médecins généralistes lance à partir de ce week-end une grève des consultations du samedi matin.
C'est une première et peut-être un nouveau front social pour le gouvernement : MG France, syndicat numéro 1 chez les généralistes, lance une grève des consultations du samedi matin. Cet appel a été décidé en assemblée générale le 7 décembre "en préfiguration de ce qui arriverait si les médecins généralistes n'étaient plus en mesure d'assurer la continuité des soins", avait précisé MG France lundi dans un communiqué. "La moitié au moins des cabinets seront fermés", pronostique Jacques Battistoni, président de MG France.
Deux objectifs principaux
Selon lui, la grève, qui pourrait être reconduite chaque fin de semaine, poursuit un double objectif :
1 - Attirer l'attention du ministère de la Santé sur "les conditions de travail" difficiles des libéraux et sur "la désorganisation du système de soins".
2 - Obtenir du gouvernement des financements pour le futur système d'accès au soin (SAS), annoncé en septembre en réponse à la crise des urgences et qui doit être créé d'ici l'été 2020. "Sans moyens supplémentaires, il n'y aura rien à négocier avec nous", tonne le docteur Battistoni.
"Ce mouvement est susceptible de s'étendre si le signal lancé par ces 'samedis noirs de la médecine générale' n'est pas entendu", indiquait le syndicat dans son communiqué lundi, appelant les autres organisations de libéraux à le rejoindre "dès le début de l'année 2020".

Source : lejdd.fr

jeudi 12 décembre 2019

Renvoyée de la maternité à plusieurs reprises, elle accouche à son domicile


La jeune femme n’a pas eu le temps de se rendre à la maternité de Lisieux (Calvados), située à 40 km de chez elle, la plus proche depuis la fermeture de celle de Bernay (Eure).
À 29 ans, celle que nous appellerons Madame S est mère de quatre enfants. Dans la nuit du 30 novembre dernier, cette habitante de Brionne (Eure), enceinte de plusieurs mois, est sujette à de légers saignements. Puis, très vite, vient la sensation de l’arrivée imminente de son bébé.
Pas le temps de prendre la route pour la maternité la plus proche, située à 40 km de là, à Lisieux (Calvados). En effet, vingt petites minutes seulement vont s’écouler avant qu’elle ne donne naissance à une fille, dans son lit, avec l’aide de son époux. Ce sont les pompiers, arrivés juste après l’accouchement, qui couperont le cordon ombilical.
« Dès le 24 et 25 novembre, j’ai consulté à Lisieux parce que j’étais prise de contractions, mais on m’a à chaque fois renvoyée chez moi », raconte la jeune mère quelques jours plus tard. « Avec quarante minutes de route, ils auraient pu se dire : On va la garder. Pour mes précédentes grossesses, j’étais suivie à la maternité de Bernay. J’avais également eu des contractions et des accouchements bien avant terme et on m’avait prise en charge. »
45 minutes de route séparent Brionne de Lisieux, contre moitié moins pour rejoindre Bernay, ville qui a vu sa maternité fermer en mars dernier, sur décision de l’Agence régionale de santé (ARS), malgré la mobilisation d’un collectif d’habitants, de la mairie et d’élus locaux.
« À Bernay, nous avions un service de proximité »
« Avant la fermeture de notre maternité, les gens de la région de Brionne venaient très souvent accoucher à Bernay, réagit Édith Buffet, trésorière de l’association Liberté Égalité Proximité, et ancienne sage-femme de la maternité. On ne peut pas forcément prévoir la rapidité d’une naissance. Mais à Bernay nous avions un service de proximité, avec un flux moins important. On pouvait se permettre d’entourer les femmes et de les garder éventuellement pour une hospitalisation de courte durée. »
Selon l’association, une autre femme a accouché au service d’urgence de l’hôpital de Bernay au début du mois. « Mais si cela était arrivé la nuit, le personnel des urgences se serait trouvé en difficulté », s’indigne l’ancienne sage-femme.
Pour Madame S, l’accouchement s’est au final bien passé. « Mais en y repensant, je réalise que j’aurais pu faire une hémorragie ou avoir d’autres complications. J’aurais alors eu à faire 45 minutes de route pour rejoindre la maternité la plus proche. »
Contactée par Le Parisien, l’Agence régionale de santé Normandie n’a pas communiqué de réaction à ce témoignage.

Source : leparisien.fr

Réforme des retraites : ce qu’il faut savoir sur l’âge pivot fixé à 64 ans par le gouvernement et dénoncé par les syndicats


Un "âge d’équilibre", qui devra être atteint pour toucher une retraite à taux plein, avec un système de bonus-malus, va être instauré et fixé à 64 ans à partir de 2027. Des dérogations sont toutefois prévues.
Officiellement, le gouvernement ne touchera pas à l’âge légal de départ à la retraite, qui reste fixé à 62 ans. Mais, avec sa réforme des retraites, l’exécutif entend instaurer un "âge d’équilibre", qui s’établirait à 64 ans en 2027. Franceinfo vous explique ce que changerait cet âge pivot, dénoncé par plusieurs syndicats.
Qu’est-ce qu’un âge pivot ?
Un âge pivot – aussi appelé âge d’équilibre ou âge du taux plein – introduit une décote et une surcote dans le système de retraite. Des travailleurs qui partent à la retraite à l’âge pivot bénéficient d’une retraite à taux plein. Mais s’ils prennent leur retraite avant d’avoir atteint cet âge fatidique, ils voient leur pension amputée. A l’inverse, ceux qui partent après ce seuil bénéficient d’une augmentation de leur pension.
Ce système de décote et de surcote existe déjà pour la retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco). Avec un système de retraite par points, le bonus et le malus s’appliquent aux points cumulés. L’instauration de cet âge pivot pour tous était l’une des préconisations faites par le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, dans son rapport de juillet. Et le gouvernement a suivi presque à la lettre ses recommandations.
De combien seront le bonus et le malus ?
Le gouvernement laisse aux partenaires sociaux le soin de négocier les montants de la décote et de la surcote. Toutefois, si les syndicats et les organisations patronales ne parviennent pas à se mettre d’accord, l’exécutif a fait le choix de fixer ce bonus et ce malus à 5% par année d’écart avec l’âge pivot de 64 ans. Si un travailleur prend sa retraite à 63 ans, sa pension sera diminuée de 5%. À l’inverse, s’il part à 65 ans, il touchera 5% en plus. C’était le pourcentage envisagé dans le rapport Delevoye.
Cet âge pivot va-t-il resté inchangé ?
Là encore, le gouvernement prévoit de confier à la future gouvernance du système universel de retraite la charge de définir les étapes qui mèneront à l’instauration de cet âge d’équilibre. Si les négociations – dans le cadre d’une instance paritaire – n’aboutissent pas, la loi fixera cet âge pivot à 62 ans et 4 mois à partir du 1er janvier 2022. Cet âge d’équilibre sera ensuite repoussé de quatre mois chaque année, pour atteindre 64 ans en 2027. Le haut-commissaire imaginait l’instaurer deux ans plus tôt, dès 2025.
Mais dans son rapport, Jean-Paul Delevoye envisage que l’âge pivot soit "un levier de pilotage du système de retraite". Cet âge d’équilibre ne sera donc pas fixe mais pourra changer au fil du temps, en fonction de "l’évolution de l’espérance de vie au fil des générations". "Cet âge avancera plus ou moins rapidement, voire stagnera si l’espérance de vie cesse de progresser", imagine le haut-commissaire. Compte tenu des projections démographiques, l’âge de la retraite à taux plein passe à 65,4 ans pour la génération née en 1980 et à plus de 66 ans pour celle née en 1990.
Quel est l’intérêt de cet âge pivot pour le gouvernement ?
Avec son système de bonus-malus, l’âge pivot permet d’inciter les Français à travailler plus longtemps, au-delà de l’âge légal de départ à la retraite, sans toutefois toucher à ce dernier. Et puisqu’ils travaillent plus longtemps, ils cotisent aussi plus longtemps. Et c’est exactement l’objectif de l’exécutif. Emmanuel Macron expliquait lors de sa conférence de presse en avril qu’il entendait "avoir un système de décote qui incite à travailler davantage, mais sans forcer tout le monde". Son Premier ministre, Edouard Philippe, indiquait lors de sa déclaration de politique générale devant les députés, en juin, qu’il comptait créer "des incitations à travailler plus longtemps".
Y aura-t-il des exceptions à cet âge pivot ?
Des dérogations sont prévues. Le dispositif "carrières longues", mis en place en juillet 2012 par François Hollande, sera maintenu. Les personnes qui ont commencé à travailler tôt et qui ont validé cinq trimestres avant l’âge de 20 ans pourront ainsi partir à la retraite deux ans plus tôt. Tout comme les Français ayant exercé une activité pénible physiquement.
Les travailleurs handicapés âgés de 55 à 59 ans pourront également continuer à disposer d’un départ anticipé. La retraite pour incapacité permanente, qui permet un départ à 60 ans sans décote sera également maintenue, et étendue aux fonctionnaires et aux salariés des régimes spéciaux. Quant aux professions exposées à des fonctions dangereuses dans le cadre de missions régaliennes (pompiers, policiers, gendarmes, gardiens de prison, militaires...), elles conserveront le bénéfice de leurs dérogations actuelles.
Pourquoi les syndicats s’opposent à cette mesure ?
L’annonce de l’introduction d’un âge pivot a provoqué la colère des syndicats, à commencer par la CFDT, pourtant favorable à un régime universel par points. Pour son patron, Laurent Berger, c’est une "ligne rouge" qui a été "clairement franchie".
"C’est hypocrite car, oui, on garde un âge légal de départ à 62 ans, mais tout en disant qu’il ne vaut mieux pas partir à cet âge car il y aura un abattement sur les points. Habillez ça comme vous voudrez mais cela revient à reculer l’âge de départ de deux ans", s’emportait déjà Philippe Pihet, secrétaire confédéral chargé des retraites à Force ouvrière, interrogé par Capital.
D’autres centrales syndicales dénonçaient aussi ce recours à la carotte (le bonus) et au bâton (le malus) à l’encontre des Français. "Vous imaginez bien que si un actif sait qu’en partant à la retraite à 62 ans il aura une pension à 997 euros, il est en mesure, sans que personne ne le pousse, de décider lui-même de continuer à travailler plus longtemps. Il n’a pas besoin d’un coup de martinet", estimait également dans Capital Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT en charge du dossier retraites. "Nous préférons la carotte au bâton. Mettre en place une surcote pour les années travaillées au-delà de 62 ans est beaucoup plus incitatif pour travailler plus longtemps", abondait dans Capital Dominique Corona, secrétaire national de l’Unsa chargé de la protection sociale.
Article de Benoît Zagdoun

Source : francetvinfo.fr
Dans toutes les grandes villes de France, le 5 décembre,
 les manifestants ont démontré leur refus à la réforme des retraites,
comme à Saint-Nazaire où ils étaient près de 10.000.

(©Echo de la Presqu’île)

Deux livres de Michel Étiévent qui doivent mériter toute votre attention en cette période où « les casseurs sont les maîtres »


 Le problème actuel est que ceux qui sont les « représentants du peuple » ne  sont que de véritables casseurs de nos droits et de nos acquis depuis maintenant bien des années ! 

Leurs orientations font que notre société part à la dérive, qui peut penser réellement que l’on progresse ?...  
L’aggravation des conditions de vie est évidente, et l’avenir… de quoi sera t’il fait demain, si nous n’y prenons pas garde, dès à présent ?
Les actions menées par ces « maîtres casseurs » ne profitent qu’à des intérêts privés, on voit combien les services publics (ce qu’il en reste)  vont progressivement et de manière insidieuse vers un point de non retour... si nous ne réagissons pas avec un rapport de force à la hauteur des coups portés…(l’Hôpital public en est un lamentable exemple)
C'est toutefois grave, très grave, pour le devenir de notre société où nos enfants, nos petits enfants… risquent de ne plus bénéficier des avantages sociaux que nous connaissons encore aujourd’hui…les spectres des assureurs privés sont bien omniprésents…
Ces avantages sociaux ne sauraient être altérés plus encore car il faut se rappeler que c’est au sortir de la guerre à un moment où notre pays était financièrement très fragilisé que fut créé la Sécurité Sociale et la retraite pour tous, par Ambroise Croizat.
Ceci démontre que tout est possible socialement parlant dans une société digne de ce nom.




Michel Étiévent, historien, universitaire de Grenoble (qui a collaboré au film « Les jours heureux » de Gilles Perret) nous permet de découvrir, dans son livre  « Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale » les parcours de ces deux hommes, qui sans des personnes comme Michel Étiévent, tomberaient bien vite dans l’oubli.
Marcel Paul fut le père des secours d'urgence et des crèches, il fut aussi le fondateur d'EDF-GDF et du statut des électriciens et gaziers. 
Quant à Ambroise Croizat, Dès l’annonce du programme du Conseil National de la Résistance, il définit les grands axes de la future sécurité sociale sur lesquels il travaillera avec les syndicats, les associations familiales et les services du ministère de la Santé.
Un révolution sociale est en marche : sécurité sociale, allocations familiales, congés maternité, comités d’entreprises, statut des mineurs, de la fonction publique, du bâtiment. Une révolution en termes de droit à la santé, de droit au travail, solidarité, universalité, démocratie. Une des plus belles conquêtes dans une France ruinée par la guerre. Malgré les opposants dont les assurances privées… (comme par hasard…).
Marcel Paul et Ambroise Croizat, Ce sont tous deux de nobles modèles d'humanité et d'actions politiques au service du peuple. 



«La Vie Hospitalière» tient à vous inciter à lire «Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale» et tout autant «La sécurité sociale». 
Ces deux livres, manqueraient à votre bibliothèque.

mercredi 11 décembre 2019

Misère, misère !


Le Premier ministre a présenté aujourd'hui le projet du gouvernement de réforme du système des retraites. Encore une réforme de plus, et des mesures qui feront que les retraites  diminueront encore, de quoi s'interroger sur l'avenir très sérieusement. 






Le progrès social selon tous ces personnages ne semble pas être de mise. Cet homme assis connaît la misère elle est dure à supporter, mais pour tous les conseilleurs, les décideurs,  la vie des pauvres gens ce n'est pas réellement leur problème, il est vrai que les économistes vivent dans un monde à part, les humanistes eux ?... ils en sont très loin de ce monde qui détruit tout ce qui ne rapporte pas d'argent, ces personnages en n'ont jamais assez, il est vrai qu'ils en crèveront...


On voit combien l'hôpital public souffre de cette politique du chiffre, du fric en parlant plus clairement !
Même les portes des hospices sont fermées, les pauvres n'ont même plus, comme avant, droit à une soupe chaude, le mal se banalise, la misère elle, elle est insidieusement de plus en plus... à nos portes...
Les réformes des retraites ont bien aussi un objectif (caché en partie) en réduisant encore un peu plus les retraites ils obligent ainsi ceux qui le pourront d'avoir une assurance complémentaire gérée par des privés qui comme c'est étrange, eux, sauront tirer profits...

« Honi soit qui mal y pense »
Comme par hasard, les représentants du plus grand fonds d'investissement au monde, très intéressés par la loi Pacte et la réforme des retraites, ont déjà rencontré à plusieurs reprises Emanuel Macron. Le lobby  BlackRock (1) dont fait partie en France l'AFG qui a également multiplié les actions d'influence sur la loi Pacte auprès des dirigeants français.
Et, cerise sur le gâteau, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a renseigné sa déclaration d’intérêts publiée samedi 7 décembre sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Mais comme le révèle « Le Parisien » dans son édition de ce lundi 9 décembre, il y a un « hic » pour le moins gênant. Le chef d’orchestre de la réforme des retraites, qui doit présenter aux partenaires sociaux les conclusions de sa longue concertation ce lundi, n’a pas jugé bon de préciser qu’il est, depuis 2016, un des administrateurs de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass), si c'est pas un conflit d'intérêt camouflé, c'est quoi ?... Sans plus tarder, ce jour 9 décembre, Jean-Paul Delevoye a donnée sa démission de l'Ifpass.Tout semble être rentré dans l'ordre... comme si de rien n'était...
L'avenir n'est certainement pas dans l'épargne retraite, les assurances complémentaires... car ce sont des sociétés qui sont derrière et ils peuvent mettre la clef sous la porte bien plus facilement qu'une caisse de retraite 
Qu'allons-nous apprendre encore d'ici les prochains jours ?...

1) Lire : Retraites: BlackRock souffle ses conseils pour la capitalisation à l’oreille du pouvoir (Mediapart)




Grève des internes : 60 % des jeunes mobilisés selon l’ISNI...


Les internes sont entrés en grève « illimitée » depuis le 10 décembre pour dénoncer la dégradation des soins et réclamer des fonds pour leur formation et une amélioration de leurs conditions salariales et de travail.
Après une première journée de mobilisation, l’heure est au bilan. De nombreux jeunes se sont motivés comme l’indique l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI), organisateur du mouvement. Le syndicat, Jeunes médecins et la centrale de praticiens hospitaliers APH ont annoncé ce mercredi dans un communiqué commun que les internes seraient reçus jeudi 12 décembre par le directeur de cabinet de la ministre de la Santé.
Article de Sophie Martos 

Source : lequotidiendumedecin.fr

Réforme des retraites : "Le système sera le même pour tous les Français, sans exception", annonce Édouard Philippe


Édouard Philippe, le Premier ministre, a levé le voile mercredi sur le détail de la réforme des retraites. "Le système sera le même pour tous les Français, sans exception", a annoncé le chef du gouvernement. 
"Ce sera toujours un système de répartition avec le plus haut niveau de couverture au monde." Édouard Philippe a confirmé la disparition, annoncée de longue date, du système actuel à 42 régimes. "Nous mettrons fin aux régimes spéciaux, nous le ferons progressivement", a-t-il déclaré.
Le Premier ministre Édouard Philippe s’ est exprimé devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour y présenter « l'architecture » de la réforme des retraites . Celle-ci vise à fondre les 42 régimes de retraite actuels (spéciaux, fonctionnaires, salariés du privé, libéraux
Même la CFDT, pourtant favorable au principe d'un « système universel », dit ne pas avoir « appris grand-chose ». Pour le premier syndicat de France, « l'essentiel va se jouer mercredi », avec les annonces du Premier ministre, Édouard Philippe , auxquelles « tout le monde est suspendu ».
"Nous proposons un nouveau pacte entre les générations, un pacte fidèle dans son esprit à celui que le Conseil national de la Résistance a imaginé et mis en oeuvre après-guerre", a plaidé Édouard Philippe, en soulignant avoir "écouté" et "entendu" les partenaires sociaux et l'ensemble des Français. "Le temps du système universel est venu. Celui des régimes spéciaux s'achève", a-t-il martelé.
Mise en place d'"un âge d'équilibre"
Une retraite minimum garantie à 1.000 euros et "85% du SMIC dans la durée", un âge légal à 62 ans, avec "un âge d'équilibre" et "un système de bonus-malus", "des points supplémentaires dès le premier enfant" et majoration pour "les parents de familles nombreuses" figurent parmi les mesures retenues par l'exécutif. Les partenaires sociaux fixeront la valeur du point "sous le contrôle du Parlement", a assuré le locataire de Matignon. "La loi prévoira une règle d'or pour que la valeur du point acquis ne puisse pas baisser" avec "une indexation non pas sur les prix mais sur les salaires qui dans notre pays augmentent plus vite", a-t-il précisé.
"Cette réforme n'est pas une bataille", a insisté le chef du gouvernement, au lendemain d'une nouvelle série de manifestations contre la réforme, et sept jours après le début d'une grève interprofessionnelle, qui paralyse très largement les transports en commun à travers le pays. "Il n'y a pas d'agenda caché, nous ne cherchons pas de petites économies", a-t-il encore assuré : "Notre ambition d'universalité est une ambition de justice sociale, nous ne voulons léser personne." 
Le projet de loi sera présenté au Parlement fin février.

Source : europe1.fr