"La Vie Hospitalière"

mercredi 13 novembre 2019

Situation de l'hôpital public : "On arrive à un point de rupture"


Au micro du "Grand journal du soir" d'Europe 1, le chef du service pédiatrie de l'hôpital Necker, Rémi Salomon, soutient l'appel à la manifestation nationale de tous les personnels soignants dans les hôpitaux, jeudi.
Huit mois après le début du mouvement de grève des services d'urgence, la grogne a essaimé dans tous les étages des hôpitaux publics. Les personnels soignants s'apprêtent à manifester lors d'une journée "hôpital mort", jeudi. Un appel que soutient le professeur Rémi Salomon, chef de service en pédiatrie à l’Hôpital Necker, qui a considéré, mercredi soir, sur Europe 1, qu'on arrivait à "un point de rupture".
Invité du Grand journal du soir, le médecin a rappelé que le jour de la manifestation n'avait pas été choisi au hasard, puisque c'est en ce moment qu'est "voté le budget de l'hôpital [public]" pour l'année 2020. Et c'est ce vote qui déchaîne les passions. "Il est à 1-1,5 milliard d'euros en deçà des besoins", explique le chef de chef de service. "De plus, il n'est pas déterminé en fonction des besoins de l'hôpital, mais sur des critères macro-économiques. On nous dit que la dépense publique est excessive, alors on se voit fixer un montant à ne pas dépasser, […] et cela fait dix ans que ça dure !"
"Le malaise est énorme, et l'inquiétude terrible"
La baisse de budget se matérialise essentiellement par des économies "sur la masse salariale", soit les deux-tiers des dépenses de l'hôpital. Et qui a pour conséquence la fermeture de lits dans tous les services. Prenant le sien en exemple, le professeur explique qu'en réanimation pédiatrique, 42% de l'effectif paramédical est parti. Concrètement, "alors que l'épidémie de bronchiolite débute, on est obligé de transférer des enfants en dehors des hôpitaux parisiens". "Hier [mardi], il y en a eu trois". Avant de résumer : "La situation est catastrophique […] le malaise est énorme, et l'inquiétude terrible".

Source : europe1.fr



Nancy : le Samu mis en cause après la mort d’un homme, plusieurs enquêtes ouvertes


Le procureur de la République a ouvert une enquête après la mort suspecte d'un homme près de Nancy. Le Samu aurait refusé de se déplacer avant son décès.
Que s’est-il passé le 6 novembre 2019 au domicile d’un homme à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy ? Un quinquagénaire est décédé à son domicile devant l’un des proches. Ce dernier a appelé à plusieurs reprises le Samu qui a refusé de se déplacer malgré quatre appels téléphoniques au numéro d’urgence (le 15). 
Selon une amie de la victime, qui a tenté de faire déplacer le Samu du CHRU de Nancy, quatre appels ont été nécessaires pour que des sapeurs-pompiers se déplacent. La jeune femme a expliqué à L’Est Républicain ce mercredi 13 novembre 2019, qu’elle a appelé à trois reprises les secours. Les secours n’auraient été déclenchés qu’après le dernier appel « dans un délai de 15 minutes ».
L’un des opérateurs aurait même raccroché. Pompiers et Samu n’ont d’ailleurs rien pu faire pour sauver cet homme qui revenait d’un voyage en Chine. 
Décès à cause d’une rupture de l’aorte, selon l’autopsie
Le procureur de République de Nancy, François Pérain, contacté par Lorraine Actu a confirmé « qu’à la suite des déclarations de l’amie de cette personne décédée, nous avons ouvert une procédure de recherche des causes de la mort ».
Dans ce cadre, une autopsie a eu lieu et a conclu à un décès dû à une rupture de l’aorte. Par ailleurs, il a été demandé au service d’enquête de procéder à la saisie et à l’exploitation de l’enregistrement de la régulation du Samu. 
Une enquête interne ouverte au Samu
Une « enquête interne en lien avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) est cours », a indiqué à Lorraine Actu la direction du CHRU de Nancy dont dépend le Samu de Meurthe-et-Moselle.
« Elle permettra d’analyser les conditions de prise en charge du patient », explique la direction qui n’a pas voulu faire plus de commentaires à ce stade des investigations. 
En mai dernier, le Samu de Nancy avait déjà été mis en cause dans la prise en charge d’une jeune femme malade « traitée de menteuse », affirmait son père. 
Le Samu régulièrement pointé du doigt
Cette nouvelle affaire vient entacher l’image du Samu déjà écornée par l’affaire Naomi à Strasbourg (Bas-Rhin). Deux opératrices sont mises en cause pour avoir traité avec mépris l’appel au secours d’une jeune femme qui affirmait avoir mal au ventre. Elle est morte peu de temps après. Une enquête judiciaire avait été ouverte. 
Dans le même temps, une enquête avait aussi été ouverte dans le Loir-et-Cher après la mort d’un garçon de 13 ans en 2014. Ses parents estiment qu’une mauvaise prise en charge du Samu est à l’origine de la mort de leur enfant, qui était atteint d’une tumeur cérébrale
Le gouvernement s’est saisi du dossier et assure vouloir mieux former les agents du Samu et créer un numéro unique d’urgences comme aux États-Unis (911).

Source : actu.fr
Lire aussi (lefigaro.fr)

Urgences : les médecins libéraux opposés au "numéro santé unique"


Les syndicats des médecins libéraux dénoncent un plan urgences trop centré sur l’hôpital qui ne s’appuie pas assez sur la médecine de ville. La mesure phare de ce plan, le numéro santé unique 113, ne serait qu’un dupliqua du 15 déjà existant.
Non, le 113 n’est pas la solution. C’est l’avis des médecins libéraux dont les syndicats ont dénoncé le 12 novembre un plan urgences "exclusivement centré sur l'hôpital". Le numéro santé unique 113, envisagé dans le cadre du futur "service d'accès aux soins" (SAS) promis pour l'été 2020 par le gouvernement ne satisfait pas ces syndicats.
La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait organisé le 8 novembre à son ministère une réunion sur le "pacte de refondation des urgences" présenté en septembre en réponse à la grève inédite démarrée mi-mars. Mais les "pistes" alors présentées "confirment malheureusement les craintes des médecins libéraux", écrivent la CSMF, MG France, la FMF et le SML dans un communiqué commun.
Mesure phare du plan, avec un coût estimé à 340 millions d'euros sur un total de 750, le service d'accès aux soins vise à désengorger les urgences en orientant les patients suivant leurs besoins, en ligne ou par téléphone, 24 heures sur 24. Objet d'un groupe de travail depuis début octobre, ce SAS "serait peut-être placé sous un numéro santé unique, le 113", rapportent les syndicats.
"Ce numéro n'est en fait que le 15 (le numéro d'appel au Samu, un service hospitalier, ndlr) sous un nouvel habillage", estiment-ils, déplorant une "occasion ratée de s'appuyer sur la médecine de ville" c’est-à-dire hors hôpital.
Mieux vaudrait, selon eux, généraliser le 116 117, ce numéro déjà expérimenté dans certaines régions pour trouver un médecin libéral de garde la nuit, le week-end et les jours fériés, afin de "créer une filière spécifique aux soins de ville, distincte des urgences médicales".
Menace d’une grève des gardes
Les syndicats réclament en outre "une valorisation de la prise en charge" des soins non programmés en ville, une régulation gérée par des organisations libérales et un alignement des horaires des gardes des libéraux sur celles des hospitaliers. Si au contraire la piste d'un service d’accès aux soins "sous l'égide de l'hôpital" était retenue, "les syndicats de médecins libéraux n'auraient plus d'autre possibilité pour se faire entendre que de s'engager résolument dans une grève des gardes", préviennent-ils.
"Rien n'est clos, rien n'est fermé", a assuré de son côté le ministère de la Santé à l'AFP, rappelant que le groupe de travail doit remettre ses propositions d'ici à décembre pour permettre un service d’accès aux soins opérationnel cet été et que "chacun" y trouve "une place".
Selon le collectif Inter-Urgences, 268 services étaient toujours en grève le 11 novembre 2019 et une mobilisation nationale est prévue ce jeudi 14 novembre.

Source : allodocteurs.fr


Pour "La Vie Hospitalière" il ne faut pas se voiler la face, qu'il y ait un service libéral de garde répondant à certaines urgences c'est une chose, mais rien ne pourra remplacer les interventions sur place des urgentistes par exemple, apprécier l'urgence doit donc passer impérativement par un seul numéro avec une régulation ayant tous les moyens pour ce faire.
Le 116 117 ne peut remplacer le 15, il est complémentaire sans plus. Il faut donc impérativement renforcer les services d'urgences et donner les moyens en effectifs permettant de faire face aux réels besoins. Il y a urgence !  

 la base, le service 116 117 a été mis en place pour désengorger les urgences. Mais ce dispositif est-il vraiment efficace ?
Le 116 117 est une ligne gratuite qui permet aux patients de joindre un médecin de garde. Au-delà de 20 heures du soir et le week-end, il est possible d'appeler ce numéro. Ce service a pour objectif de désengorger les urgences. L'idée est de mieux orienter les patients et leur éviter de se déplacer inutilement à l'hôpital. La question est de savoir si le 116 117 est vraiment efficace. Jusqu'ici, les résultats sont plutôt mitigés.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 13 heures du 11 septembre 2019 présenté par Jean-Pierre Pernaut sur TF1. 

Source : lci.fr

Combien coûte la consultation d’un médecin de garde ?
Source : matmut.fr

Les urgences hospitalières, miroir des dysfonctionnements de notre système de santé

Source : senat.fr





L'euthanasie ou la fin de vie ?

Dans deux livres autour de la fin de vie, un sociologue et un philosophe s'interrogent sur l'impasse actuelle en France.
Ils ne ressemblent pas, s’opposent même parfois. Depuis plus de dix ans, ils travaillent sur les situations de fin de vie. Et tous les deux viennent de publier un livre autour de l’euthanasie et de la bioéthique dite à la française.
Philippe Bataille est sociologue, directeur de recherches à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), spécialiste des vulnérabilités. Travaillant d’abord sur le cancer, il a montré avec justesse comment la maladie ne se résumait pas à sa guérison. Puis en 2012, il a publié À la vie, à la mort, qui décrivait comment le monde des soins palliatifs avait imposé ses règles, ses normes, puis ses valeurs, pour créer une «culture palliative» qui laissait au final peu de place au choix du patient. Emmanuel Hirsch, lui, est philosophe ; au départ militant dans la lutte contre le sida, il a bifurqué, et occupe depuis une place importante dans le monde de la bioéthique : il est devenu professeur d’éthique médicale et, surtout, a créé et dirigé l’espace régional de bioéthique Ile-de-France.
On tourne autour du geste et de l’intention du praticien
À les lire tous les deux, un point commun les unit. Ils se retrouvent sur le constat que la situation française en matière de fin de vie reste confuse, parfois hypocrite, ou plus simplement maladroite. Depuis vingt ans des débats sont certes organisés, des lois sont régulièrement votées, des histoires terribles marquent au passage les esprits comme celle récente de Vincent Lambert, et pourtant le sentiment de «mal mourir» en France persiste. Y aurait-il une malédiction à la française?
Dans son livre, Philippe Bataille retrace vingt ans de législations à la française, où à chaque fois domine sur le moment le sentiment qu’un équilibre a été trouvé, lequel est pourtant systématiquement remis en cause avant même qu’il n’ait eu le temps de s’installer. Pour ce chercheur, c’est le refus explicite d’accepter de donner (ou de demander) la mort qui embrouille tout le paysage, pour enfermer les uns comme les autres dans des jeux de rôle, où l’esquive de chacun est centrale. La dernière loi, dite Claeys-Leonetti, va ainsi autoriser la «sédation profonde et continue jusqu’au décès» sous certaines conditions, plutôt qu’une injection létale. Aux yeux de Philippe Bataille, on va tourner autour du geste et de l’intention du praticien : endort-il, ou donne-t-il la mort ?
Au final, c’est l’ambiguïté qui reste. «La mort naturelle sous sédatifs laisse perplexes bien des observateurs étrangers… Laisser mourir est la loi», poursuit Philippe Bataille. «Dépénaliser rétablirait la possibilité d’un consentement aux soins palliatifs qui sinon ne se discutent pas. Dépénaliser renforcerait la confiance dans la relation médicale et le dialogue patient-soignant. Et surtout dépénaliser offrirait un choix à l‘incurable qui n’en a plus vraiment.» Ou encore : «Endormir profondément leurre les malades dont les droits ne sont pas garantis. L’accompagnement palliatif modélisé en fin de vie fait se confondre l’euthanasie, le suicide assisté, l’agonie.» Bref, autoriser le faire mourir mettrait fin à l’ambiguïté actuelle, préjudiciable à tous.
«La volonté d’être présents»
Emmanuel Hirsch n’est pas sur cette analyse. Non sans conviction, il répète combien il est inquiétant à ses yeux que les questions autour de la fin de vie se résument à celle de l’euthanasie. Dans un ouvrage précédent, recueil de témoignages de fin de vie, il disait déjà : «Voilà des gens qui m‘ont transmis des valeurs. Quand on vieillit et qu’on a l’impression de ne plus exister socialement, on est dans une société sélective… Pour moi, ces gens ne mouraient pas, ils avaient la volonté d’être présents dans ce parcours chaotique.»
Il pointe les limites de ces débats législatifs : «Aucune loi, aussi libérale soit elle, ne saurait nous permettre de surmonter les dilemmes redoutés de notre confrontation personnelle à l’expérience intime et ultime d’une fin de vie.» Pour émettre ce vœu final : «Le temps est-il venu d’un acte politique pour conclure près de quarante années de discussion, parfois de polémiques ? Il ne s’agit pas tant de légiférer sur l’euthanasie que de penser ensemble l’environnement humain et social favorable à une fin de vie digne, respectueuse des préférences et des droits de chacun, attentive à éviter les discriminations, et donc inspirées des valeurs de notre démocratie.»
Pour le moment, ce n’est pas d’actualité, le gouvernement ayant exprimé le souhait de ne pas ouvrir le débat pour laisser, dit-il, le temps à la loi actuelle de s’installer.
Laisser partir, Editions de la Maison des sciences de l’homme, par Philippe Bataille.
Faut-il autoriser l’euthanasie ? aux Editions First, par Emmanuel Hirsch


Source : liberation.fr

mardi 12 novembre 2019

TRIBUNE. Patrick Pelloux et les médecins urgentistes de France dénoncent "l'hôpital entreprise"


L'urgentiste Patrick Pelloux et treize de ses confrères pointent les dégâts causés par "l’hôpital entreprise" et s’inquiètent de la gestion des prochaines épidémies hivernales.
Voici la tribune de l'Association des médecins urgentistes de France, intitulée "Lundi 4 novembre, 8 heures, 35 patients hospitalisés dans les couloirs des urgences" : Depuis trente années, des médecins n’ont cessé d’alerter sur la situation sanitaire en France.
L’idée médico-économique des années 80 était : plus il y a de médecins plus il y a de consommateurs de soins. S’il y avait tant de dépense de santé, c’était parce qu’il y avait trop de demande à cause d’une trop grande offre. Comparant la santé avec la mode ou la grande distribution. Dans les années 90, les médecins libéraux dans la surconsommation des soins, ont même été encouragés à partir à la retraite par de rondelettes sommes et la possibilité de travailler comme salarié en plus de leur retraite. Dans le même temps le numérus clausus réglant le nombre d’étudiants pouvant faire médecine s’est vu réduit drastiquement jusqu’en 2006.
Plus l’ouvrier voit de malades, plus il produit. Plus il fait de soins, plus il est rentable
Ensuite une autre idée a été d’incriminer le prétendu gaspillage des hôpitaux, pourvoyeur du trou de la sécurité sociale. La loi Bachelot créa "l’hôpital entreprise" qui a alors retiré tout pouvoir décisionnaire aux médecins hospitaliers pour confier la bourse à des gestionnaires. On va jusqu'à interdire les salles de gardes, le lieu de rencontre des médecins au sein des hôpitaux sous le fallacieux prétexte que des peintures contraires à la morale et désobligeantes pour les dames en couvrent les murs. 
Dans le même temps, la tarification à l’acte a réglé le système de santé devenu une industrie gérée par des gestionnaires. Plus on fait d’actes, plus on est rentable. Chaque malade est pourvoyeur d’argent pour l’hôpital s’il consomme plus d’examens, de médicaments, de soins. Les médecins et les soignants sont les ouvriers de ce système. Plus l’ouvrier voit de malades, plus il produit. Plus il fait de soins, plus il est rentable. Mais ses actes multiples et multipliés font augmenter la dépense de santé. La qualité n’entre pas dans les critères. Mais d’années en années, les financements des hôpitaux chutent, les budgets votés par les députés comme cette année sont déficitaires. Ainsi plus de cent mille lits ont été fermés en quinze ans, dont quatre mille huit cent en 2018. A l’hôpital, nous gérons une pénurie dans tous les services.
À présent, après avoir mis dos à dos les acteurs d’un même service, cadres, soignants, médecins, personnels administratifs, en les missionnant sur la codification et la vitesse plutôt que sur la qualité, on accuse les difficultés managériales de l’hôpital public. Mais l’hôpital public n’accueille pas les mêmes malades que l’hôpital privé. A l’hôpital public, nous soignons tout le monde, quelle que soit sa pathologie, même les week-ends ou les jours fériés ou à n’importe quelle heure. Notre mission de service public est de tout faire tout le temps, mais le gouvernement ne nous en donne pas les moyens.
Il a manqué trente-cinq lits d’hospitalisation soit un effectif de deux infirmiers, deux médecins et deux aides-soignants
Lundi 4 novembre à huit heures, 35 patients sont hospitalisés dans les couloirs d’un service d’urgences d’un hôpital parisien. Cela signifie que l’hôpital n’a pas pu absorber les 35 patients ayant nécessité une hospitalisation au cours du long week-end. Il a manqué trente-cinq lits d’hospitalisation soit un effectif de deux infirmiers, deux médecins et deux aides-soignants. Les patients sont entassés brancards contre brancards. L’équipe des urgences fait les soins en glissant le chariot parmi les malades. Les médecins font la visite, examinent, interrogent dans un brouhaha de souffrance. Mais le flux ne s’arrête jamais et des patients arrivent pour consulter aux urgences. Alors l’équipe commence la course infernale : s’occuper des malades présents depuis un à deux jours et de ceux qui viennent d’arriver. Brancards et sièges libérés par les patients montés dans des services de l’hôpital sont immédiatement nettoyés pour accueillir les arrivants à l’accueil. Les moins graves sont assis. 
Les brancardiers se dépêchent de libérer les box, de transférer les malades dans les services ou vers des salles d’examens. L’équipe médicale de renfort arrive en même temps que la relève des infirmières et des aides-soignantes. Tout le monde est désabusé.
Cette augmentation d’effectif devrait donner un nouveau souffle. Mais le flux continue des malades ne faiblit pas. Entre les distributions de gobelets, les cris, les appels de l’accueil à l’interphone "besoins de brancards". Le soir, il faut presque deux heures pour faire comprendre à l'administrateur de garde que la situation est inhabituelle : 60 inscrits de plus qu'un jour normal. Nous avons besoin d'aval (un seul lit d’hospitalisation est annoncé sur tout l’hôpital), de matériel technique et humain (il manque une infirmière, à partir de minuit il ne reste que deux médecins) et d'un répit en amont : toutes les six minutes en moyenne, un patient se présente à pied, en ambulance ou avec les pompiers. Merci à la solidarité humaine des soignants, qui acceptent de rester sans attendre une demande administrative officielle. On guette chaque visage dans cette foule de patients pour voir la détresse vitale. Repérer si tout le monde va à peu près bien avant et après avoir été vu par le médecin. Quand deux patients décompensent, les extraire de la foule, les soigner. En même temps, demander de l’aide à l’administrateur de garde et à toutes les ressources possibles de l’hôpital. Au matin, trente hospitalisations sur des brancards et aucune mesure immédiate de la direction. 
On s'est encore débrouillé seul avec les médecins internistes pour avoir de l'aide. Mais les soignants n’ont pas eu de renfort.
Les bureaucrates et les politiques ne comprennent-ils rien à notre travail? Ou bien, puisque nous colmatons tout seuls depuis tant d’années les imperfections du système, ne se rendent-ils pas compte? A moins que cette froideur ne cache leur impuissance?
Nous attendons l’hiver et ses épidémies qui ne sont pas encore venus. Les services d’urgences sont juste les portes par lesquels on aperçoit les dégâts de l’hôpital public. Certains proposent cette idée folle de limiter l’entrée. Combien de morts cela fera?

On en vient à se poser la question suivante : Est-ce que l’épuisement du système n’a pas été programmé? Est-ce que tout n’a pas été fait pour que s’effondre l’hôpital public au profit de l’économie? Le but n’est-il pas de détruire la sécurité sociale et le service public hospitalier?

Aujourd’hui, des postes de médecins, d’infirmier(e)s, d’aides-soignants, de manipulateurs radio, de cadres, de kinésithérapeutes, ne sont plus pourvus parce que les conditions de travail trop difficiles effrayent les plus altruistes avec des salaires trèsbas (la France est au vingt-sixième rang de l’OCDE pour les salaires des infirmières). Il manque des médicaments, des brancards, des lits mais aussi les humains pour occuper les services, pour s’occuper des patients. Le démantèlement est en cours d’achèvement. En épuisant les soignants, on les a fait fuir : spirale sociale infernale. Non seulement l’hôpital public est déficitaire, mais il deviendra inefficace puisque incapable de remplir sa mission de continuité des soins pour tous.

Mesdames et messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l’hôpital public sans avoir tenté quelque chose?

Nous demandons :
- L'ouverture de lits.
- L'augmentation de l'ONDAM hospitalier.
- L'arrêt de la facturation à l'acte : la T2A.
- L'augmentation des effectifs cibles.
- L'augmentation des salaires.

C’est pour cela et pour vous que nous serons dans la rue le jeudi 14 novembre dans rue.

Pour l’Association des médecins urgentistes de France Dr Lydie Nguyen The (Kremlin Bicètre), Dr Patrick Pelloux (Paris), Dr Christophe Prudhomme (Avicennes), Dr Christian Brice (Saint Brieux), Dr Franck Legrand (Armentière), Dr Franck Beker (Rodez), Dr Alain Percodani(Ajaccio), Dr Emmanuelle Seris (Sarguemine), Dr Fréderic Pain (Parthenay), Dr Véronique Péquignot (Marseille), Dr Magalie Kraif 5Marseille), Dr Hugues Breton (Digne), Dr Eric Loupiac (Lons le Sonnier, Dr Didier Storme (Vichy).

(Publiée le 10 novembre 2019 dans Le Journal du Dimanche)

Source : amuf.fr


dimanche 10 novembre 2019

« Laisserez-vous mourir l’hôpital public ? » : des urgentistes interpellent les Français


C’est un cri du cœur que poussent 13 médecins urgentistes ce dimanche 10 novembre. Dans une longue tribune publiée dans le « Journal du dimanche ». « Mesdames et messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l’hôpital public sans avoir tenté quelque chose ? », demandent-ils, interpellant citoyens et pouvoirs publics quatre jours avant la manifestation nationale pour un « plan d’urgence pour l’hôpital public ».
« On en vient à se poser la question suivante : est-ce que l’épuisement du système n’a pas été programmé ? Est-ce que tout n’a pas été fait pour que s’effondre l’hôpital public au profit de l’économie ? Le but n’est-il pas de détruire la sécurité sociale et le service public hospitalier ? », interrogent ces médecins, dont l’urgentiste Patrick Pelloux, tous membres de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), dans une longue tribune publiée dans le Journal du dimanche.
Les urgences craquent : « Nous ne sommes plus assez nombreux pour faire face »
Retraçant les dérives des années 80 et 90 dans la « surconsommation des soins », puis l’arrivée dans les années 2000 de « l’hôpital entreprise », avec l’emblématique système de la tarification à l’acte, les auteurs de ce texte résument la situation actuelle : « notre mission de service public est de tout faire tout le temps, mais le gouvernement ne nous en donne pas les moyens ».
« Il manque des médicaments, des brancards, des lits, mais aussi les humains »
« Lundi 4 novembre à huit heures, 35 patients sont hospitalisés dans les couloirs d’un service d’urgences d’un hôpital parisien. Cela signifie que l’hôpital n’a pas pu absorber les 35 patients ayant nécessité une hospitalisation au cours du long week-end », décrivent-ils. Ils calculent : « il a manqué trente-cinq lits d’hospitalisation soit un effectif de deux infirmiers, deux médecins et deux aides-soignants ».
Mais, ajoutent-ils, les postes de soignants « ne sont plus pourvus parce que les conditions de travail trop difficiles effrayent les plus altruistes avec des salaires très bas (la France est au vingt-sixième rang de l’OCDE pour les salaires des infirmières) ». « Il manque des médicaments, des brancards, des lits mais aussi les humains pour occuper les services, pour s’occuper des patients ».
« Arrêter de coder, c’est arrêter de collaborer à un système qui tue l’hôpital public »Les urgentistes en colère mobilisés partout en France : « Les soignants ne sont pas des robots »
Estimant que « le démantèlement est en cours d’achèvement », ils assurent qu’« en épuisant les soignants, on les a fait fuir : spirale sociale infernale ». « Non seulement l’hôpital public est déficitaire, mais il deviendra inefficace puisque incapable de remplir sa mission de continuité des soins pour tous ».
Ils rappellent en conclusion les revendications de la mobilisation du 14 novembre : 
« l’ouverture de lits », l’augmentation du budget de l’hôpital, des effectifs et des salaires, ainsi que « l’arrêt de la facturation à l’acte ».

Source : nouvelobs.com



samedi 9 novembre 2019

Lyon : Les urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse ouvertes jour et nuit


À partir du 12 novembre 2019, les urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse seront ouvertes  24 heures/24.

Un service optimisé
Pour assurer votre prise en charge, nous avons :
- Rénové nos locaux à hauteur de 700 000€, pour améliorer votre parcours : sécurisation de l’accueil, optimisation de la gestion des flux, création de 4 places d’attente couchées.
- Recruté 70 soignants et médecins, pour vous prendre en charge le plus rapidement possible.
- Ouvert 25 lits d’hospitalisation post-urgence, pour vous assurer, si besoin, une hospitalisation dans les meilleurs délais.
« Zéro patient sur un brancard la nuit »
C’est l’objectif que se sont fixées les urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse : faire en sorte qu’aucun patient en attente d’un lit d’hospitalisation, ne passe la nuit sur un brancard. Le circuit du patient a été soigneusement étudié pour mettre en place et maintenir une organisation favorisant une prise en charge aussi rapide que possible.
L’accueil des urgences gynéco-obstétricales est maintenu aux bâtiments F et G.
Suivez l'hôpital de la Croix-Rousse sur Facebook et retrouvez-nous sur la chaîne YouTube des HCL.


Source : chu-lyon.fr



mardi 5 novembre 2019

Décès du Professeur Louis Lareng, fondateur du SAMU


Agnès Buzyn salue la mémoire du professeur Louis Lareng, fondateur du SAMU et pionnier de la médecine d’urgence.
Agnès Buzyn présente ses condoléances à la famille du professeur Louis Lareng, médecin anesthésiste, ancien maire et ancien député. Fondateur du SAMU, précurseur de la télémédecine, sa volonté de rendre le système de soins toujours plus accessible et proche du patient restera une source d’inspiration pour l’action du ministère des Solidarités et de la Santé.
Professeur agrégé en anesthésie-réanimation, Louis Lareng a défendu inlassablement une médecine capable d’aller vers le patient et de répondre à l’urgence en tout lieu. Fondateur du SAMU, il a voulu répondre à la tragédie des accidents de la route en développant un système de soins plus agile, accessible et réactif. 
Reconnu officiellement par la loi en 1972, le SAMU bénéficie en 1979 du soutien de la ministre de la santé Simone Veil qui crée « les centres 15 », grâce auxquels tous les appels d’urgence pourront dès lors être régulés par un médecin. 
En tant que député, le professeur Lareng défendra en 1986 la loi permettant au SAMU d’être généralisé durablement dans toute la France.
Profondément attaché à sa ville de Toulouse où il était professeur au CHU, Louis Lareng n’en n’a pas moins été attentif aux modèles étrangers. Fort de ses observations du modèle canadien et désireux de permettre aux spécialistes de s’adresser à tous les patients ayant besoin d’eux, il fonde l’institut de télémédecine en 1989.
Agnès Buzyn tient à saluer son engagement au service d’un accès aux soins solidaire, accessible à tous. - fidèle à sa vision que « le progrès ne représente rien si l’homme ne peut en bénéficier. » 
Son engagement profondément humaniste et visionnaire aura permis de sauver la vie de milliers de Français et posé les fondements de notre système de santé.

Source : solidarites-sante.gouv.fr





"La Vie Hospitalière" adresse à sa famille, ainsi qu'à tous ses proches, ses plus sincères condoléances.

Gestion de crise en chirurgie robotique, une nouvelle formation à l'hôpital Bicêtre


Le centre de simulation de la Faculté de Médecine de l’Université Paris-Sud, LabForSIMS, poursuit le développement de ses formations avec une nouvelle simulation interprofessionnelle in situ (au bloc) d’une gestion de crise en chirurgie robotique. Destinée aux personnels impliqués dans les procédures d’anesthésie et de chirurgie, cette formation professionnelle s’est déroulée au bloc opératoire commun de l’hôpital Bicêtre AP-HP le 8 octobre 2019.
La formation médicale par la simulation a pour objectif l’apprentissage et acquisition des compétences et des gestes techniques. Elle permet aussi l’analyse des compétences non techniques : travail en équipe, leadership/followership, organisation, communication... Le Laboratoire de Formation par la Simulation et l’Image en Médecine et Santé, LabForSIMS, de la Faculté de médecine Paris-Sud en collaboration avec l’hôpital Bicêtre AP-HP, viennent de mettre en place une nouvelle formation en situation. Cette formation a été organisée grâce à la collaboration de formateurs anesthésiste-réanimateur (Dr A. Blanié), infirmiers anesthésistes (C. Havard et D. Baudrier), urologue (Dr B. Parier), infirmiers de bloc opératoire (I. D’Agostino et A. Richard) et d’un technicien en simulation (B. Bech). 
Dans les murs du bloc opératoire de l’hôpital Bicêtre AP-HP, le mannequin patient haute-fidélité du LabForSIMS est pris en charge lors d’une chirurgie robotique urologique. Deux scénarios autour d’une situation de crise en cours d’opération sont proposés aux équipes de chirurgie (chirurgiens urologues, interne et infirmiers de bloc opératoire) et d’anesthésie (médecins anesthésiste-réanimateur, internes et infirmiers anesthésiste). Pendant le scénario, 8 participants sont actifs dans la salle d’opération et 8 participants observateurs par vidéo retransmission dans une autre salle. Chaque scénario dure environ 25min. Il est précédé d’une courte présentation et suivit d’un débriefing d’environ une heure avec tous les participants et formateurs. Le débriefing permet l’analyse des compétences techniques liées à la prise en charge d’un patient lors d’une chirurgie robotique et lors d’une situation de crise au bloc mais aussi des compétences non-techniques telles que le travail en équipe et la communication entre les différents professionnels au bloc opératoire et enfin l’analyse des protocoles locaux.
La mise en situation d’une formation utilisant un mannequin patient haute-fidélité et un simulateur robot chirurgical dans l’environnement de travail du personnel hospitalier permet d’appréhender des situations de plus en plus réalistes pour les participants et d’apprendre à travailler ensemble. Ce type de formation interprofessionnelle in situ est amené à être renouvelée une à deux fois par an.
Engagée dans l’activité de simulation en santé depuis 2004, la Faculté de Médecine de l’Université Paris-Sud crée en avril 2012 le Laboratoire de Formation par la Simulation et l’Image en Médecine et Santé, le LabForSIMS. Depuis, différents types de formation ont été développées au sein de cette structure :
- la simulation humaine, à travers des jeux de rôles et des patients standardisés,
- la simulation synthétique, qui fait intervenir des mannequins haute et basse fidélité,
- la simulation numérique, au sein de laquelle les participants évoluent dans des espaces de réalité virtuelle, d’environnement 3D et de jeux « sérieux ».

Le robot chirurgical da Vinci® Xi est un robot médical contrôlé à distance par un chirurgien pour réaliser des opérations principalement situées au niveau de l'abdomen. Cette technique offre plusieurs avantages de la chirurgie ouverte, tout en utilisant des incisions minimes de la coeliochirurgie.

En fonction à l’hôpital Bicêtre AP-HP depuis le mois de février 2019, il est utilisé en urologie, chirurgie digestive et pédiatrique. A ce jour, ont déjà été réalisées plus de 170 interventions. 


Article de Cécile Pérol 

Source : actu.u-psud.fr


dimanche 3 novembre 2019

La fuite de données confidentielles ...



Même involontaire et non identifiée, la rupture du secret concernant des données de santé peut être imputée à l’établissement de soin.                                                                                                                                                     

Source : santementale.fr

samedi 2 novembre 2019

Une nouvelle étude pointe le danger des LBD pour les yeux : "Ces blessures sont extrêmement graves"


Le 17 novembre 2018, les gilets jaunes investissaient les rues et les ronds-points de France pour protester contre la vie chère. Un an après, ils sont 600, venus de toute la France, à être réunis à Montpellier pour décider de la suite à donner à leur mobilisation. 
En marge de cet anniversaire qui se profile, une étude de la revue médicale britannique The Lancet révèle que, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le nombre de blessures aux yeux causées par les LBD (les lanceurs de balle de défense) a été multipliées par dix entre 2016 et 2018.
25 cas ont ainsi été recensés en 2018, contre un en 2017 et deux en 2016. Et pour les huit premiers mois de 2019, on compte déjà 15 blessures aux yeux. En mars dernier, 35 ophtalmologistes avaient réclamé un moratoire sur les lanceurs de balle de défense.
Le professeur Bahram Bodaghi, ophtalmologiste à la Pitié-Salpêtrière à Paris, avait signé cette tribune publiée dans les colonnes du Journal du dimanche. Il renouvelle aujourd'hui cet appel. "Ces blessures sont extrêmement graves. Il y a eu à peu près neuf énucléations et un nombre important de plaies ouvertes du globe oculaire", note-t-il sur Europe 1.
Et d'ajouter : "Ces chiffrent parlent d'eux-mêmes. Il n'y a pas de surprise, nous avions déjà alerté. Et là simplement c'est dans la revue Lancet. Pour nous, c'est la façon la plus objective de donner l'information."
13.000 tirs de LBD entre novembre 2018 et mars 2019
Cette augmentation du nombre de blessures est à mettre en miroir avec la très forte hausse du nombre de tirs de ces lanceurs de balle de défense. Entre novembre 2018 et mars 2019, plus de 13.000 tirs de LBD avaient été effectués par les forces de l'ordre lors des rassemblements des gilets jaunes.
"Ce n'est pas à nous de décider de la stratégie du maintien de l'ordre", précise en off un praticien ophtalmologiste à Europe 1. "Mais avec ces chiffres, on ne pourra pas ne plus nous écouter quand on alerte sur la dangerosité des LBD", assène-t-il.

Source : europe1.fr


vendredi 1 novembre 2019

Le Défenseur des droits dénonce des refus de soins aux plus démunis


La discrimination à l’accès aux soins est une réalité. Le Défenseur des droits révèle les résultats d’une enquête réalisée auprès de plus de 1 500 cabinets médicaux de gynécologues, chirurgiens-dentistes et psychiatres. Un sur dix ont été pris à refuser des soins aux patients bénéficiant de la CMU-C ou de l’ACS.
« Le refus de soins discriminatoire, du fait d’une situation de vulnérabilité économique ou d’une origine, est un acte contraire à la déontologie et à l’éthique médicale, mais aussi un délit au regard de la loi », rappelle le Défenseur des droits. Un rappel utile étant donné les résultats de l’enquête réalisée par une équipe de recherche du TEPP-CNRS. En résumé, « un cabinet sur dix a refusé de recevoir les personnes du fait qu’elles sont bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ou de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé (ASC) ». 
Plus précisément : « 9% des chirurgiens-dentistes, 11% des gynécologues et 15% des psychiatres ».

Pour faire ce constat, les chercheurs ont réalisé un testing téléphonique entre février et mai 2019. Plus de 1.500 cabinets de trois spécialités ont ainsi été soumis à des appels de patients : des chirurgiens-dentistes, des gynécologues et des psychiatres. Certains patients étaient bénéficiaires des dispositifs d’aide à l’accès aux soins, d’autres étaient identifiables comme issus de l’immigration à travers leur nom de famille.

Résultats, « les pratiques de certains professionnels de santé freinent la pleine effectivité de l’accès aux soins », résume le Défenseur des droits. Dans le détail, « l’ACS apparaît plus pénalisante que la CMU-C dans les trois spécialités testées, avec jusqu’à deux fois plus de refus de soins discriminatoires pour les bénéficiaires de ce dispositif », précise le Défenseur. « Ces pratiques sont également plus marquées chez les professionnels du secteur 2 par rapport à ceux du secteur 1. »
Concernant la discrimination en lien avec l’origine, elle a été également observée. « On constate qu’un prénom signalant une origine musulmane réduit de 6,5 points les chances d’accéder à une consultation de psychiatre », détaille le Défenseur.


Source : sudouest.fr 
( article publié le 29 octobre 2019 par destinationsante.com)
Lire aussi : 








"La Vie Hospitalière" rappelle qu'à compter du 1er novembre les dispositifs de la CMU-C et de l'ACS seront modifiés pour devenir la Complémentaire santé solidaire. 
À cette occasion, le formulaire sera disponible auprès des caisses d'assurance maladie, des partenaires de l'assurance maladie ainsi que sur améli.fr (portail "Assurés").

Crématoriums : le business étrange et sans "aucune transparence" des métaux des défunts


C'est un business méconnu, mais qui dérange. Alors qu'aujourd'hui, le corps de plus d'un Français sur trois est incinéré après sa mort, un chiffre en constante hausse, des entreprises se spécialisent dans le "recyclage" des métaux laissés après la crémation. 
Une activité étonnante que déplorent plusieurs associations, qui appellent à plus d'éthique dans le secteur.
Ainsi, chaque année, dents en or, prothèses de hanche en titane ou encore broches ou plaques orthopédiques en fer représentent un marché de plus de 100 tonnes, soit plusieurs millions d'euros à la revente. Le tout dans l'opacité la plus totale, regrette Michel Kawnik, président de l'Association française d'information funéraire, interrogé par Europe 1 et selon qui "il n'existe aucune transparence sur le recyclage des métaux par les crématoriums".
"L'idée n'est pas de masquer quoi que ce soit", assurent les entreprises de services funéraires Rappelant que la crémation relève d'une mission de service publique, Michel Kawnik appelle à plus de réglementation. "À quoi servent ces rentrées, nous n'en savons rien. Donc il doit y avoir un suivi pour aider les familles à faire que les crémations soient moins onéreuses qu'elles ne le sont actuellement", explique-t-il.
De leur côté, les entreprises de services funéraires assurent que c'est déjà le cas et se défendent de tout abus. Les deux leaders du secteur, Funécap et PFG, ont par exemple chacun leur propre fondation à laquelle est reversée cet argent, assure Richard Féret, directeur de la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie. "L'idée n'est pas de masquer quoique ce soit", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Il faut sensibiliser la collectivité dans son rôle de contrôle de gestionnaire du crématorium", dit-il encore, avant d'appeler à la création d'un comité d'éthique au sein de chaque crématorium pour s'assurer que l'argent lié aux métaux récupérés est bien utilisé.

Source : europe1.fr


#MoisSansTabac 2019, préparons-nous ensemble !


1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans, c'est une baisse historique du tabagisme quotidien en France. 
Pour continuer ensemble, le mois sans tabac est de retour en novembre 2019 et nous comptons sur votre mobilisation !




Partenaires de santé, établissements scolaires, entreprises, associations... menez vos actions, relayez les messages et soutenez le #MoisSansTabac 2019 ! 

Source : mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr


612 SDF sont décédés en France en 2018, ils avaient moins de 50 ans en moyenne


612 officiellement. Mais la liste pourrait être six fois plus longue, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.Le collectif des Morts de la rue publie ce mardi son triste rapport annuel sur la mortalité des personnes sans domicile fixe en France en 2018.
Ce recensement minutieux, élaboré grâce aux associations locales et à un travail de veille médiatique, ne peut prétendre à l’exhaustivité. Il permet toutefois de souligner encore une fois le profil particulièrement insaisissable, vulnérable et complexe de ceux qu’on appelle les « marginaux ».
13 mineurs décédés
Plus de 50 % de ces décès ont eu lieu sous nos yeux, sur la voie publique ou dans des abris de fortune. Et, pour 20 % d’entre eux, après plus de cinq ans à la rue.
Pour une écrasante majorité des hommes, ces SDF avaient en moyenne 48,7 ans au moment de leur disparition, quand l’espérance de vie moyenne en France s’élève à 82 ans. Autre fait notable : moins de la moitié des sans-abri est de nationalité française. 14 % sont européens, 20 % viennent d’un pays hors Union européenne et 25 sont d’origine inconnue. Au moins 13 mineurs, souvent des migrants, font d’ailleurs partie de ce décompte.
Si retracer les parcours de vie des SDF s’avère compliqué, comprendre les causes des décès l’est tout autant. Elles restent même inconnues pour près de la moitié des recensés. Le plus souvent emportés par des maladies, les SDF sont particulièrement exposés aux agressions et aux accidents mortels, respectivement responsables de 5 % et 11 % des décès. On recense en outre un taux de suicides de 5 %, contre 0,0001 % dans le reste de la population française.
Les femmes, encore « invisibles »
Dans un second volet, le collectif des Morts de la rue a décidé de s’intéresser aux femmes SDF sur une période plus étendue, de 2013 à 2018. « Souvent invisibles, elles font face à des difficultés particulières liées au genre, et subissent, durant leur vie à la rue, des violences multiples spécifiques », résument les auteurs.
280 femmes « SDF » sont décédées durant cette période, en moyenne à 45,6 ans. Un âge particulièrement bas en raison du nombre de mineures décédées : 24, dont la plupart sont des enfants de moins de 9 ans. Un tiers des disparues étaient mères d’un ou deux enfants.
Arrivées dans la rue principalement en raison d’une rupture familiale ou de violences conjugales, les femmes SDF sont pour un tiers d’origine française, et souffraient, dans la même proportion, d’une addiction.
« Cette discontinuité de l’accompagnement fragilise »
Ce nouveau rapport révèle, en creux, à quel point la prise en charge des sans domicile fixe n’évolue guère… et ce malgré l’engagement d’Emmanuel Macron, lors de ses vœux 2018 justement, d’apporter un toit à « toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri ».
L’urgence, selon le collectif, est de réformer le 115 - surchargé -, le système de l’hébergement à la nuitée et le principe de la trêve hivernale. « Cette discontinuité de l’accompagnement fragilise des personnes ayant déjà vécu nombre de ruptures (et) impacte leur santé mentale et physique », peut-on lire dans le rapport. L’association insiste également sur la nécessité de sensibiliser les services de police et de justice aux violences faites aux femmes : « Si elles sont mieux protégées, elles ne seront pas contraintes à fuir leur propre logement pour échapper aux violences qu’elles y subissent ». Le collectif des Morts de la rue appelle enfin à améliorer la documentation sur ce sujet miné par de nombreuses « zones d’ombre ». Mieux connaître les SDF, donc, pour mieux les accompagner dans l’égalité et la dignité.

Source : leparisien.fr