"La Vie Hospitalière"

dimanche 17 novembre 2019

Il y a un an naissait le mouvement des Gilets Jaunes

Un an déjà... le 17 novembre 2018 une grande manifestation allait être le point de départ de bien d’autres.

Un rond point occupé par les Gilets Jaunes (photo "SSRC-SAS")
Ce mouvement citoyen semble se pérenniser, sa détermination c'est là sa force ! 
Tout a démarré avec une nouvelle hausse du prix des carburants, et des mesures de plus en plus draconiennes avec dans la finalité une perte insidieuse du pouvoir d'achat et une précarité qui ne pouvait que s'accentuer pour beaucoup de citoyens et citoyennes.
Le ras-le-bol il est vrai est grandissant et  pour des milliers de personnes trop, c'est trop !
À l’origine de ce mouvement,  il y a une pétition qui avait été lancée sur change.org par Priscillia Ludosky et adressée au ministre de la Transition écologique et solidaire ainsi qu'à trois autres.
Cette pétition avait rassemblé plus d’un million de signatures !
Priscillia Ludosky concluait :
"Je pense pouvoir parler au nom de toutes les personnes qui n'en peuvent plus de payer pour les erreurs des dirigeants et qui ne souhaitent pas toujours tout payer et à n'importe quel prix !"
Aujourd'hui il est important aussi de prendre en considération que le milieu hospitalier lui aussi en a plus qu'assez, tout est entrepris, tout semble être programmé pour casser de manière irréversible l'Hôpital public ! 
Le 14 novembre a été une journée mémorable car elle a vu le monde hospitalier dans son ensemble dans la rue (malgré les réquisitions administratives). Les belles paroles cachent les manoeuvres insidieuses, les mauvais coups portés à l'Hôpital public...  il est donc vital pour tous de le sauver !
Le mouvement citoyen des Gilets Jaunes ressemble à celui des hospitaliers tant il y en a assez de toutes les pressions supportées depuis bien des années suite à des orientations qui de droite ou de gauche vont  dans la finalité toutes dans le même sens... 
Les français et les françaises ne s'en laisseront donc plus compter dans ce monde où l'économie se veut régner en maître absolu (quelle erreur fondamentale). Les services publics tombent les uns après les autres, ouvrons les yeux avant qu'il soit trop tard ! 
Ceci écrit, le mouvement des Gilets Jaunes a une année aujourd'hui et ceci démontre combien les citoyens et citoyennes sont déterminés pour reprendre en main leur avenir.
Elle est pas belle la France ?...
Rappelons que les retraites et la Sécurité Sociale sont menacées aussi. Pourtant, alors que le gouvernement d'alors, qui sortait de la deuxième guerre mondiale et disposait que de peu de moyens, avait instituées des protections sociales qui ont quand même été créées pour tous. Dites protections qui aujourd'hui sont menacées...est-ce bien normal ? 
Ne nous voilons pas la face, ces orientations coercitives  ne peuvent servir  que certains groupes financiers...il est étrange que ce qui n'est pas rentable au niveau du public, le soit au niveau du privé... cherchez l'erreur...
Nous pensons que le mouvement des Gilets Jaunes sera renforcé par bien des citoyens et citoyennes de tous les milieux si le gouvernement persiste à prendre les français et les françaises pour des imbéciles. 
L'urgence est aussi, aujourd'hui plus qu'hier, du côté du gouvernement... 
Pour ne pas conclure.


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Ci-dessous le texte publié par Europe n°1, à 15 heures 30


"Gilets jaunes" : environ 200 personnes rassemblées dans le quartier des Halles, à Paris

Environ 200 personnes, dont les figures "gilets jaunes" Jérôme Rodrigues ou Priscilla Ludosky, étaient rassemblées dimanche dans le calme à Paris pour une deuxième journée de commémoration du premier anniversaire du mouvement.
"On espère récolter les fruits de ce qu'on a semé"
Les participants étaient réunis dans le calme sur une place à proximité des Halles, dans le cœur de la capitale. "Macron détruit la France et vos droits, ne nous critiquez pas ! On est là pour vous", pouvait-on lire sur une pancarte, ou entendre les chants habituels des "gilets jaunes": "On est là, on est là, même si Macron le veut pas, nous on est là". "Aujourd'hui on a organisé cette nouvelle journée parce que c'est le week-end anniversaire. On espère récolter les fruits de ce qu'on a semé", a déclaré Faouzi Lellouche, un des organisateurs de ce rassemblement et aussi de la manifestation de samedi qui devait partir à 14 heures de la place d'Italie et qui a été annulée par la préfecture de police après des violences.
Faouzi Lellouche a dénoncé "une décision politique, et c'est une stratégie de nous nasser" (encercler par les forces de l'ordre). "À 13 heures 30 le commandant de police référent de la manifestation m'a appelé pour me dire que la manif allait être annulée. Je me suis mis en colère et je lui ai demandé: 'mais pourquoi ?: juste à cause d'incendies de palettes ? Ouvrez (le dispositif de sécurité) et les gens vont circuler et ça va aller. Arrêtez d'essayer de trouver des raisons pour nous empêcher de manifester'", a-t-il expliqué à l'AFP.
"Je ne sais pas si le 5 décembre est un horizon"
Samedi, Priscillia Ludoski, co-organisatrice de la manifestation, avait tweeté: "Nasse à place d'Italie, impossible de partir, manifestation déclarée annulée à la dernière minute".
"On n'a pas eu de réponse politique si ce n'est que du mépris. Ce n'est pas normal qu'on ait autant de répression", a-t-elle déclaré dimanche lors du rassemblement près des Halles. Interrogée sur la grève interprofessionnelle du 5 décembre contre la réforme des retraites, elle juge que "depuis le début (du mouvement des "gilets jaunes") il y a des convergences sur plein de sujets. Ce serait vraiment bien que tout le monde sorte dans la rue maintenant".
"Je sais pas si le 5 décembre est un horizon mais je sais qu'il y a beaucoup de syndiqués qui se 'giletjaunisent' parce qu'ils s'aperçoivent que leurs élites bafouillent", a de son côté déclaré Jérôme Rodrigues. Dimanche, la préfecture de police a annoncé avoir effectué 372 contrôles préventifs et interpellé 9 personnes depuis le début de la matinée.

Source : europe1.fr

Un article très intéressant...

Mis à jour à 16 heures 37
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Ci-dessous le texte publié par Libération, à 21 heures 30

Gilets jaunes : en Savoie, un hommage à Chantal, «victime du néolibéralisme»

Il y a un an, à Pont-de-Beauvoisin, Chantal Mazet succombait après avoir été écrasée par une automobiliste alors qu'elle participait à un barrage filtrant. Un hommage a été rendu ce dimanche à cette première mort du mouvement.
Elle est la première morte du mouvement des gilets jaunes. A 63 ans, Chantal Mazet, laborantine retraitée, n’avait jamais manifesté. Le 17 novembre 2018, lors d’un barrage filtrant sur l’un des ronds-points de la zone d’activités de Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, elle a succombé à un arrêt cardio-respiratoire après avoir été écrasée par une voiture. Un an plus tard, ce dimanche, une centaine de personnes sont venues lui rendre hommage. Depuis son décès, le rond-point de Pont-de-Beauvoisin a continué à être occupé chaque samedi et les revendications n’ont pas changé. 
Et le bilan de ce mouvement social inédit en France a progressivement atteint 11 morts (dont 10 sur des barrages routiers), près de 2.500 blessés parmi les manifestants et les passants, et 1.500 au sein des forces de l’ordre.
Encadrée de tournesols en tissu, une plaque blanche «en mémoire à Chantal, citoyenne française tombée le 17 novembre», a été fixée sur le grillage. Des bougies ont été allumées. Pierre se place devant le mémorial pour prononcer un discours, non pas parce que le sexagénaire, ancien artisan, est le chef - «Il n’y en a pas ici» - mais parce qu’il a «une grande gueule», dit-il. Comprendre : sa voix porte. Le message est adressé à la dame décédée, «victime du néolibéralisme» : «Sache qu’aujourd’hui, un an après, les plaies sont encore vives, le combat n’est pas abandonné. […] L’histoire n’est pas encore écrite.»
«C’est trop dur de perdre la vie bêtement»
L’orateur propose une marche improvisée jusqu’au rond-point où l’accident a eu lieu, à quelques centaines de mètres. Dans le cortège, il y a Marylène, une «paysanne» retraitée, à qui Chantal Mazet donnait des cours de peinture : «C’était une personne très dynamique, qui avait élevé toute seule ses quatre enfants car son mari était décédé subitement. Je la revois encore le jeudi d’avant sautant de joie parce qu’elle venait d’apprendre qu’une de ses filles attendait son premier bébé.» La voix se brise : «C’est trop dur de perdre la vie bêtement.»
Adhérente d’un syndicat agricole, Marylène milite pour l’union des gauches : «Chantal n’était pas politisée, elle était venue me parler des gilets jaunes car elle savait que j’ai toujours manifesté, ça l’intéressait, elle était indignée par les conditions de vie qui s’aggravaient.» 
La «goutte d’eau», ça a été l’augmentation du prix de l’essence : Chantal Mazet faisait de fréquents allers-retours dans le sud de la France pour garder sa petite-fille durant les vacances scolaires. Même si Marylène regrette que certains gilets jaunes se soient fait «vampiriser» par «la Blonde [Marine Le Pen, ndlr]», elle espère qu’ils vont continuer à se mobiliser, «pour sauver les petites gens comme moi», dit celle qui touche environ 800 euros de retraite par mois.
C’est également avec cette somme que Mimi, 74 ans, ancienne employée communale, doit boucler son budget. Elle confie «se dépanner de temps en temps» aux Restos du cœur, où elle est cuisinière bénévole. Son compte en banque vient d’être débloqué après trois mois de galère : «Comme j’étais trop souvent à découvert, je ne pouvais plus retirer. Là, j’ai droit à 60 euros par semaine.» «Insoumise depuis la naissance», Mimi considère que son pouvoir d’achat ne s’est pas amélioré en un an. «Je voulais me faire élire députée pour toucher 300 euros d’APL en plus…» raille-t-elle en référence à l’augmentation de la dotation d’hébergement des parlementaires à compter du 1er novembre.
«Je ne lâcherai pas»
Malgré l’absence d’un «mieux vivre», Rachida, 50 ans, au chômage, a gagné une «famille» : «Avant, beaucoup n’osaient pas parler de leurs difficultés, c’est devenu moins tabou de se dire les choses.» La suite ? Rachida ne sait pas : «Ça ne vient pas vite mais je ne lâcherai pas, je continuerai à être là tous les samedis.» Pierre n’en a manqué qu’un, et est même «monté» trois fois à Paris. Lui non plus n’est pas «satisfait» : «La plupart des mesures vont entrer en vigueur au 1er janvier, alors pour l’instant, on n’a rien vu, à part l’augmentation du gaz, de l’électricité, de la taxe foncière et le déremboursement de certains médicaments, énumère-t-il. Et puis les 10 milliards de Macron, ce n’est pas un cadeau, c’est de l’argent économisé ailleurs.»
Dans le texte d’hommage à Chantal Mazet, Pierre a rappelé le prix de la «détermination» des gilets jaunes : selon le ministère de la Justice, plus de 3.000 d’entre eux ont été condamnés entre novembre et juin. 
Un tiers a écopé de prison ferme et 400 ont fait l’objet d’un emprisonnement immédiat. L’instruction concernant la conductrice qui a tué Chantal Mazet est toujours en cours, a indiqué à Libération le parquet de Chambéry. La mère de famille avait été mise en examen le lendemain du drame, à l’issue de sa garde à vue, pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et placée sous contrôle judiciaire.

Source : liberation.fr


Mis à jour à 22 heures 04


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Un homme reçoit une grenade dans l’œil en pleine discussion lors 

de l’acte 53 à Paris 
    - vidéo choc -

Un participant à l’acte 53 des Gilets jaunes le 16 novembre, marqué par de nombreuses violences, a été gravement blessé à l’œil par une grenade des forces de l'ordre alors qu’il discutait calmement aux abords de la place d’Italie. Une vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux.

Source : fr.sputniknews.com                    

Mis à jour à 17 heures 14  le 18 novembre 2019

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Le Gilet Jaune blessé samedi a perdu l'usage de son oeil

La compagne de Manuel T., 41 ans, blessé par un projectile lors de la manifestation des Gilets jaunes à Paris, samedi 16 novembre, a confirmé qu'il avait perdu l'usage de son œil gauche. Le couple entend porter plainte, en s'appuyant sur une vidéo filmée ce jour-

"Le tir était destiné à blesser quelqu'un" selon sa compagne
"Je l'ai vu tout de suite mettre ses mains sur son œil et du sang gicler de partout... On ne l'a pas vu arriver. En général, c'est lancé en hauteur, on a le temps d'évaluer où ça va tomber. Là, c'est arrivé droit dans son œil, on n'a rien pu faire. Pour moi, c'était destiné à quelqu'un", a affirmé à l'AFP la compagne du manifestant de 41 ans, Séverine D.
"Physiquement, il a très mal. En plus de son œil, il souffre énormément de maux de tête. Et moralement... il est comme on peut l'être quand on vient d'apprendre qu'on n'aurait plus l'usage de son œil gauche", a-t-elle ajouté devant la presse, à la sortie de l'hôpital Huriez de Lille. "Il a un gros sentiment d'injustice. Depuis un an qu'il était dans la rue quasiment tous les samedis, il n'a jamais rien cassé, jamais participé à des débordements, toujours été tranquille et là, il se fait éborgner..."
L'IPGN saisit par le préfet de police et le parquet de Paris
Le projectile qui a touché Manuel T. semble être une grenade lacrymogène des forces de l'ordre. Ce lundi, le préfet de police de Paris avait annoncé qu'il allait saisir l'IGPN, "à la demande du ministre de l'Intérieur", après la diffusion de la vidéo. De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour "violence par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours" et a également confié les investigations à la police des polices.
"Évidemment, on va porter plainte, il est hors de question de laisser passer ça", a encore précisé Séverine D. "Il y a déjà eu assez d'éborgnés qui n'ont rien pu prouver. Là, on a la preuve, on ne peut pas dire qu'il était en train de faire quelque chose qu'il ne fallait pas, il était tranquille, il s'est fait blesser alors qu'il ne le méritait pas". 

Source : lci.fr


Mis à jour à 23 heures 45  le 19 novembre 2019

samedi 16 novembre 2019

Les frais complémentaires sont supprimés dans les IFSI publics


Le ministère de la Santé et le ministère de l'Enseignement supérieur viennent de publier une note d'instruction supprimant les frais complémentaires, demandés par certains IFSI publics (Institut de formation en soins infirmiers) en plus des 170 euros de droits d’inscription et des 91 euros de la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC).
Le Ministère de la Santé et le Ministère de l'Enseignement supérieur ont tranché : les IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) publics ne doivent pas imposer de frais complémentaires aux étudiants infirmiers. En plus des 170 euros de droits d’inscription et des 91 euros de la Contribution de vie étudiante et campus (CVEC), une somme comprise entre 30 et 335 euros (selon les établissements) avait été exigée à la rentrée 2019. Un IFSI public sur deux subordonnait l’inscription des étudiants à l’acquittement de ces frais complémentaires.
"Désormais, c'est plus de 4 millions d'euros qui ne seront plus injustement prélevés aux 40.000 étudiants en soins infirmiers jusqu'ici concernés. La suppression de ces frais concourt à la réussite des étudiants et à leur bien-être en formation", se réjouit la Fnesi (fédération nationale des étudiants en soins infirmiers), leur syndicat. La note d'instruction porte également sur les modalités d'indemnités des stages qui devront tous être indemnisés. "C'est également le cas des frais kilométriques. Ainsi, nous mettons fin aux disparités de traitements inhérents aux différentes stratégies économiques territoriales", souligne la Fnesi.

Grande victoire pour @La_FNESI après un long combat ! #PayeTonIFSI #NousNeLaisseronsRienPasser

Les ministères @MinSoliSante @sup_recherche ont tranché : 
les frais complémentaires des #IFSI publics sont illégaux 
tous les #stages doivent être indemnisés pic.twitter.com/bKK7gSoC3M

— FNESI (@La_FNESI) November 13, 2019

Le syndicat s'était mobilisé contre cette mesure dès la rentrée, déposant un recours devant le Tribunal Administratif et organisant des mobilisations devant les Conseils Régionaux. Ce sont ces collectivités qui prennent en charge les formations infirmières.

Article de Mersiha Nezic

Source : letudiant.fr


vendredi 15 novembre 2019

L’ANAP publie « Le DMP en établissement de santé - Retours d’expérience »


Cette nouvelle publication de l’Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) s’adresse, plus particulièrement, aux directeurs d’établissement et aux présidents de Commission Médicale d’Établissement (CME) pour les aider à identifier les enjeux d’un projet de connexion de leur établissement au DMP.  
Présentant dans cette publication les enseignements à tirer de 5 expériences d’usage du DMP en établissement de santé (Haute-Garonne, Puy-de-Dôme, Somme-Hauts-de-France, Côtes-d’Armor et Centre-Val-de-Loire). 
Il s’agit, plus concrètement, d’expliquer les freins au développement du DMP du point de vue des Directions des Systèmes d’Information (DSI) et des professionnels de santé (difficultés de mise en place au sein de l’organisation, difficultés de création, d’ajout et d’exploitation de l’information, manques fonctionnels), d’identifier les attentes en termes de coordination des prises en charge, et de mettre en évidence les usages avancés du DMP et les circonstances qui les ont rendu possibles. 
Source : hospitalia.fr



(pour télécharger  "Le DMP en établissements de santé Retours d'expérience" il faut ouvrir un compte)

L’adoption du DMP progresse


Dix mois après la généralisation du Dossier Médical Partagé (DMP), 7 millions de dossiers ont été créés, d’après les chiffres fournis le 13 septembre dernier par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), qui dévoile également une nouvelle application mobile.
« Aujourd’hui, le DMP gagne en notoriété et est de plus en plus considéré comme utile », se félicite la CNAM, qui avance les résultats d’un sondage BVA réalisé en juin dernier : 58% des sondés affirmaient avoir déjà entendu parler du DMP, soit 9 points de plus par rapport à janvier 2019 et 34 point de plus par rapport au mois d’octobre 2018. Par ailleurs, 61% des répondants attribuaient une note comprise entre 7 et 10/10 à l’intérêt qu’elles portent au DMP, soit 14 points de plus par rapport à octobre 2018. Interrogés sur les avantages à disposer d’un DMP, 43% des assurés ont situé, en tête des bénéfices proposés, « l’utilité du service en cas d’urgence », et 21% « avoir toujours ses dossiers médicaux sur soi, même en vacances ». Pour 14%, l’argument principal est de pouvoir « retrouver rapidement un document médical, comme sa dernière analyse de sang ». 
De nouveaux services et une appli repensée
« Mieux connu et plus utilisé, le Dossier Médical Partagé répond en effet à un besoin pratique essentiel : celui de conserver de manière sécurisée les informations médicales de chacun en un seul et même endroit pour les partager avec les professionnels de santé de son choix, favorisant ainsi une meilleure coordination et qualité des soins », indique la CNAM dans un communiqué. Au premier semestre 2020, le DMP se verra d’ailleurs enrichi d’un carnet de vaccination, pour « ne plus oublier ses rappels de vaccins ainsi que ceux de ses enfants ». En parallèle, la CNAM a entièrement revisité l’appli DMP, dont seul un patient sur 4 semble avoir entendu parler : l’écran d’accueil a été simplifié pour retrouver ou ajouter un document plus facilement, chaque document et les informations qui lui sont rattachées (auteur, date de l’examen, etc.) s’affichent désormais sur une seule et même page, tandis qu’une interface commune permet de rédiger ou de joindre un document, là où l’ancienne appli imposait de choisir entre ces deux actions. « Plus simple et agréable d’utilisation, cette nouvelle version est déjà disponible sous iOS » et le sera prochainement sous Android, annonce l’Assurance Maladie. 
Les pharmaciens d’officine font figure de bon élève
« Aujourd’hui, 45% des médecins généralistes consultent le DMP alors qu’ils n’étaient que 20% fin 2017. Ils sont à présent 20% à y ajouter des documents contre 6% à la fin 2017 », ajoute la CNAM, qui estime que « ces résultats encourageants reflètent l’intérêt qu’ils portent au DMP ». 300 médecins généralistes ont d’ailleurs été sondés par BVA en juin. Les trois quarts reconnaissent que le DMP peut favoriser la coordination des soins entre les différents professionnels de santé. 77% estiment par ailleurs que ce service permettra de faciliter la prise en charge en situation d’urgence et contribuera à éviter les examens superflus déjà demandés ou réalisés par des confrères. Enfin, 76% des généralistes utilisant le DMP en ont une opinion positive. Les 296 pharmaciens d’officine interrogés sont, eux, 89% à proposer l’ouverture de DMP dans leur officine, une suggestion acceptée par 63% des patients. 85% ont d’ailleurs indiqué avoir  eu des demandes d’ouverture de DMP directement de la part des patients eux-mêmes, « preuve que ces derniers se sentent de plus en plus concernés par le service » qui totalise 95% d’opinions positives auprès des officinaux, souligne la CNAM. 
Côté alimentation, les établissements de santé en pôle position
Ce n’est pas la première fois que l’Assurance Maladie dévoile les chiffres du DMP : lors du dernier point d’étape transmis en avril dernier, alors que la barre des 5 millions de DMP venait d’être franchie, la CNAM comptabilisait déjà 100.300 carnets de santé numériques ouverts chaque semaine. 
Côté alimentation, près de 6,5 millions de documents avaient alors été ajoutés aux DMP, en plus des quelques 57 millions d’historiques directement versés par l’Assurance Maladie elle-même. 54% de ces documents étaient ajoutés par les établissements de santé - 19 CHU alimentant d’ailleurs automatiquement le DMP à partir de leurs outils métiers - et 30% étaient déposés par les patients. 
De quoi être optimiste, sachant que l’État a fixé un objectif de 40 millions de DMP ouverts d’ici à 2022.


Source : hospitalia.fr

Postes vacants à l’AP-HP : patients en danger ?


À l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, 500 postes d’infirmiers sont vacants. Surcharge de travail, opérations annulées faute de personnels… Les soignants craquent. Témoignages.

Le 14 novembre, les soignants sont descendus dans la rue après sept mois de mobilisation dans toute la France. Pour la première fois, les cadres responsables de gérer leurs plannings s’engagent dans la grève. David* ne veut plus cautionner ce système défaillant :
« Les gens sont tellement pressurisés, on les fait finalement travailler au maximum, qu’à un moment on ne peut plus ! Et même pour l’encadrement, demander à des infirmiers qui sont déjà épuisés de travailler plus,… enfin je suis cadre-soignant et du coup, je me dis que je fais n’importe quoi ! Finalement, on a tous le sentiment d’être un peu un pion, qu’on met là… Il faut faire ci, il faut faire ça… Et on tient. Jusqu’au jour où on ne tient plus, on part, et puis on fait autre chose. »
Dans les 40 établissements de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, 900 lits sont aujourd’hui fermés faute de soignants disponibles pour s’occuper des patients. Tous les services sont touchés, y compris la réanimation pédiatrique. Des enfants ont récemment été envoyés vers Amiens, Lille ou Rouen ces derniers jours, faute de pouvoir les accueillir dans la capitale.
Les soignants doivent se soumettre à des arbitrages difficiles pour des très jeunes patients atteints de maladies graves. « La mise en danger elle est clairement liée à la pénurie de personnel soignant qui amène à une fermeture de lits, donc à des possibilités d’hospitalisation qui se réduisent », explique le Pr Isabelle Desguerre, Neuropédiatre, Hôpital Necker – Enfants Malades, AP-HP (75). « J’ai tous les jours l’impression de frôler l’éthique médicale en prenant des risques qui ne sont pas justifiés vis-à-vis de ces enfants parce que je ne peux pas leur offrir les meilleurs soins dans les bonnes conditions. »
Des conditions de vie précaires
Cette dégradation des conditions de soins conduit même certains médecins à quitter l’hôpital public. Des spécialités particulièrement touchées comme les anesthésistes. À l’hôpital Henri Mondor AP-HP de Créteil (94), 47% des infirmiers anesthésistes ont quitté l’établissement, selon le Syndicat Sud Santé Mondor.
Eric Tricot, infirmier anesthésiste témoigne : « Si vous prenez la période septembre-octobre-novembre 2019 à Mondor, pour faire face au manque de médecins anesthésistes-réanimateurs, il a fallu déprogrammer 350 patients… Du jour au lendemain on les a appelé en leur disant « on ne peut pas vous opérer parce qu’il n’y a pas de médecin anesthésiste ».
Beaucoup d'opérations annulées
Ces annulations sont d’autant plus fréquentes que l’hôpital public ne peut pas refuser les urgences. Les équipes réduites sont alors insuffisantes pour réaliser les opérations programmées depuis longtemps.
« Quand on décide de la date d’une intervention avec un malade c’est un engagement de part et d’autre : le malade s’engage à venir et nous on s’engage à l’opérer. Et donc supprimer ce moment là même pour un jour, pour une semaine ou pour un mois, c’est un jour, une semaine, un mois de souffrance supplémentaire pour les patients », explique le Pr Rémy-Simon Nizard, chirurgien orthopédiste, Hôpital Lariboisière. « Pour les soignants aussi c’est difficile parce que quand vous avez l’impression de faire un « mauvais travail », que ça ne correspond plus à vos valeurs. C’est affreux c’est très difficile à vivre aussi. »
Augmentations, primes... quelles solutions ?
L’état d’urgence concerne presque toutes les professions. Les directions d’hôpitaux n’arrivent pas à recruter avec les grilles de salaires imposées dans la fonction publique.
« Ce qui est plus compliqué aujourd’hui c’est qu’il y a dans certaines disciplines des écarts de rémunération qui sont devenus très élevés entre choisir de rester à l’hôpital ou quitter l’hôpital et parfois des écarts de conditions de travail, de contraintes par exemple de gardes, d’astreintes… », concède François Crémieux, Directeur général adjoint, APHP.
« C’est vrai qu’il faut qu’on fasse attention à garder un certain équilibre. Cela peut être des primes particulières quand on rentre et qu’on choisit le service public, quand on rentre à l’hôpital. Cela peut aussi être des primes autour de la question du logement. Il faut que ceux qui choisissent l’hôpital n’aient pas l’impression qu’ils ont choisi pour une carrière entière les conditions de travail les plus difficiles, les contraintes les plus importantes, les gardes les plus nombreuses… », ajoute-t-il.
La situation est particulièrement grave en Ile-de-France où le coût des loyers a augmenté en moyenne de 20% ces dix dernières années.
Eric Tricot s’agace : « Il y a des personnels qui dorment dans leur voiture parce qu’ils n’arrivent pas à se loger en Ile-de-France ! Ce sont des petits salaires. Quand vous sortez au bout de 3 ans d’école à 1.500 euros… Où on va?! » L’importance de la mobilisation du mois novembre est inédite. Plusieurs établissements approchent les 100% de grévistes aujourd’hui.
*Son prénom a été modifié

Source : francetvinfo.fr

En trois minutes, cette femme médecin livre son témoignage accablant sur l’hôpital


Le Dr Isabelle Nègre est médecin algologue anesthésiste réanimateur, chef de service du centre d’évaluation et de traitement de la douleur du CHU de Bicêtre. « L’Obs » l’a rencontrée ce jeudi 14 novembre, dans le cortège parisien de la journée de mobilisation massive des personnels des hôpitaux qui réclament davantage de moyens et d’effectifs. 

« Nous assistons à l’effondrement de l’hôpital public »
Emmanuel Macron a promis de répondre à cette « alarme » par des « décisions fortes » la semaine prochaine.
« Nous devons [...] assumer d’investir plus fortement que nous avions envisagé de le faire », a affirmé le chef de l’État, assurant avoir « entendu la colère et l’indignation » du personnel soignant, lors d’un déplacement à Epernay (Marne).
Un plan « conséquent » sera annoncé mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe, qui en détaillera « le montant, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier », a précisé le président de la République au moment où des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants défilaient en France.
10.000 manifestants à Paris
Cet appel à une « grande manifestation », lancé par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, avait fait le plein de soutiens. À commencer par le collectif Inter-Urgences, à l’origine d’un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s’est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés en début de semaine.
Ils sont médecins, fonctionnaires, cadres... La retraite ? 
Très peu pour eux !
Augmentation des salaires, hausse des effectifs, réouverture des lits supprimés... Les revendications n’ont pas changé, visibles jeudi sur des pancartes comme « Sauvons notre hôpital, donnez-nous les moyens », « Soignant épuisé, patient en danger », « Je fais pas d’argent je soigne les gens »...
Ils étaient 10.000 à Paris, selon les organisateurs, mais aussi plusieurs centaines à Lyon, 300 à Toulouse ou Bordeaux, 220 à Lille, une centaine à Marseille, 150 à Besançon.



Source : nouvelobs.com
Pour plus d'informations (et voir la vidéo)


jeudi 14 novembre 2019

Dans les rues de Paris pour «sauver l’hôpital public en urgence vitale»


Le monde médical a défilé dans toute la France ce jeudi en raison notamment de conditions de travail détériorées et d’un manque de personnel. A une semaine du plan «conséquent» promis par Macron, 70 hôpitaux sont toujours en grève.
L’hôpital public déborde dans la rue. Ce jeudi, faisant preuve d’une solidarité rare dans un univers de la santé cloisonné et hyperhiérarchisé, médecins, infirmières, urgentistes, aides soignants, internes ou cadres hospitaliers ont répondu en masse à l’appel à la mobilisation lancé par les collectifs interhôpitaux et inter-urgences, soutenus par les syndicats nationaux et professionnels. 
C’est par milliers que blouses blanches, bleues et fluo ont battu le pavé à Paris, de Port-Royal jusqu’aux Invalides, mais aussi un peu partout en régions, pour clamer leur détermination à «faire pression sur le gouvernement» et l’impératif de «sauver l’hôpital public en urgence vitale». Une mobilisation aussi forte qu’inhabituelle qui n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg de colère : dans les 70 hôpitaux français officiellement déclarés en grève, une partie importante des personnels soignants ont été déclarés d’astreinte pour assurer la permanence des soins.
Chefs et médecins en tête
Présent en tête du cortège de la manifestation parisienne, Julien Taieb, chef du service de cancérologie digestive de l’hôpital Georges-Pompidou, où 100% des services sont en grève, illustre : «Deux médecins ont été assignés pour s’occuper de nos 79 patients en chimio. Ils vont avoir une sacrée journée, même s’ils savent qu’ils peuvent nous joindre à tout moment. En hôpital de jour, une infirmière sur neuf a été autorisée à manifester, les autres sont assignées.» La démonstration de force n’en a été que plus convaincante. C’est que les chefs de service et les médecins étaient cette fois en première ligne des banderoles déployées au fil de la manifestation parisienne. Prêts à témoigner à visage découvert d’un vécu hospitalier qui oscille entre casse-tête et cauchemar.
«Etre chef de service aujourd’hui, c’est être comme une lance à incendie qui passe son temps à éteindre les débuts de feu qui se déclarent un peu partout», explique le professeur Taïeb. «Il faut bien comprendre l’urgence : les infirmières se barrent et on n’arrive plus à en recruter. Il faut injecter massivement des moyens dans l’hôpital, et revaloriser les salaires des paramédicaux. Ce n’est pas une revendication corporatiste. Les médecins sont les premiers à la soutenir alors même qu’ils trouveront toujours du boulot ailleurs.»


Plus loin dans le cortège, Sophie Demeret, responsable du service de neuroréanimation médicale de la Pitié-Salpêtrière, décrit par le menu les difficultés qui alimentent aujourd’hui la gronde : «Pour faire tourner les seize lits de mon service, il faut 40 paramédicaux. Aujourd’hui, je n’en ai plus que quinze. Je suis obligée de fermer deux à quatre lits sur seize depuis six mois faute de personnel soignants», s’indigne-t-elle, estimant de son «devoir d’alerter» l’opinion. «Sur les cinq infirmières de garde la nuit dernière, deux seulement étaient de mon équipe, deux autres étaient intérimaires donc sans connaissance du service et des patients, et la dernière faisait partie du pôle commun aux services. Sur les deux aides-soignants qui auraient dû être présents, une seule était là. Bilan, hier soir à 22 heures 30, aucun des malades du service n’avait eu à manger, et mon aide-soignante débordée culpabilisait…»


«Investir plus fortement»
Sous la banderole de l’hôpital Necker, la même colère affleure : «Faute d’infirmières et d’aides-soignants en nombre suffisant, on doit refuser d’hospitaliser et d’opérer des enfants», s’emportent en chœur le professeur Olivier Goulet, chef du service de gastropédiatrie et ses deux collègues, les professeurs Florence Campeotto et Samira Sissaoui. «Les infirmières veulent prendre soin des patients, pas distribuer des soins !» Infirmière depuis quinze ans au service hématologie de l’hôpital Saint-Louis, Julie témoigne elle aussi de la dégradation du quotidien des soignants et des malades : «On a longtemps été parmi les mieux lotis, mais aujourd’hui des patients atteints de cancer attendent des heures dans les couloirs. Ils n’y meurent pas, mais presque. Pour un hôpital comme Saint-Louis, spécialisé en cancérologie, c’est triste.»
Au fil de la manif, c’est la même «inquiétude profonde» qui se décline sur un fond sonore saturé par les sifflets, les cornes de brume et les sirènes. 
Dans la soirée, le collectif inter-hôpitaux réuni en assemblée générale dans un amphi bondé de la Pitié Salpétrière a voté avec force la poursuite du mouvement et appelé à «intensifier la grève administrative» et celle du codage des actes médicaux dans l’ensemble des services. 
De son côté, Emmanuel Macron, en déplacement à Epinay, n’est pas resté insensible. Assurant avoir «entendu la colère et l’indignation» du personnel soignant, le chef de l’État a dit «devoir assumer d’investir plus fortement que nous avions envisagé de le faire». Et de promettre un plan «conséquent» et des «décisions fortes» dont le Premier ministre, Edouard Philippe, détaillera mercredi «le montant, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier». Est-ce à cet instant que la fanfare du cortège hospitalier a entonné Manureva ?


Source : liberation.fr


L’hôpital public se mobilise pour réclamer un traitement de choc


Les soignants des hôpitaux publics sont appelés ce jour à manifester pour exiger davantage de moyens et d'effectifs. La ministre de la Santé promet un "plan de soutien" pour les personnels hospitaliers.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, étudiants et doyens. Tout le personnel hospitalier est appelé à manifester jeudi 14 novembre, dans toute la France, pour dénoncer une situation intenable et exiger davantage de moyens et d'effectifs.
Emmanuel Macron a annoncé dans la journée à Épernay (Marne) que des "décisions fortes" pour les hôpitaux seraient présentées mercredi par l'exécutif pour répondre à la colère du personnel hospitalier.
Sous pression budgétaire depuis des années, l’hôpital public a commencé à exploser ces derniers mois et tout particulièrement depuis le printemps lorsque de nombreux services d’urgences se sont mis en grève.
L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. À commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés lundi.
Les revendications n'ont pas changé depuis le départ : augmentation des salaires, hausse des effectifs et réouverture des lits supprimés.
Fait rare, tous les syndicats de la fonction publique hospitalière s'y sont ralliés, en particulier la CGT, FO et la CFDT, qui peinent tant à s'accorder sur d'autres sujets au niveau national (...) Les étudiants de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) ont rejoint le mouvement, avec la bénédiction des doyens de médecine, qui ont décrété une "journée sans activités dans toutes les facultés".
Leurs aînés en internat, indispensables au fonctionnement des services hospitaliers, sont pour leur part consultés par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre".
"Plan de soutien"
L'inquiétude remonte jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine". Même l'Ordre des médecins "comprend ce désarroi" dû à "des conditions de travail toujours plus difficiles" et attend "une réponse à la hauteur des enjeux".
Agnès Buzyn a promis en réponse un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".
Mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit : ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension.
Les manifestants visent désormais plus haut : le cortège parisien s'élancera à 14 heures de Port-Royal en direction des Invalides, en espérant que leurs représentants seront reçus à Matignon.
En plein examen du budget 2020 de la Sécu par la chambre haute, les débats se polarisent sur la hausse des dépenses de santé, pour l'heure limitée à 2,1 % à l'hôpital, quand les grévistes réclament le double.
Source : france24.com


mercredi 13 novembre 2019

Le CHU de Strasbourg frappé de plein fouet par la crise des hôpitaux


« On arrive au bout » : à la veille d’une grève de grande ampleur, le personnel du CHU de Strasbourg lance un nouveau cri d’alarme.
Un hôpital "en souffrance", des conditions de travail "dégradées" et des personnels parfois "proches du burn out" : c'est le constat alarmant dressé par le personnel du CHU de Strasbourg, à la veille d'une manifestation nationale pour un "plan d'urgence" en faveur de l'hôpital public.
FO et l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) ont appelé à entamer jeudi 14 novembre un mouvement de grève reconductible aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), comme ailleurs en France.
« On va tout le temps à l’économie »
"On arrive au bout (...). Il y a de plus en plus de patients et, derrière, on va tout le temps à l'économie", peste Christian Prud'homme, secrétaire général du syndicat FO Santé aux HUS.
Cinquième CHU de France (hors Paris et Marseille) avec plus de 2.500 lits et places de jour et 12.000 agents, les HUS sont soumis depuis des années, comme bien d'autres hôpitaux, à un plan d'économies afin de résorber leur déficit.
Des économies, mais à quel prix ?
Une diète budgétaire qui leur a permis de ramener le déficit cumulé de 30 millions d'euros en 2013 à 5 millions d'euros en 2018, concède le syndicaliste. Mais au prix, selon lui, de conditions de travail qui se sont dégradées avec, pour la seule année 2019, quatre mouvements sociaux.
Des conséquences désastreuses
"On ferme des lits et on diminue la masse salariale", déplore M. Prud'homme, qui sort sa calculette : "en quatre ans (...) plus de 300 lits ont été fermés, tous secteurs confondus" tandis qu'une cinquantaine d'infirmières supplémentaires seraient nécessaires.
Conséquences : un "manque de moyens" et de personnel, des plannings parfois gérés au jour le jour, des journées à "flux tendu"... Sans compter les difficultés à recruter et à fidéliser le personnel soignant qui n'hésite pas à filer dans le privé, où salaires et conditions de travail sont bien meilleurs.
Désillusion face à la machine financière
Alexis Lienhardt est un jeune infirmier de 27 ans. A sa sortie d'école, en 2013, il a intégré, avec enthousiasme, le CHU. "A l'époque, je pensais être dans un secteur porteur. En fait, on se rend compte qu'on est dans une machine financière", lâche-t-il, confiant sa "désillusion".
Aujourd'hui, il ne conseillerait "absolument pas" à ses jeunes collègues d'intégrer l'hôpital public : en six ans, Alexis, qui a vécu pendant deux années "l'enfer" des urgences, dit avoir vu sa profession se "précariser" et perdre de son attractivité.
« La face visible de l’iceberg »
Très médiatisée, la crise des urgences n'est pourtant que "la face visible de l'iceberg", analyse le professeur Jean-Philippe Mazzucotelli, chef du service de chirurgie cardiaque au CHU.
Les urgentistes "travaillent dans des conditions extrêmement difficiles (...) mais il ne faut pas croire que c'est mieux pour nous", poursuit le chirurgien, porte-parole du Collectif de défense des structures hospitalo-universitaires d'Alsace.
Un problème plus vaste
Car "si les urgences vont si mal, c'est parce qu'il n'y a pas assez de lits" d'hospitalisation en aval dans les services pour les désengorger, explique M. Mazzucotelli, qui se dit "solidaire" de l'appel du "collectif inter-hôpitaux" à manifester jeudi à Paris.
"Le problème des urgences, c'est le problème de tout l'hôpital", insiste M. Mazzucotelli, pour qui "tous les services sont en souffrance" depuis l'instauration des mesures d'économie.
La gériatrie pas épargnée
Autre exemple criant de la crise de l'hôpital public : la gériatrie, où le manque de personnel est "probablement plus critique en raison d'une reconnaissance insuffisante de la pénibilité des métiers du grand âge", déplore le professeur Georges Kaltenbach, chef de ce service qui compte 400 lits.
26 sont actuellement fermés et les personnels soignants sont "épuisés par les conditions de fonctionnement et les effectifs insuffisants", avec, en conséquence, une prise en charge des patients "dégradée", abonde le Dr Patrick Karcher, qui exerce au sein du pôle gériatrie.
Christian Prud'homme tire la sonnette d'alarme : les personnels sont "au bout du rouleau ou en 'burn out', il y a un ras-le-bol général (...) Il faut d'urgence des moyens supplémentaires", prévient-il. Sollicitée par l'AFP, la direction du CHU n'a pas souhaité s'exprimer.

Source : francetvinfo.fr


L’activité de chirurgie d’une clinique de Cosne-Cours-sur-Loire a été suspendue dès ce mercredi


Des « manquements répétés à la sécurité des soins » sont la raison pour laquelle une clinique de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre) a suspendu son activité de chirurgie. C’est ce qu’a annoncé, mardi, l' Agence régionale de Santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté dans un communiqué.
La décision de l’ARS « concerne l’hospitalisation complète comme la chirurgie ambulatoire ». Elle « fait suite aux constats qui subsistent à l’issue de plusieurs inspections (…) caractérisant des conditions de fonctionnement susceptibles de mettre en danger la sécurité des patients », précise le communiqué.
Six mois pour remédier aux problèmes
Les manquements relevés par l’agence portent sur l’organisation et le fonctionnement de la chirurgie ambulatoire, la sécurité anesthésique, le processus transfusionnel ou la sécurisation des prescriptions médicamenteuses, selon la décision. La clinique devra « remédier aux différents dysfonctionnements constatés dans un délai de six mois » a précisé l’ARS, ajoutant avoir « informé les établissements voisins » et être « particulièrement attentive à la continuité des soins qui doit être organisée par l’établissement ».
La suspension ne concerne pas les activités d’imagerie conventionnelle et de scanner ni les missions de service public assurées par le centre hospitalier auquel la clinique est adossée : accueil des urgences, SMUR et médecine, a encore indiqué l’ARS. Cette clinique avait déjà vu sa maternité suspendue fin 2017 en raison du manque de personnel, avant d’être définitivement fermée quelques mois plus tard, remplacée par un centre périnatal de proximité.
« Destruction de l’appareil sanitaire nivernais »
« Je suis conscient de la nécessité que les patients puissent être soignés en toute sécurité (…) mais je ne comprends pas qu’on ne soit pas capable de travailler en amont pour éviter l’arrivée d’une telle situation », a immédiatement réagi le président (PS) du département, Alain Lassus. Le bassin de population de Cosne-sur-Loire « perd un outil de proximité absolument nécessaire. (…) Il n’y aura plus qu’un seul endroit où on va opérer dans l’immense territoire nivernais, à Nevers », a-t-il déploré.
Il pointe « la destruction de l’appareil sanitaire nivernais, mis en place depuis une dizaine d’années ». La situation des services de santé dans le département est régulièrement dénoncée par des élus locaux, des syndicats ou encore à l’occasion de manifestations en défense de l’accès au soin.

Source : ouest-france.fr

Démissions à l'hôpital des enfants de Toulouse : “C'est l'histoire d'une catastrophe annoncée”


Des enfants de plus en plus nombreux, des familles en détresse et un personnel soignant à bout de nerf... C'est la situation décrite par plusieurs chefs de service de l'hôpital des enfants de Toulouse-Purpan. 13 d'entre eux viennent de démissionner de leurs fonctions administratives. Témoignage.
Après la démission la semaine dernière des 2 chefs de pôle, 13 chefs de service de l'hôpital des enfants du CHU Purpan ont eux aussi démissionné de leurs fonctions administratives. Un signal fort à l'adresse de l'administration pour dénoncer leurs conditions de travail. 
Tous décrivent une situation très problématique. L’hôpital des enfants, le seul sur Toulouse et sa région, manque cruellement de moyens.
"C'est l'histoire d'une catastrophe annoncée"

Parmi les grévistes, le docteur Agnès Suc, pédiatre au centre des douleurs et soins palliatifs pédiatriques. Elle exerce à l'hôpital des enfants depuis le début des années 2 000 et a vu les conditions de travail et l'accueil des enfants se dégrader petit à petit. Elle dénonce une logique comptable qui ne lui permet plus d'assurer son rôle de soignant convenablement. Même le bâtiment construit en 1998 ne serait plus adapté aux besoins. 
Le bâtiment est beaucoup trop petit et nous devons faire de nombreux allers-retours entre plusieurs autres bâtiments
L'hiver et ses épidémies
Les médecins, chefs de différents services craignent beaucoup l'arrivée de l'hiver et de ses épidémies : bronchiolite, grippe et gastro-entérite. Une période où la fréquentation est en forte hausse. Pour Agnès Suc, le risque c'est l'erreur de diagnostic, sur une population extrêmement vulnérable.
Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir assurer la sécurité des enfants. 
Une grève comme un appel à l'aide
Peu habitués aux mouvements de grève, ces chefs de service n'ont pas hésité. Leur action est bien sûr symbolique. Si le docteur Agnès Suc a accepté de témoigner c'est en blouse blanche, stétoscope dans la poche, entre deux patients.
Aujourd'hui, on a vraiment peur, on veut alerter
A l'occasion de la journée nationale des hôpitaux, les personnels médicaux et para médicaux seront en grève jeudi après-midi. 
La plupart d'entre eux seront réquisitionnés pour assurer la continuité des soins.
Article de Karine Pellat

Source : france3-regions.francetvinfo.fr
Pour plus d'informations (et voir les vidéos)

« L’hôpital public s’écroule », alertent 70 directeurs médicaux


« L’hôpital public s’écroule » : dans une tribune publiée ce mercredi par « le Monde », 70 directeurs médicaux de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) appellent à augmenter le budget alloué à la santé et à revaloriser les salaires des soignants, redoutant un « point de rupture irréversible ».
« Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », s’alarment les signataires, à la tête des départements médico-universitaires (DMU) récemment créés à l’AP-HP, à la veille d’une journée de mobilisation pour « sauver l’hôpital public ».
« Arrêter de coder, c’est arrêter de collaborer à un système qui tue l’hôpital public »
Faute de personnel, « des centaines de lits d’hospitalisation » et « des dizaines de salles d’opération » sont fermés, « chaque semaine des unités de soin ferment », poursuivent les auteurs de la tribune.
Conséquence, les délais de prise en charge « s’allongent » et ne sont plus « raisonnables » pour les « soins urgents », obligeant les patients à « se tourner » vers le privé.
« Trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale », estiment les directeurs médicaux.
Fuite des soignants et des médecins
Aux « centaines de postes » budgétisés mais non pourvus s’ajoute la fuite, « plus grave encore », d’infirmiers, d’aides-soignants, de kinésithérapeutes… qui entraîne « une surcharge de travail » et « un épuisement » des équipes restantes.
« Laisserez-vous mourir l’hôpital public ? » : des urgentistes interpellent les Français
En cause, notamment, la « non-revalorisation salariale » des soignants « depuis plusieurs années » et des rémunérations « particulièrement » inadaptées au coût « des loyers, de la vie » en région parisienne.
De même, « la fuite des médecins des hôpitaux universitaires met en péril la formation de toute la profession » et « le niveau de la santé en France », s’inquiètent les signataires.
Manifestation jeudi 14 novembre
Après des années de pression budgétaire et de « réduction progressive des effectifs », ils appellent à « réviser à la hausse » l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (l’Ondam, Objectif national de Dépenses d’Assurance Maladie, qui sert à limiter leur augmentation naturelle) pour éviter « le pire » demain.
D’autres « mesures d’urgence » s’imposent selon eux comme une revalorisation du « salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins » ou un accès aux logements facilité « à proximité » des hôpitaux.
Plus largement, ils appellent à « une refonte complète » du financement de l’hôpital.
Une « grande manifestation » est prévue jeudi 14 novembre à Paris par les syndicats et des collectifs désireux d’étendre la grève en cours depuis sept mois aux urgences à tout l’hôpital.
Mardi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui promet un « plan de soutien » courant novembre, a indiqué que des « discussions » étaient « en cours » sur le niveau de l’Ondam.


Source : nouvelobs.com