jeudi 1 mai 2014

L’illégitimité de la dette est encore plus criante lorsqu’on est une femme !

La dette et les mesures d’austérité ne sont nullement neutres du point de vue du genre. Toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette démontre sans ambiguïté qu’elle est sexuée tant dans ses caractéristiques que dans ses effets. De fait, elle touche les populations les plus fragilisées, les plus précaires et donc encore malheureusement majoritairement les femmes, et plus particulièrement celles qui sont les plus vulnérables (les mères célibataires, les femmes jeunes, âgées, migrantes, les femmes provenant d’une minorité ethnique, du milieu rural…). Privatisations, libéralisations, restrictions budgétaires au menu de l’austérité sabrent les acquis sociaux des femmes, accentuent leur pauvreté, durcissent et aggravent les inégalités entre les sexes.

Des pertes d’emplois et de revenus nets pour les femmes

La fonction publique est dans la ligne de mire directe de l’Europe austéritaire. Suppression d’emplois publics, gel et/ou diminution des salaires des fonctionnaires constituent les variables d’ajustement favorites des politiques imposées au nom de la gestion de la dette.
Or, comme au sein de l’Union européenne 69,2%  des travailleurs de la fonction publique sont des femmes, ces mesures ont un effet disproportionné sur leur emploi et revenus. De plus, au vu des bonnes conditions de travail généralement en cours dans le secteur public, incluant congés-payés, possibilités de conciliation entre vie privée et vie professionnelle et des salaires féminins supérieurs à ceux pratiqués dans le privé, on mesure à quel point les coupes drastiques appliquées à la fonction publique sont synonymes pour les femmes de précarisation de leur emploi et de pertes salariales sèches.

A titre d’exemples, en Irlande, pays où le taux d’emploi féminin parmi les fonctionnaires est le plus élevé en Europe (71,1%), 24 750 emplois publics ont été supprimés, les embauches sont gelées et les salaires réduits de 5 et 15%. L’Angleterre, où les femmes composent pas moins de 64,65% des salarié-e-s du secteur public, prévoit quant à elle de supprimer 710 000 postes de fonctionnaires d’ici 2017. Il faut ajouter à ces licenciements drastiques le gel depuis 2010 des salaires des employé-e-s de la fonction publique gagnant plus de 21 000£/an (c’est-à-dire plus de 25 036€/an). La Lettonie, qui compte 64,7% de femmes dans la fonction publique, a réduit de 20% l’effectif des fonctionnaires de l’administration centrale et baissé de 20% les salaires. Les professeurs dont 80% sont des femmes touchent des salaires de 30% inférieurs à ceux pratiqués en 2008.





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