mercredi 14 juin 2017

Un pneumologue grassement payé par Total


Un pneumologue grassement payé par Total

Le pneumologue Michel Aubier aussi médiatique que tolérant envers la pollution a été rémunéré plus de 150.000 euros par an par Total en 2013 et 2014.
C’est une première pour le Sénat et pour la justice. Le pneumologue Michel Aubier est jugé mercredi à Paris pour avoir menti sur ses liens avec le groupe Total lors d’une audition par une commission sénatoriale
Le 16 avril 2015, l’ancien chef de service à l’hôpital Bichat de Paris avait nié tout lien avec des « acteurs économiques » face à une commission du Sénat qui le recevait pour évoquer le « coût économique et financier de la pollution de l’air ». Il avait auparavant juré de dire « toute la vérité, rien que la vérité », en levant la main droite.
Lors de cette même audition, le pneumologue avait notamment déclaré que « le nombre de cancers dans les pathologies respiratoires » liées à la pollution était « extrêmement faible ».

5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

Problème, Libération et Le Canard Enchaîné avaient ensuite révélé que le pneumologue recevait du groupe pétrolier Total entre 50.000 à 60.000 euros par an depuis la fin des années 1990. Des informations qu’il avait lui-même reconnues en mars 2016, devant la commission sénatoriale réunie à huis clos. C’est ce qui lui vaut d’être jugé pour « témoignage mensonger », comme s’il avait menti devant un tribunal, un délit est passible de cinq ans de prison maximum et 75.000 euros d’amende.
Mais dans son édition du 12 juin Le Monde (article payant) révèle des éléments à charge. Selon le quotidien, le professeur Aubier avait également omis d’indiquer son emploi chez Total dans sa déclaration publique d’intérêt, ainsi que des collaborations avec plusieurs laboratoires, dont MSD France, PPD France, Resal, Laser, alors qu’il était membre d’une commission de la Haute Autorité de santé (HAS).

Plus de 150.000 euros par an

Et ce n’est pas tout. Le Monde, qui a consulté l’enquête bouclée en janvier dernier, ajoute que si le professeur Aubier avait bien déclaré aux impôts ses émoluments versés par Total, les sommes dépassent largement les 50.000 à 60. 000 euros annuels évoqués.
En réalité, Michel Aubier, qui bénéficiait d’un contrat de « médecin-conseil de la direction générale » du groupe depuis 1997, était rémunéré 109.956 euros en 2014, 106.787 euros en 2013 et 99.402 euros en 2012, affirme le quotidien. Sans oublier les actions gratuites perçues: 1.200 en 2014 -61.548 euros-, 1.100 en 2013 et 740 en 2012, le tout alors que son contrat ne l’obligeait qu’à « environ 9 demi-journées par mois » dans les locaux de l’entreprise.

Une peine exemplaire?

Son avocat François Saint-Pierre plaidera la relaxe: « Il n’y avait pas de conflit d’intérêts entre son intervention au Sénat et ses fonctions de médecin du travail chez Total, il n’était pas impliqué dans la production industrielle. » Plus largement, il entend « critiquer durement » le fonctionnement même de ces commissions parlementaires. « Si ce sont des organes politiques, il n’y a pas de serment. Mais s’il y a un serment, alors on peut attendre des membres qu’ils se comportent comme des magistrats, avec la même impartialité », a-t-il déclaré à l’AFP. Et de rappeler que la rapporteure de la commission, la sénatrice écologiste Leila Aïchi, s’était publiquement émue d’un « mensonge (…) inadmissible ».
Les ONG "Générations futures" et "Ecologie sans frontière" ont réclamé « des peines exemplaires » et souhaité que « ce procès soit le début d’une prise de conscience des méfaits des conflits d’intérêt dans le domaine de la santé ».

Source L'Express




Avant toute conclusion de la justice "La Vie Hospitalière", dans cette affaire, ne se bornera qu'à révéler les faits portés à sa connaissance, sans plus de commentaire.

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