"La Vie Hospitalière"

lundi 23 septembre 2019

Procès Mediator, Irène Frachon dénonce


 "Une histoire de fou, une histoire d’argent, une histoire de crime industriel"
"Je me pince tous les jours". Quand en 2007, Irène Frachon, pneumologue à Brest, commence à faire un lien entre certains décès et la prise de Mediator, elle ne s’imagine pas que douze ans plus tard, elle serait sur le point d’assister au procès de l’un des plus grands scandales sanitaires que la France a connu. Au total, près de 2.000 personnes sont mortes de pathologies cardiaques suite à la prise du médicament du laboratoire Servier. 
23 prévenus, dont 11 personnes morales et 12 personnes physiques, seront sur le banc des accusés, et plusieurs milliers de victimes seront face à eux. "C’est une histoire de fou, une histoire d’argent, une histoire de crime industriel", Martèle Irène Frachon, invitée d’Europe 1 lundi matin.
"Il va falloir que ce procès pénal donne une réponse qui nous rassure un peu. Qu’il nous dise que ce qu’il s’est passé est totalement scandaleux, délictueux, criminel, et doit être sanctionné de façon exemplaire pour qu’on se dise ‘ce n’est pas possible’", prévient Irène Frachon. "Comment est-il possible que dans un pays, dans notre pays, la France, un poison mortel soit resté sur le marché pendant trente ans, distribué à des millions de Français et remboursé par la Sécurité sociale, alors qu’on en connaissait les risques depuis 1997, donc plus de dix ans avant son retrait ?", s’interroge la lanceuse d’alerte.
"Complètement flippant"
Et le pire pour la pneumologue, c’est que selon elle, un tel scandale pourrait arriver encore aujourd’hui. "Je suis désolée de ne pas rassurer tout le monde. Mais c’est aussi l’enjeu de ce procès : faire tomber les masques et réaffirmer avec force les limites qu’on ne peut pas franchir", lance Irène Frachon. "Les Français ont été effarés de savoir qu’on pouvait leur donne un médicament dangereux sans que personne n’en trouve à redire pendant aussi longtemps. Ça a brisé une confiance. Certes, il y a eu des réformes. Mais finalement, Servier continue son commerce de médicaments. C’est 'business as usual'. Un industriel responsable de la mort de plus de 2.000 personnes, on peut considérer qu’il est encore fiable.  Ça, c’est complétement flippant."
Et puis il y a ce "scandale de plus" que constitue l’indemnisation des victimes. "Ça a été des années de combat contre un laboratoire qui faisait tout pour ne pas payer et ne pas assumer ces responsabilités-là", dénonce Irène Frachon. "Ça concerne plus de 3.700 victimes, ce qui fait effectivement un peu plus de 100 millions d’euros. Ce qui n’est pas beaucoup, ce qui n’est pas assez, ce qui n’est pas la justice. C’est le minimum qu’on doit à ces gens dans une détresse profonde".


Source : europe1.fr

Mediator: début du procès de l’un des plus grands scandales sanitaires français


Le procès pénal du Mediator s’ouvre ce lundi 23 septembre au tribunal correctionnel de Paris. 
Ce médicament, présenté comme un adjuvant au traitement du diabète, est responsable de la mort de 1.500 à 2.100 morts en France, en raison de ses effets toxiques sur le cœur. Le 2ème groupe pharmaceutique français, le laboratoire Servier, qui le fabriquait, comparaît notamment pour escroquerie, tromperie aggravée, et blessures et homicides involontaires par violations manifestement délibérées.
Dans ce procès hors-norme qui va s'étaler sur 7 mois, près de 2.700 victimes se sont portées parties civiles tandis que 23 prévenus, 11 personnes physiques et 12 morales doivent comparaître. 
Qu’est donc que le Mediator ? 
Cette simple question est au cœur du procès. Car le laboratoire Servier est accusé d’avoir dissimulé la vraie nature du médicament et sa dangerosité.
Au cours de ses 33 années de commercialisation, le Mediator a été présenté aux autorités de santé comme un médicament contre l’excès de cholestérol et de triglycérides, et comme un adjuvant au traitement du diabète de type 2. Une présentation trompeuse, dictée à l’origine par des considérations commerciales selon les juges d’instruction.
« Servier a mis en œuvre tout un tas d’initiatives… »
Pour les magistrats, le Mediator est en réalité un anorexigène, autrement dit un coupe-faim, dérivé de l’amphétamine, similaire à l’Isoméride et au Pondéral, les autres coupe-faim de Servier, qui étaient, eux, vendus comme tels, par la firme ; ces trois médicaments appartiennent à une famille de molécules, les fenfluramines, dont les risques sont documentés depuis les années 1990. « Les risques de cette amphétamine sont de plus en plus connus à partir de 1995 », indique le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, et qui est la lanceuse d’alerte grâce à laquelle le Mediator a été interdit en 2009.
« Servier a mis en œuvre tout un tas d’initiatives pour que personne ne se rende compte que le Mediator est bien une amphétamine, dangereuse, avec en particulier des effets toxiques semblables à ceux de l’Isoméride, un coupe-faim de Servier interdit en 1997 », poursuit-elle.
Ainsi, tandis que les coupe-faim « officiels » du laboratoire sont interdits en 1997, car pouvant provoquer une pathologie très grave, l’hypertension artérielle pulmonaire, et des atteintes des valves cardiaques, le Mediator, lui, continue d’être autorisé et commercialisé, malgré sa parenté chimique avec ces produits. Comble de l’histoire, il est même prescrit de plus en plus comme coupe-faim.
Agence du médicament, inaction coupable
Dès la fin des années 1990, les alertes se multiplient auprès de l’Agence publique en charge de la sécurité du médicament. L’agence européenne pointe auprès d’elle la proximité du Mediator avec l’Isoméride. Des cas de valvulopathies et d’hypertension artérielle pulmonaire associés au Mediator lui sont notifiés à partir de 1999. 
Il faudra attendre 2009 pour que l’Agence du médicament l’interdise ; elle est poursuivie pour blessures et homicides involontaires par négligence. 
Pour Charles Joseph-Oudin, avocat de plusieurs victimes, l’Agence « n’a pas agi suffisamment vite par culture de l’institution, qui ne savait pas écouter les alertes, mais aussi certainement à la faveur de membres de l’institution qui avaient des intérêts dans les affaires du laboratoire Servier ». Ainsi d’anciens experts de l’Agence du médicament seront aussi sur le banc des prévenus au procès. Ils devront répondre du délit de prise illégale d’intérêts.
Cependant, au tribunal, il manquera l’un des principaux protagonistes de l’affaire : Jacques Servier, patron fondateur du laboratoire, qui avait été mis en examen. Il est mort à l’âge de 92 ans en 2014.

Source : rfi.fr


"La Vie Hospitalière" conseille vivement à ceux qui sont intéressés par le scandale sanitaire du Mediator® de lire le livre du docteur Irène Frachon, dont l'action courageuse a permis de lever le voile sur ce médicament dangereux.



dimanche 22 septembre 2019

Un Comité Allemand donne son feu vert au remboursement du dépistage prénatal non invasif


En Allemagne, le Comité fédéral paritaire (G-BA) du service de santé a décidé jeudi que l'assurance maladie allait prendre en charge le remboursement des analyses sanguines prénatales (DPNI) « dans des cas individuels justifiés dans les grossesses présentant des risques particuliers » et « après consultation médicale ». 
Le test, disponible en Allemagne depuis 2012, est actuellement à la charge des femmes enceintes.
Le changement ne devrait entrer en vigueur qu'en 2021 ; la décision doit encore être approuvée par le ministère allemand de la Santé. Les exigences spécifiques pour les femmes assurées ne devraient être définies qu'à la fin de 2020.
Josef Hecken, président du G-BA, a souligné que les « conditions très strictes » d’accès signifiaient que le test sanguin ne serait pas utilisé comme un outil de « dépistage ».
La question a suscité un débat éthique dans le pays. Sebastian Urbanski, de l'organisation Lebenshilfe, porteur de trisomie 21, a insisté sur le risque de voir les personnes handicapées « ratissées » avant leur naissance. Il demande qu’une meilleure information et que de meilleurs conseils soient donnés aux futurs parents, afin qu'ils soient conscients que « les enfants trisomiques peuvent tout faire ».

Sources: 
Deutsche Welle (20/09/2019) - Germany to make Down syndrome blood test free under 'strict' conditions
Pour plus d'informations sur genethique.org

"Tout le monde a le droit d'être soigné" : l'appel de 805 médecins en faveur de l'aide médicale d'Etat


Dans Le Journal du Dimanche, 805 médecins signent un texte pour préserver l'aide médicale d'Etat. Voici leur tribune : 
"Couverture santé destinée aux personnes étrangères sans titre de séjour et aux faibles ressources (moins de 746 euros par mois), l'aide médicale d'Etat (AME) ­essuie une nouvelle attaque. 
Nous étions habitués à celles provenant de l'extrême droite, mais cette fois, elle vient directement du gouvernement qui étudie la possibilité d'une réforme de ce dispositif, visant essentiellement à en restreindre ­l'accès ou le périmètre. Une limitation du dispositif serait une catastrophe en termes de santé publique et d'organisation de notre système sanitaire.
En tant que professionnels de santé, la déontologie médicale nous impose de donner des soins à toute personne, y compris les plus précaires, sans discrimination. Dans cette logique, les étrangers sans ressources ni titre de séjour devraient relever du même système de prise en charge que le reste de la population. Pourtant, il n'en est rien, l'AME est un système "spécial sans-papiers" qui risque encore de subir des restrictions. Parmi les hypothèses envisagées, il y aurait la réduction des soins couverts par l'AME (on parle ­notamment des soins ­psychiatriques) ou l'introduction d'un ticket ­modérateur.
De telles restrictions seraient à la fois dangereuses pour la santé publique, pour la santé des personnes très précaires aujourd'hui bénéficiaires de l'AME, contraires à la déontologie médicale et ­néfastes pour notre système de santé.
Nous, soignants, considérons qu'accepter le principe d'une ­limitation des soins aux situations médicalement dégradées et aux urgences vitales pour les étrangers est une altération inacceptable de l'éthique, de la pratique médicale et de la relation de soin qui aura des conséquences globales sur la société. Réduire l'accès aux soins serait un message très négatif sur la prise en charge des populations précaires en général et quels que soient leurs origines et leurs statuts. Des malades seraient donc moins dignes que d'autres d'être soignés?
Cette réforme constituerait par ailleurs une mise en péril du système de santé. En limitant de facto l'accès aux médecins généralistes, restreindre l'AME, par une réduction du panier de soins ou l'introduction d'un ticket modérateur pour des personnes sans ressources, entraînerait une nouvelle charge de travail intenable pour les urgences hospitalières vers qui les patients se reporteraient inévitablement mais plus tardivement. 
Or, on le sait, les urgences sont déjà saturées et le personnel hospitalier ne pourra pas assumer le surcroît d'activité engendré. On peut aussi aisément présumer qu'un ticket modérateur appliqué aux soins hospitaliers générerait de forts risques d'impayés.
Retarder l'accès aux soins serait également un non-sens économique car plus précocement le soin est ­apporté, plus son coût pour la collectivité est bas. Eloigner les personnes du soin, c'est les pousser à laisser des ­situations de santé se dégrader et arriver dans des états critiques dont la prise en charge coûtera ­indéniablement plus.
C'est pourquoi, nous praticiens hospitaliers et professeurs d'université, nous médecins généralistes et spécialistes de centres médico-sociaux et de santé, ou exerçant en médecine libérale, associatifs, nous refusons que la santé et la vie d'êtres humains soient prises en otage au profit de polémiques politiciennes et réduites à une dimension électoraliste masquant une idéologie inhumaine.
Au nom de la déontologie ­médicale, de l'éthique, de la santé publique, nous refusons d'être contraints à faire une sélection parmi les malades. 
Nous ne choisirons pas entre ceux qui pourront être soignés et ceux laissés à leur propre sort. 
Nous refusons les restrictions supplémentaires apportées à l'AME et demandons le maintien de la prise en charge des soins aux étrangers malades."
Liste des premiers signataires :
1. Dr François Lhote, chef de service médecine interne, Hôpital Delafontaine.
2. Dr Hélène Colombani, médecin généraliste et de santé publique, Présidente de la Fédération Nationale des Centres de Santé.
3. Pr André Grimaldi, médecin, PUPH, service diabétologie, Hôpital Pitié Salpêtrière, Paris.
4. Pr Emmanuel Rusch, praticien hospitalier à Tours, Président de la Société Française de Santé Publique.
5. Pr Yonathan Freund, médecin urgentiste, Sorbonne Université et APHP.
6. Pr Alfred Spira, médecin de santé publique et membre de l’Académie de médecine.
7. Dr Carine Rolland, médecin généraliste à Nantes.
8. Dr Laure Dominjon, médecin généraliste et présidente de REAGJIR.
9. Dr François Dabis, directeur de l'ANRS, praticien hospitalier – CHU de Bordeaux.
10. Dr Baptiste Beaulieu, médecin généraliste à Toulouse et romancier.
11. Dr Didier Fassin, médecin, Chaire annuelle de santé publique, Collège de France.

La liste complète des signataires est disponible sur le site scribd.com.


Source : lejdd.fr


samedi 21 septembre 2019

L'Académie de médecine et le projet de loi relatif à la bioéthique


Un rapport sur le Projet de loi relatif à la bioéthique a été voté par l'Académie de médecine le 18 septembre.
Jean-François Mattei en est le rapporteur au nom du Comité d’éthique de l’Académie nationale de médecine.
Source : academie-medecine.fr


Lire l'article de Jean-Yves Nau :
Lire aussi l'article de francetvinfo.fr :

(mis à jour le 21 septembre 2019 à 9 heures 40.)

Le président de la région Grand-Est va donner "un coup de main" aux urgences de Mulhouse


L'actuel président (LR) de la région Grand-Est, Jean Rottner, va renfiler sa blouse de médecin urgentiste à partir d'octobre pour donner un coup de main aux services des urgences de Mulhouse (Haut-Rhin) en grave manque d'effectifs, a indiqué ce samedi le Groupement hospitalier régional Mulhouse Sud-Alsace (GHRMSA).
"À partir du mois d'octobre, le Dr Jean Rottner réintégrera à temps partiel le service d'accueil des urgences du GHRMSA comme médecin urgentiste", indique le groupement hospitalier dans un communiqué. "Je viens donner un coup de main à une équipe qui en a besoin", a confirmé l'intéressé, qui compte "aménager [ses] horaires personnels [...] pour aller travailler de manière partielle" à l'hôpital.
Huit médecins au lieu de 24.
À la tête de la région Grand-Est depuis octobre 2017, Jean Rottner était auparavant chef de service et directeur de pôle à l'hôpital Emile Muller jusqu'en 2010, année où il devient maire de Mulhouse. Il est toujours président du conseil de surveillance du GHRMSA, en tant que représentant de la mairie de Mulhouse, indique le site de l'établissement.
Les urgences de l'hôpital de Mulhouse, en grève depuis des mois comme des centaines de services d'urgence en France, font face à de nombreux départs de médecins épuisés par les conditions de travail. A partir d'octobre, à peine huit médecins devront faire fonctionner un service qui comptait encore 24 urgentistes en début d'année.
"Quand on est médecin - et je suis resté médecin -, on se pose la question de savoir ce qu'on peut faire de plus et il y a la solution d'aller sur le terrain donner un coup de main à une équipe qui est forte et essaie de s'en sortir", a expliqué Jean Rottner.
Rumeurs de fermeture du service.
Pour le président de la région Grand-Est, "la première urgence est de redonner confiance" à l'équipe restante, en "assurant une transition nécessaire" en attendant l'arrivée d'un chef de service permanent.
"L'activité du Dr Rottner n'a pas vocation à se pérenniser mais à préparer l'arrivée d'un nouveau chef de service", précise le communiqué du groupement hospitalier, qui rassemble entre autres les hôpitaux de Mulhouse, Altkirch et Saint-Louis.
Jean Rottner a précisé envisager de reprendre son activité de médecin urgentiste "au maximum jusqu'à la fin de l'année". 
Selon le journal L'Alsace, l'éventualité d'une "fermeture temporaire" des urgences de Mulhouse, faute d'effectifs, serait "désormais évoquée comme possible en interne". Par manque de médecins, les urgences d'Altkirch avaient été fermées le dimanche 8 septembre.

Source : lexpress.fr

Haute-Garonne : en se rendant à la maternité une jeune femme accouche seule, son bébé ne survit pas


Prise de violentes contractions une jeune femme de 24 ans s'est arrêtée en urgence sur le bord de la route. Elle a accouché sur la commune de Miremont au sud de Toulouse. À l'arrivée des pompiers le bébé était décédé.
Il est 8 heures 30 ce vendredi matin quand une jeune femme de 24 ans se rend seule à la maternité à bord de son véhicule. Alors qu'elle est au volant de sa voiture, de violentes contractions se déclenchent et la contraignent à s'arrêter dans le village de Miremont (31). 
Elle accouchera de son bébé avant l'intervention des secours. Le nouveau né n'a pas survécu. Les pompiers et les médecins du Samu pédiatrique sont intervenus.
La jeune femme a été transportée dans un état d'urgence relative à l'hôpital Purpan de Toulouse. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie d'Auterive.
Le drame s'est déroulé à l'heure où de nombreuses familles amènaient leurs enfants à l'école. L'annonce de cette terrible nouvelle a touché beaucoup de personnes sur la commune.

Article de Nathalie Fournis

Source : france3-regions.francetvinfo.fr

Rouen : L’hôpital psychiatrique du Rouvray touché par une nouvelle grève


Huit salariés avaient déjà suivi une grève de la faim en 2018. Mais le protocole signé à cette époque ne serait pas respecté selon les syndicats.
L’hôpital psychiatrique du Rouvray à Rouen est à nouveau touché par une grève illimitée, a indiqué ce jeudi la direction de l’établissement où huit salariés avaient suivi une grève de la faim en 2018.
Un protocole signé l’année dernière avec l’ARS (Agence régionale de santé) avait mis fin en juin 2018 à ces 19 jours de grève. Mais il « n’est respecté en rien », a affirmé Jean-Yves Herment, secrétaire du syndicat CFDT, qui avait participé à ce mouvement.
Les locaux de la direction envahis mardi prochain ?
Le syndicaliste n’avait pas de chiffres de participation à la grève dans l’immédiat. Selon la direction, le pourcentage de grévistes était de 4,8 % (46 sur 1.021 agents prévus au planning) à 16h. Selon Jean-Yves Herment, une assemblée générale a réuni ce jeudi « une bonne centaine de personnes » et le principe d’une action mardi matin prévoyant d’envahir des locaux de la direction a été acté.
Pour le syndicaliste, l’accord de juin 2018 n’est pas respecté notamment « sur le nombre de recrutements ». « Il devait y en avoir 30 et il en manque 14 à ce jour, explique-t-il. Certains recrutements n’ont pas servi à renforcer les unités d’hospitalisation mais à combler les départs en retraite ou les arrêts maladie ». Le protocole dont l’AFP avait eu une copie prévoyait en effet le recrutement de « 30 équivalents temps plein ».
L’unité dédiée aux adolescents toujours attendue.
Sur l’unité adolescents, mentionnée dans le protocole, « rien n’a été fait », ajoute le syndicaliste. « Il y a eu des attouchements commis par des patients sur des mineurs ces derniers mois au Rouvray en raison de l’absence d’unité adolescent », affirme-t-il.
« La prise en charge des adolescents dans une unité d’hospitalisation temps plein transitoire est définie comme une priorité absolue », indiquait le protocole.
La direction explique dans un communiqué avoir apporté la preuve qu’elle a « affecté 20 postes supplémentaires dans les unités d’hospitalisation permettant de porter l’effectif des pôles adultes à 439 postes ».


Source : 20minutes.fr

vendredi 20 septembre 2019

Essai clinique "sauvage" : un neurologue, qui a lancé l'alerte, dénonce une "manipulation de patients en détresse"


Essai clinique "sauvage" : l'arrêt brutal des traitements dans la maladie Parkinson "peut entraîner un risque létal chez les patients" selon France Parkinson.
Le professeur Philippe Damier avait lancé l'alerte il y a cinq mois après avoir entendu parler des travaux du professeur Joyeux, qui a mené des essais cliniques sur au moins 350 malades de Parkinson ou d'Alzheimer.
"Il y avait vraiment de la manipulation de patients en détresse", condamne vendredi 20 septembre sur France Inter le professeur Philippe Damier, président du Comité scientifique de France Parkinson, alors que l'Agence du médicament (ANSM) a interdit un essai clinique "sauvage" sur des malades de Parkinson ou d'Alzheimer après que le médecin a lancé l'alerte il y a cinq mois.
Le neurologue avait entendu parler des travaux du professeur Joyeux pour la première fois il y a deux ans, il les avait signalés alors sur le site de l'association France Parkinson, mais son inquiétude a grimpé en avril dernier après avoir parlé avec une collègue neurologue.
"Un de ses patients lui avait dit qu'on lui avait proposé de participer à un essai, et là on a eu la surprise, en interrogeant l'ANSM, de voir qu'il n'y avait aucun essai thérapeutique de déclaré", ce qui l'a conduit à lancé l'alerte, explique-t-il.
Un arrêt des traitements habituels était demandé.
Selon Philippe Damier, les patients devaient en plus faire un don au fonds Josefa, géré par le professeur Henri Joyeux, pour pouvoir participer à cet essai. Et ils devaient promettre de ne rien dire à leur neurologue habituel et surtout arrêter leur traitement. Mais "l'arrêt brutal non contrôlé d'un traitement anti-parkinsonien peut entraîner des hyperthermies très graves", signale Philippe Damier.
Pendant cet essai illégal pratiqué dans une abbaye près de Poitiers, le professeur Joyeux a testé deux molécules aux effets inconnus sur au moins 350 personnes atteintes des maladies de Parkinson et d'Alzheimer via des patchs. 
L'ANSM a donc interdit cet essai "sauvage" et assure que le pôle Santé du parquet de Paris a été saisi

Source : francetvinfo.fr

Voir aussi (lci.fr)




Deux-Sèvres : des infirmiers anesthésistes poursuivent un groupement hospitalier en justice pour des heures supplémentaires non payées


Ils lui reprochent de ne pas leur avoir payé plus de 25.000 heures supplémentaires, entre 2012 et 2016, en lien avec l'application des 35 heures dans la fonction publique hospitalière.
20 infirmiers anesthésistes reprochent à l'hôpital Nord-Deux Sèvres, qui regroupe quatre sites sur le département, de ne pas leur avoir payé plus de 25.000 heures supplémentaires entre 2012 et 2016 et poursuivent l'hôpital devant le tribunal administratif de Poitiers, rapporte vendredi 20 septembre France Bleu Poitou. Le dossier a été examiné jeudi 19 septembre et le tribunal a mis sa décision en délibéré au 3 octobre.
Ces 20 infirmiers anesthésistes devaient effectuer régulièrement des gardes de 24 heures sur les sites de Bressuire et Thouars, avec obligation de ne pas quitter l'hôpital, de répondre aux appels et d'intervenir sur les urgences. "L'hôpital n'a pas su ou voulu appliquer les décrets issus de 2002 qui imposaient à la fonction publique hospitalière d'appliquer les 35 heures", a regretté auprès de France Bleu Poitou, Maître Erwan Le Moigne, l'avocat des infirmiers anesthésistes.
Une facture estimée entre 537.300 et un million d'euros.
Pour la direction, la partie entre 22 heures et 8 heures de ces gardes n'était pas considérée comme un véritable temps de travail, mais comme des permanences. À ce titre, elles étaient payées moitié moins qu'une heure de travail normale. Selon France Bleu Poitou, une des infirmières a cumulé plus de 2.500 heures supplémentaires non payées entre 2012 et 2016. Selon le mode de calcul, son préjudice varie de 67.000 à 100.000 euros.
Selon Maître Erwan Le Moigne, ces heures supplémentaires étant effectuées de nuit, elles doivent être payées à 200 %, ce qui fait monter la facture à plus d'un million d'euros pour l'ensemble des demandeurs. Un calcul contredit par le rapporteur public qui lui, en s'appuyant sur une jurisprudence du conseil d'État, estime que l'hôpital doit indemniser 537.300 euros aux 20 infirmiers.
France Bleu Poitou révèle que les entités hospitalières de Thouars et de Bressuire appliquaient ce même traitement salarial des gardes de 24 heures depuis 2002, mais les faits antérieurs au 31 décembre 2011 sont prescrits.


Source : francetvinfo.fr

La Rochefoucauld-en-Angoumois (Charente): 70 salariés de l’hôpital en grève


Ils sont près de soixante-dix à s’être mobilisés en cette fin de matinée, élus, familles de patients et salariés, tous se sont réunis devant l’hôpital de La Rochefoucauld jusqu’à 17 heures ce soir. Les personnels protestent contre leurs conditions de travail dégradées. 
L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale CGT, UNSA et CFDT.
 "C’est catastrophique. Le service de soins de suite et de réadaptation, fermé depuis plus de quatre mois, ne rouvrira pas. Que va devenir le personnel ? Les démissions et les mutations se multiplient, tout le monde quitte le navire. On est tous très inquiets", dénonce Jean-Michel Bardoulat, secrétaire CGT, "rien ne bouge, la situation empire". 

Source : charentelibre.fr



jeudi 19 septembre 2019

Caen : Une femme accouche seule à l’hôpital, le CHU parle d’un « cas exceptionnel »


« Je me tenais au lavabo. Mon bébé est tombé face contre le sol », a raconté la jeune mère.
Hospitalisée dans le cadre d’un accouchement au centre hospitalier de Caen (Calvados), une femme de 34 ans a accouché seule dans sa chambre, le 12 septembre dernier. C’est vers cinq heures du matin que cette jeune mère a senti d’importantes contractions.
Elle a alors sonné pour alerter le personnel soignant mais personne ne s’est rendu dans sa chambre. Quelques instants plus tard, une voisine de chambre a prévenu un maïeuticien qui est parti chercher un fauteuil pour la déplacer jusqu’à la salle d’accouchement, rapporte France 3 Normandie.
Un « cas exceptionnel » pour l’hôpital
Mais entre-temps, l’accouchement a démarré. « Je me tenais au lavabo. Mon bébé est tombé face contre le sol », raconte la trentenaire au Bien Public. « Le sage-femme est arrivé. Quand il a vu ça, il a couru chercher des ciseaux pour couper le cordon. » Heureusement, la maman et son bébé se portent bien.
« Son état évalué nécessitait son transfert vers la salle d’accouchement en fauteuil, mais ne conduisait en aucun cas à anticiper un accouchement immédiat », a expliqué le CHU de Caen dans un communiqué, parlant d’un « cas exceptionnel ». L’établissement a cependant ouvert une enquête interne afin d'« éviter qu’une telle situation ne se reproduise ».

Source : 20minutes.fr


Salariés et agents publics lanceurs d'alerte : quelles sont les procédures à connaître ?

Vous avez entendu parler de lanceurs d'alerte notamment sur des questions de santé publique. Que faut-il savoir sur le sujet en tant que salarié du secteur privé ou agent public ? 
Le point sur la question avec Service-public.fr.
Les lanceurs d'alerte sont protégés par la loi contre toute sanction ou discrimination.
Secteur privé
Les lanceurs d'alerte dans l'entreprise qui constatent, de bonne foi, un risque grave pour la santé publique ou l'environnement doivent en avertir leur employeur, les représentants du personnel au CHSCT ayant également un droit d'alerte immédiat auprès de l'employeur. Cette alerte doit ensuite être notée sur un registre spécial, datée et signée.
En cas de divergence avec l'employeur sur l'alerte ou si l'alerte n'a aucune suite, les salariés ou les représentants au CHSCT peuvent saisir le préfet.
Fonction publique
Les lanceurs d'alerte dans la fonction publique (fonctionnaires ou contractuels) de bonne foi et ayant personnellement connaissance de certains faits ou actes répréhensibles (menace ou préjudice grave pour l'intérêt général en matière par exemple de santé publique ou d'environnement, violation d'un engagement international de la France...) peuvent effectuer un signalement au sein de leur administration au niveau de leur supérieur hiérarchique ou auprès d'un « référent alerte ». Certaines administrations comme par exemple les administrations d'État ou les communes de plus de 10 000 habitants doivent établir une procédure de recueil des signalements.
S'il n'y a pas de suites, les agents peuvent porter les faits à la connaissance de l'autorité administrative compétente (Agence française anticorruption par exemple), de l'ordre professionnel correspondant ou encore auprès du Procureur de la République. 
En cas de danger grave et imminent, les agents peuvent s'adresser directement à ces entités sans passer par l'intermédiaire de leur hiérarchie.

Source : Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Des patients dans le coma ont permis de percer un mystère fondamental du cerveau


D'après les scientifiques, environ 40% des patients dans le coma, en réalité, pourraient être conscients. C'est ce qu'indiquent les nouvelles méthodes de diagnostic permettant d'évaluer l'activité des neurones en temps réel.
Comment après de graves lésions du cerveau les gens reviennent-ils à la vie?
La persévérance des proches a fait sortir une mère du coma.
Mounira Abdoula a été victime d'un accident de la route en 1991. Suite à une grave lésion du cerveau elle restait dans un état végétatif, mais la famille a continué de la soigner.
En 2017, la patiente a été admise dans une clinique spéciale en Allemagne, et un jour elle a émis un son étrange, puis, quelques jours plus tard, elle a appelé son fils par son prénom. La patiente avait repris connaissance après 27 ans de coma. Selon la BBC, elle peut communiquer avec les proches à un niveau élémentaire et même parler un peu.
C'est un cas rarissime. Cependant, en règle générale, une vie normale n'est plus possible au vu des lésions du cerveau trop importantes.
Le triangle de la conscience.
Le coma est une perte de connaissance totale. L'individu ne réagit plus aux stimulations extérieures, ne peut pas bouger, toute l'activité du cerveau est ralentie. Mais la vie reste présente à l'intérieur. En général, un tel état résulte d'un endommagement mécanique sévère du cerveau suite à un accident, à une forte chute ou à un AVC.
Au milieu du XXe siècle déjà les spécialistes ont découvert qu'il s'agissait d'un endommagement du tronc cérébral – la partie allongée dans la région inférieure de la boîte crânienne reliée à la moelle épinière. Ils ont supposé que dans différentes parties du cerveau il existe des centres d'éveil qui échangent des signaux avec le cortex et activent la conscience.
En 2016, des chercheurs de Harvard ont découvert dans le tronc cérébral une zone minuscule de deux millimètres cubes interagissant avec les neurones du cortex. Le biologiste russe Vladimir Kovalzon l'a appelé l'endroit de «localisation de l'âme».
Les auteurs de l'étude ont examiné 36 patients ayant d'importantes lésions du tronc cérébral, dont 12 étaient dans le coma. Malgré une ampleur similaire de la lésion, à première vue, la conscience étaient présentes chez certains, mais pas chez d'autres. La cartographie à l'aide de l'IRM fonctionnelle a indiqué la région du tronc cérébral dans la protubérance annulaire gauche (pont de Varole): c'est son endommagement qui entraîne un coma.
Cette partie interagit avec deux régions du cortex: le lobe antérieur et la section prégénitale du cortex cingulaire antérieur. A cet endroit se trouvent de grands neurones pénétrant par des apophyses dans toutes les couches du cortex. Ils existent uniquement chez les animaux ayant un grand cerveau – les primates humanoïdes, les éléphants, les dauphins.
Si l'endroit de «localisation de l'âme» dans le tronc est détruit, le lien entre ces zones dans le cortex est rompu, et le cerveau se déconnecte. Disparaissent l'éveil et la compréhension du monde environnant – deux états clés déterminant la conscience.
Des chercheurs de la clinique de l'Iowa (Etats-Unis) pensent que la conscience s'appuie également sur une zone profonde du cerveau, par exemple l'hypothalamus ou le cerveau antérieur basal. L'état d'éveil dépend de leur intégrité.
Le thalamus a été affecté chez 33 patients après un AVC. Quatre sont tombés dans le coma. Il s'est avéré que leur cerveau était détruit bien plus gravement par rapport aux autres: hormis le thalamus étaient endommagés l'hypothalamus et le tronc.
La réaction aux souvenirs d'une vie antérieure.
Des chercheurs russes et kazakhs ont observé 87 patients dans le coma. Avec le temps, presque la moitié d'entre eux a repris connaissance, certains ont partiellement retrouvé les fonctions cognitives.
Dans l'ensemble, cela se présente ainsi. Après le coma survient un état végétatif, en d'autres termes, l'organisme est en vie mais ne réagit à rien. Puis revient la conscience minimale quand l'individu peut, par exemple, fixer le regard ou suivre un objet des yeux.
Et seulement ensuite sont retrouvées les fonctions de plus haut niveau, comme l'aptitude à bouger sa main à la demande ou répondre aux questions élémentaires – au moins avec les yeux. Les auteurs de l'étude indiquent que le patient peut ne manifester aucune activité motrice, tout en étant conscient. C'est pourquoi il est important d'évaluer l'état des patients dans le coma à l'aide de nouvelles méthodes de diagnostic.
C'est également l'avis des chercheurs américains et britanniques. Ils ont examiné 21 personnes ayant de fortes lésions du cerveau, notamment dans un état végétatif. Ces sujets ont été comparés à 13 personnes en bonne santé. Les membres de famille lisaient aux patients des histoires de leur vie avant la maladie, alors que les chercheurs cartographiaient le cerveau en effectuant un électroencéphalogramme. Il s'est avéré que chez certains patients le retard de l'activité électrique du cerveau en réponse à la parole était le même que chez les individus sains. Sachant que l'IRM fonctionnelle a révélé une activité neuronale en réponse aux ordres verbaux, alors qu'en apparence les patients se trouvaient dans un état végétatif.
Les auteurs de l'étude soulignent: il faut réexaminer les patients dans le coma afin d'identifier ceux qui sont conscients, mais sont enfermés dans leur corps et ne peuvent pas le faire savoir. Ces patients doivent recevoir des soins complètement différents, suivre une réhabilitation qui leur rendra des capacités physiques et cognitives.
Plus tôt, des chercheurs de Harvard et de la clinique universitaire de Liège (Belgique) ont montré à l'aide de la même méthode que le coma et l'état végétatif des patients admis en thérapie intensive après une forte lésion du cerveau ne devaient pas servir de base pour un diagnostic définitif. Le patient est capable de reprendre connaissance même si en apparence rien ne l'indique.
Les médecins de Liège ont décrit le cas d'une victime d'un accident en 1992. En réanimation il avait été branché sur un appareil de respiration artificielle. L'infirmière avait déclaré que le patient avait bougé son bras sur son ordre, mais cela n'avait pas changé le diagnostic – le patient avait été placé dans une clinique pour comateux, où il est resté sans aucune thérapie.
20 ans plus tard, les proches du patient qui se trouvaient dans la même pièce avec lui ont senti qu'il était conscient, même si aucun signe extérieur ne l'indiquait. Le patient a été transmis à la clinique universitaire pour un cursus de soins et plusieurs niveaux de tests.
D'abord, le patient ouvrait spontanément les yeux, mâchait avec sa bouche, bougeait le bras gauche et la jambe. Puis il a commencé à fixer du regard un objet et à le suivre. Par la suite il arrivait déjà à répondre aux ordres élémentaires: il fermait les yeux et répondait aux questions par la mimique. Cela a permis de découvrir qu'il se souvenait de son prénom et des prénoms des proches.
Les études de ces dernières années n'ont pas seulement permis d'établir globalement comment survient la conscience, mais ont également apporté un espoir que les patients enfermés dans le coma peuvent revenir à la vie.
Source : fr.sputniknews.com


Explosion dans un laboratoire russe renfermant la variole et Ebola


 La Russie exclut toute menace. après l'explosion, le 16 septembre, dans le laboratoire Vektor (Sibérie) dans lequel des recherches sont conduites sur la variole et Ebola. 
L’explosion a eu lieu pendant les travaux de réparation d’une salle d’inspection sanitaire du cinquième étage du centre Vektor, laboratoire de recherche situé à Koltsovo, près de Novossibirsk (Sibérie occidentale). À la pointe de la recherche sur les virus et les biotechnologies, ce centre géré par l’État est l’un des rares sites au monde « hébergeant » les virus de la variole et Ebola.
Selon l’agence de surveillance sanitaire Rospotrebnadzor, c’est un cylindre de gaz qui a provoqué l’explosion puis l’incendie. Un employé a été blessé. Selon les autorités locales et les agences de presse russes, l’incendie a été maîtrisé lundi.
Y a-t-il à craindre pour les personnes travaillant dans ce laboratoire ? 
Pour les 1,5 million d’habitants de Novossibirsk, troisième ville la plus peuplée de Russie ? Rospotrebnadzor se veut rassurante : si des fenêtres ont été brisées, la structure du bâtiment a résisté et aucune substance dangereuse n’était présente dans les locaux touchés par l’explosion et l’incendie.
Incidents récurrents
La recrudescence d’incident sur des sites sensibles russes a, elle, de quoi questionner. Le 5 août dernier, des explosions avaient eu lieu dans un dépôt d’obus d’une unité militaire stationnée près du village de Kamenka, en Sibérie. L’accident avait provoqué la mort d’un employé, plusieurs dizaines de personnes avaient été blessées et un millier de personnes avaient dû être évacuées.

Trois jours plus tard, une autre explosion dans une base militaire russe avait fait cinq morts et entraîné une hausse de la radioactivité. Un mois plus tôt, le 1er juillet, quatorze marins avaient trouvé la mort dans un sous-marin à la suite d’un incendie. 

Source : ouest-france.fr

Lire aussi
Une explosion et un incendie ont frappé un ancien centre de développement d'armes biologiques de l'époque soviétique. La Russie dément toute menace de contamination. (lessentiel.lu)
Explosion dans un laboratoire russe où est conservée la variole (egora.fr)

Psychiatrie : deux députés pointent une situation désespérante


Nouveau rapport alarmant sur la prise en charge des malades mentaux. Un an après les grandes grèves dans plusieurs établissements, les changements sur le terrain n'apparaissent toujours pas.
Le sentiment d’un disque rayé. Alors que l’on apprend ce mercredi que l’hôpital psychiatrique du Rouvray, qui avait été à l’origine d’un mouvement historique en 2018 avec dix-huit jours de grève de la faim de 8 soignants, va commencer de nouveau une grève illimitée à l’appel de la CFDT, la CGT et de Sud – cela à partir du 29 septembre pour dénoncer le non-respect de l’accord (1), deux députés viennent de rendre public un rapport sur la situation toujours aussi inquiétante de la psychiatrie. «Face à la prise en charge catastrophique» des patients en santé mentale, ils appellent à «sortir la psychiatrie de l’hôpital» en «redéployant 80%» du personnel de cette filière «au bord de l’implosion» vers la ville «à l’horizon 2030».
L’analyse est malheureusement connue. Depuis vingt ans, peu à peu, la psychiatrie s’effondre. «Retard au diagnostic beaucoup trop important», «suroccupation des lits» de psychiatrie représentant un «fléau pour les patients comme pour les soignants», recours croissant «à l’hospitalisation sans consentement»… L’organisation territoriale de la psychiatrie est «tout à la fois inefficiente et inefficace», cinglent Martine Wonner (LREM) et Caroline Fiat (LFI), rapporteures de cette mission d’information.
«La réponse ne se trouve pas dans l’hôpital»
«Le nombre de lits d’hospitalisation en psychiatrie par habitant a diminué de moitié depuis les années 90», rappellent au passage les députés qui notent que «les structures se sont développées parallèlement en ville», et «ne permettent pas de répondre à la demande croissante de soins, les centres médicopsychologique étant partout saturés tandis que le premier rendez-vous avec un psychiatre peut atteindre trois mois, et parfois bien plus». Conséquence, «les patients n’ont d’autre solution que les urgences, puis d’être hospitalisés, alors que la crise aurait pu être évitée». «Si les revendications des personnels hospitaliers», illustrées par plusieurs grèves depuis l’an dernier (Amiens, Rouen, Le Havre, etc.), «en faveur de plus de lits sont parfaitement compréhensibles […] la réponse ne se trouve pas dans l’hôpital mais en dehors», précise la mission.
Ajoutant, encore : «Il est urgent de déployer des moyens importants sur les structures extra-hospitalières, qu’elles soient sanitaires, sociales ou médico-sociales», font-elles valoir, plaidant pour «le développement massif d’équipes mobiles sur l’ensemble du territoire mais aussi de structures d’amont et d’aval». Les députées proposent la création d’une «agence nationale en charge des politiques de santé mentale» sur le modèle de l’Institut national du cancer.
En réponse à cette crise, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a nommé en avril le professeur Frank Bellivier délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie. Depuis, on ne peut pas dire qu’il se soit passé grand-chose, ce dernier annonçant juste qu’il allait commencer «un tour de France», en ce mois de septembre.
Au ministère de la Santé, on rappelle que le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020 devrait amorcer la «refonte» du financement de la psychiatrie. Certes… Cette mesure pourra être importante. Mais elle ne répond pas aux très fortes attentes actuelles du milieu. Et on notera que ces derniers jours, plusieurs syndicats de psychiatres publics se sont joints aux mouvements de grèves des urgences.
(1) La direction avait promis l’embauche de personnel.

Source : liberation.fr

lundi 16 septembre 2019

LYON : Des personnels violemment agressés à Edouard-Herriot


Dimanche, plusieurs personnels de l'hôpital Edouard-Herriot ont été agressés par un homme.
« Cette agression illustre malheureusement une fois de plus la crise qui sévit dans les urgences et plus généralement à l’hôpital ». Les syndicats CGT et FO des Hospices civils de Lyon ont réagi ce lundi à l’agression survenue dimanche matin dans l’un des services d’urgences de l'hôpital Edouard-Herriot. « L’équipe des urgences du SMA a dû faire une fois de plus à une situation de violence. Un patient, sous réquisition, déposé par les forces de l’ordre (qui ne sont pas restées sur place) aux urgences, s’en est pris violemment à l’équipe présente », dénoncent les syndicats.
Le suspect aurait agressé six personnes, qui se sont vues prescrire entre 5 et 9 jours d’ITT, avant l’intervention des agents de sécurité de l’hôpital et de la police. L’homme, en état d’ivresse au moment des faits selon Le Progrès, a été placé en garde à vue.
Une assemblée générale des grévistes est prévue ce lundi à 17 heures
A la suite de cette agression, le SAMU a dû être détourné dimanche toute la journée et une partie du pavillon N fermée pour venir en renfort au Service médical d’accueil des urgences (SMA), après l’arrêt de l’équipe agressée. Pour les syndicats, cet acte de violence révèle les tensions quotidiennes dans lesquelles sont plongés les personnels des urgences, mobilisés depuis des mois dans toute la France. « Cette agression montre une nouvelle fois que les problématiques dénoncées par les grévistes d’Edouard-Herriot et la moitié des services d’urgence en France en grève sont toujours bien présentes, et loin d’être résolues au mépris du personnel hospitalier et de la prise en charge des patients », dénoncent-ils ce lundi.
Une assemblée générale des grévistes d’Edouard-Herriot, mobilisés depuis mai aux urgences, aux bureaux des admissions de nuit, et plus récemment en post-urgence, est prévue ce lundi à 17 heures. Un CHSCT doit aussi se tenir mardi à la demande des organisations syndicales.
Cette nouvelle agression intervient une semaine après la présentation du plan d’actions de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, dont une enveloppe de 750 millions d’euros sur trois. Des annonces qui n’ont pas calmé pour autant la grogne des médecins et personnels paramédicaux.

Source : 20minutes.fr



Des chiffres et des maux


Une grève qui se poursuit, une baisse des cas de contamination par le virus du sida, un reste à charge qui diminue : le verre est à moitié plein (ou à moitié vide), en cette rentrée sanitaire incertaine.
251. C’est le nombre de services d’urgences hospitaliers toujours en grève, ce lundi, selon les chiffres du collectif Inter-urgences, une semaine tout juste après l’annonce du plan de refondation par Agnès Buzyn, avec 750 millions d’euros de redéploiement sur trois ans pour tenter de recréer une organisation de premiers soins qui tienne debout.
Dans ce conflit qui dure désormais depuis plus de six mois, le seul changement notable est la montée en puissance des médecins hospitaliers, manifestant leur solidarité avec les urgentistes. Outre l’appel à la grève de deux syndicats (l’Association des médecins urgentistes de France, et Action praticiens hôpital), la Collégiale des psychiatres ainsi que la Commission médicale de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris ont appelé à une solidarité forte : «Nous avons bien conscience que des mesures indispensables nécessitent une augmentation des moyens, cela s’avère incontournable au risque de voir s’amplifier et se dégrader la qualité des soins.»
16%. On attendait avec impatience ce chiffre. Y aurait-il, en effet, un lien visible entre la diffusion de la «Prep» (traitement préventif pour éviter d’être infecté par le virus du sida) depuis trois ans et les chiffres des nouvelles contaminations par le virus du sida en France ? En somme, la Prep arrivera-t-elle à casser l’épidémie ?
La semaine dernière, des données de Santé publique France ont indiqué qu’en 2018, 906 Parisiennes et Parisiens ont appris leur séropositivité, contre 1 078 en 2015. Soit une baisse de 16%. Celle-ci est particulièrement marquée chez les hommes homosexuels et bisexuels (hommes ayant des rapports sexuels entre hommes ou HSH) avec une baisse de 22% en moyenne et de 28% chez les HSH nés en France. Ces hommes représentaient 45% des nouveaux cas en 2018.
Que déduire de cette bonne nouvelle ? «C’est bien, mais ce n’est pas assez», nous explique France Lert, qui préside l’association Vers Paris sans sida, et qui est une des meilleures spécialistes françaises sur ces questions. «C’est évidemment intéressant et important, surtout de voir cette baisse de 28% chez les HSH nés en France. Mais il faut aussi la mettre dans le contexte. Entre 2010 et 2018, on avait une baisse des nouveaux cas de 34%. Ensuite, si l’on reste entre 2015 et 2018, on est loin de ce qui se passe à Londres qui a une baisse de 44%. Pourquoi donc ce verre à moitié rempli à Paris ?»
Pour France Lert, la forte baisse chez les gays confirme la puissance d’action de la Prep. «Chez les hétéros, fait remarquer la sociologue, économiste et épidémiologiste, on a assisté à une baisse à partir de 2013 grâce à une mise sous traitement beaucoup plus rapide des patients.» Mais il faut aussi rappeler que ces dernières années, il y a eu une forte augmentation du dépistage à Paris. «En même temps, poursuit France Lert, entre 2010 et 2018, la baisse des cas de contamination chez les femmes est faible : moins de 3%. Et chez les hétéros nés hors de France, la baisse n’est que de 10%. 
Bref, c’est complexe, on vit plusieurs éléments en même temps, que l’on a du mal à différencier les uns des autres. Ce qui est sûr, c’est que la combinaison des différents outils (dépistage, Prep, mise sous traitement), c’est cela qui marche !» Et elle souligne : «Les nouveaux outils de prévention n’atteignent pas les migrants. On doit renforcer nos actions car il faut amener ces outils vers ces personnes, notamment pour les femmes, et les HSH nés hors de France.»
14 euros. C’est une bonne nouvelle, même s’il faut la tempérer. Selon des chiffres publiés par le ministère de la Santé, le reste à charge (RAC) des patients français – ce qui leur reste à payer après avoir été remboursés par la Sécu et par les mutuelles – est le plus bas du monde. Il s’élève à 214 euros sur 3.037 euros de dépenses annuelles par habitant.
Le RAC est ainsi tombé à son plus bas niveau historique en 2018. Il représentait 7% de la dépense totale engagée, contre 7,5% en 2017 et 7,7% en 2016. Effective depuis quelques années, cette baisse s’est même accélérée l’an dernier à la suite de la généralisation de la complémentaire santé dans les entreprises, initiée en 2016. 
Tous les salariés du privé, et par rebond leurs familles, bénéficient désormais d’une couverture. Pour autant, ce serait surtout l’augmentation de la part de la Sécurité sociale dans les remboursements qui expliquerait cette baisse du RAC. «Le vieillissement de la population entraîne la multiplication des maladies chroniques, et des patients bénéficiant du statut affections longue durée (cancers, diabète, insuffisance rénale chronique, etc.), avec un remboursement à 100%», note le ministère. 
Au final, sur les 214 euros que paie chaque assuré de sa poche, les soins de ville sont le poste le plus lourd (86 euros), suivis par celui des médicaments (61 euros), loin devant l’hôpital (27 euros).
Reste que cette bonne nouvelle peut parfois ressembler à un leurre. Ainsi, le prix des mutuelles augmente, lui, chaque année, de 2 à 4% pour les contrats individuels, et de 3 à 5% pour les contrats collectifs. 
Or, cette hausse n’est pas prise en compte dans le RAC. Surtout, certains experts font un parallèle entre une baisse du RAC et une baisse de la qualité des soins proposés. On payerait moins certes, mais ce serait pour une offre de moins bonne qualité… Jamais contents, en somme ?
Source : liberation.fr