jeudi 6 mars 2014

Le passage aux 12 heures la nuit aux urgences du CH Pontoise divise direction et soignants

Dans le cadre d'un projet global de réorganisation des urgences (présence d'un poste d'Infirmier d'accueil et d'orientation (IAO) H24 depuis début février, création d'un bureau de médecin d'accueil en dehors de la zone de soins, refonte du protocole de tri...), le CH de Pontoise (Val-d'Oise) envisage à compter du 5 mai de passer en 12 heures le planning horaire de nuit des infirmiers et aides-soignants.

En journée, les équipes travaillent déjà ainsi depuis plusieurs années. Toutefois, si les 12 heures de jour répondent à une demande des agents, des horaires qui ne souffrent d'ailleurs d'aucune remise en cause aujourd'hui, notent direction et syndicats, l'enthousiasme est beaucoup moins net chez les équipes de nuit. Au lieu d'une tranche 21h-7h, le personnel de nuit basculerait sur du 19h-7h, sachant qu'actuellement celui de jour travaille soit en 7h-19h, soit en 9h-21h. "Nous souhaitons ajuster l'organisation du travail aux pics d'activité de fin de journée. Nous en avons beaucoup discuté avec les équipes de jour et de nuit mais il n'y a pas eu de point de convergence entre elles sur cette couverture de la plage horaire 19h-21h", confie le  directeur de l'hôpital.

Outre la création de six postes pour ces 12 heures de nuit et l'IAO H24 ("soit 10% des effectifs des urgences, ce n'est pas négligeable", soutient le directeur), trois propositions ont été soumises aux agents actuellement de nuit : soit accepter les 12 heures à compter du 5 mai; soit demeurer, pour la moitié d'entre-eux, en 10 heures mais sur une tranche 19h-5h; soit muter dans un service en 10 heures, telle l'unité d'aval des urgences ouverte en janvier dernier . "Malgré des courriers et des rendez-vous individuels, nous n'avons eu aucune réponse directe"..." Selon les opposants, le planning 19h-5h poserait problème à ceux se rendant au travail en transport en commun, mais cela ne concerne qu'une seule personne"..."Je ne suis pas un fana des 12 heures mais, au cas par cas, selon les pics d'activité. Quant à l'argument de la fatigabilité, on peut l'entendre mais nous avons justement fait des propositions", précise le directeur.

Un point de vue nullement partagé par l'Union fédérale autonome de santé (UFAS), syndicat majoritaire affilié à la Fédération générale autonome des fonctionnaires (FGAF). Ses responsables dénoncent "l'autoritarisme" de la direction par ce recours abusif aux 12 heures : "Elle ne tient pas compte des nuisances que représentent ces 12 heures sur la santé. La seule proposition faite aux personnels de nuit a été de les "dispatcher" dans tout l'établissement en faisant perdre aux patients le professionnalisme acquis tout au long de leur carrière aux urgences". 
  
Et l'UFAS d'indiquer avoir sollicité un avocat pour opérer, dans un premier temps, des démarches à l'amiable mais qui iront jusqu'aux tribunaux si la direction continue dans "un entêtement déraisonnable".

(Source HOSPIMEDIA)

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