"La Vie Hospitalière"

dimanche 9 juin 2019

Pétition de soutien aux Sages-Femmes de l’hôpital de Meaux en grève


Pétition adressée à la Direction du GHEF

Nous demandons à la Direction du GHEF (Grand Hôpital de l'Est Francilien) d'appliquer la législation en vigueur concernant le nombre de sages-femmes en salle de naissance.
À la maternité de Meaux, classée niveau 3 (spécialisée dans le suivi des grossesses à risque et/ou multiples, accueillant les grands prématurés) plus de 3.000 mamans par an sont accouchées par seulement 2 sages-femmes alors que la réglementation en impose un minimum de 3.
Nous souhaitons également que le temps de transmission (lors des changements d'équipe) soit rémunéré ou récupéré, avant le 1er janvier 2019, il était inclus dans le temps de travail ! 
Les Sages-femmes vous invitent à signer cette pétition pour montrer votre soutien à ces revendications !

Centre hospitalier de Meaux ( Photo Santé Solidaires-La Vie Hospitalière )


Signez cette pétition (merci pour elles)







samedi 8 juin 2019

Humiliées, après avoir dû porter des couches lors d'une formation sur les personnes âgées


Au cours d'une formation, des employés d'un centre d'hébergement au Québec ont dû porter une couche et manger un repas en purée, pour mieux comprendre la réalité de leurs résidents.
Une formation innovante mais qui ne plaît pas franchement aux élèves. Le 22 mai dernier, quatre employés d'un CHSLD (Centre d'hébergement et de soins de longue durée) de Repentigny, au Québec, ont participé à une formation intitulée "Atelier de simulation de perte d'autonomie cognitive et physique". Et en matière de simulation, ils en ont eu pour leurs comptes.
Pour mieux comprendre la réalité des résidents et vivre "la pleine expérience", les participants, mais aussi leurs formateurs, ont dû retirer leurs vêtements puis enfiler une jaquette, des pantoufles et une couche pour adultes. Certains se sont sentis humiliés. "Elle a été humiliée, elle pleurait !", confie anonymement une collègue d'une préposée aux bénéficiaires (professionnelle chargée d'assister les personnes âgées dans les soins de base). 
Les participants ont ensuite été installés dans des chaises gériatriques et en guise de repas, se sont régalés d'un plat du centre d'hébergement réduit en purée, dans lequel de l’acétaminophène (1) et d’autres pilules de type placebo avaient été écrasés et incorporés. 
Au cours de la journée, alors qu'elle avait envie d'uriner, une préposée s'est vu répondre : "Faites-le dans votre culotte", ce qu'elle a refusé.
"Je suis tombée de ma chaise quand j'ai entendu ça" a réagi Thérèse Martin, présidente du syndicat local des préposés aux bénéficiaires. "C'est inacceptable. Je n'ai jamais vu une formation de cette nature-là." 
Médecin à Repentigny, le Dr Tri Minh Tran, qui anime cette formation depuis trois ans auprès des résidents en médecine familiale (affiliés à l'Université de Montréal), estime lui que "les futurs médecins soignent mieux les personnes âgées après avoir vécu leur réalité. Les gens nous disent qu’ils sont plus conscients quand ils font une approche auprès de la clientèle, qu’ils vont mieux les comprendre", souligne-t-il. Thérèse Martin n'est pas de cet avis : "Les préposés sont déjà très empathiques, ils n’ont pas besoin de mettre une couche pour savoir comment on se sent. C’est assez dégradant."
Interpellée par le syndicat, la direction a décidé de suspendre la formation le temps d'évaluer sa pertinence. Tout en précisant que les employés n'étaient pas obligés "de faire quoi que ce soit". Jusqu’ici, une trentaine d’étudiants et des gestionnaires de CHSLD l’ont suivie. Aucun ne s'est désisté. Selon Clément Comtois, DRH," les gens étaient libres d'y participer". Et il ajoute "qu'ils pouvaient garder leur sous-vêtement sous la culotte d'incontinence."
"Quand j'ai appris cette histoire il y a trois jours, j'ai été extrêmement surprise, étonnée. J’ai questionné cette formation et je la questionne encore", a indiqué la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais. "Je pose la question : est-ce qu’on est obligé de se mettre dans la peau d’une personne vulnérable pour avoir de l’empathie envers les personnes vulnérables ?".
Malgré son étonnement, la ministre n’a pas estimé pertinent d'interdire cette formation.
Cependant, les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont unanimement condamnées ces méthodes d'enseignement et ont prié la ministre d'intervenir dans ce dossier.
A.F.

1) Plus connu sous le nom de Paracétamol (note de "La Vie Hospitalière").

L’AMUF appelle les médecins à participer à la journée d’action du 11 juin

La situation dans les services d’urgence et plus globalement dans les hôpitaux est catastrophique.  Le mouvement de grève débuté à l’hôpital Saint-Antoine s’est étendu dans de nombreux hôpitaux, parfois au-delà des services d’urgences.
Les plans d’économie successifs, associés à des fermetures de lits et des services rendent les conditions de travail des personnels insupportables.  
Nous n’avons plus aujourd’hui les moyens de prendre en charge nos patients dans des conditions dignes et en toute sécurité.
Le gouvernement doit entendre notre cri d’alarme, à la veille de l’été, période toujours très difficile dans les hôpitaux.  Nous demandons à la Ministre de la Santé d’ouvrir immédiatement des négociations pour répondre aux revendications posées par les personnels.
L’AMUF appelle les médecins à rejoindre les personnels en grève et à participer à la journée d’action  du 11 juin aux côtés des personnels des hôpitaux en lutte.

vendredi 7 juin 2019

L' infirmier serial killer est condamné à la perpétuité


En mal de gloire, l'infirmier Niels Högel, condamné jeudi à la perpétuité pour 85 meurtres, a tué ses patients en masse et sans état d'âme, devenant l'un des pires criminels en série de l'histoire récente.
"Je dois dire que l'empathie ne jouait pas un grand rôle pour moi à cette époque", a-t-il admis lors de son procès à Oldenbourg, dans le nord-ouest de l'Allemagne.
Il répondait de la mort d'une centaine de personnes. Lui a systématiquement employé le terme "manipulations" pour qualifier ses meurtres par injection de médicaments: il provoquait des arrêts cardiaques sur les patients avant de tenter de les ramener à la vie, le plus souvent sans succès.
Depuis 2015, ce père d'une adolescente est déjà condamné à perpétuité, après avoir été reconnu responsable du décès de six patients.
Mais le nombre réel de ses victimes pourrait être bien plus élevé. La police évoque plus de 200 morts. Selon des codétenus, Niels Högel s'est lui-même sacré "plus grand tueur en série de l'histoire de l'après-guerre". "Il y a tellement (de victimes) que l'esprit humain capitule devant le nombre", a commenté, à l'annonce du verdict, le président du tribunal d'Oldenbourg, Sebastian Bührmann, la voix chargée d'émotion.
"Vraiment désolé"
Très loquace lors de son procès, cet homme corpulent à la courte barbe noire de 42 ans a cherché à montrer un visage humain.
Sans vouloir justifier ses actes, il a décrit son état de stress dans des services en sous-effectif chronique, une rupture sentimentale "traumatisante" et son recours dans la foulée aux analgésiques et à l'alcool.
Il a finalement demandé le pardon aux proches de ses victimes. "Pour chacun des cas que je lis, peu importe que je m'en souvienne ou non, je suis vraiment désolé", a-t-il dit.
Au cas par cas, il a reconnu 43 meurtres, a dit ne pas se souvenir de 52 cas et a nié toute responsabilité dans cinq décès, à la façon dont il décline ses souffrances, il donne l'impression d'un "petit tueur en série vulnérable" avait ironisé fin octobre le porte-parole des proches des victimes Christian Marbach, dont le grand père a été tué par l'infirmier.
Pour cerner sa personnalité, le journal local Nordwest Zeitung a interrogé d'anciens professeurs ou camarades de classe. "Sympathique, serviable, amusant", sont les mots qui reviennent.
Né le 30 décembre 1976 à Wilhelmshaven, Niels Högel grandit dans une famille catholique qu'il décrit comme "chaleureuse et stable". Elève très moyen, il n'ira pas jusqu'au bac mais entame à 16 ans dans l'hôpital de sa ville natale une formation d'infirmier, comme son père et sa grand-mère. Le jeune homme décroche finalement son diplôme trois ans plus tard et reste à travailler sur place, où il laisse le souvenir de quelqu'un de "gentil".
"Rambo de la réanimation"
Une image qui ne colle pas avec celui qui, entre 2000 et 2005, a provoqué des arrêts cardiaques sur des dizaines de patients dans deux hôpitaux.
La façade du "type sympa" s'était déjà fissurée à l'hôpital d'Oldenbourg, où il avait décroché un job fin 1999.
Les réanimations - et les décès - aux soins intensifs se multiplient quand il est de service. Il est poussé à partir fin 2002, avec une bonne lettre de recommandation.
Ce qui lui permet de continuer son carnage à l'hôpital voisin de Delmenhorst, où on le surnomme alors le "Rambo de la réanimation". Jusqu'à juin 2005, quand il est pris en flagrant délit.
Dans son acte d'accusation, le parquet a cité "l'ennui" et son envie de briller auprès de ses collègues comme motivations pour ses crimes. Pour "faire rapidement parti" du groupe, abonde l'accusé.
Les psychiatres ont établi qu'il souffrait d'un sévère trouble narcissique, et avait un besoin maladif de se mettre en valeur.
Quand il parvenait à ranimer des patients, il se sentait apaisé pour quelques jours, selon l'analyse de référence du psychiatre Konstantin Karyofilis : "Pour lui, c'était comme une drogue".
Sources : 



Une patiente handicapée est malmenée à l'hôpital Necker, le parquet de Paris ouvre une enquête.


Deux agents de l'hôpital Necker, à Paris, ont-ils malmenée une jeune patiente handicapée et mineure, le 26 mai dernier ? 
Le parquet de Paris, alerté par l’AP-HP, a ouvert une enquête du chef de violences sur personne vulnérable et confié les investigations à la brigade de protection des mineurs.Ils sont soupçonnés de s'être moqués de la jeune fille handicapée et d'avoir pris des photos d'elle à son insu.
Les faits seraient survenus devant l’hôpital. Les deux agents mis en cause auraient notamment posé le pied sur la jeune fille, qui se trouvait au sol. Ils auraient ensuite ri et pris des photos. Un passant a alors donné l’alerte, et deux autres agents sont intervenus pour mettre fin aux violences.
Les deux agents ont été identifiés grâce à la vidéosurveillance et ont été suspendus à titre conservatoire, précisait jeudi France Info.



Urgences : Agnès Buzyn applaudie en congrès mais huée en manif


Jeudi 6 juin matin, au congrès des urgentistes, Agnès Buzyn a dévoilé cinq nouvelles mesures destinées à apaiser les services en ébullition. Parmi elles, une mission sur la refonte des urgences, des moyens pour rénover les services vétustes et faire face aux afflux exceptionnels, et une prime de coopération pour les paramédicaux. Mais le compte n'y est pas pour les grévistes, qui appellent à durcir la mobilisation.
Journée cruciale pour les urgences françaises. Hier jeudi 6 juin, s’ouvrait le congrès Urgences 2019 à Palais des Congrès de Paris, organisé par la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et ses partenaires. En parallèle, le collectif paramédical Inter-Urgences, représentant les quelque 80 services d’urgences en grève sur le territoire, défilait de Montparnasse au ministère de la Santé, avec le mot d’ordre "urgences en souffrance".
Agnès Buzyn s’est rendue au congrès des urgentistes presque à l’impromptu, dans la matinée, quittant un instant le Sénat où son projet de loi de santé est en cours d’examen. Au fil d’une allocution de vingt minutes aux accents de sincérité, elle s’est employée à rassurer les urgentistes. "N’ayons pas peur des mots : votre quotidien est devenu insupportable, pour beaucoup d’entre vous", a-t-elle souligné. Pour la première fois depuis le début du mouvement, la ministre a exprimé sa volonté de répondre aux "enjeux immédiats" et aux "impatiences légitimes" par des mesures ad hoc.
Une nouvelle "prime de coopération"  
À commencer par un geste "peut-être purement symbolique, mais [qui] n’a rien de cosmétique" : mobiliser les ARS pour faire enfin aboutir la rénovation des services vétustes. "L’image de services avec des peintures défraichies ou en lambeaux, je n’en veux plus", a défendu la ministre. Aux personnels qui disent redouter l’été, Agnès Buzyn a aussi assuré le soutien de l’État. Les ARS auront ainsi la main sur de nouveaux crédits spécifiques afin d’aider les services "qui font face à un surcroît d’activité et à des afflux exceptionnels". Aucun montant n’a été dévoilé.
Prudente quant à sa marge de manœuvre budgétaire, la locataire de l’avenue Duquesne n’est pas pour autant venue les mains vides. La prime individuelle de risque (97,69 euros brut par mois), qui vise à reconnaître l’exposition des soignants aux agressions physiques ou verbales, devrait ainsi être généralisée. Surtout, Agnès Buzyn a annoncé la création d’une nouvelle "prime de coopération" destinée aux paramédicaux qui se voient déléguer des tâches médicales, dans le cadre de protocoles de coopération nationaux.
Autre point abordé : la régulation des appels d’urgence. "Comme ministre de la Santé, je crois fermement à un principe simple : celui qu’un appel médical urgent appelle une réponse médicale. Un point c’est tout", a-t-elle défendu, déclenchant les applaudissements de la salle.
Six mois pour refonder les urgences
Une mission nationale a enfin été dévolue à la refondation des urgences. Elle sera conduite par un binôme technique-politique : le Pr Pierre Carli, président du conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH) et responsable du Samu de Paris, et le Dr Thomas Mesnier, urgentiste à Angoulême et député LREM, auteur d’un rapport remarqué sur les soins non programmés. Elle intègrera aussi une représentation des personnels paramédicaux. "Cette mission nationale, je vous demande solennellement de la mener sans tabous, sans réticences et sans fausses pudeurs", a indiqué la ministre.
Plutôt qu’un "énième rapport", cette mission est plutôt à comprendre comme une feuille de route précise, a détaillé Pierre Carli, dans une conférence de presse en marge du congrès. Selon lui, elle devrait s’organiser autour de deux principes : une vision globale du parcours patient, qui intègre les questions de l’amont et de l’aval mais aussi celle de la médecine de ville, et le recentrage des urgences sur leur cœur de métier.  Elle devrait donner ses conclusions avant novembre 2019.
D’après le communiqué du ministère, la mission nationale aura trois objectifs : établir une typologie des structures d’urgences (activité, difficultés de recrutement, place dans l’organisation des soins locale) ; apprécier les progrès des réformes en cours, du point de vue de la qualité du service rendu et des conditions de travail pour les soignants ; et enfin identifier d’éventuelles actions complémentaires à mener (information de la population, articulation avec la ville, identifications de solutions d’aval).
Des urgentistes rassérénés
"Il serait difficile de ne pas être satisfait : nous demandions des actions immédiates, on nous donne des actions immédiates", a réagi pour sa part le Dr François Braun, président de Samu-Urgences de France, qui estimait encore deux jours plus tôt que les urgences "allaient dans le mur". Le syndicaliste se réjouit en particulier de la prime de coopération. "C’est tout à fait nouveau », indique-t-il, "ça va permettre de favoriser la délégation de tâche et de mieux rémunérer les collaborateurs paramédicaux". Pour le montant, il évoque un maximum de 200 euros par mois, "selon les compétences déléguées".
Dans l’ensemble, les principales instances représentatives des médecins urgentistes – société savante, CNUH, Samu-Urgences de France – ne cachaient pas avoir été sensibles aux annonces de  la ministre, avec qui ils entretiennent par ailleurs de bonnes relations. Le constat de fond est d’ailleurs partagé : les urgences souffrent avant tout d’un recours exagéré et des défaillances de la médecine de ville, d’où la nécessité de réponses structurelles.
Mission réussie pour Agnès Buzyn ? Voire. Car le mouvement des urgences, initié en mars à Saint-Antoine avant de gagner l’ensemble du pays, n’est pas porté par les médecins mais par les infirmiers, les aides-soignants, brancardiers et assistants de régulation, tous rassemblés au sein du collectif Inter-Urgences. Et sur ce front-là, les nouvelles sont moins roses. Et si la ministre s’était trompée d’incendie, jouant les pompiers au congrès Urgences tandis que la colère flambait sous ses fenêtres ?
Applaudie Porte Maillot, huée avenue Duquesne
La manifestation, partie de Montparnasse aux alentours de 14h, a mobilisé plusieurs centaines de blouses blanches (dont une dizaine de médecin) sous les fenêtres de l’avenue Duquesne. Au programme, un "die-in" (simulation de mort collective), des prises de parole, une marche funèbre et même une séance de "mises à nu", afin d’interpeller sur les conditions de travail et le malaise des urgences. Une délégation de représentants du mouvement (Inter-Urgences, CGT, FO, SUD) a été reçue, non par la ministre – retournée au Sénat – mais par son directeur adjoint de cabinet Yann Bubien.
Article de Yvan Pandelé
Source : egora.fr


jeudi 6 juin 2019

Urgences : La ministre promet des "propositions" aux grévistes...


La ministre de la Santé a prévu de se rendre au congrès des urgentistes, qui se tient jusqu’à demain à Paris. Elle a assuré qu’elle allait soumettre des mesures "de long terme", face au mouvement de grève qui prend de l’ampleur depuis de nombreuses semaines.
Grèves, réquisitions, arrêts maladie : la crise des urgences hospitalières dure depuis plus de deux mois et ne cesse de s'amplifier, avec une manifestation nationale prévue à Paris dans l' après-midi, après la venue d'Agnès Buzyn au congrès des urgentistes. 
"J'ai prévu de me rendre ce matin auprès d'eux et de leur parler", au Palais des congrès à Paris, a annoncé la ministre de la Santé sur Public Sénat  ce matin. "Je vais leur faire des propositions sur le long terme", a-t-elle assuré. "Les urgences sont en souffrance, et vraiment il faut l'entendre", a-t-elle concédé.
"Il y a des problèmes de moyens mais aussi un problème de démographie. Des internes urgentistes sont en train d’être formés et cela devrait soulager les urgences", a déclaré la ministre.
"Une concertation d'urgence" réclamée
Entamé mi-mars à Paris, le mouvement de grève dans les services d'urgences s'est étendu à plusieurs dizaines d'établissements - 80 d'après le collectif Inter-Urgences, "une cinquantaine" selon le gouvernement.
La pression monte un peu plus chaque jour sur la ministre de la Santé. Mercredi, l'Ordre des médecins a réclamé "une concertation d'urgence" pour prendre enfin les "décisions ministérielles qui ne sauraient être plus longtemps différées". Une prise de position qui fait suite à "des réquisitions préfectorales" qui ont "suscité de l'émotion", notamment à Lons-le-Saunier (Jura), où les gendarmes sont venus solliciter des soignants en pleine nuit la semaine dernière. Une mesure rendue nécessaire par "l'absentéisme soudain" de médecins "inscrits au planning et assignés" par la direction de l'hôpital, mais "s'étant déclarés en maladie", selon l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté.
Ce matin, la ministre de la Santé a pris ses distances avec un tel recours à la gendarmerie.
"Evidemment, ce n'est pas souhaitable, (...), c'est la première fois que j'entends une histoire pareille", a-t-elle indiqué, en rappelant qu'elle avait été "médecin hospitalier pendant 20 ans" et qu'il lui était "arrivé de faire grève".
Pour le collectif Inter- Urgences , l' urgence est telle qu'il a adressé une lettre à Agnès Buzyn , ministre de la Santé et que le 6 juin prochain, ils défileront à Paris entre Montparnasse et l'adresse de leur ministère de tutelle.
"Le malaise est profond"
En réalité, la surcharge est devenue la norme : le nombre de patients pris en charge aux urgences est passé de 10 millions en 1996 à 21 millions en 2016, un record sans doute dépassé depuis.
"On a doublé notre activité, mais on n'a pas doublé nos moyens", observe Tarak Mokni, responsable du Samu de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).
"On ne peut pas faire mieux avec moins", affirme Patrick Pelloux, emblématique président de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), qui juge nécessaire "un débat au Parlement sur les urgences".
Sous le feu des critiques, l'exécutif peine à désamorcer la crise. "Nous entendons ce que nous disent les soignants", a assuré mercredi la secrétaire d'Etat Christelle Dubos à l'Assemblée nationale.

mercredi 5 juin 2019

Lundi de Pentecôte : où vont les trois milliards d’euros de la journée de solidarité ?


D’après les prévisions de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, en 2019, la journée de solidarité devrait rapporter 2,878 milliards d’euros. Une somme destinée aux personnes âgées en perte d’autonomie et aux personnes handicapées.
Le lundi de Pentecôte, qui tombe cette année le 10 juin, est, depuis 2004 la journée dite de solidarité. Le principe de départ est simple : les salariés travaillent gratuitement pendant cette journée. En contrepartie du surcroît de valeur ajoutée que crée ce jour supplémentaire de travail, les entreprises doivent s’acquitter de la contribution solidarité autonomie (CSA). Cette contribution représente 0,3% de la masse salariale. Cette somme étant intégralement dédiée au soutien des personnes en perte d’autonomie. En 2008, les règles ont légèrement évolué : le mode de financement reste le même, mais le lundi de Pentecôte n’est plus forcément une journée travaillée. Les entreprises peuvent très bien décider de le fractionner en sept heures de travail supplémentaire sur l’année ou de retirer une journée de congé payé ou de RTT.
Quelle que soit l’option choisie, cela n’a pas d’impact sur les sommes collectées en faveur des personnes âgées. D’après la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), en 2019, ce dispositif va permettre d’obtenir des ressources à hauteur de 2,878 milliards d’euros, un chiffre en hausse de 19% par rapport à 2018. “Cette somme permet de couvrir entre 4 et 5% des dépenses de l’Etat pour les personnes âgées en perte d’autonomie et les personnes handicapées”, précise la CNSA dans un communiqué. Dans le détail, plus de deux milliards sont collectés grâce à la Contribution solidarité autonomie et 784 millions via la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa) payée par les retraités sur leur pension.
Où va précisément cet argent ? Près de deux milliards sont consacrés aux personnes âgées et 894,7 millions aux personnes handicapées. Ces montants sont notamment utilisés pour financer la modernisation des établissements et services médico-sociaux qui accueillent les personnes en perte d’autonomie. Ils servent aussi au versement de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et au financement des maisons départementales des personnes handicapées. Une partie de cette somme (0,5%) est consacrée au développement de nouvelles formes d’habitat comme l’habitat inclusif. Il s’agit de la construction de petits logements indépendants avec des espaces de vie communs. Enfin, 6,3 millions (0,22% du total) sont consacrés au renforcement de l’accompagnement des proches aidants.
Source : capital.fr

Mise en danger aux urgences de Lons-le-Saunier ? Un syndicat porte plainte, l'Ordre réclame une concertation immédiate


Le syndicat des Jeunes Médecins annonce ce mercredi avoir porté plainte contre X auprès du procureur de la République pour faire la lumière sur la situation inquiétante aux urgences de Lons-le-Saunier, après plusieurs témoignages accablants dans la presse. 
« La situation alarmante dans cet hôpital semble encore échapper à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour qui “la règle dans le monde médical, c'est que quand on fait grève, on met un brassard mais on vient travailler, pour ne pas mettre en danger la vie d'autrui”. Des propos tenus alors même que nos collègues se mobilisent pour une meilleure qualité de soins ! », s'irrite le syndicat. « Ces tensions semblent tout d'abord mettre en péril les usagers, mais aussi les professionnels de santé, dont des jeunes professionnels encore en formation », plaide le syndicat junior. 
Jeunes Médecins  annonce déposer ce jour une plainte contre X auprès du Procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur cette situation. #LonsleSaunier #urgences #hopital #solidarite #conditionsdetravail
Partagez! pic.twitter.com/IVNTq8do8e
— JEUNES MEDECINS (@JeunesmedecinsF) 5 juin 2019
Face à la crise aux urgences de Lons-le-Saunier, le maire de la commune, Jacques Pélissard (LR), a annoncé le recrutement de cinq infirmiers d'ici à la fin de l'été afin de soulager les équipes, rapporte « Le Progrès ». Selon nos confrères de la « Voix du Jura », il a également été décidé de mettre en place une ambulance hospitalière pour réaliser les transferts interhospitaliers, d'utiliser plus fréquemment l'hélicoptère et de bénéficier d'une aide des pompiers pour les transports. Pour assurer l'accès aux soins urgents, le préfet du département avait réquisitionné des professionnels de santé dès le 28 mai.  
D'autres services d'urgences sont touchés par des actions inédites. Dans la nuit du 3 au 4 juin, l'équipe de nuit des urgences de l'hôpital Lariboisière (AP-HP) s'est mise en arrêt maladie, une action qualifiée de « dévoiement » par Agnès Buzyn.
Les urgences sont frappées par un mouvement social entamé mi-mars dans les hôpitaux parisiens, qui a fait tache d'huile dans la France entière. Les personnels dénoncent principalement un manque de personnel et de moyens mais aussi une hausse de l'insécurité (cinq agressions depuis janvier par exemple à l'hôpital Saint-Antoine).
Symptôme des difficultés de l'hôpital
Les mesures de réquisition de personnels prises par le préfet à Lons-le-Saunier pour garantir l'accès aux soins urgents ont également fait sortir l'Ordre national des médecins (CNOM) de ses gonds. Pour le CNOM, « les réquisitions ou l’aggravation des amplitudes horaires de travail des personnels ne sauraient être une solution à la crise majeure que traversent les services d’urgences des hôpitaux ».
À la suite de cet épisode, l'instance appelle « avec gravité » à l'organisation d’une « concertation d’urgence » impliquant tous les acteurs pour trouver une réponse durable aux « revendications des professionnels de santé, tant pour le service des patients que pour eux-mêmes ». « Leur souffrance face aux conditions de travail actuelles doit être entendue », indique l'instance nationale.
Apportant « son soutien » à l'ensemble des médecins et des professionnels de santé qui exercent près des patients dans des conditions difficiles, l'Ordre se dit prêt à prendre sa part dans l'élaboration des solutions pour résoudre la crise des services d’urgences, « l'un des symptômes les plus aigus de l’extrême difficulté dans laquelle se trouve l’hôpital public ».
Article écrit par Sophie Martos et Loan Tranthimy



Comment le cerveau participe au cancer


Des neurones voient le jour au sein même du microenvironnement tumoral, contribuant au développement du cancer. Ces cellules nerveuses dérivent de progéniteurs provenant du cerveau et sont acheminés via la circulation sanguine. Cette découverte étonnante ouvre la voie à tout un nouveau champ de recherche, relatif au rôle du système nerveux dans le développement des cancers et aux interactions entre les systèmes vasculaires, immunitaires et nerveux dans la tumorigenèse.
La production de nouveaux neurones est un événement plutôt rare chez l’adulte, cantonné à deux régions particulières du cerveau : le gyrus denté dans l’hippocampe et la zone sous-ventriculaire. Mais voilà que l'équipe Inserm Atip-Avenir dirigée par Claire Magnon* à l'Institut de Radiobiologie cellulaire et moléculaire, dirigé par Paul-Henri Roméo (CEA, Fontenay-aux-Roses), vient de montrer que ce phénomène se produit également en dehors du système nerveux central : dans les tumeurs !
En 2013, cette chercheuse avait déjà mis en évidence, dans des tumeurs de la prostate, que l’infiltration de fibres nerveuses, issues de prolongements d'axones de neurones préexistants, était associée à la survenue et à la progression de ce cancer. Depuis, d'autres études ont permis de confirmer le rôle inattendu, mais apparemment important, des fibres nerveuses dans le microenvironnement tumoral de nombreux cancers solides.
Soucieuse de comprendre l’origine du réseau neuronal tumoral, Claire Magnon a une idée surprenante : et si le réseau nerveux impliqué dans le développement des tumeurs provenaient de nouveaux neurones se formant sur place ? Et dans ce cas, comment pourrait être initiée cette neurogenèse tumorale ?
Des cellules neurales souches dans les tumeurs
Pour tester cette hypothèse, Claire Magnon a étudié les tumeurs de 52 patients atteints de cancer de la prostate. Elle y a découvert des cellules exprimant une protéine, la doublecortine (DCX), connue pour être exprimée par les cellules progénitrices neuronales, lors du développement embryonnaire et chez l’adulte dans les deux zones du cerveau où les neurones se renouvellent. De plus, dans les tumeurs étudiées, la quantité de cellules DCX+ est parfaitement corrélée à la sévérité du cancer. "Cette découverte étonnante atteste de la présence de progéniteurs neuronaux DCX+ en dehors du cerveau chez l’adulte. Et nos travaux montrent qu’ils participent bien à la formation de nouveaux neurones dans les tumeurs", clarifie-t-elle.
Une migration du cerveau vers la tumeur
Pour déterminer l’origine de ces progéniteurs neuronaux, Claire Magon a utilisé des souris transgéniques, porteuses de tumeurs. Elle a quantifié les cellules DCX+ présentes dans les deux régions du cerveau où elles résident habituellement. Elle a alors constaté que, lors de l’établissement d’une tumeur, leur quantité réduit dans l’une d’elles : la zone sous-ventriculaire. "Il y avait deux explications : soit les cellules DCX+ mourraient dans cette région sans qu’on en connaisse la cause, soit elles quittaient cette zone, ce qui pouvait expliquer leur apparition au niveau de la tumeur". Différentes expériences ont montré que cette seconde hypothèse était la bonne avec la mise en évidence du passage des cellules DCX+ de la zone sous-ventriculaire du cerveau dans la circulation sanguine et de l’extrême similarité entre les cellules centrales et celles retrouvées dans la tumeur. "En pratique, nous constatons des anomalies de perméabilité de la barrière hématoencéphalique de la zone sous-ventriculaire chez les souris cancéreuses, favorisant le passage des cellules DCX+ dans le sang. Rien ne permet pour l'instant de savoir si ce problème de perméabilité précède l’apparition du cancer sous l’effet d’autres facteurs, ou si elle est provoquée par le cancer lui-même, via des signaux issus de la tumeur en formation. Quoi qu’il en soit, les cellules DCX+ migrent dans le sang jusqu’à la tumeur, y compris dans les nodules métastatiques, où elles s’intègrent au microenvironnement. Là, elles se différencient en neuroblastes puis en neurones adrénergiques producteurs d’adrénaline. Or, l’adrénaline régule le système vasculaire et c’est probablement ce mécanisme qui favorise à son tour le développement tumoral. Mais ces hypothèses restent à vérifier".
Une piste thérapeutique
En attendant, cette recherche ouvre la porte à une nouvelle piste thérapeutique : De fait, des observations cliniques montrent que les patients atteints de cancer de la prostate qui utilisent des bêtabloquants (qui bloquent les récepteurs adrénergiques) à des fins cardiovasculaires, présentent de meilleurs taux de survie. "Il serait intéressant de tester ces médicaments en tant qu’anticancéreux" estime la chercheuse. Deux essais cliniques allant dans ce sens ont récemment ouvert aux Etats-Unis**. De façon plus générale, "l’étude de ce réseau nerveux dans le microenvironnement tumoral pourrait apporter des réponses sur le pourquoi des résistances à certains traitements et favoriser le développement de nouveaux médicaments", conclut-elle.
Source : Inserm

Notes :
* Laboratoire de Cancer et Microenvironnement, Equipe Atip-Avenir, UMR967 Inserm/IBFJ-iRCM-CEA/Université Paris 11/Université Paris Diderot, Fontenay-aux-Roses

Pour un statut de praticien hospitalier unique !



L'Association des Médecins Urgentistes (AMUF) et L'Union Fédérale des Médecins, Ingénieurs, Cadres et Techniciens CGT refusent la politique libérale du gouvernement et exigent un statut unique de Praticien Hospitalier, associé à la suppression du concours de PH, dans le cadre du Projet de Loi "Ma Santé 2022".

La Direction Générale de l'Offre de Soins, Ministère de la Santé (DGOS) a fait en avril, dans ce cadre, des propositions de "modernisation du cadre de l'exercice médical hospitalier", qui ont suscité immédiatement au moins l'inquiétude, sinon l'opposition de la totalité des organisations syndicales de médecins.

Pour plus d'informations
AMUF
CGT 

mardi 4 juin 2019

Santé du futur : comment favoriser la communication entre médecins et patients ?


En France, l’ère du numérique n’a pas encore atteint son apogée. En effet, le gouvernement français vise une transformation numérique de ses secteurs dont celui de la santé d’ici 2022 via un plan d’investissement de 420 millions d’euros. 
Cette transformation comprend notamment, pour chaque patient, une meilleure accessibilité en ligne de l’ensemble de ses données médicales et la simplification du partage de l’information entre tous les professionnels de santé. In fine, elle vise aussi à favoriser la relation entre les professionnels de santé et leurs patients. Car si les professionnels de santé ont pour mission première de soigner et de sauver des vies, la communication avec leurs patients reste une part intégrante de leur quotidien, malgré leur forte mobilité. 
Dans ce contexte, comment garantir la fluidité des rapports entre médecins et patients, ainsi qu’entre les professionnels eux-mêmes ?
Avant tout rassurer le patient à la fois sur l’usage de solutions éprouvées dans le cadre de son parcours médical mais aussi quant à la sécurité et à la fiabilité des outils utilisés pour sécuriser ses informations personnelles. En effet, selon une étude récente de l’Université de Toronto (Canada), 79 % des applications de santé étudiées par les chercheurspartagent régulièrement les données médicales de leurs utilisateurs.Il est donc impératif pour l’établissement de protéger ces données lors de l’échange et afin de limiter l’accès aux données médicales et personnelles de ses patients, ainsi qu’aux données sensibles de son activité (brevet, formule, etc.) à des personnes malveillantes.
En France, le Dossier Médical Partagé (DMP), auquel seul son propriétaire et le médecin praticien ont accès, garantit la dématérialisation de certaines données médicales afin que les plus sensibles bénéficient d’un niveau de sécurité plus élevé. Des applications de santé telles que « Doctolib », « MedPics » ou encore « Doctisia » sont conçues pour faciliter la prise de rendez-vous et l’interaction avec les professionnels de santé. Car aujourd’hui, c’est l’accessibilité à ces dits professionnels qu’il est crucial de privilégier pour la garantie de la performance de notre système de santé et sa longévité. Tiraillé entre le devoir de guérir et celui de rassurer ses patients, le corps médical recherche la formule qui lui garantira une ubiquité certaine.
Si en 1876, l’invention du téléphone a révolutionné la société, que dire du numérique qui en a pénétré aujourd’hui toutes les strates ? Combinés, ils constituent une ère nouvelle en matière d’interaction et d’accessibilité ; et de fait de services offerts aux clients. Dans les établissements hospitaliers, c’est désormais un organe coordinateur qui s’impose comme un nouveau membre de l’équipe ayant la main mise sur la gestion des systèmes de communication de l’établissement (fax, téléphonie, mail, etc.). Ce poste clé dans l’organisation de n’importe quelle institution amenée à communiquer avec l’interne et l’externe est incarnée par les communications unifiées. Dans le cadre de l’hôpital du futur, elles représentent la colonne vertébrale et les ramifications de son système de communication. Grâce à elles, les équipes soignantes sont désormais interconnectées et accessibles 24/7. Avec elles, le personnel est assuré de bénéficier de toutes les facilités inhérentes à la communication : téléphonie incluant le fax, prise de RDV, visio-conférence, messagerie vocale ; voire unifiée pour l’accessibilité de tout type de message (email, fax et vocaux) via une interface unique, etc., et ce même en mobilité.
Or, avec un volume de terminaux connectés ; fixes et mobiles ; en constante évolution en milieu hospitalier, les risques d’attaques sont aussi multipliés – obligeant le secteur à renforcer ses systèmes de sécurité. En adoptant un dispositif basé sur les communications unifiées (CU), certains prennent une longueur d’avance. Elles sont en effet conçues pour prendre en compte cet impératif de sécurité. Les fonctions de sécurité de CU comprennent le chiffrement des données sur les réseaux afin d’empêcher l’interception de renseignements sensibles par des tiers malveillants. Traduction : même si un hacker parvenait à les intercepter, il lui faudrait encore être en mesure de les déchiffrer avant de pouvoir les lire/s’en servir. Et que dire des échanges par fax, qui bénéficient de cette même protection et s’appuient en plus sur un protocole de transmission sécuritaire par essence ? Dans ce contexte, l’emploi de communications unifiées constitue pour le secteur hospitalier une mesure sûre à la sécurité de ses échanges, et des données associées.
Au-delà d’offrir de réels bénéfices aux interactions entre le corps médical et les patients, un système de communications unifiées comporte également des avantages opérationnels, notamment en assurant un délai de réponse réduit et une gestion administrative simplifiée pour le personnel médical afin de lui permettre de se concentrer sur leur activité de soins, en toute sérénité. L’hôpital qui endosse le rôle de garant de la protection de ses patients, doit désormais également assurer la sécurité de leur entité dématérialisée. C’est dans ce contexte unique que l’hôpital, et la santé, du futur sont amenés à se développer. 
Pour la pérennité de notre système de santé à long terme, reste désormais à globaliser l’utilisation de ces outils !
Article de Stéphane Vidal, Vice-Président Marketing et communication chez XMedius 
Source : DSIH (l'actualité des systèmes d'information hospitaliers et de la e-santé)






Meuse : la maternité de Bar-le-Duc va fermer en raison du faible nombre d'accouchements


La maternité la plus proche pour accoucher sera désormais celle de Saint-Dizier, à 24 minutes en voiture.
L'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est a annoncé ce jour la "transformation" de la maternité de Bar-le-Duc (Meuse), rapporte France Bleu Sud Lorraine. À compter du 24 juin, l'établissement va devenir "un centre de la femme et de l'enfant" qui effectuera les suivis de grossesse mais plus d'accouchement.
Une décision prise en raison du faible nombre d'accouchements et des difficultés de recrutement de personnel médical, notamment de pédiatres. Il n'y avait eu que 160 accouchements depuis le début de l'année 2019 contre 600 sur l'ensemble de l'année 2017.
Les maternités les plus proches pour accoucher seront désormais Saint-Dizier dans le département voisin de la Haute-Marne, à 24 minutes de route, ou Verdun, la sous-préfecture de la Meuse, qui est située à 42 minutes en voiture.


lundi 3 juin 2019

Télémédecine : pas assez de formations, trop peu de médecins préparés


Avec une moyenne de 700 actes par semaine fin mars, la téléconsultation remboursée dans le cadre du droit commun progresse à un rythme modéré comparé aux ambitions du gouvernement (il vise les 500.000 actes à la fin de l’année). 
Faut-il s’étonner de ce résultat ?
Les sondages publiés ces derniers mois annonçaient que moins de 25 %  des médecins  avaient l’intention de se lancer dans l’aventure dès cette année...


dimanche 2 juin 2019

Une «marche des mutilés» à Paris...


Les Gilets jaunes ont organisé ce dimanche 2 juin une «marche des mutilés» à Paris qui a rassemblés des manifestants blessés par des membres des forces de l'ordre prêts «à tout faire pour ramener le calme, quitte à ce qu'il y ait des blessés». Sputnik a eu l'occasion de s'entretenir avec plusieurs d'entre eux.
Au lendemain de l'acte 29 des Gilets jaunes, de nombreux manifestants qui ont été blessés lors des actes précédents du mouvement participent à une «marche des mutilés» à Paris pour dénoncer, entre autres, «un pouvoir illégitime» et «une justice à deux vitesses».
#SputnikVidéo | Lors d’une #Marchedesmutilés, Jérôme Rodrigues a évoqué une justice à deux vitesses. Selon lui, les policiers ne sont traités de la même manière que les citoyens ordinaires dans les procédures judiciaireshttps://t.co/mAISs9njrv pic.twitter.com/zRf1nnPucq
— Sputnik France (@sputnik_fr) 2 июня 2019 г.
Ainsi, Jérôme Rodrigues rappelle qu'«on est dans un pays de démocratie, on a le droit à la liberté d'expression».
«Et qu'est-ce que je reçois […] dans une démocratie? Je reçois une balle dans l'œil. Comme l'ensemble de mes copains, comme ceux qui ont eu une main arrachée. Il y a quelque chose qui cloche, quelque chose qui ne va pas. Et c'est là où ça m'attriste le plus», a-t-il indiqué.
Rappelant l'emploi du lanceur de balles de défense (LBD) par les policiers, il constate que «le LBD 40, c'est une arme de terreur politique».
«Ils ont su mettre en place une terreur. Une terreur politique pour aller au bout de leurs desseins», a-t-il détaillé.
Jérôme Rodrigues évoque également le respect de la législation dans le pays, rappelant qu'à l'école on lui avait appris «que la loi s'appliqu[ait] à tous», alors qu'aujourd'hui «on s'aperçoit que ce n'est pas vrai».
«On vit une justice à deux vitesses […] Les policiers sont exempts d'une certaine loi. Ils ne sont pas identiques apparemment par rapport aux citoyens», a-t-il dit.
Antoine Boudinet, qui a eu la main arrachée par une grenade lors de l'acte 4 à Bordeaux, s'est exprimé sans fard:
«On est sacrifié, on est mutilé pour l’exemple»: Antoine Boudinet, qui a eu la main arrachée par une grenade lors de l'acte 4 à Bordeaux, s’exprime sur les violences policières#Marchedesmutilés #Giletsjaunes #blesséshttps://t.co/mAISs9njrv pic.twitter.com/AHNN6dBoHd
— Sputnik France (@sputnik_fr) 2 июня 2019 г.
«L'État est prêt à sacrifier la main et les yeux de ses citoyens pour pouvoir ramener l'ordre. On est sacrifié, on est mutilé pour l'exemple […] L'État considère ses citoyens comme des dommages collatéraux […] et ce n'est pas grave s'ils sont blessés», a-t-il lancé.
Gwendal Leroy, blessé à l'œil lors de l'acte 10 à Rennes, rappelle que les policiers «ont chargé, ils ont tiré des grenades alors qu'on étaient non violents».
Il a précisé qu'au moment des faits, il n'y avait ni insulte, ni projectile lancé sur les policiers et par conséquent «aucune raison de lancer une grenade».
#SputnikVidéo | Gwendal Leroy, blessé à l’œil lors de l’acte 10 à Rennes, se souvient de ce jour et de ce moment, expliquant comment sa vie a changé.https://t.co/mAISs9njrv#Marchedesmutilés #Giletsjaunes #blessés pic.twitter.com/BzrhwOqaHn
— Sputnik France (@sputnik_fr) 2 июня 2019 г.
Pourtant, il ne regrette rien.
«C'est bizarre à dire, mais je préfère que ce soit arrivé comme ça, dans un mouvement social légitime, avec des revendications légitimes, contre un pouvoir illégitime», a-t-il martelé.
Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes le 17 novembre, 2.448 manifestants ont été blessés, selon le décompte de l'Intérieur à la mi-mai qui dénombre aussi 1.797 blessés côté forces de l'ordre.
Source : sputniknews.com

"La Vie Hospitalière" a dénoncées à plusieurs reprises ces violences qui sont disproportionnées. Il faut du courage pour aller manifester aujourd'hui compte tenu d'un climat délétère où les manifestants ne savent pas si ils vont en finalité finir en garde à vue ou à l'hôpital. Et, hypocritement le gouvernement estime que le mouvement des Gilets jaunes s'affaiblit... c'est une erreur d'appréciation de la part de ceux qui utilisent la force et des violences corporelles contre les citoyens et citoyennes !
Il y a eu un avant, il y aura un après mais une chose est certaine plus rien ne sera comme avant, le peuple a démontré dans ce mouvement spontané des Gilets jaunes qu'il n'avait pas peur d'un gouvernement qui a perdu, en plus, toute légitimité.

Le Parlement européen condamne l'usage disproportionné des LBD par les forces de l'ordre.



(Photo NicolasP___)





Un chirurgien jugé pour cumul d'activités : il gagnait 60 % de plus grâce à l'intérim


Un chirurgien digestif du CH de Pont-Audemer (Eure) comparaissait jeudi 16 mai devant le tribunal correctionnel d'Evreux. Praticien hospitalier à plein temps, il est accusé d'avoir vendu ses services en intérim dans toute la région afin d'augmenter substantiellement ses revenus.
Cinq-mille six-cents euros net par mois. C'est ce que percevait ce chirurgien digestif de 63 ans pour exercer à plein temps au sein du CH de Pont-Audemer (Eure). Mais cet émolument ne l'a pas empêché de proposer ses services en intérim de 2013 à 2016, en Normandie, dans le Centre et jusqu'en Nouvelle-Aquitaine, grâce à quoi il majorait ses revenus jusqu'à 60 %.
Ces agissements ont fini par alerter la Chambre régionale des comptes, révèle L'Éveil de Pont-Audemer. Le chirurgien a été jugé le jeudi 16 mai au tribunal correctionnel d'Évreux, pour avoir dérogé au Code la santé publique qui interdit à tout praticien hospitalier à plein temps d'exercer en-dehors du cadre de son établissement de référence.
Pour sa défense, le chirurgien normand a fait valoir que la fermeture du service de chirurgie de Pont-Audemer, quelques mois après son embauche, l'avait laissé avec seulement deux demi-journées de consultation par semaine au CH. Pour maintenir son activité, des conventions avaient été passées avec d'autres hôpitaux de la région, mais elles ne l'occupaient pas à plein temps.
"Il a fait cela pour travailler et rendre service à ses concitoyens en raison d’une pénurie de praticiens dans les urgences", a plaidé son avocat. Le procureur adjoint a pour sa part évoqué un détournement "scandaleux" d'argent public "par quelqu’un qui gagne bien sa vie et qui en veut plus". Il a requis six mois de prison avec sursis et 56 000 euros d'amende.
Le jugement a été mis en délibéré au 13 juin.
Y. P.

Sources : 

Un ostéopathe jugé pour la mort d'une jeune fille tuberculeuse traitée avec de l'homéopathie


Deux ans de prison ont été requis jeudi 16 mai à Bruxelles contre un ostéopathe de 57 ans. Il est poursuivi pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire après le décès d'une jeune fille de 14 ans en 2015.
Deux mois avant sa mort, l'adolescente, placée en famille d'accueil après son arrivée en Belgique en 2006, s'était vu prescrire des antibiotiques pour une infection des voies respiratoires par un médecin généraliste. Mais l'ostéopathe de Beersel que les tuteurs avaient l'habitude de consulter a émis d'autres diagnostics. Evoquant une possible infection à l'amiante, une dépression ou encore une immunité réduite, il aurait conseillé de traiter la jeune fille avec de l'homéopathie. Au fil des semaines, l'adolescente a continué à perdre du poids et à subir de fortes fièvres. Signes, selon l'ostéopathe, que le traitement faisait effet.
En mai 2015, l'adolescente est finalement admise à l'hôpital universitaire de Gand, où une tuberculose est diagnostiquée. Trop tardivement. Elle décède deux semaines après.
Jeudi 16 mai, s'est ouvert le procès de l'ostéopathe devant le tribunal correctionnel néerlandophone de Bruxelles. Le quinquagénaire est poursuivi pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire. "Les parents d'accueil ne se sont pas portés partie civile dans cette affaire, ils se sentent comme une victime du litige entre deux types de médecine, la médecine classique et l'homéopathie", a précisé le parquet de Hal-Vilvorde à la presse.
"Mon client n’a jamais pratiqué la médecine, jamais posé de diagnostic et n’a pas donné de traitement", a déclaré l'avocat de l'ostéopathe, Maître Jef Vermassen, " Il a juste apporté une médication de soutien aux plantes, en vente libre. Il n’a pas non plus conseillé aux parents de ne pas faire de radiographie ou de ne pas prendre les antibiotiques prescrits, pas plus qu’il n’a conseillé à la famille de ne pas se rendre à l’hôpital."
Le Procureur a requis une peine de 2 ans de prison.
Verdict le 20 juin.

Sources :