"La Vie Hospitalière"

samedi 7 décembre 2019

Le Collectif Inter-Hôpitaux soutient la grève des internes du 10 décembre


Après avoir pris connaissance des motifs de l’appel à la grève diffusé par l’ISNI, le CIH tient à apporter son soutien aux internes. 

Leur mobilisation illustre le caractère transversal du mouvement actuel pour « sauver l’hôpital public ».
À la suite de la longue grève des personnels des Urgences, le mouvement impulsé par le CIH implique toutes les catégories professionnelles médicales et non médicales ainsi que les usagers.
Les étudiants et les jeunes professionnels y ont toute leur place, car c’est leur avenir qui est en jeu.
En dehors des revendications légitimes en lien avec le statut d’un praticien en formation, l’ISNI se prononce clairement pour des mesures budgétaires à la mesure de la gravité et de l’urgence de la situation, allant bien au-delà des mesures annoncées le 20 novembre. 
Le manque de lits et de personnels constitue désormais un risque sanitaire qu’on ne peut plus ignorer, Ce risque affecte aussi la formation, la qualité du travail et des conditions de travail des jeunes médecins.
Par ce mouvement de grève, les internes signifient leur engagement pour la défense du service public hospitalier et leur volonté de participer à sa rénovation. Ils s’inquiètent des conséquences qu’une absence de plan d’urgence financé à la hauteur des besoins ferait porter sur la qualité de leur formation et sur leurs conditions de travail aujourd’hui fortement dégradées.
Le CIH se félicite de l’appel conjoint de tous les organisations, collectifs et syndicats à la grande manifestation du 17 décembre pour obtenir l’ouverture de véritables négociations.
Le CIH se réjouit de la venue, qui s’annonce massive, d’internes de toute la France pour la manifestation du 17 à Paris.

Source : Collectif Inter Hôpitaux

Un médecin urgentiste agressé à l’hôpital Bichat L’agresseur, un migrant d’origine afghane qui accompagnait un ami blessé au ventre par un coup de couteau, a été interpellé et placé en garde à vue ce vendredi. Tentative d'étranglement d'un médecin dans l'exercice de ses fonctions… La nuit de jeudi à vendredi a été agitée aux urgences de l'hôpital Bichat (XVIIIème).


Un urgentiste a été agressé. Ce vendredi soir, l'agresseur présumé, qui devrait être poursuivi pour « violences ou outrage à agent investi d'une mission de service public », était toujours en garde à vue au commissariat de la Goutte d'or (XVIIIème).
Ils s'en prennent au personnel hospitalier
Les faits ont eu lieu jeudi soir à 21 heures 30 dans cet hôpital public de la porte de Saint-Ouen. À l'origine de cette agression, il y a cinq jeunes migrants, âgés de 23 et 25 ans, d'origine afghane, qui se sont battus un peu plus tôt et un peu plus loin, porte de la Chapelle.
L'un des Afghans a pris un coup de couteau dans le ventre. Ses compagnons l'ont amené en sang aux urgences, avec un pronostic vital engagé. Là, mécontents de la prise en charge, ils ont commencé à s'en prendre au personnel hospitalier. Un médecin est arrivé. L'un des jeunes lui a sauté au cou et a voulu l'étrangler.
Les policiers appelés ont débarqué, interpellé et ramené au commissariat l'agresseur et trois de ses complices. Leur ami, blessé grave, a été soigné.
L'agresseur présumé n'avait pas de passeport mais une demande d'asile autrichienne. Les cinq étaient inconnus au fichier des personnes recherchées.
Cette agression n'est pas une première. Le 24 septembre dernier, un aide-soignant et un agent de sécurité des urgences de Lariboisière, près de la gare du Nord (Xème), avaient portée plainte après avoir été agressés à la canne.
Article de Céline Carez

Source : leparisien.fr


vendredi 6 décembre 2019

Agnès Buzyn annonce "le dégel total" des crédits en réserve pour les hôpitaux publics, soit 415 millions d'euros


La ministre de la Santé Agnès Buzyn annonce sur Europe 1 le dégel complet des crédits en réserve pour les hôpitaux publics, soit 415 millions d'euros alloués dans la semaine. Après un "plan urgence" qui a déçu les personnels hospitaliers, la ministre de la Santé continue de défendre ses mesures, comme la reprise de la dette des hôpitaux publics. 
INTERVIEW
Les conditions de travail sont toujours au cœur des revendications du personnel des urgences et du monde hospitalier. Face à la forte contestation, le gouvernement a annoncé un "plan d'urgence" le 20 novembre dernier. Il proposait par exemple la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux sur trois ans, 1,5 milliard d'euros supplémentaires pour le budget des hôpitaux sur trois ans, ou encore des primes d'engagement dans tous les hôpitaux. Des mesures qui n'ont pas convaincu les professionnels, des syndicats aux professeurs de médecine
Agnès Buzyn, la ministre de la Santé et de la Solidarité, fait une annonce supplémentaire vendredi sur Europe 1 : le dégel total de la mise en réserve, c'est à dire la somme que l'on réserve chaque année au cas où l'hôpital public dépasserait son budget.
"C'était un engagement que j'avais pris il y a un mois", rappelle la ministre. "J'annonce le dégel total des 415 millions d'euros pour les hôpitaux publics, qui seront alloués cette semaine. C'est un dû, mais cela n'était jamais fait avant que j'arrive au gouvernement. Cela fait trois ans que j'assure ce dégel complet alors que malheureusement, avant que j'arrive, ce dégel n'était jamais complet." 
"Nous annonçons surtout la reprise de la dette"
La ministre de la Santé est également revenue sur les différentes mesures du "plan d'urgence" annoncé en novembre dernier. "Ce que nous avons fait c'est encore plus puissant, nous avons annoncé un plan d'1,5 milliard dans les trois ans à venir pour redonner marges de manœuvre, du budget pour investir et revaloriser des primes qui sont sous tension. Mais nous annonçons surtout la reprise de la dette."
Un tiers de la dette des hôpitaux, soit 10 milliards d'euros va être reprise sur trois ans. "C'est quasiment 900 millions d'euros tous les ans pour que les hôpitaux puissent investir, ouvrir des lits s'ils en ont besoin, recruter du personnel", assure Agnès Buzyn. "Aujourd'hui cet argent le permet, il est sur la table et quand on va dans les hôpitaux et qu'on voit le poids de la dette on se rend compte qu'ils ne peuvent plus s'en sortir".
Article de Mathilde Durand
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Source : europe1.fr

Grève : Les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation ce mardi


Les organisations syndicales appellent à une nouvelle journée de mobilisation ce mardi 10 décembre pour protester contre la réforme des retraites.
Catherine Perret, la secrétaire confédérale de la CGT, a annoncé en fin de matinée ce vendredi, à l’issue de la réunion intersyndicale, qu’une nouvelle journée d’action interprofessionnelle avait été décidée pour le mardi 10 décembre. 
Dans son annonce, la CGT a indiqué que la manifestation mardi prochain partira des Invalides pour rejoindre la place Denfert-Rochereau de Paris (XIVème).
« Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement », a-t-elle déclaré, rappelant la demande principale des syndicats : le retrait de la réforme du système de retraites universel par points.
D’autre part, les syndicats qui se disent « déterminés pour gagner », ont réclamé l’ouverture de négociations pour améliorer le système de retraites actuel.
Source : actu17.fr




"Chaque jour, nous adaptons notre dispositif pour que la continuité des soins soit assurée", affirme Agnès Buzyn


La mobilisation contre la réforme des retraites commence fort. Jeudi, 800.000 personnes ont défilé dans les rues de France, selon le ministère de l'Intérieur, 1,5 millions selon les syndicats. Parmi les manifestants, des cheminots, des contrôleurs aériens, des enseignants mais aussi des membres du personnel hospitalier. 
Pour faire face aux absences et aux difficultés de transport, les hôpitaux se sont organisés. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé et de la Solidarité, affirme sur Europe 1 que la continuité des soins serait assurée.
"Nous avons travaillé avec les hôpitaux et les EPHAD pour anticiper ce mouvement de grève", affirme la ministre. "Il y a eu des assignation de certains personnels en grève si cela posait des difficultés de fonctionnement dans service. Nous ne pouvons pas prendre le moindre risque avec la vie des gens."
"Il y a une forme de solidarité"
En l'absence de certitudes sur la durée de la mobilisation, une cellule de crise a été installée au ministère. "Chaque jour, on me remonte les difficultés en région et pour l'instant il n'y en a pas." Des mesures ont été mises en oeuvre, comme du covoiturage organisé en Ile-de-France. "Des lits ont été gardés dans des hôtels ou des hôpitaux pour accueillir le personnel soignant", ajoute la ministre de la Santé. "Chaque jour, nous adaptons notre dispositif pour que la continuité des soins soit assurée."
Jeudi, Agnès Buzyn était à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Elle a constaté que les soignants dormaient les uns chez les autres, et que certains voisins de l'hôpital avaient même proposé des chambres au personnel. "Il y a une forme de solidarité pour l'instant, pour que le service hospitalier fonctionne, car c'est un pilier de notre institution." La plupart des services ont également reporté à la semaine prochaine les interventions non-urgentes.

Source : europe1.fr

jeudi 5 décembre 2019

À l'hôpital, les internes annoncent une grève "dure" et "illimitée" à partir du 10 décembre


Justin Breysse, président de l'ISNI, le principal syndicat des internes, rejette le plan d'urgence pour l'hôpital présenté par le gouvernement.
Ils sont au cœur de l’hôpital, et donc de la crise. Les internes en médecine sont appelés à une grève illimitée à partir du 10 décembre. Une grève "dure", selon Justin Breysse, président de l’ISNI, le principal syndicat chez les internes. Invité éco de franceinfo mercredi 20 novembre, Justin Breysse annonce qu’il maintient cet appel, malgré le plan d’urgence pour l’hôpital dévoilé par le gouvernement. Pour lui, ces mesures sont "extrêmement décevantes".Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont notamment annoncé une rallonge budgétaire d’1,5 milliards sur trois ans, des primes pour une partie du personnel, et une reprise, par l’Etat, d’une partie de la dette des hôpitaux, à hauteur de 10 milliards d’euros." Mais pour Justin Breysse,  "on reste dans une logique d’austérité, un peu moins forte".  
Une grève "dure" à partir du 10 décembre 
La grève sera-t-elle symbolique ? Non, selon le président de l’ISNI : "L’appel, c’est de cesser le travail", alors que les internes réalisent aujourd’hui "la prise en charge basique de la plupart des patients". Les services peuvent-ils tourner sans les internes ? "Je ne crois pas", répond Justin Breysse. La France compte 27.000 internes en médecine. 
Selon Justin Breysse, les conditions de travail se dégradent. Les jeunes médecins qui poursuivent leur formation à l’hôpital ne parviennent même plus à prendre leur repos de sécurité. Or, dit-il, "le repos de sécurité, c'est le repos du patient. Une fois qu'on finit une garde, si on se repose, c'est pour ne pas mal prendre en charge les gens. Ça, c'est de moins en moins respecté."
Source : francetvinfo.fr

Grève à l’hôpital de Marseille, entre ras-le-bol et solidarité


L’hôpital de la Timone fonctionne au ralenti en ce jour de grève, jeudi 5 décembre. Les salariés grévistes se sentent doublement mobilisés : contre la réforme des retraites et pour les moyens de l’hôpital public.
Pas de file d’attente de patients, pas d’embouteillages d’ambulances. Ce 5 décembre, journée de mobilisation interprofessionnelle, au Centre hospitalier de la Timone - plus grand hôpital de Marseille et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur -, l’ambiance est calme. « C‘est bon signe, sourit Sophie Psalti, psychologue hospitalière de 54 ans, juste avant d’aller manifester avec la CGT, cela veut dire que la participation est élevée. »
Aux Urgences, de nombreux personnels soignants et agents hospitaliers, arborent sur leur blouse un petit badge rouge qui dit leur statut de gréviste. C’est le cas de Sylviane Ros. Cette aide-soignante de 58 ans travaille depuis 16 ans au sein de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM) et gagne 1 800 € mensuels.
Réquisitionnée, elle est en grève depuis le mois de juillet dans le cadre du mouvement national pour demander plus d’effectifs et de moyens pour les services d’urgences. Elle se dit « doublement » gréviste aujourd’hui : « Les angoisses sur les retraites s’ajoutent à nos revendications premières, explique cette femme seule, mère de deux grands enfants. Pour moi, la retraite c’est demain. Mais je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangée… »
« On ne doit rien à Macron, on a cotisé toute notre vie »
Dans la salle d’attente des Urgences, Richard Ambrosioni, retraité de 66 ans, patiente, un œil sur les chaînes d’info en continu qui couvrent le mouvement social. Il aurait volontiers manifesté, mais a dû conduire sa maman, âgée, à l’hôpital. « On fait de nous, les retraités, des privilégiés. Mais on ne doit rien à Macron, on a cotisé toute notre vie. C’est notre dû ! », lâche cet ancien métallo qui se dit « solidaire à 2000 % » avec les grévistes.
À quelques mètres de là dans le local de la CGT les troupes d’Yves Castino, le secrétaire de section, se préparent à aller manifester. On attrape les drapeaux ; on enfile les gilets rouges. Sophie Psalti, la psychologue, réclame un système des retraites solidaire : « Je ne veux pas que ceux qui ont le moins vivent, une fois âgés, avec encore moins. Or on voit de plus en plus de retraités sous le seuil de pauvreté. Ils ont travaillé toute leur vie et vont aux Restos du cœur pour manger. Ça n’est pas possible, ça ! »
À ses côtés, Yves Castino en est convaincu : « Cette réforme pénalise tous les salariés dans leur diversité. Les femmes et les hommes, les jeunes et les vieux, le public et le privé… »
Tout près de l’entrée générale de l’hôpital, où elle a accompagné un proche, Béatrice Lecointe fume une cigarette pour tuer le temps. Éducatrice spécialisée en foyer d’accueil d’urgence, elle regrette de ne pas avoir « assez d’information » cette réforme des retraites pour s’en faire une idée claire. « Je ne suis pas contre par principe, réfléchit la quadragénaire. Seulement j’aimerais savoir si elle sera viable, si cela permettra à plus de jeunes d’entrer dans la vie active. Sinon, à quoi cela va-t-il servir ? »
Article de Coralie Bonnefoy

Source : la-croix.com



 EN DIRECT. Grève du 5 décembre. Mobilisation, trafic, défilé… Suivez nos journalistes à Paris, Bordeaux, Marseille…

mercredi 4 décembre 2019

Appel à manifester le 5 décembre pour défendre notre système de retraite


L'Amuf participera à la manifestation du 5 décembre pour défendre les retraites des médecins et personnels hospitaliers.
L'Amuf demande que le travail de nuit en garde et les indemnités de garde soient enfin prises en compte dans le calcul de nos retraites.
Par ailleurs compte tenue de la pénibilité du travail de nuit et ses conséquences sur l'espérance de vie des médecins, nous demandons à ce que le tarif de la garde soit  aligné sur celui des hospitalo-universitaires.
Nous voulons avoir des retraites payées équitablement prenant en compte la pénibilité de notre travail.
Notre retraite complémentaire gérée par l'Ircantec est déjà une retraite par points. 
Nous avons subie en 2008 une réforme qui a fait baisser nos pensions sur une carrière complète de 25 %. 
Le projet actuel prévoit de baisser le taux de rendement   de notre régime, ce qui se traduira par une nouvelle baisse de 30 %.
Ce n'est pas acceptable.

Communiqué de presse de l'Amuf du 4 décembre 2019
Source : amuf.fr


Une patiente de 66 ans retrouvée morte de froid dans un jardin de l’hôpital de Troyes


Le personnel de l’équipe soignante l’avaient vue pour la dernière fois dans sa chambre mardi vers 2 heures 30.
Vers 6 heures, les soignants de l’hôpital Simone-Veil à Troyes (Aube) ont constaté la disparition d’une patiente, en faisant un nouveau passage dans sa chambre. Le corps de cette femme de 66 ans a finalement été retrouvé aux alentours de 8 heures, sur une pelouse située derrière l’hôpital.
Le médecin du SAMU est intervenu mais n’a pu que constater son décès, relate L’Est Eclair. Hospitalisée pour une maladie grave dans le service oncologie-hématologie, elle n’avait pas de restriction de déplacements. La police et la famille de la défunte ont été rapidement avisées du drame.
Une autopsie va être pratiquée
Dans la soirée, le parquet de Troyes a indiqué que la victime serait morte d’hypothermie, selon toute vraisemblance, évoquant une mort naturelle compte tenu de la météo. Il a précisé qu’une autopsie allait être pratiquée pour déterminer les causes exactes de la mort.

Source : actu17.fr

mardi 3 décembre 2019

Un hôpital a-t-il menacé une aide-soignante pour la dissuader de faire grève ?


À l’approche de la grève du 5 décembre, qui s’annonce comme une journée noire dans de nombreux secteurs d’activité - et pas seulement les transports -, certains membres du service public hospitalier feraient-ils l’objet de menaces visant à les dissuader de ne pas travailler ce jour-là ?

- À l’approche de la grève du 5 décembre, un courrier adressé à une aide-soignante circule sur Twitter.
- Selon l’internaute qui le diffuse, il montrerait la « pression » subie par certains « Français » pour ne pas faire grève, puisqu’il assigne l’aide-soignante à travailler.
Il s’agit en réalité d’une pratique courante dans les hôpitaux, pour assurer le service minimum.
C’est ce que laisse penser un message particulièrement relayé sur Twitter, montrant le courrier qui aurait été envoyé le 29 novembre par la direction d’un centre hospitalier de Normandie à l’une de ses aide-soignantes. « Compte tenu du préavis de grève national du 5 décembre 2019 de 0h à 24h, vous êtes désignée pour assurer vos fonctions [le] 05/12/19 [de] 15h [à] 21h. Je vous informe que faute d’exécuter l’ensemble des tâches afférentes à votre poste de travail et de respecter les instructions données, vous encourez une sanction disciplinaire », affirme ce document.
Ce qui amène l’internaute à l’origine de sa publication à s’insurger : « Voilà comment mettre la pression aux Français pour qu’ils ne fassent pas grève.. ‼ Ou comment aller contre le droit de grève qui a valeur constitutionnelle ‼ »
Cette pratique, courante, ne porte nullement atteinte au droit de grève, comme l’indique à 20 Minutes Jacques Trévidic, président du syndicat Action praticiens hôpital (APH) : « Il s’agit d’une assignation, légale dans la fonction publique, pour assurer le fonctionnement minimal lié à la sécurité des patients. »
Ce que nous confirme en outre la direction du centre hospitalier mentionné sur le document, sans l’authentifier formellement : « Il est difficile de dire, sur la base d’une photo, si cette assignation est une vraie, mais elle ressemble bien à une assignation de l’hôpital, et c’est tout à fait possible qu’elle ait été envoyée le vendredi 29 novembre, puisque la DRH a diffusé des assignations à une centaine d’agents par vagues successives, pas toutes à la même date. »
« Le droit de grève est bien constitutionnel et il fait l’objet d’une réglementation au sein des hôpitaux, afin de se concilier avec la continuité des services publics. C’est cette obligation de service minimum, qui nous amène à assigner des agents sur cette base, en l’occurrence du personnel en travail posté, en charge des soins dans des services où leur présence est nécessaire en cas de grève - alors qu’on n’assigne jamais d’agents administratifs dans ces cas-là. C’est une pratique courante dans tous les hôpitaux de France », poursuit la direction de l’établissement, qui est bien compétente pour organiser le service minimum, comme le rappelle le site Service-public.
Des agents assignés mais bien comptabilisés comme grévistes
Certains abus peuvent exister en pratique, note toutefois Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) : « Il arrive que des hôpitaux assignent davantage de personnel que nécessaire en temps normal, par exemple en assignant 5 personnes dans un service qui en compte 4 habituellement. »
Si certains internautes voient une forme de « menace » dans la mention, sur le courrier, de la sanction disciplinaire encourue en cas d’absence, une telle précision doit en réalité figurer sur l’assignation, au même titre que le recours auquel a droit l’agent contre cette décision.
Enfin, si l’assignation oblige le personnel concerné à travailler, il ne nuit nullement au nombre de grévistes déclarés ce jour-là, comme le souligne Jacques Trévidic : « Les agents assignés sont considérés comme faisant partie des grévistes mais n’ont pas de retenue sur salaire ». « Parmi les grévistes, une distinction est faite entre ceux qui sont absents et ceux qui sont assignés, donc au travail et rémunérés, mais qui sont bien comptabilisés comme grévistes », abonde la direction du centre hospitalier.

Source : 1001infos.net






Un médecin hospitalier sur deux se dit «touché par un épuisement professionnel»


À l’heure où les hôpitaux traversent une crise multiforme, un étude pointe le taux alarmant de surmenage chez les médecins hospitaliers.
Ils vont mal, ils sont fatigués, ils souffrent d’un manque de temps et se plaignent ouvertement d’une pression de la part de l’administration. A l’heure où les hôpitaux traversent une crise multiforme, «près de la moitié des médecins hospitaliers se disent touchés par un épuisement professionnel», selon une étude qui vient d’être publiée dans la grande revue médicale Psychiatry Research (1). Un des auteurs n’est autre que le professeur Antoine Pelissolo, un des présidents de la coordination interhôpitaux à l’origine du mouvement actuel de grèves et de contestation.
Ce taux impressionnant pointe une tendance lourde car il y a vingt ans, pareille question ne se posait même pas. Etre médecin hospitalier était synonyme de réussite. Et leurs difficultés ne s’exprimaient pas, d’autant qu’à l’hôpital le pouvoir était entre leurs mains. «Aujourd’hui, il n’y a plus de tabou. On en parle, les médecins le disent et le reconnaissent. Et c’est vraiment la pression qui est en cause», nous explique le professeur Pelissolo.
«Stress excessif»
Cette étude a été réalisée auprès de 677 médecins (sur 1 540 qui avaient été sollicités), dont 285 psychiatres, en poste dans des hôpitaux et cliniques du sud et de l’est de l’Ile-de-France. Ils ont répondu à plusieurs questionnaires «permettant d’évaluer leurs niveaux de stress au travail, d’anxiété, de dépression et d’épuisement professionnel (burn-out), ainsi que les facteurs de risque associés à ces différents états». Les résultats sont clairs : «Un stress excessif lié à l’activité professionnelle est rapporté par 88,5% des médecins. Il est considéré comme "intense ou très intense" par 24,2% d’entre eux», énumère l’étude. Et il n’y a pas de différence entre psychiatres et non-psychiatres.
Un état d’épuisement est retrouvé chez près de la moitié des médecins, qu’il s’agisse d’un épuisement personnel (49%), lié au travail (44%), ou interpersonnel, lié aux relations de travail (41%). Fait notable, l’épuisement interpersonnel est plus fréquent chez les psychiatres (45,3%) que chez les non-psychiatres (37,1%), sachant que les psychiatres plus anciens dans la carrière sont plus touchés que les plus jeunes (55,9% contre 39,8%). Comme si les relations entre collègues dans cette discipline n’étaient franchement pas bonnes. Plus généralement, «des symptômes dépressifs significatifs sont retrouvés chez 11,1% des médecins. Une anxiété significative se manifeste chez 28,6% des médecins, les psychiatres étant légèrement moins touchés que les non-psychiatres (22,8% contre 33,7%)». Résultat, l’étude dresse le tableau d’une profession quasi sinistrée.
«Coincés dans un carcan»
À la question des causes de ce mal-être massif, les réponses sont, elles aussi, sans ambiguïté : «Intensité et temps de travail» et «exigences émotionnelles» sont les deux principaux facteurs, mais aussi «une relation vécue comme stressante avec l’administration», aussi perçue comme un élément qui contribue au risque d’épuisement professionnel. Comme si quelque chose ne fonctionnait plus dans les relations à l’hôpital. «Ce qui est nouveau, analyse le professeur Pelissolo, c’est que les médecins ont le sentiment de ne plus avoir de marge de manœuvre, ils se sentent coincés dans un carcan, alors qu’avant les choses leur semblaient plus souples.» Et le psychiatre ajoute : «Ce qui fait monter le stress, c’est cette impression de ne plus avoir la possibilité d’agir, d’être ainsi passif, en particulier sur les choix médicaux.» Ce qu’avait résumé ainsi récemment un rapport de l’Académie de médecine : «Le médecin parle soins et patients, alors que l’administration parle budget, économies et déficit.»
En fait, toutes les études confirment cette atteinte profonde que ressent le corps hospitalier. Souvenons-nous qu’il y a six mois, un autre travail avait indiqué que près de 60% des urgentistes (57%) et plus de la moitié des jeunes médecins (52%) souffraient d’au moins un symptôme caractérisant le burn-out en France, selon une analyse d’un chercheur des hôpitaux de Marseille portant sur des dizaines d’études incluant 15 000 médecins français. «Ces résultats confirment la nécessité de réduire la charge de travail perçue, ainsi que d’améliorer la gestion des émotions par les médecins», conclut l’étude. «Et nous ne sommes pas sûrs que la reprise partielle de la dette des hôpitaux, annoncée par le gouvernement, va changer la donne», persifle le professeur Pelissolo…
(1) Étude coordonnée par les professeurs Patrick Hardy et Emmanuelle Corruble (hôpitaux universitaires Paris-Sud, AP-HP, le Kremlin-Bicêtre) et par le professeur Antoine Pelissolo (hôpitaux universitaires Henri-Mondor, AP-HP, Créteil).

Source : liberation.fr


Comment les autorités sanitaires se préparent à la grève du 5 décembre


MOBILISATION - Ce mardi matin, une réunion était organisée au ministère de la Santé pour anticiper les perturbations liées au mouvement de grève de jeudi
Le mieux, ce serait encore d’éviter de tomber dans les escaliers ou d’attraper une gastro ce jeudi. Mais comme les problèmes de santé sont rarement prévisibles, les Agences régionales de santé, les hôpitaux et le ministère participaient ce mardi matin à une réunion de crise pour voir si le système de santé est préparé à faire face aux perturbations liées à la grève de jeudi.
« Nous nous sommes préparés collectivement »
« Je tiens à rassurer la population sur le fait qu’évidemment, nous nous sommes préparés collectivement », a souligné la ministre, Agnès Buzyn, à l’issue d’un « point » avec les agences régionales de santé (ARS), les agences sanitaires comme l’Établissement français du sang et l’Agence de biomédecine, qui supervise les prélèvements et les transplantations d’organes, ainsi que les administrations centrales. Les hôpitaux ont ainsi mis en place des « plans de continuité » pour assurer les soins. Notamment les greffes prévues de longue date.
Encore beaucoup d’inconnues
Accès aux établissements de santé, aux Ehpad également, carburant, écoles, hausse de l’accueil dans les urgences s’il y a des violences lors des manifestations, la ministre et les agences sanitaires ont balayé les principaux points qui pourraient poser problème jeudi. Sachant qu’il reste encore beaucoup d’interrogations, notamment le nombre de grévistes parmi le personnel soignant.
En effet, la CGT, FO, SUD et le collectif Inter-Urgences ont appelé à la grève mais le nombre de grévistes ne sera connu que jeudi, le personnel hospitalier pouvant se déclarer le jour même. Si les hôpitaux ont l’obligation d’assurer un service minimum en cas de grève, certains examens et certaines opérations non-urgentes pourraient être reportés.
Et si le mouvement perdure ? « Nous verrons dans le week-end si la grève se poursuit, s’il y a des dispositions supplémentaires à prendre, pour notamment faciliter le transport et l’accès du personnel dans les établissements », a insisté la ministre de la Santé.
Covoiturage, vélo électrique, hébergement sur place pour l’AP-HP
Du côté de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont dépendent 39 hôpitaux franciliens, plusieurs dispositions ont été prises en amont. Côté transports, les personnels soignants pourront utiliser l’application de covoiturage Karos. L’AP-HP met également en place une dizaine de lignes de bus desservant ses hôpitaux depuis les principales villes de résidence des agents qui n’habitent pas dans Paris, du jeudi 5 décembre au dimanche 8 décembre. Pour pouvoir se garer, certains établissements vont ouvrir plus largement leurs parkings, travailler avec les collectivités pour donner accès aux parkings à proximité, qui seront remboursés. Enfin, pour les plus sportifs, ceux qui voudront louer un vélo ou un vélo électrique pourront être remboursés, à condition de ramener un justificatif.
Pour les personnels qui habiteraient trop loin, certains pourront être hébergés dans des chambres de garde ou inoccupées. Le communiqué de l’AP-HP précise que « des solutions d’hébergement hôtelières seront "activables" en cas de besoin. Cela donnera lieu, le cas échéant, à une information spécifique par les directions locales ». Ceux qui le peuvent, notamment les administratifs, auront la possibilité de télétravailler. Enfin, certains soignants pourraient travailler dans un site plus proche de leur domicile, à condition d’obtenir l’accord préalable de l’encadrement et de la DRH des sites.

Source : 20minutes.fr


lundi 2 décembre 2019

Médicaments à éviter: la liste s’allonge


Cardiologie, dermatologie, cancérologie, infectiologie… Aucune spécialité n’est épargnée. La revue médicale Prescrire a mis à jour sa liste des médicaments plus dangereux que bénéfiques.
Il est des médicaments dont il vaudrait mieux se passer. C’est ce que préconise la revue médicale française Prescrire, qui vient d’actualiser sa liste des produits à écarter, en libre accès sur son site internet.
En 2019, douze médicaments viennent s’ajouter au tableau, déjà long de 105 molécules, dont 92 sont commercialisées en France. Cardiologie, dermatologie, cancérologie, infectiologie… Aucune spécialité n’est épargnée. Il s’agit de médicaments «dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés», explique Prescrire dans un communiqué. Des produits pharmaceutiques qui peuvent être «des causes de mortalité, d’hospitalisations ou d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables». Pour certains, l’absence d’efficacité est telle que le moindre cas d’effet indésirable en fait des médicaments délétères. Ce ne sont «pas forcément de futurs “Mediator”», nuance Prescrire, en référence au scandale sanitaire récent qui fait actuellement l’objet d’un procès pharaonique.
Les sirops pour la toux en prennent un coup
Quels sont les douze nouveaux médicaments épinglés cette année? On trouve en bonne place l’alpha-amylase, principe actif du Maxilase. Utilisée depuis des décennies sous forme de sirop ou de comprimés pour soigner les maux de gorge, elle n’est pas plus efficace qu’un placebo et expose à un risque d’allergie qui peut être grave. Un constat partagé par l’Agence de sécurité du médicament (ANSM), qui a annoncé, cette semaine, son retrait des rayons en libre accès.
D’autres sirops pour la toux en prennent un coup: deux d’entre eux, Vicks et Clarix, viennent d’être ajoutés à la liste. D’après Prescrire, ces médicaments à base de pentoxyvérine exposent à «des troubles cardiaques et à des réactions allergiques graves». Ils avaient déjà été mis à l’amende il y a quelques mois par les associations de consommateurs 60 millions de consommateurs et UFC-Que Choisir.
Cinq médicaments sont mis sur le banc de touche, dont le Smecta, en raison d’une contamination au plomb.
Parmi les produits critiqués par Prescrire, on trouve également le Tanakan, fabriqué à partir de feuilles de ginkgo biloba. Ce médicament, prescrit aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, expose à un risque d’hémorragie et d’interaction délétère avec d’autres médicaments.
Autre catégorie pointée du doigt, celle des spécialités à base d’argile pour traiter les troubles intestinaux. Cinq médicaments sont mis sur le banc de touche, dont le Smecta, en raison d’une contamination au plomb. En effet, l’argile extraite du sol a pour caractéristique de très bien capter les impuretés métalliques, dont le plomb.
Trop alarmiste, la revue Prescrire? C’est ce que certains lui reprochent. Mais n’oublions pas que, dès 1997, ses auteurs (des médecins bénévoles) mettaient en garde quant à l’absence d’efficacité du Mediator pour traiter les diabétiques. Soit douze ans avant que les autorités sanitaires prennent la décision de le retirer du marché. 
Dans l’intervalle, la revue ne cessera de rappeler les dangers du médicament, sans jamais être entendue. Or, d’après les chiffres les plus récents de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, 3.700 personnes, dont certaines sont décédées, en ont été victimes.
Article de Cécile Thibert


Source : sante.lefigaro.fr

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dimanche 1 décembre 2019

À compter du 1er janvier 2020, les médecins prescripteurs pourront exclure la délivrance d'un médicament générique par substitution à la spécialité prescrite dans 3 situations cliniques.


Pour chaque médicament concerné par l'une de ces situations, une mention spécifique sera reportée sur l'ordonnance à la suite des termes "non substituable".

Ces nouvelles décisions ont fait l'objet d'un arrêté publié au Journal officiel du 19 novembre 2019 et sont précisées dans l'article ci-dessous.
Depuis l'octroi du droit de substitution aux pharmaciens en 1999, plusieurs mesures ont été prises pour favoriser le recours aux médicaments génériques et in fine, générer des économies pour l'Assurance maladie (obligation de prescription en DCI, dispositif tiers-payant contre génériques). 
En 2018, l'article 66 de la LFSS 2019 (Loi de financement de la Sécurité sociale adoptée le 22 décembre 2018) a introduit la notion de justification pour l'emploi de la mention "non substituable" par les prescripteurs. Selon ce texte, le recours à la mention "non substituable" doit être justifiée "sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)". 
Suite à l'adoption de la LFSS 2019, l'article L.5125-23 du code de la Santé publique définissant le cadre de la substitution au sein d'un groupe générique par le pharmacien d'officine a été modifié pour organiser plus précisément les modalités d'exclusion à la substitution générique. 

Extrait de l'article L.5125-23 du CSP modifié par la LFSS 2019
"Il [le pharmacien] peut délivrer par substitution à la spécialité prescrite une spécialité du même groupe générique ou du même groupe hybride, à condition que le prescripteur n'ait pas exclu cette possibilité par une mention expresse et justifiée portée sur l'ordonnance. Un arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale, pris après avis de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, précise les situations médicales dans lesquelles cette exclusion peut être justifiée, notamment sur l'ordonnance, ainsi que, le cas échéant, les modalités de présentation de cette justification par le prescripteur."

Encadrement de l'exclusion à la substitution générique : 3 situations retenues
L'arrêté ministériel prévu par l'article L.5125-23 du CSP a été publié au Journal officiel du 19 novembre 2019. Il s'appuie sur un avis de l'ANSM du 25 octobre 2019 (non consultable). 
Les dispositions de cet arrêté entreront en vigueur le 1er janvier 2020. 
Trois situations d'exclusion de la substitution par le médecin prescripteur sont précisées :  
- les médicaments à marge thérapeutique étroite, lorsque le patient est stabilisé ;
- certaines situations en pédiatrie, lorsque la forme galénique du princeps n'a pas d'équivalent parmi les génériques appartenant au même groupe, 
- une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire.
Le critère de marge thérapeutique étroite
Ce critère pharmacologique peut motiver la demande de non substitution :
- lorsque les patients sont effectivement stabilisés avec un médicament,
- et à l'exclusion des phases d'adaptation.

L'arrêté ministériel du 12 novembre 2019 liste 13 substances pour lesquels ce motif est applicable.
Substances à marge thérapeutique étroite pouvant bénéficier de la mention "non substituable"
Antiépileptiques :
Immunosuppresseurs :
Hormones thyroïdiennes :
Médicaments utilisés dans la dépendance aux opioïdes :
Antinéoplasiques inhibiteurs des protéines kinases :
évérolimus (cf. VIDAL Reco "Cancer du sein"),
* : molécules dont les spécialités sont soumises à TFR (tarif forfaitaire de responsabilité)

NB. Le dispositif « Tiers payant contre génériques » exclut déjà la lamotrigine, le lévétiracétam, le topiramate, le valproate de sodium, la lévothyroxine, ainsi que la buprénorphine et le mycophénolate mofétil.

Prise en charge pédiatrique : favoriser la forme galénique la plus adaptée
La prescription chez l'enfant de moins de 6 ans, lorsqu'aucun médicament générique n'a une forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration, constitue un autre motif reconnu pour écarter une substitution au sein d'un groupe générique.

Excipient à effet notoire : contre-indication formelle et démontrée
Enfin, le troisième motif d'exclusion à la substitution est la présence d'une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire, à condition que :
- l'excipient incriminé soit présent dans tous les médicaments génériques disponibles,
- que cet excipient n'entre pas dans la formulation du médicament de référence.
L'arrêté ministériel ne précise pas les modalités de démonstration (réalisation de tests, antécédent d'effets indésirables), ni les causes de la contre-indication (allergie). 

Trois catégories de mentions "non substituables"
En pratique, si un prescripteur souhaite faire valoir l'un des trois motifs d'exclusion à la substitution, il doit le préciser sur l'ordonnance.
Pour cela, trois catégories de mentions "non substituable" sont créées :
mention « non substituable (MTE) », pour la prescription d'un médicament à marge thérapeutique étroite chez un sujet stabilisé,
mention « non substituable (EFG) », pour la prescription d'une forme galénique sans équivalent générique chez un enfant de moins de 6 ans,
mention « non substituable (CIF) », en cas de contre-indication à un excipient à effet notoire.

La mention appropriée doit apparaître sur l'ordonnance :
sous forme informatisée ou à défaut sous forme manuscrite,
pour chaque médicament prescrit,
et pour chaque situation médicale concernée.

En pratique
À compter du 1er janvier 2020, la mention "non substituable" seule devrait donc disparaître au profit des mentions plus précises décrites ci-dessus.
Cela impose aux prescripteurs une vérification préalable et systématique des spécialités génériques disponibles sur le marché, et de leur formulation.
En outre, certaines situations n'ont pas été retenues pour justifier le refus de substitution par le prescripteur, comme le risque de confusion entre les médicaments chez le sujet âgé ou polymédiqué. 

Pour aller plus loin 

Sur VIDAL.fr





« Le plan d’urgence pour l’hôpital n’éteindra pas l’incendie »


Tribune 
En réaction au plan pour l’hôpital dévoilé par le gouvernement le 20 novembre, plus de 150 chefs de pôles et directeurs médicaux, venus des trente centres hospitaliers universitaires de France, expriment leur inquiétude dans une tribune au « Monde ». Pour eux, les mesures annoncées sont insuffisantes.



Médecins assumant les plus hautes responsabilités dans les hôpitaux universitaires, notre mobilisation a une valeur symbolique d’autant plus forte que notre parole est rare. 

Nous parlons ici en dehors de tout parti-pris syndical, parce que nous avons la passion du service public de santé.
Mercredi 20 novembre notre attente était forte, à la mesure de la colère qui gronde. Le plan d’urgence pour l’hôpital public annoncé par le gouvernement n’est pas quantité négligeable : une réduction d’un tiers de la dette des hôpitaux publics sur trois ans, une augmentation de l’Objectif national des dépenses d’Assurance-maladie (Ondam) de 0,35 % et la stabilisation du tarif des séjours hospitaliers.
Toutefois, cette tribune exprime notre sentiment que ces mesures ne normaliseront pas la prise en charge des patients et n’éteindront pas l’incendie qui ravage l’hôpital public.
Situation critique
L’accès aux soins est en situation critique à l’hôpital public et pose aux soignants des problèmes éthiques. L’hôpital public a des missions multiples et parfois méconnues. Assurant la gestion des deux tiers des lits d’hospitalisation de France, il a d’abord pour vocation d’offrir à tous, enfants et adultes, sans distinction d’origine, de fortune, ou de maladie, l’empathie et les soins nécessaires dans des moments difficiles de la vie. Il accueille l’immense majorité des urgences vasculaires cérébrales et cardiovasculaires, psychiatriques, pédiatriques et obstétricales, qu’elles soient médicales ou chirurgicales. Il est en première ligne pour les grandes détresses vitales avec les SAMU et les réanimations. Il traite aussi les patients atteints de maladies chroniques dont la totalité des transplantations d’organes et des maladies rares (7 millions de personnes en France). Il est tourné vers l’innovation, avec plus de 10.000 essais cliniques par an qui définissent les outils diagnostiques et les traitements de demain. Ses médecins et ses soignants assument finalement la formation des futurs acteurs de santé.
La situation actuelle ne permet plus une prise en charge optimale de nombreuses catégories de patients en raison d’un nombre considérable de postes vacants de soignants, comme nous l’avons dénoncé dans une précédente tribune. Parmi les plus graves conséquences que nous observons :
- Des nourrissons en détresse vitale sont quotidiennement refusés en secteurs de soins intensifs, faute de lits ouverts en réanimation pédiatrique. Ces enfants sont régulièrement transférés dans des hôpitaux situés à plus de 200 km de leur domicile.
- Des patients venant de faire un accident vasculaire cérébral sont parfois pris en charge avec retard, diminuant ainsi leurs chances de récupération optimale. En réanimation, des transferts de patients instables sont nécessaires pour accueillir les nouveaux arrivants.
- Faute d’anesthésistes et d’infirmières, l’accès aux blocs opératoires est restreint et fait reporter des interventions nécessaires.
- En psychiatrie, des patients à risque suicidaire élevé ou avec de graves troubles du comportement attendent un lit parfois plusieurs jours aux urgences, dans des conditions indignes et non sécurisées.
- En radiologie, la crise touche de façon inquiétante les manipulateurs et les médecins imageurs. Dans de nombreux hôpitaux, les fermetures d’équipements (imagerie par résonance magnétique, scanner, tomographie par émission de positons…) allongent les délais de rendez-vous.
- Les laboratoires et les pharmacies hospitalières nécessaires aux diagnostics, à la préparation et à la dispensation des traitements sont également touchés par une limitation des moyens.
Pour pallier le manque de soignants, nous observons une multiplication insoutenable des heures supplémentaires, le recours habituel à du personnel intérimaire coûteux et souvent moins expérimenté. Mais cela n’empêche plus la fermeture de lits. Cette situation dégradée entraîne des conflits éthiques chez les soignants qui sont amenés par la force des choses à privilégier la prise en charge de tel ou tel type de patient faute de pouvoir répondre de façon optimale à tous. Si la qualité des soins semble encore très bonne pour la plupart des usagers de l’hôpital public, c’est le plus souvent grâce au sacrifice quotidien des personnels restants qui s’épuisent.
Cette désespérance a conduit aux collectifs nationaux Inter-Urgences (CIU) et plus récemment Inter-Hôpitaux (CIH) qui portent des revendications depuis huit mois.
Pour sortir du cercle vicieux dans lequel est enfermé l’hôpital public (manque de moyens, épuisement du personnel, défaut d’attractivité, fermeture de lits) il faut lever temporairement l’étau financier imposé par l’Etat depuis plus de dix ans
La perte d’attractivité de l’hôpital public est en lien avec des salaires trop modestes au regard du travail fourni, de la longueur des études et du poids des responsabilités. Les salaires des infirmières et aides-soignantes sont parmi les plus bas d’Europe et nous avons plaidé pour leur augmentation. Le choix du gouvernement s’est porté sur l’attribution de primes généralement faibles, variables d’un métier à l’autre ou d’une région à l’autre, soumises aux lourdeurs administratives et dont la pérennité n’est pas certaine. 
Seule une revalorisation immédiate des salaires les plus bas, via les grilles indiciaires, permettra la réouverture des lits et des salles d’opération fermés. Cette mesure est urgente.
Pour sortir du cercle vicieux dans lequel est enfermé l’hôpital public (manque de moyens, épuisement du personnel, défaut d’attractivité, fermeture de lits) il faut lever temporairement l’étau financier imposé par l’État depuis plus de dix ans. 
Chaque année, des économies évaluées à 1 milliard d’euros sont faites par les hôpitaux. Cela n’est pas tenable en période de crise. 
Si une réorganisation des soins est envisagée dans le plan « Ma santé 2022 », cela ne peut se faire qu’avec un moratoire des mesures d’économie. Or le gouvernement prévoit de nouveau pour 2020, 2021 et 2022 les mêmes mesures d’économie chiffrées à environ 1 milliard d’euros par an, selon l’Avis du Comité d’alerte  n° 2019-3 sur le respect de l’Ondam.
En regard, les mesures financières annoncées correspondent au coût d’une journée de fonctionnement de l’hôpital public (ce qui tombe à point pour une année bissextile comme 2020). Elles couvrent au mieux les dépenses nouvelles proposées. 
Même les associations et syndicats de directeurs d’hôpitaux, habituellement réservés, ont exprimé leur scepticisme quant à l’impact de ces mesures. Les doyens des facultés de médecine et l’Institut national de la recherche médicale (Inserm), eux aussi, s’inquiètent des retombées du manque de moyens sur l’enseignement et la recherche et ils l’ont fait savoir en publiant une tribune, le 12 novembre, sur le site L’actu des CHU.
L’hôpital public est notre bien commun. Nous sommes ou nous serons tous malades un jour. Pour garder ce « trésor national », comme le dit la ministre de la santé, Agnès Buzyn, des mesures d’urgence fortes, lisibles et courageuses doivent être prises :
Pour répondre à l’urgence et améliorer l’attractivité de nos hôpitaux, il faut réviser les grilles indiciaires des personnels soignants. En premier lieu celles des infirmiers et aides-soignants puis des autres personnels depuis trop longtemps négligés. La qualité de vie au travail doit aussi reprendre ses droits face à la productivité.
Pour réformer l’hôpital public, un moratoire des économies est temporairement nécessaire. Il faut donner à l’hôpital de quoi couvrir les dépenses de santé de la population.

Source : lemonde.fr
Pour plus d'informations (dont la liste des signataires du collectif)
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