"La Vie Hospitalière"

dimanche 3 octobre 2010

La répression comme seule réponse !

La répression comme seul moyen de dialogue !
 Hier, près de 2.000 infirmiers-anesthésistes ont  manifesté à Paris, en tuniques bleues

Plusieurs centaines d'IADE ont dans le début de l'après-midi perturbé la circulation dans le quartier des Champs-Elysées et la rue de Washington au niveau du restaurant "Le Fouquet’s" puis sont allés devant le siège de l’UMP pas très loin de cet établissement...

Les infirmiers défilaient devant le siège de l’UMP, rue de la Boétie. où se trouvaient de nombreux CRS et garde mobiles.

La police a à un moment utilisé des gaz lacrymogènes sur les manifestants au niveau du métro Saint-Philippe du Roule, afin de les disperser. Des cordons de policiers bloquent  la rue du Faubourg Saint-Honoré pour empêcher que les manifestants aillent vers le palais de l’Elysée...

Les IADE sont prêts à rester toute la nuit!

Vers 16 heures, le défilé est arrivé  à proximité du ministère de la Santé, protégé par un cordon de sécurité, où une délégation était reçue environ une heure plus tard.

 Vers 17h30, la délégation informait les manifestants qu’aucune négociation n’était ouverte. Des échauffourées se produisaient alors près de la place de l’Etoile et devant le ministère, les CRS utilisant alors des gaz lacrymogènes pour éloigner les manifestants.

Les manifestants attendaient  un négociateur au niveau du cabinet du ministre pour tenter de trouver une solution : "Nous sommes décidés à rester toute la nuit devant le ministère si il le faut!" ont déclaré des IADE.

Depuis mars, les infirmiers anesthésistes réclament une reconnaissance de leur spécialité au niveau master.


Les 7.500 infirmiers anesthésistes en France suivent cinq ans d’études : trois en formation initiale pour le diplôme d’Etat puis après deux années d’exercice du métier, deux nouvelles années de formation. Ils demandent à être reconnus à bac+5 avec revalorisation salariale à la clé, veulent garder l’exclusivité d’exercice, et s’estiment lésés par le protocole Bachelot de février qui permet un accès au métier sans passage par l’école d’anesthésie et resserre le différentiel de salaire entre les IADE et les autres infirmiers.



Les IADE avaient déjà occupé la gare Montparnasse au mois de mai, bloquant plus de 100 000 voyageurs, puis la place de l’Etoile en juin.

jeudi 30 septembre 2010

Catégorie A: Les infirmiers devront se prononcer au Printemps!

Les infirmiers et infirmières qui travaillent dans la Fonction Publique Hospitalière (FPH) auront la possibilité de bénéficier de la catégorie A.
Toutefois, le "Syndicat Autonome Santé" rappelle qu' il faut prendre en considération les avantages et les inconvénients d'un tel passage sachant qu'une fois que le choix sera fait par l'IDE, auprès de son administration, il ne lui sera plus possible de revenir en arrière...



Nous rappelons que l'option pour la catégorie A fait perdre:

1) le droit de percevoir une pension à partir de 55 ans (avantage
réservé à la catégorie active uniquement);

2) le bénéfice d'une bonification d'un an pour dix années accomplies.

Par contre avec le passage en catégorie A la revalorisation salariale est de 2.118 € par an en début de carrière et de 3.801 € par an en fin de carrière.



A compter du 1er décembre 2010 les nouvelles grilles de rémunérations entreront en vigueur. L'extinction de la catégorie B sera alors effective, elle n'évoluera plus, par contre, la dynamique interne d'avancement de grade à l'intérieur de ce corps ne sera pas logiquement bloquée.



Les IDE proches de la retraite pourraient rester majoritairement en catégorie B l'attractivité de la catégorie A risquant d'źtre moins forte.

Les infirmier(e)s qui resteront en catégorie B seront reclassé(e)s

dans le Nouvel Espace Statutaire (N.E.S.)...leur revalorisation salariale nette globale sera de 434 € par an en début de carrière et de 923 € par an en fin de carrière.



Les publications des décrets d'application et d'une circulaire précisant les modalités de cette réforme vont paraître dans les jours à venir.Après ces parutions officielles, les établissements de santé disposeront alors de 2 mois pour informer les infirmi(e)rs afin de les amener à faire un choix décisif, conformément au protocole d'accord du 2 février 2010.

Le "Syndicat Autonome Santé" conseille aux infirmier(e)s de bien réfléchir avant de se prononcer (chaque cas étant propre) il est souhaitable d'attendre les derniers jours afin de disposer de tous les éléments nécessaires.



Les infirmiers de l'Éducation Nationale paraissent oubliés, le diplôme d'État est pourtant le même! Dans ce contexte le Syndicat National des Infirmiers(ères)Conseillers de Santé (SNICS-FSU) vient de lancer une pétition (1) pour rappeller au ministre ses promesses concernant la possibilité de passage en catégorie A des personnels infirmiers travaillant à l'Éducation Nationale.

Ci-dessous, pour information, la lettre envoyée au ministre de l'Éducation Nationale:

"Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,

Le 2 mai 2007, le Président de la République, alors candidat, s’était engagé auprès de l’organisation syndicale majoritaire à 62% chez les infirmières de l’Éducation nationale pour une revalorisation de toutes les infirmières, reconnaissant que : « la revalorisation de leurs perspectives en termes de rémunération et de carrière avait pris un retard incontestable ». Cette revalorisation attendue depuis plus de 20 ans par la profession au regard des qualifications et des responsabilités qui lui sont confiées, ne fait toujours pas l’objet d’un quelconque calendrier de négociations pour la Fonction Publique de l’Etat. Et ce, malgré les engagements du cabinet de Monsieur Luc Chatel lors de la manifestation rassemblant les infirmières de l’Education nationale le 23 mars dernier à Paris pour « une sortie concomitante du décret en catégorie A à celle de la Fonction publique hospitalière ».

De plus, si la perspective du passage en catégorie A des infirmières de l’Éducation nationale est confirmée dans un courrier de la Présidence de la République adressé à la FSU le 8 juillet 2010, elle reste subordonnée à une évolution de nos missions. Bien que nous soyons favorables à une évolution de nos missions pour améliorer les réponses apportées aux élèves en matière de santé et pour leur réussite scolaire, nous refusons cependant une application retardée de cette revalorisation attendue depuis si longtemps. Nous n’accepterons pas non plus un passage dans le nouvel espace indiciaire de la catégorie B, que nous considérons comme une vraie négation de la reconnaissance de nos qualifications et de nos responsabilités auprès des jeunes.

C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, une application simultanée de l’intégration en catégorie A pour les infirmières des trois fonctions publiques à compter de décembre 2010.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée."





1) Disponible sur le site du SNCIS à l'adresse :

http://www.snics.org/images/stories/pdf/petition_cat_a.pdf



 


mardi 28 septembre 2010

Le SAMU 95 ne sera pas subventionné par le Département !

Le Conseil Général du Val d'Oise  a supprimé la subvention de 600.000 € qu'il devait allouer au SAMU.


vendredi 24 septembre 2010

La manifestation du 23 septembre a été à la hauteur du mécontentement général

Avec 231 manifestations, des personnels du privé et du public en grève dans bien des entreprises, beaucoup de jeunes (étudiants...) et de retraités venus soutenir tous ceux qui risquent avec la loi sur la réforme des retraites de travailler plus longtemps avec encore moins d'argent pour les retraites et pensions.
Cette situation entraînera bien des problèmes sociaux, et, c'est de l'irresponsabilité que de préméditer pour les années à venir des difficultés notoires au niveau financier pour bien des citoyens et citoyennes qui se verront condamnés à finir leurs dernières années dans des conditions très aléatoires.
Le gouvernement n'est fait que de personnes qui ont bien des privilèges et qui représentent de moins en moins le Peuple au fur et à mesure que le temps passe.
En cassant les acquis des travailleurs, il ne faudra pas s'attendre à des jours meilleurs pour bien des personnes.
Le gouvernement tente en brisant la possibilité d'une retraite à 60 ans (55 ans pour les actifs de la Fonction Publique Hospitalière) d'amener les salariés vers la retraite par capitalisation (une aubaine pour les acteurs financiers dont les intérêts sont fortement éloignés de ceux des français...) le système américain a démontré, de manière probante, combien on ne pouvait pas faire confiance aux financiers (pour ne pas employer d'autres termes).Bien des américains (des E.U.A.) se sont retrouvés avec la nécessité vitale de travailler sans pouvoir espérer bénéficier d'une rente (l'argent va d'un compte à un autre...les capitaux ne sont pas perdus pour tout le monde...)...

Pour revenir à la manifestation de ce jour  la Confédération Générale du Travail (CGT) a estimé à 3 millions le nombre des manifestants.
Les hospitaliers étaient nombreux et il est vrai qu'ils sont de plus en plus malmenés, déconsidérés, ceci ne pourra pas coninuer longtemps encore!
C'est méconnaître les hospitaliers que de croire qu'ils se laisseront manipulés dans le cadre d'une politique allant même à l'encontre de l'Hôpital public pour le plus grand intérêt de groupes financiers.
Il y en a assez de cette politique il est temps de réfléchir à des actions plus dures dans le temps afin de mettre un terme à toute cette forme mafieuse qui infeste notre environnement professionnel, et, tout autant par extrapolation notre vie privée.
Les députés ne sont pas les plus malheureux au niveau de leur retraites (ils ont bien des avantages: une retraite au bout de 25 ans de députation qui dit mieux?...).

Les députés ne représentent plus la Nation, ils sont incapables de représenter les intérêts réels du Peuple!

Leur vote en faveur de la "réforme des retraites" est un scandale historique, il est injuste pour surtout les plus défavorisés, et, bien évidemment pour la majorité des femmes qui ont des conditions de travail bien souvent loin de l'égalité tout comme de la légalité...

Nous réclamons plus d'égalité, plus de solidarité et l'arrêt de certaines orientations qui s'apparentent de plus en plus à des intérêts plus ou moins mafieux !

mercredi 22 septembre 2010

Manifestation des IADE le 1er octobre

Le 11 septembre, le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA), Sud Santé-Sociaux, l'UFMICT-CGT, le Collectif IADE et les collectifs IADE régionaux ont voté pour une journée d'action nationale IADE à Paris le 1er octobre 2010. Ces organisations syndicales appellent les Infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) à manifester de nouveau contre le protocole dit Bachelot, du 2 février 2010.

Les revendications des IADE sont inchangées:

Maintien de l'exclusivité d'exercice IADE, grille indiciaire spécifique, maintien de la catégorie active et reconnaissance du grade de Master pour leur diplôme.

Dans une lettre ouverte en date du 16 septembre, le collectif IADE Île-de-france a rappellé que le protocole a été signé que par une organisation syndicale, menaçant d'une action "bloc mort" à compter du 4 octobre si les revendications n'étaient pas satisfaites, c'est là la paralysie de bien des blocs opératoires qui pourraient s'engager face à un gouvernement peu enclin à comprendre les spécificités des IADE.

"La Vie Hospitalière" rappelle le communiqué, du Collectif des infirmiers anesthésistes, du 20 mai 2010, qui dénonce l'attitude du gouvernement.



"Suite aux propos mensongers et à cette propagande de désinformation de madame Bachelot-Narquin sur Europe 1 (interview du 19 mai à 7h40 par le journaliste Marc-Olivier Fogiel) visant à stigmatiser une profession qui n’a manifestement aucune raison de se mobiliser, le collectif des infirmiers anesthésistes tient à rétablir la vérité en reprenant précisément le discours de la ministre.

« Je reçois les infirmiers anesthésistes. J’avais l’intention de les recevoir. » « Nous les avons reçus le 4 mai, le 10 mai. Je suis aux questions au gouvernement. »

Jamais, la ministre de la Santé n’a daigné nous recevoir au cours des journées nationales ou de discussions. Elle a systématiquement diligenté monsieur Patrice Vayne de la direction générale de l’offre de soins (DGOS) ou monsieur Yann Bubien, directeur-adjoint du cabinet de la ministre qui n’avaient pas délégation pour s’engager sur un certain nombre de nos demandes.

Concernant son intention, elle est uniquement de déclaration car elle n’a, à aucun moment, exprimé son souhait de nous recevoir. Qui plus est, au départ de la manifestation du 18 mai, le cabinet exprimait déjà, par téléphone aux syndicats, son refus de nous accueillir au ministère ce qui a entraîné la migration du cortège vers la gare Montparnasse.

Enfin, s’agissant des questions au gouvernement, elle a remis en cause la pénibilité de l’exercice infirmier lors d’une question posée par le député Michel Issindou. Forte de ce déni, la profession peut donc s’interroger légitimement sur la réelle volonté de traiter la problématique de cette profession.

« Nous avions pris d’ailleurs rendez-vous pour le 3 juin. » « La prochaine réunion avait été fixée le 10 mai au 3 juin. »

La ministre évoque la table ronde du 10 mai, qui n’était en rien une réunion de négociations et cela fut précisé par monsieur Bubien. A l’issue de cette rencontre, la prochaine réunion était fixée au 5 juillet et non le 3 juin. Cette dernière a été proposée uniquement dans l’après-midi du 18 mai. Seule, cette action à la gare Montparnasse a permis de proposer cette date du 3 juin, qui donnera lieu uniquement à des discussions et non des négociations.

« On ne peut pas revenir de façon subreptice sur l’exclusivité de la compétence des infirmiers anesthésistes. »

La page 27 dudit protocole sur la construction de parcours professionnels attractifs est de nature à inquiéter les infirmiers anesthésistes sur l’exclusivité des compétences et la réalisation de gestes que seuls les infirmiers anesthésistes sont habilités à exécuter.

Le collectif cite : « Un accès facilité à ces nouvelles spécialités [notamment celle d’infirmier anesthésiste] sera ouvert aux professionnels expérimentés par la validation des acquis de l’expérience et par des formations complémentaires. Ainsi, sera mise en place en priorité, pour les agents pouvant y prétendre, l’ouverture à la validation des acquis de l’expérience des diplômes d’infirmier spécialisé de bloc opératoire, de puéricultrice, d’infirmier anesthésiste et de cadre de santé. »

De plus, le rapport Berland sur « Coopération des professions de santé : le transfert de tâches et de compétences » et celui de la mission sur « Réflexion autour des partages de tâches et de compétences entre professionnels de santé » qui ont précédé le protocole Bachelot interrogent les professionnels et les syndicats sur la volonté de préserver la profession et sa formation telles qu’elles existent à ce jour et qui sont reconnues de grande qualité au sein de l’Union Européenne.

« Avec toute une équipe de biologistes, de chirurgiens. »

Malheureusement, madame Bachelot-Narquin ne connaît pas notre exercice, encore moins nos partenaires de travail. Nous exerçons certes avec les chirurgiens mais également avec les brancardiers, les aides-soignants, les médecins anesthésistes et les infirmiers de bloc opératoire et de salle de surveillance post-interventionnelle. En aucun cas, nous sommes en contact avec des biologistes. Pour une ministre qui connaît soi-disant bien les infirmiers anesthésistes, ces propos laissent très perplexes.

« Les deux ans supplémentaires n’ont pratiquement pas de contenu théorique, ce sont seulement des stages pratiques. »

L’annexe II de l’arrêté du 17 janvier 2002 relatif à la formation conduisant au diplôme d’Etat d’infirmier anesthésiste précise le contenu de la formation. Cette dernière comprend 70 semaines de stage et 700 heures d’enseignement. De plus, ces dernières sont dispensées par des médecins anesthésistes réanimateurs qui sont les garants de la qualité et de la transmission de ce savoir théorique. Enfin, l’ensemble de la formation est estampillé par un conseiller scientifique qui est le plus souvent un professeur des universités, praticien hospitalier spécialiste qualifié en anesthésie-réanimation. Dire que les deux années de formation sont seulement des stages pratiques relève de la diffamation.

« Le salaire d’un infirmier anesthésiste c’est 2000 euros en début de carrière et 3000 euros en fin de carrière. »

Vous pouvez consulter le portail des métiers de la santé et du social élaboré conjointement par le ministère du Travail et celui de la Santé (http://www.metiers.santesolidarites... anesthesiste-77.html).

Le salaire actuel d’un infirmier anesthésiste est rappelé dans le rapport N°2346 du député Jacques Domergue sur le projet de loi relatif à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique. Le salaire mensuel net est de 1743 euros en début de carrière (Page 13). Comment peut-on divulguer à l’emporte pièce des chiffres éloignés autant de la réalité et surtout de la vérité ?

« Les infirmiers anesthésistes bénéficient des revalorisations que nous avons décidées avec le Président de la République. » « On donne des augmentations de salaire extrêmement importantes aux infirmiers anesthésistes. » « A propos du salaire, je ne vous ai pas dit que les infirmiers anesthésistes restent bien entendu les infirmiers les mieux payés de la profession infirmière à l’hôpital. »

Les différents gains de rémunération nette annuelle par profession qui apparaissent dans le protocole Bachelot du 2 février 2010.

Pour les infirmiers (3 ans de formation) :

début de carrière : 2118 euros en plus annuellement

fin de carrière : 3801 euros en plus annuellement.

Pour les infirmiers de bloc opératoire (4 ans et demi de formation) et puéricultrices (4 ans de formation) :

début de carrière : 3366 euros en plus annuellement

fin de carrière : 3312 euros en plus annuellement.

Pour les infirmiers anesthésistes (5 ans de formation) :

début de carrière : 2879 euros en plus annuellement

fin de carrière : 2064 euros en plus annuellement.

Pour les cadres et cadres supérieurs de santé (3 ans et 10 mois de formation) :

début de carrière : 3421 euros en plus annuellement

fin de carrière : 4996 euros en plus annuellement.

Voir le tableau (Page 13) du rapport N°2346 du député Jacques Domergue reprenant les gains de rémunération nette avant et après la réforme. A titre de comparaison, en fin de carrière, la rémunération annuelle nette de l’infirmier est de 2815 euros, celle de l’infirmière de bloc opératoire ou puéricultrice est de 2938 euros et celle de l’infirmier anesthésiste est de 2987 euros. Le différentiel de ces niveaux de traitement nie totalement notre niveau de formation et de responsabilités. Pouvons-nous dire que ces chiffres constituent des dispositions incitatives pour faire face à la problématique de la démographie dans notre spécialité ?

« La notion de pénibilité, elle est en discussion bien entendu avec les organisations syndicales. » « La pénibilité bien entendu est à la table des négociations avec les organisations syndicales. »

La pénibilité de notre exercice est remise en question par notre passage en catégorie sédentaire (cf protocole du 2 février 2010, page 16). De plus, en réponse à une question posée par le député Michel Issindou, madame Bachelot a martelé avec plusieurs chiffres que la profession infirmière ne constituait pas la profession la plus touchée. Elle a, une fois de plus, omis de dire que l’espérance de vie d’une infirmière était diminuée de 6 à 8 ans (étude de la CNRACL). Lors des discussions avec le cabinet, la question de la pénibilité ne demeure pas un sujet de priorité.

« Ils ont été reçus hier (18 mai) à 15 heures par les services du ministère comme nous recevons tous les manifestants qui viennent nous dire un certain nombre de choses et j’y tiens beaucoup. »

Madame Bachelot ne vous a pas précisé que le cabinet, encore moins la ministre en personne, n’avait pas l’intention de recevoir une délégation ce qui a provoqué l’envahissement de la gare Montparnasse. Le collectif peut vous assurer que les infirmiers anesthésistes devaient regagner le ministère en respectant le trajet accepté par la préfecture si une rencontre s’opérait dans l’après-midi.

De plus, la délégation a été reçue par un représentant de la DGOS et deux de ses collaborateurs dans une petite salle à proximité de la gare et en rien au ministère et par un membre du cabinet. Une fois encore, les trois interlocuteurs n’avaient aucune délégation pour faire progresser les discussions. Cette rencontre donnait simplement l’illusion d’écouter les manifestants et permettait seulement au ministère de déclarer avec inconvenance que ces derniers avaient été reçus par les services de la ministre.

Il nous paraissait donc essentiel de rétablir la vérité sur un certain nombre de points discutés lors de cette interview. Une fois de plus, la ministre a montré une malhonnêteté patente. Les propos tenus hier matin ont suscité une profonde exaspération de l’ensemble des infirmiers anesthésistes dont la détermination à poursuivre ce mouvement sans précédent ne fait que grandir. Nous restons à votre disposition afin de compléter ou d’éclaircir certains points. Nous espérons que ce droit de réponse sera communiqué comme il se doit."

Le Collectif des infirmiers anesthésistes

jeudi 16 septembre 2010

Mobilisez-vous le 23 septembre!

La manifestation nationale du 7 septembre, avec près de 3 millions de manifestants dans les rues, a amené le gouvernement français à faire de minimes concessions.
Devant ces miettes il est plus qu'évident que nous devons nous mobiliser de nouveau et plus encore si nécessaire, car une grève générale ne saurait être écartée!

Il y a des situations ou un gouvernement, méprisant particulièrement le dialogue social, ne respecte plus la démocratie et ceci est grave.

Le "Syndicat Autonome Santé"  appelle tous les personnels à se mobiliser:

"Sur l'essentiel les députés majoritairement ont été pour la "réforme" des retraites, ce choix reste marqué par l'injustice flagrante de cette situation.
Nous devons maintenant nous adresser aux élus de la Nation avec toute la force nécessaire afin que ce projet de loi soit revu, car ce sont encore une fois les plus pauvres qui font les frais des votes de nos riches représentants du Peuple, qui eux n'auront pas dde problèmes de retraites avec tous les avantages qui leur sont concédés (loi Debré etc etc)."

Les députés dépités et les autres...

A 15 heures 48 les députés ont voté majoritairement pour le projet de loi sur la réforme des retraites.

Les citoyennes et citoyens étaient très nombreux devant l'Assemblée Nationale pour manifester leur colère.

mardi 14 septembre 2010

Tous devant l'Assemblée Nationale le 15 septembre 2010

Tous les travailleurs, les étudiants, les sans emplois et chômeurs, les retraités ... sont appelés à manifester devant l' Assemblée Nationale, le 15 septembre,  jour du vote par les députés de la loi sur la réforme des retraites


Ce 15 septembre doit être une journée de luttes et de rassemblements dans un esprit unitaire réel et non feint.

C'est la raison pour laquelle nous lançons un appel à l'unité de toutes les forces  syndicales, et associatives (suivant l'appel des organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CGC, FSU, SOLIDAIRES et UNSA...).
Pour Paris:

RASSEMBLEMENT A 12H30 PLACE DE LA CONCORDE
 
 
Rappelant que le jeudi 23 septembre, avant le débat au Sénat, une grande journée unitaire de grèves et de manifestations est prévue, à l’appel de toutes les organisations syndicales.

 
 
 

lundi 13 septembre 2010

Santé: ne confondons pas pieds en avant et "pieds devant"...

L'Ardèche est aujourd'hui à l'honneur, sans faire d'amalgame, nous mettons en avant l'initiative de professionnels de la santé qui ont créé une base informatisée des patients (le RIPAM), et une autre initiative, celle de syndicalistes ardéchois, qui a le mérite d'être réellement unitaire, démontrant qu'il y a une différence entre une autre base et les...autres... celles notamment qui se servent du syndicalisme et le déservent du même coup, sans rentrer bien évidemment dans une quelconque polémique stérile, ceci écrit en passant...


Qu'est le RIPAM ?


Le RIPAM est le Réseau d’Information Patient de l’Ardèche Méridionale.
Il est le fruit d'un regroupement de médecins de cette région (Ruoms, Vallon Pont D’arc, des Vans, de Thueyts, de Lablachère, d’Aubenas …) et de l’hôpital d’Aubenas, la clinique du Vivarais, avec entre autres les Maisons médicales de Joyeuse et Vallon Pont d’Arc, les laboratoires de Vals, d’Aubenas, des Vans, de Villeneuve de Berg, et de Montélimar.

Le RIPAM agit en tant que préfiguration d’un DMP (dans l’esprit de la loi du 13 Août 2004), compte tenu qu'il s'oriente autour d’un dossier médical personnel centré sur les patients.


R comme Retraites...:

Une motion intersyndicale faite à Aubenas interpelle les "représentants des grandes centrales nationales":


"La journée de grève et de manifestation du 7 septembre à Aubenas et partout en France a été exceptionnelle autant par la participation des salariés et plus généralement des citoyens que par leur détermination. Face à cela le gouvernement et le président de la république ont une nouvelle fois répondu par le mépris.

L’intersyndicale du bassin albenassien demande que le discours et la position de l’intersyndicale nationale soient axés sur le retrait du projet des retraites : ce dernier n’est ni amendable, ni modifiable.

De véritables négociations doivent s’ouvrir avec pour axe revendicatif prioritaire le maintien du départ à 60 ans au taux de 75%. C’est un autre partage des richesses qui permettra le financement pérenne des retraites.

Si le gouvernement et le patronat repoussent ces revendications, nous devons dans l’unité la plus large construire un mouvement capable d’imposer le retrait du projet. Pour cela, l’intersyndicale albenassienne appelle tous les salariés à se réunir en assemblées générales sur leur lieu de travail pour décider les formes appropriées d’action incluant la grève reconductible."


Motion signée le 8 septembre 2010 par les organisations syndicales suivantes: CGT, CFDT, CNT, FSU, UNSA et Solidaires.


Vers une forme de capitalisation des retraites?


"La Vie Hospitalière" ajoute que derrière le projet de réforme des retraites il y a encore beaucoup de manipulations dictées par la recherche d'une voie pouvant mener vers l'orientation d'une retraite par capitalisation...de ce côté il y aura des profits...toujours des profits...(pour certains...mais pas pour ceux qui arriveront en fin de vie...).
Au fait n'est-ce pas là l'orientation des U.S.A. qui rappelons le a entraîné bien des américains non pas dans la rue mais sur le trottoir?!

La retraite par capitalisation c'est la capitulisation de tout un système et ceci nous ne pourrons jamais l'accepter!

samedi 11 septembre 2010

La santé des salariés est de plus en plus malmenée

Les salariés supportent de plus en plus des pressions directement liées à leur environnement professionnel, les agressions contre leur santé se multiplient, ces dernières auront un coup économique non négligeable dans les années à venir, à ceci il faut ajouter  l'allongement potentiel toujours possible du travail (ce qui va à l'encontre même d'une politique sérieuse pour que chacun ait un travail tout autant sérieux, les petits boulots ne pouvant qu'être considéré comme une forme d'exploitation supplémentaire, loin de faire avancer l'économie ).
Les hôpitaux doivent aujourd'hui plus qu'hier répondre au dogme de la rentabilité. Rappelons la "note confidentielle" de l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France  qui a prévu de faire passer de 6 à 11 "services hospitaliers de nuit" par département à un seul!
Voir l'article sur notre blog : «  Menaces sur les services hospitaliers de nuit, en Ile-de-france! ».
Cette note est purement irresponsable, comment peut-on continuer dans cette logique où ce qui prime est la rentabilité sans aucune considération de l'intérêt général?
Les manques d’effectifs et la pénibilité pour le personnel hospitalier (infirmières, aides-soignantes...) sont de plus en plus importants et graves de conséquences.

Mais il n'y a pas que les hôpitaux publics qui sont visés....le gouvernement s’attaque aussi aux organismes qui ont pour but de faire appliquer la loi et assurer aux salariés une garantie d’intégrité corporelle, humaine, sociale, nous pensons bien évidemment aux infirmières dans les entreprises, mais aussi aux médecins du travail, aux inspecteurs du travail...
Le dernier coup porté  est le vote d’un amendement dans le cadre de la loi sur les retraites concernant le taux d’invalidité.

Le gouvernement voulant montrer une "ouverture plus ou moins de façade" sur le travail pénible concernant l’octroi des retraites ne trouve rien de mieux que de modifier les décideurs sur le taux d’invalidité. Le médecin du travail était le seul à décider, maintenant il sera accompagné par deux salariés (nommés par le directeur de l'établissement) pour décider du taux d’invalidité…on est en droit de se poser la question sur les qualités qui seront requises pour les salariés choisis…

(A suivre)

mercredi 8 septembre 2010

dimanche 5 septembre 2010

Menaces sur les services hospitaliers de nuit, en Ile-de-france!

L’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France a dans un document (confidentiel...) prévue de faire passer de 6 à 11 "services hospitaliers de nuit" par département à un seul!


C'est le journal "Le Parisien Libéré" qui le 5 septembre, par un article nous informe de cette possible orientation.

L’A.R.S. (dont le directeur général est un ancien ministre de la Santé du gouvernement Mitterrand) ...estimerait ainsi que trop d’infrastructures sont sous-exploitées notamment la nuit et le week-end. Selon cette note, l’organisation des hôpitaux, entre 18 h 30 et 8 heures, ainsi que le week-end et les jours fériés serait ainsi revue de façon drastique. Le journal signale que dans la note « Un seul bloc devrait être ouvert pendant vingt-quatre heures dans chaque département », vraisemblablement (toujours selon ce quotidien) des organisations comme la Fédération Hospitalière de France (F.H.F.) prépareraient un contre-projet, notons en passant que le directeur général de l'A.R.S. (Claude Évin) était il y peu encore le président de la F.H.F...

Patrick Pelloux (Médecin urgentiste) Président de l'Association des Médecins Urgentistes Français (A.M.U.F.) a déclaré à la télévision et à la radio que ce document de travail de l'A.R.H. était "ridicule"...et "...totalement irréaliste...".

Pour le Syndicat Autonome Santé c'est encore là la preuve que les orientations actuelles ont aucun sens de l'intérêt général, c'est de la pure irresponsabilité!

jeudi 2 septembre 2010

Les médecins urgentistes seront en grève le 7 septembre

La réforme des retraites et un accord que la ministre de la santé a signé avec deux organisations intersyndicales le 6 juillet 2010 ne répond en rien aux préoccupations des médecins urgentistes et des praticiens hospitaliers.

La réforme de l'Ircantec que le gouvernement a décidé d'imposer contre l'avis de la majorité des organisations syndicales entérine une diminution de 30 % de nos retraites que les récentes mesures "compensatoires" récemment annoncées seront loin de combler.

Nous continuons à réclamer une autre réforme permettant d'obtenir des pensions d'un niveau suffisamment attractif pour les praticiens hospitaliers.

Les enjeux de la retraite sont intimement liés au temps de travail et à sa pénibilité. La pénibilité est une contrainte inhérente à notre mode d'exercice qui doit être pris en compte. Or bien au contraire, les réformes successives qui touchent l'hôpital public ne font qu'aggraver les choses : diminution du nombre de lits, regroupement des hôpitaux, augmentation d’activité, baisse de l’attractivité des métiers avec des
variations du temps de travail sur le nycthémère, temps de travail dont le flou entre les 39 heures et 48 heures entrainant des abus démotivant pour les urgentistes, judiciarisassions des relations avec les malades, les familles et les administrations…

En conséquence nous déposons ce jour un préavis de grève, comme l’ensemble des fédérations syndicales et la Confédération des Praticiens Hospitaliers. Conformément au 3èm alinéa de l’article 3 dela loi n° 63-777 du 31 juillet 1963 et du code de santé publique, nous serons en grève le mardi 7 septembre à partir de 8heures jusqu’au 8 septembre, 8 heures. Les modalités de la grève seront un service minimum : les services d’urgences comme un dimanche ou jour férié.

Docteur Patrick Pelloux
Président de l'AMUF

(Communiqué de presse du 30 août 2010)

vendredi 27 août 2010

La Dingue: selon certains "comparaison n'est pas raison"...

Les ministres français de la Santé et de l'Outre-mer sont ce vendredi 27 août en Martinique, puis demain en Guadeloupe, pour revenir à Paris le soir même...c'est dingue comme les voyages font avancer les choses...du moins espérons le car depuis plus de 6 mois que l'épidémie est apparue, les moyens de l'état semble très moyens...

Rappelant que dans ces départements l'épidémie de dengue (1)  - appelée aussi Dingue -  a fait 18 morts depuis février (2) on note fort heureusement un fléchissement du nombre des décès.

Le président du Conseil régional de Guadeloupe espère une mobilisation "plus efficace" des moyens de l'Etat, il a notamment estimé que:

"...Pour le moment, on a l'impression que la surveillance épidémiologique ce n'est pas ça, que les recommandations de protection des personnes fragiles ce n'est pas encore ça"... "... Nous aimerions voir plus de personnes mobilisées"..."Contre le Chikungunya à La Réunion, on a mobilisé 3 663 personnes, dont 302 militaires".



Les services du Premier ministre soulignent pour leur part que "des financements complémentaires" ont déjà été attribués localement "dans le but d'intensifier les campagnes de sensibilisation et de prévention".

Des personnels militaires (69 personnes) ont été mobilisés pour "renforcer les opérations de démoustication et de destruction des gîtes larvaires", notamment dans les écoles, avant la rentrée scolaire de septembre.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a été saisi pour permettre la diffusion de messages télévisés de prévention.

(A suivre...de très près)


1) Maladie virale transmise par les piqûres d'un moustique de l'espèce Aedes aegypti, pour laquelle il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique .Le virus est toutefois sensible aux désinfectants d'usage courant, à l'éthanol à 70 %, au glutaraldéhyde à 2 %, à l'hypochlorite de sodium à 1 % ...


2) La Dengue a provoqué depuis février :

13 décès en Martinique (DEN1 et DEN4) des quatre sérotypes.
  5 en Guadeloupe, où un seul (DEN1) a été observé.
 

Troubles musculo-squelettiques (TMS) liés au travail ...

Le point au congrès PREMUS 2010 à Angers du 29 août au 2 septembre

Saint Maurice, le 27 août 2010

L’Institut de veille sanitaire (InVS) et le LEEST (Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail) de l'Université d'Angers organisent la 7 e édition de la conférence internationale pour la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS) : PREMUS 2010, à Angers, du 29 août au 2 septembre 2010.

Le congrès PREMUS, organisé tous les 3 ans sous l’égide du comité scientifique “Musculoskeletal disorders” de la Commission internationale de la santé au travail (ICOH-CIST), rassemble les meilleurs spécialistes mondiaux des TMS (biomécaniciens, physiologistes, épidémiologistes, médecins du travail, ergonomes, préventeurs, cliniciens, psychologues, sociologues, économistes de la santé, spécialistes de gestion, etc.) ainsi que des médecins et praticiens confrontés à leur prévention. Il constitue le principal congrès scientifique international consacré au problème majeur de santé publique que sont les TMS des membres et du rachis liés au travail. Après Zurich en 2004 et Boston en 2007, il se tient cette année en France pour la première fois.

Cet événement regroupera pendant cinq jours près de 600 participants du monde entier, professionnels de la recherche, de la surveillance et de la prévention. Ils pourront partager leurs expériences, faire le point sur les connaissances scientifiques les plus récentes concernant les mécanismes physiologiques en jeu dans la survenue des TMS et les mécanismes qui pèsent dans l'évolution vers la chronicité, ou encore les rôles conjoints des facteurs de risque individuels et des facteurs de risque professionnels.

Les travaux présentés permettront de cerner les secteurs d'activité et les professions les plus à risque, les populations de travailleurs les plus vulnérables, de repérer les inégalités vis-à-vis du risque et de ses conséquences. Toutes ces connaissances devraient concourir à une meilleure prévention des TMS et favoriser l’élaboration de stratégies et politiques de prévention adaptées.

Les différents aspects de la prévention des TMS seront abordés : de la prévention la plus précoce à la question, majeure, du retour au travail et du maintien en emploi. En effet, la problématique de la prévention de l'incapacité à travailler et du maintien en emploi des travailleurs vieillissants touchés par les TMS est aujourd’hui une préoccupation de première priorité. La prévention des TMS représente un enjeu de développement durable, tant les aspects sanitaires, sociaux et économiques sont étroitement liés. Ce congrès devrait contribuer largement à la visibilité du phénomène des TMS dans le débat social.

InVS

Communiqué de presse 27/8/2010

mardi 24 août 2010

Grève illimitée à compter de septembre de la pénibilité du travail de nuit.

le Syndicat National des Praticiens Anesthésistes-Réanimateurs Élargi (SNPHAR-E) a déposé un préavis de grève nationale illimitée de la pénibilité (permanence des soins : travail de nuit, gardes et astreintes) à partir du 1er septembre à 18 heures. Soins urgents et non urgents sont concernés.

Cette organisation syndicale veut faire pression une semaine avant la discussion parlementaire sur la réforme des retraites pour que soient prises en compte les propositions spécifiques sur la pénibilité du travail de nuit, tout particulièrement en milieu hospitalier.


Ci-dessous son communiqué de presse du 23 août:

Le SNPHAR-e dépose un préavis de grève illimitée de la pénibilité, à compter du 1er septembre 2010. Depuis la signature du relevé de conclusions de mai 2008 qui devait mettre en place une reconnaissance du travail de nuit pour les médecins de la permanence des soins, nous rencontrons le plus grand mépris des pouvoirs publics.

L’engagement signé de mise en route des négociations est resté lettre morte.

A l’occasion de la réforme des retraites, et du débat sur la pénibilité, nous sollicitons urgemment un débat public et législatif sur la problématique du travail de nuit des soignants qui accueillent et prennent en charge, la nuit, les patients sur l’ensemble des hôpitaux publics du territoire. Parmi eux, les médecins hospitaliers que nous représentons paient un lourd tribut.

Ce travail de nuit fait partie de nos missions de service public ; nous sommes fiers de l’assurer sous forme de garde sur place ou d’astreinte à domicile. Tous les médecins de la permanence des soins effectuent 4 à 5 ans de leur carrière en travail de nuit. Une abondante littérature scientifique et des rapports successifs de l’Assemblée nationale ou du Conseil Economique et Social prouvent que cette
forte contrainte au travail dégrade l’espérance de vie en bonne santé et la qualité de vie, d’autant que s’y additionnent d’autres pénibilités reconnues : horaires alternants, grandes amplitude de travail, contraintes organisationnelles. (1)


Cette pénibilité est niée par le projet de loi sur les retraites, et le terme même de pénibilité résonne

comme une insulte ou un non-sens aux oreilles de nos interlocuteurs ministériels. Pourtant, c’est une

réalité concrète et sa négation est probablement en partie responsable de la désaffection des

jeunes médecins pour l’exercice hospitalier.

L’actuel projet de réforme des retraites envisage de nous faire continuer à ce rythme jusqu’à 67 ans

pour une pension à taux plein, avec une démographie qui nous obligera à continuer les gardes jusqu’au

bout ! Ce n’est pas sérieux ! Qui acceptera une péridurale réalisée, à 3 heures du matin, par un médecin

de 66 ans, usé par le travail ? Nous voulons une réforme juste.

« Travailler la nuit nuit gravement à la santé » : nous devons être entendus. Des mesures

compensatoires du travail de nuit doivent, à partir d’un certain nombre de nuits

effectuées, être incluses dans la réforme des retraites. Par le lancement d’une grève de

la pénibilité avec assignation pour chaque garde et astreinte, nous signifions aux

pouvoirs publics, aux élus, et à nos patients que nous voulons être entendus.

Nous appelons également l’ensemble des médecins hospitaliers à une grève totale des soins

urgents et non urgents, le mardi 7 septembre 2010. Nous manifesterons, aux cotés de ceux qui

refusent l’indifférence, l’arbitraire et l’injustice.



Docteur Nicole Smolski

Présidente

Docteur Bertrand Mas

Vice-Président

Docteur Yves Rébufat

Secrétaire Général

Syndicat National

des Praticiens Hospitaliers

Anesthésistes Réanimateurs Elargi

Membre adhérent et fondateur de l’Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers, INPH

Membre adhérent de la Fédération Européenne des Médecins Salariés, FEMS

1) http://www.snphar.com/data/upload/files/SNPHARe_TravNuit.pdf

mardi 17 août 2010

Une bactérie qui fait de la résistance...

Un homme rentré du Pakistan est mort en Belgique, la bactérie NDM-1 (Identifiée en 2009), apparaît résistante "à tous les antibiotiques selon les dernières nouvelles".

Cette bactérie a fait plusieurs victimes  en Inde, ces souches d’entérobactéries se sont éparpillées. Elles sont maintenant  en Belgique, au Canada, en Suède, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne,et, récemment en Australie,  chez des personnes ayant été opérées dans des cliniques se trouvant en Asie (sic).


En France: un cas a été identifié en avril 2010 (1). "Il concerne un patient de retour après une hospitalisation en Inde (...)  Il est simplement porteur et ne présente pas d’infection liée à la bactérie. Il reste hospitalisé pour une toute autre pathologie ", a indiqué la Direction Générale de la Santé (DGS).
L’état de santé du malade, dont l’identité n’a pas été communiquée, n’inspire pas d’inquiétude.


 La bactérie a contaminé un second homme, au Monténégro, qui a pu,  être guéri dans un hôpital belge, ont indiqué, vendredi 13 août, des responsables médicaux.
 
1) En France, nous nous étonnons du silence relatif à cette bactérie, en effet un patient a été reconnu porteur de cet entérocoque en avril 2010...et nous commençons seulement trois mois après à être informés, notre interrogation est légitime.

Urgences hospitalières : Absence totale de dialogue social

Les Agences Régionales de Santé (ARS) commencent leur travail et proposent des restructurations hospitalières qui affectent lourdement le système des urgences de notre pays, tant au niveau des services d'accueil que des SAMU-SMUR.

La seule logique à l'oeuvre est celle des économies à tout prix, au mépris de la sécurité de la population et de l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire. Alors qu'un consensus semblait établi autour du fait qu'après les restructurations de ces dernières années, un seuil plancher avait été atteint au niveau du nombre de services d'urgences et de SAMU-SMUR sur le territoire. Or, il en est rien et de nouvelles fermetures sont prévues avec une grande première, la suppression de sites de régulation et d'équipes de SMUR. Comme pour d'autres services publics, nous allons vers une désertification du territoire dont les conséquences sanitaires pour les populations concernées risquent d'être catastrophiques.


Ce qui est particulièrement scandaleux est la manière de procéder. Les directeurs des ARS, nouveaux préfets sanitaires régionaux, décident seuls sans aucune concertation. Ici aussi, la règle qui prévaut est celle du fait du prince
L'AMUF, organisation syndicale représentative des médecins urgentistes, a été exclue de toutes les structures dites de concertation et ses demandes d'audience auprès des directeurs d'ARS sont restées sans réponse. La stratégie du choix des interlocuteurs, si possible les plus dociles possible, et d'exclusion de ceux qui dérangent prévalant au ministère de la santé, est visiblement déclinée dans les régions de manière systématique.

Un fonctionnement normal de notre République nécessite un minimum de respect du dialogue social. Un exemple est particulièrement éloquent des pratiques du gouvernement actuel : alors que l'AMUF depuis sa création a pu régulièrement rencontrer les différents ministres de la santé quelle que soit leur couleur politique, Roselyne Bachelot n'a jamais daigné répondre à ses demandes d'audience. Alors que cette ministre a de grandes chances de quitter bientôt son poste, nous ne pourrons malheureusement faire le constat qu'en 2 ans et demi nous ne l'aurons jamais rencontrée !

Cette situation est intolérable pour les urgentistes. Face à l'étranglement financier des hôpitaux, nos conditions de travail se dégradent et dans de nombreux endroits nous ne sommes plus en condition de prendre en charge les patients dans des conditions normales. A cela s'ajoute l'absence de négociation sur la pénibilité liée au travail de nuit qui nous touche particulièrement. Cette question n'est pas spécifiqueaux urgentistes et aux médecins, c'est la raison pour laquelle nous travaillons avec l'ensemble des forces syndicales pour que le gouvernement accepte d'ouvrir réellement ce dossier.

Par ailleurs, pour toutes ces raisons, l'AMUF appelle les médecins urgentistes à participer massivement à la journée d'action intersyndicale sur les retraites du 7 septembre 2010.


Patrick PELLOUX

Président de l’Association des Médecins Urgentistes de France.


(Communiqué de presse de l'AMUF)

jeudi 5 août 2010

Un rapport du Sénat

Ce rapport diffusé aujourd'hui

mercredi 4 août 2010

Sous médicalisation en Basse Normandie

En Basse-Normandie on fait de gros efforts pour construire une faculté de médecine, c'est prévu avec le contrat de plan signé avec l'État.

Le Maire de la ville de Caen ( président du CHU) s'est exprimé publiquement à ce sujet:


"On comprend mal comment on peut en tirer les conclusions comme celles-ci, c'est à dire augmenter aussi peu le nombre d'internes, il faut absolument revoir ces chiffres dans les régions qui souffrent déjà d'un sous encadrement médical, parceque c'est une inégalité face à la santé que l'on est entrain de perpétrer ou d'aggraver."

dimanche 25 juillet 2010

La souffrance au travail en milieu hospitalier: un cas affligeant pour la FPH

La souffrance au travail... c'est un fait particulièrement triste quand l'environnement professionnel concerné est un centre hospitalier, lieu où justement la prise en compte de ces situations devrait permettre une meilleure conscience...

Ainsi la psychologue et psychanalyste Marie Pezé (créatrice de la première consultation sur la souffrance au travail) a été victime de tensions liées à son handicap.
Le comble est que Marie Pezé a contribué à rendre public le problème de la souffrance au travail par son livre: « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »!...

"C’est du passé : sa consultation est condamnée depuis qu’elle a reçu, une lettre de licenciement après des années de bras de fer avec la direction de l’hôpital qui l’employait.
Son histoire est d’une ironie confondante : alors qu’elle reçoit des salariés en souffrance au Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre, Marie Pezé est licenciée après avoir tenté, en vain, d’obtenir des aménagements de son poste de travail, qui la faisait souffrir.
Psychanalyste et docteur en psychologie, Marie Pezé a créé sa consultation, la première de France, en 1997. Elle est handicapée à 80%. « La première fiche de la médecine du travail date de 1999 », raconte-t-elle. « Il y en a eu trois au total. A chaque fois, mon cas s’était aggravé. »
L’hôpital ne réalise pas les aménagements demandés
Voici par exemple ce que préconise en 2003 un médecin du travail qui la déclare « apte sur poste aménagé » :
« pas de port de charges, aide à la gestion des dossiers, courriers et photocopies, déplacements limités : aide, vestiaire à proximité, pas de gestes fins et répétés : dictaphone pour courrier, utilisation d’oreillette téléphonique, secrétariat aidant. »
Mais la direction du Cash n’effectue pas les aménagements demandés par la médecine du travail. Marie Pezé est souvent en arrêt maladie. Quand elle exerce -sa consultation accueille 900 patients par an, dont un tiers travaillent dans le même hôpital qu’elle-, ses patients la voient répondre au téléphone, faire des photocopies, porter des dossiers…
Outre ses patients, des magistrats, des médecins du travail ou des psychologues constatent aussi ses conditions d’exercice : pour obtenir le certificat de spécialisation en psychopathologie du travail, dont Marie Pezé est responsable pédagogique, ils assistent à ses consultations.
Des journalistes et des parlementaires la sollicitent
Des élus, des documentaristes ou des personnalités diverses, intéressés par les pathologies que la psychologue a contribué à mettre en lumière, viennent aussi, avec l’accord des patients.
L’automne dernier, le journaliste Jean-Robert Vialet l’interroge dans sa très belle série documentaire sur France 2, « La Mise à mort du travail », qui obtient le prix Albert-Londres 2010. Les députés UMP auditionnent Marie Pezé dans une commission parlementaire et l’interrogent pour leur site Lasouffranceautravail.fr. (Voir la vidéo)
Mais au Cash, seuls les médecins ont droit à un secrétariat et à une imprimante dans leur bureau. Marie Pezé, malgré son handicap, doit aller au bout du couloir, et porter ses dossiers elle-même : quoique docteur, elle n’est pas médecin.
Début 2009, une psychologue du travail qui recevait les employés de l’hôpital (1 500 fonctionnaires, médecins et contractuels) s’en va. Elle n’est pas remplacée avant 18 mois.
« Depuis son départ, j’ai récupéré les salariés qu’elle prenait en charge », raconte Marie Pezé.
Le Cash doit faire des économies
Le 7 avril 2010, elle écrit au directeur de l’hôpital pour, une fois de plus, lui « faire mesurer la nécessité de recruter rapidement un psychologue du travail en remplacement » de la précédente. Deux pages de rappel à la loi et de détails, dont ceux-ci :
« Les agents du Cash sont, du fait même de la population prise en charge par l’institution, confrontés à des situations de violence qu’il ne faut pas banaliser : incendies avec morts, crimes, tentatives de meurtre, viols, coups et blessures, injures, insultes, provocations, incivilités… »
Le directeur, nommé un an plus tôt avec mission de faire des économies, répond le jour-même :
« Madame,
Vous avez oublié parmi les destinataires le premier président de la Cour des comptes. Cette noble institution pense qu’il y a aussi des efforts à faire dans les hôpitaux en matière de gestion. »
Marie Pezé n’est donc pas la seule à souffrir des restrictions budgétaires.
Le 16 juin 2010, un médecin du travail la déclare « inapte définitive ». « Inapte à mon poste, pas à mon travail », dit la psychologue.
« Je faisais le même tableau clinique que mes patients »
La direction du Cash ne communique pas sur le licenciement de Marie Pezé. C’est l’avocate de l’hôpital, Me Anne-Françoise Abecassis, qui s’en charge :
« Mme Pezé a été licenciée en raison d’une inaptitude physique constatée par le médecin du travail. Elle ne souhaitait pas être reclassée. Au contraire, elle a clairement exprimé qu’elle attendait ce licenciement. Les écrits en témoignent. »
Pour des raisons juridiques, Marie Pezé refuse de commenter les propos de l’avocate. Simple réponse :
« Je faisais le même tableau clinique que mes patients. »
A propos des demandes d’aménagement du poste de travail de Marie Pezé, que l’hôpital était légalement dans l’obligation d’effectuer, l’avocate botte en touche :
« Je ne connais pas l’historique de ce dossier, j’en ai été saisie très récemment. Mais elle a refusé un autre bureau, car elle voulait un environnement très immédiatement médicalisé. »
Marie Pezé répond qu’elle reçoit des patients « qui font des poussées d’hypertension et des malaises ».
La direction : « C’est une perte pour l’établissement »
Ils iront désormais les faire ailleurs, puisque Me Abecassis confirme que la consultation de Marie Pezé, qui a la particularité d’être psychologue clinicienne, sera supprimée :

« Mais tout le monde s’accorde à dire que c’est une perte pour l’établissement. »
L’avocate rappelle que la psychologue « a exprimé qu’elle est très fatiguée physiquement, psychiquement » et ajoute, énigmatique, qu’elle n’a pas envie d’en dire plus que ce que Marie Pezé dit elle-même sur son état."

La psychologue, licenciée à un an ½ de la retraite, perd du même coup ses fonctions de responsable pédagogique, d’experte devant les tribunaux, et d’enseignante à l’université. Pour conclure dans cette affaire lamentable c'est encore un exemple du peu de cas qui est réservé aux personnes ayant un problème d'handicap dans le travail, tout semble être de la poudre aux yeux, dans la réalité les choses se passent avec pour seule priorité : la rentabilité...rien que la rentabilité!
Ceci écrit nous vous invitons à lire le livre de Marie Pezé, il est poignant et plus que jamais d'actualité.

« Vous voulez en savoir plus sur la souffrance au travail ? Il faudrait que vous entriez dans mon bureau, que vous preniez place sur cette chaise à côté de la mienne. Que vous écoutiez. Vous pourriez ainsi entendre l'extraordinaire impact du travail sur le corps et sur le psychisme. Le travail peut sauver. Il peut tuer aussi. Travail sous contrainte de temps, harcèlement, emploi précaire, déqualification, chômage sont le lot quotidien des patients de la consultation Souffrance et Travail ». Marie  Pezé

jeudi 22 juillet 2010

Point de vue sur la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la grippe H1N1.

Évaluation du rapport final réalisé par le Docteur Marc Girard:

Plusieurs internautes m’ont demandé de commenter le rapport final consacré aux travaux de la Commission d’enquête réunie par l’Assemblée nationale "sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1)". Ce rapport a été diffusé à la mi-juillet 2010.

A titre liminaire, qu’il me soit permis de confesser que ce commentaire correspond pour moi à une corvée d’utilité publique, car de façon - là encore - assez précoce pour ne pas me rendre suspect de réagir a posteriori, je n’ai cessé d’ironiser sur les résultats prévisibles de cette enquête-bidon (cf. entre autres mes Perles des 04/01, 15/01, 19/01, 20/01, 23/01, 29/01 [1], 18/02, 30/03, 01/04, 05/04, 16/04, ou encore des 16/05/, 02/06, 12/06/, 21/06 [2]). Je serais donc fondé à soutenir qu’il n’y a pas un instant à perdre avec la misère prévisible et prévue de cette contribution sachant de plus que, d’expérience, il n’y a rien de plus ravageant et consommateur de temps que de réfuter l’ineptie.

Il est utile de préciser pour radical qu’il fût, mon scepticisme ne résultait pas d’un préjugé obtus à l’égard des politiques : mais dans ses présupposés comme dans sa méthodologie, cette commission n’a jamais eu la moindre crédibilité (je reviendrai sur ce point dans un instant).

Tel qu’il se présente aujourd’hui, ce pauvre rapport atteint le respectable volume de 742 pages : perdre du temps à confirmer ce qui a été annoncé, c’est se détourner d’autres questions plus essentielles [3]. La presse française, par exemple, est restée très discrète sur les récents déboires d’Avandia qui, à trois jours d’intervalle (09/07 et 12/07), ont justifié pas moins de deux articles dans le New York Times - revue provinciale à diffusion confidentielle (sans commune mesure avec les phares intellectuels qui justifient ici l’argent récemment réinvesti du minitel rose et du porno) mais qui, pour l’essentiel, confirment l’analyse de la pharmacovigilance telle que, tant bien que mal, j’avais essayé de présenter lors de mon audition...

En l’espèce et pour les raisons susdites, je me propose donc de mettre en pratique la méthode évoquée dans mon livre (p.79) :

"on n’a pas besoin d’avaler jusqu’au bout un oeuf pour constater qu’il est pourri (...) : il y a des bouquins dont il suffit de lire la quatrième de couverture pour savoir ce qu’il y a dedans."

Des conclusions prévisibles et prévues

Dans Les Echos du 21/01/10, on pouvait lire cette profession de foi du président du Nouveau Centre, principal demandeur de la commission :

"C’est une commission pour accompagner tout gouvernement à mieux gérer les crises de pandémie et à répondre de manière efficace aux questions posées ", a plaidé le président du groupe centriste, François Sauvadet, se défendant de vouloir " remettre en cause l’action " de Roselyne Bachelot, qui " a bien fait son job ".

La signification de cette partialité fondatrice est encore aggravée dans le rapport (p. 8-9) par la revendication décomplexée de tout ce que la commission a délibérément ignoré, à savoir notamment les conflits d’intérêts des experts (ainsi que le scandale des antiviraux, celui-ci n’étant d’ailleurs qu’un prolongement de ceux-là) : ce, au motif que "le seul sujet de l’organisation de la campagne de vaccination étant au demeurant suffisamment complexe pour éviter toute dispersion." On pourrait s’arrêter là, car une bonne part de la supercherie se résume à cet aveu :

* Loin de s’interroger sur la mystification qui a conduit a inventer une "pandémie" dont il est aujourd’hui notoire qu’elle n’a jamais existé, on s’escrime à la recrédibiliser rétrospectivement en affectant de s’interroger gravement sur les modalités d’une meilleure organisation lors de "la prochaine" pandémie : mais pour qu’il y ait une "prochaine", encore eût-il fallu qu’il y en eût une "précédente". Il est d’autant plus regrettable que cette question centrale soit esquivée par la commission que la tromperie de la "précédente" (grippe porcine) succédait elle-même à la blague de la pénultième (grippe aviaire), pour ne point parler de l’antépénultième (virus HPV) et de celles qui ont encore précédé (hépatite B)... Il faudra bien s’interroger un jour sur ces épidémies virales dont l’actualité en termes de santé publique est scandée par la disponibilité de vaccins dont le coût exorbitant est la seule originalité.

* En admettant même qu’il eût été légitime de limiter les travaux de la commission à "l’organisation de la campagne", n’était-ce pas aller un peu vite en besogne que de poser d’emblée que l’organisatrice incontestée de cette campagne avait "bien fait son job" ? A quoi bon enquêter, si elle a tout fait bien ?

Le motif de ces incohérences pourtant voyantes, c’est tout simplement l’historique le plus probable qui a conduit à toute cette gabegie. Il se murmure en effet que, préoccupé non pas tant par la dangerosité propre de la grippe que par la perspective de millions de travailleurs en arrêt-maladie dans le contexte d’une crise économique grave (pour s’informer, on a les experts qu’on peut), c’est le Président de la République lui-même qui aurait fait le choix d’un achat massif aux conditions exorbitantes imposées par les fabricants. Toujours soucieux de justifier mes références, je tiens à préciser ici que je n’ai pas de preuves formelles du fait - lequel ne m’est remonté que par l’intermédiaire des meilleurs-experts certainement plus au fait que moi de ce qui s’est réellement passé dans les allées du pouvoir. Mais je tiens ce on-dit pour d’autant plus crédible qu’il est fort compatible avec ce que nous savons de l’omniprésence présidentielle et que, d’autre part, il explique l’injustifiable comportement de la ministre de la santé, laquelle s’est cantonnée dans une posture d’exaspérante arrogance : ne cherchant même pas à mimer l’intelligence ni l’élégance, la ministre a simplement donné l’image d’une femme assurée d’une totale impunité.

La boucle serait donc bouclée, car si l’on peut tenir pour éminemment probable que le responsable de cette désastreuse campagne n’est autre que le Président de la République en personne, on n’imagine pas une seconde les leaders du Nouveau Centre aller mordre la main qui les nourrit : Madame Bachelot a d’autant "mieux fait son job" qu’elle s’est contentée d’obéir aux ordres du patron...

Une méthodologie inadéquate

Du début à la fin, cette commission d’enquête a donné une image de bricolage et de combine. D’abord, en s’écartant de l’usage qui veut que les postes de président et celui de rapporteur soient équitablement répartis entre la majorité et l’opposition. Ensuite, et à l’autre bout de la chaîne, en bouclant un rapport dans la précipitation : selon le Canard Enchaîné (07/07/10), deux photocopies seulement du rapport ont été mises durant quatre jours à la disposition des 30 membres de la Commission...

Entre ces deux extrêmes, tout a boité : sans même évoquer l’assiduité apparemment problématique de la plupart des membres, citons quelques éléments en vrac.

* De quel droit les séances, non publiques, n’ont-elles été ouvertes qu’aux journalistes ? Y a-t-il, en France, des citoyens de seconde zone dans le droit à l’information (sachant de plus qu’en l’espèce, ces journalistes si bizarrement privilégiés ont quand même joué un rôle majeur dans la réplication et l’amplification des informations fausses qui ont alimenté le scandale de la grippe porcine) ? Il me paraît ahurissant qu’aucun parlementaire - de droite, de gauche ou d’ailleurs - n’ait eu l’idée d’évoquer cette élémentaire question de droit [4].

* Au nom de quel principe les personnes auditionnées n’ont-elles eu aucun réel droit de regard sur la transcription de leur audition - et notamment des propos qui leur sont attribués ? La lettre de convocation stipulait textuellement que le compte rendu adressé aux intéressés "ne pourra[it] être corrigé". C’est ainsi que, pour parler de ce que je connais, le compte rendu de ma propre audition ne recouvre qu’approximativement ce qui s’est réellement dit : on n’y entend plus Lagarde insister lourdement sur le fait que ma convocation fut simplement réductible à une lubie de son collègue Bapt, on n’y comprend qu’imparfaitement les motifs qui ont justifié le soir même ma lettre ouverte, on n’y reconnaît que vaguement ma dénonciation pourtant fort argumentée d’une pharmacovigilance qui "ne marche pas" et qui n’a jamais marché, on n’entend qu’incomplètement Madame Lemorton (députée de Toulouse et pharmacienne d’officine) dénoncer la tromperie qui conduit à vacciner contre l’hépatite B des bébés totalement à l’insu des parents... On peine à admettre que le Président puisse essayer de mettre un auditionné en difficulté au motif que sa déposition est intégralement enregistrée (p. 656), sans avoir l’élémentaire élégance de veiller à ce qu’à tout le moins, cet enregistrement lui soit ensuite remis afin de permettre les vérifications qui s’imposent. On comprend mal, enfin, que sans le moindre élément de fait pour soutenir ses accusations, le même président accuse répétitivement un auditionné d’avoir "caviardé" Dieu sait quoi Dieu sait comment (Rapport, p. 652 et 654).

* S’il est exact que, devant la commission, un auditionné a pu proférer des "mensonges" (Rapport, p. 652 et 653) après avoir prêté serment, comment un Président responsable peut-il se dispenser de réclamer les sanctions judiciaires qui devraient alors s’imposer ? Faut-il comprendre que le cérémonial sur serment, c’était juste du pipeau [5] ?

* En admettant même qu’un script intégral des dépositions ait été matériellement impossible à réaliser en si peu de temps :
Avec quels moyens cette commission - par ailleurs incapable de faire des photocopies en nombre décent à destination de ses propres membres - a-t-elle réussi le travail considérable d’obtenir, en une dizaine de jours seulement (de ma convocation du 27/05 à mon audition réelle du 09/06), le script intégral de mes interventions publiques->142] ? A-t-elle bénéficié de concours extérieurs et si oui, desquels ?
Pourquoi ne pas avoir adopté le moyen simple et éprouvé d’un enregistrement vidéo des auditions ?

* Sur la base de quels critères ont été choisis les journalistes qui ont participé à la table ronde du 27/05/10 ? Pourquoi n’y trouve donc aucun représentant de cette "petite" presse qui, à la différence des invités de ce jour-là, a vaillamment résisté à la propagande gouvernementale ?

* De la même façon, sur la base de quels critères ont été choisis les experts ou techniciens auditionnés ? Dans la mesure où c’est constamment et exclusivement derrière leur "excellence" présumée que s’est abritée Madame Bachelot pour justifier le bien-fondé de sa campagne, pourquoi n’a-t-il pas été approprié de les interroger sur leurs biais et leurs conflits d’intérêts même si la commission entendait ne se concentrer "que" sur cette campagne ?

Rien de tout cela ne tient debout.

Des recommandations atterrantes

Sans qu’il soit besoin, là encore, de commenter l’intégralité du détail, l’incongruité rare des recommandations confirme la débilité de l’ensemble.

Au terme de cette histoire qui a surtout montré le danger pour la santé publique d’un secteur vaccinal réglementairement sinistré par les lobbies et exploité sans scrupules pour garantir la rentabilité d’une industrie pharmaceutique obstinément incapable d’innover, la commission n’a pas trouvé mieux que de recommander "une politique vaccinale volontariste" (p. 119)... Et, dans l’improbable cas où le lecteur, suffoqué de rire, n’aurait pas bien compris, le rapporteur s’empresse de préciser qu’il parle bien des vaccins "contre la grippe saisonnière" - quand l’histoire aura été notamment l’occasion de livrer au débat public les résultats désastreux des évaluations Cochrane concernant ces vaccins-là précisément. Il est difficile d’être plus autiste.

On n’a que l’embarras du choix, ensuite, si l’on préfère pleurer que rire : par exemple, quand on entend le rapporteur recommander la mise en place d’études épidémiologiques "lors de toute future campagne de vaccination" (p. 115) alors qu’à la base du problème posé, il y a d’abord l’insuffisance des études qui devraient conditionner l’autorisation de mise sur le marché (et, par conséquent, la mise en place éventuelle de "campagnes" ultérieures) [6].

J’ai un attachement sentimental tout particulier concernant la recommandation de "conforter l’expertise" (p. 116). D’abord pour le choix du mot "conforter" qui signifie notamment (selon le Grand Robert) "Donner des forces à (un régime politique, une situation, une thèse, etc.)(...) Raffermir (qqn) dans une opinion" : comme si tous ces meilleurs-experts à la solde des lobbies et devant qui les politiques se sont durablement couchés avaient, en sus, besoin d’être "raffermis" !... Ensuite, parce que, si l’indigente défense des politiques s’est limitée à dénoncer l’incompétence présumée des experts à qui l’épreuve du réel a outrageusement donné raison [7], je reste sur le reproche que m’a adressé en privé un député d’avoir commis "une grave erreur" en dénonçant réciproquement l’incompétence pourtant facilement documentable de certains responsables sanitaires. "Ces problèmes de compétence, me suis-je vu objecter, ça n’intéresse personne" : sauf lorsqu’il s’agit de conforter dans leur usurpation les "experts" qui ne sont que les hommes de paille des lobbies, mais dont l’indiscutable "compétence" exonère les politiques d’avoir à justifier leur choix d’experts - accessoirement à l’assumer quand il s’avère rétrospectivement catastrophique ou scandaleux ("responsables mais pas coupables").

C’est aussi l’occasion de dénoncer vigoureusement l’oecuménique exhortation du rapporteur à reconnaître un droit à l’erreur. Certes, personne - et surtout pas l’auteur de ces lignes - n’est à l’abri d’une erreur ; mais, tandis que l’erreur qui relève de ce droit se répartit équitablement d’un côté ou de l’autre de la vérité, le type d’erreurs commises par les meilleurs-experts de l’administration a systématiquement penché vers la défense des intérêts de leurs sponsors : dans la méthodologie statistique si regrettablement ignorée du rapporteur, ce type d’erreur correspond à ce qu’on appelle un biais et la reconnaissance de tels biais appelle naturellement d’en rechercher les causes - selon une exigence intellectuelle qui s’inscrit comme par hasard à rebours du pauvre programme adopté par les responsables de la commission.

Je ne reviendrai pas sur la sidérante déploration de la commission relative à la mise à l’écart des médecins dans la campagne vaccinale : quand il n’est plus sérieusement contestable que toute cette pseudo-pandémie - et la campagne qui allait avec - n’a été qu’un piège à cons tendu par les lobbies, il faut vraiment n’avoir peur de rien pour soutenir que si l’on y avait associé les médecins, il aurait mieux fonctionné ! Voilà qui augure bien mal de la recommandation associée visant à "améliorer les modalités d’information des professionnels de santé". Avec un appui aussi peu dissimulé des parlementaires, on peut compter sur les lobbies pour nous concocter une "formation médicale continue" dont on vous dira des nouvelles...

Enfin, puisque même les meilleurs-experts de Madame Bachelot semblent l’ignorer et, qu’à ma connaissance, ce point n’a encore jamais été publiquement relevé, qu’il me soit permis de rappeler qu’outre son caractère proprement scandaleux (cf. plus bas), la mise en cause unilatérale d’internet par les politiques renvoie à un nouveau coup de force réglementaire qui contribue, s’il en était encore besoin, à décrédibiliser la pharmacovigilance des vaccins contre la grippe porcine. Car dans leur obstination bornée à voir dans ce média la source de tout le mal, nos parlementaires ont simplement oublié que la réglementation pharmacovigilante en vigueur [8], loin d’autoriser à traiter internet avec mépris, imposait normalement aux fabricants de documenter toutes les alertes de tolérance circulant sur ce canal et parvenant à leur connaissance, ce au titre de leurs obligations de suivi après commercialisation... C’est peu dire que de celle-ci comme des autres, ils n’ont pas fait grand cas - et que nos parlementaires eussent été bienvenus de réserver un minimum d’indignation réciproque relativement à ce scandale dans le scandale.

Pour conclure

On hésite entre deux qualifications pour ce pauvre rapport : torche-cul prévisible, ou magouille préoccupante. Il est à craindre, hélas, qu’il ne justifie les deux...

1. Certes, on reste d’abord confondu par une telle nullité dont on trouverait bien d’autres illustrations si l’on se donnait la peine de tout lire ligne à ligne : il suffirait de se baisser pour en ramasser des brassées à chaque fois. Oh ! je n’ai pas la nostalgie d’un âge d’or de la démocratie ; mais force est de constater qu’à l’heure actuelle, la caractéristique la plus nette des politiques, c’est qu’ils n’ont même plus besoin de ruser pour prétendre abuser les citoyens - même plus besoin de mimer l’intelligence ou le scrupule pour faire passer les plus lamentables de leurs petites mystifications [9].

2. Cependant, ce qui se joue-là, également, c’est l’institutionnalisation du mépris radical des politiques pour les citoyens : alors que le personnel politique ne craint pas d’exploiter comme "victoire prometteuse" une élection gagnée avec moins de 15% des inscrits (cf. Les Perles du 13/07/10), c’est une insupportable arrogance d’accréditer que le refus massif de la mystification grippale et de la supercherie vaccinale serait réductible à l’incapacité des citoyens concernés de choisir leurs sources d’information ! C’est le retour du traité de Lisbonne, à ceci près que la volonté ignorée par la classe politique à l’occasion de ce traité était celle de 56% des citoyens, quand celle sur laquelle ils osent jeter l’opprobre avec un tel cynisme concerne cette fois 85% des Français...

Cette dégénérescence des politiques vers une incompétence de plus en plus voyante assortie d’un mépris compensateur non moins voyant à l’égard des citoyens témoins - et victimes - de leur incurie n’est évidemment pas l’exclusive du rapporteur ou du président de cette commission. Je n’ai pas l’immodestie de juger l’état de la Nation à l’aune de la réception réservée à mes oeuvres, mais qu’il me soit permis de rapporter l’anecdote suivante dont j’abandonne l’interprétation à mes lecteurs. Mon livre s’étant d’emblée posé comme réflexion politique sur une situation générale où la grippe porcine n’y était traitée que comme un exemple parmi bien d’autres, j’en ai adressé dès octobre un exemplaire aux principaux leaders du monde politique (parlementaires, ministres, chefs de partis, etc.), sachant que depuis cette date, on ne peut pas dire que les événements aient le moins du monde contredit mes analyses, notamment en ce qui concernait la supercherie de la grippe porcine, les conflits d’intérêts des experts, le principe de précaution ou encore le délitement de la réglementation pharmaceutique sous les coups de boutoir des lobbies européens. Or, tandis que le personnel de droite dans son ensemble a tenu au moins à accuser réception du bouquin (le regretté Philippe Seguin étant clairement le seul à en avoir effectivement pris connaissance), aucun leader ni de la gauche, ni de l’extrême-gauche, ni des Verts n’a même daigné sacrifier à ce rituel d’élémentaire politesse...

J’ai suffisamment le sens du Bien Public pour n’éprouver aucune blessure narcissique à ce désintérêt unanime du personnel de la gauche élargie. Mais j’y vois - et cela m’inquiète - la confirmation d’une analyse que j’ai déjà eue l’occasion d’exposer sur mon site, à savoir que notre société souffre d’une absence totale de pensée politique appliquée à la santé : situation qui ne devrait pas manquer d’alerter les citoyens au simple regard du fait que les dépenses de cette santé (par rapport à laquelle les politiques abdiquent toutes leurs prérogatives au profit "d’experts" marrons) comptent cependant pour plus de 11% de notre PIB...

Lors de mon audition, Madame Lemorton a eu le courage d’un aveu accablant : " J’ai été alertée très tôt par le collectif Europe et Médicament qu’une circulaire délétère [sur la pharmacovigilance] était en préparation à Bruxelles. La commission des affaires européennes de notre assemblée a été jugée seule habilitée à statuer sur cette circulaire, sur le rapport de Mme Valérie Rosso-Debord. Cependant, cette commission ne comporte, à gauche comme à droite, aucun spécialiste de pharmacovigilance" (cf. Rapport, p. 649). Cette directive assez scélérate pour que je l’évoque spontanément dès mon introduction correspond en fait à l’instrument réglementaire visant à accélérer et à faciliter l’introduction de médicaments insuffisamment évalués lors du développement clinique : c’est-à-dire, soyons précis, à légitimer l’introduction accélérée de médicaments qui, à l’échelle de la seule Europe, rapporteraient des milliards d’euros à leurs fabricants tout en pouvant se solder, toujours à la même échelle, par des centaines de milliers d’accidents potentiellement graves. Or, relativement à des textes d’une telle portée économique et sanitaire, les citoyens apprennent - par hasard en passant - que pas un des parlementaires européens n’a la moindre compétence pour comprendre le texte que, n’en doutons pas, ils n’auront aucune réticence à voter !...

Au terme de quelle dérive a-t-on pu aboutir une telle démission du politique, quand il suffit d’une culture historique minimum pour savoir que de tout temps - et avec les moyens du bord - les gouvernements, fussent-ils antiques ou médiévaux, ont toujours eu une conscience aiguë des risques encourus par les populations si on laissait libre cours à la fantaisie des charlatans ?...

On ne manquera pas de relever au passage que l’exploitation par la commission du désastre de la grippe porcine en une réhabilitation du risque de grippe aviaire (p. 65 du Rapport) devrait mettre bien mal à l’aise les Diafoirus d’internet et autres experts autoproclamés (il y en a eu, ô combien !) : lesquels, incapables d’évaluer sérieusement la situation épidémiologique et, encore moins, de fournir le moindre argument approprié sur le coup de force technico-réglementaire ayant permis la mise sur le marché de vaccins trop évidemment bâclés, se sont contentés de contester la campagne vaccinale de Madame Bachelot en opposant la grippe porcine dans sa bénignité à ce que pourrait être une grippe aviaire dans sa malignité présumée ; en lui reprochant d’opposer au H1N1 les armes qui se fussent indubitablement imposées contre le H5N1... Formidable retour des choses, en vérité, quand la supercherie de cette grippe aviaire brandie depuis des années par nos meilleurs-experts a tout de même été l’ancrage de la résistance citoyenne à cette nouvelle supercherie de la grippe porcine. De la sorte, se trouve réactualisée l’analyse de mon livre (p. 41) relativement aux "Malgré nous de l’alarmisme" qui, faute d’une compétence idoine, n’ont rien trouvé de mieux, pour éteindre des braises qui n’inquiétaient personne, que ranimer le prochain incendie par lequel les ridiculisés de la grippe porcine vont se repositionner en prophètes de la prochaine pandémie à venir. Cela renvoie, bien sûr, à une éthique de la prise de parole sur internet, laquelle fera peut-être l’objet d’un article ultérieur. Dans l’entre temps et puisque les écrits restent, qu’il me soit permis de rappeler qu’à l’heure où s’écrivent ces lignes (20/07/10), les preuves d’une menace significative liée à une grippe "aviaire" sont aussi pauvres et fantaisistes que celles qui ont conduit à la mystification de la grippe porcine : certains opposants à la campagne vaccinale de Madame Bachelot auraient fini par nous le faire oublier...

Pour conclure, qu’il me soit permis de dire que je tiens la nullité de cette enquête pour un échec personnel : quitte à affronter l’ironie blasée de mes correspondants, je n’ai cessé - et depuis le début - de soutenir que le délabrement technico-réglementaire du monde pharmaceutique et la collusion massive des autorités sanitaires avec les lobbies appelaient, et de toute urgence, l’intervention du politique [10]. Cependant, on a vu ce qu’on vient de voir... Mais qu’y faire ? Descendre dans la rue ? Leur couper la tête ? Même si elle s’achève en queue de poisson trop prévisible, cette commission est une première car malgré toutes les petites manoeuvres de dissimulation et de magouille, elle s’est déroulée au su et au vu de millions de citoyens reliés par la toile. Ce qui a fondamentalement changé par rapport à un passé pas si lointain, c’est que, désormais, les gens n’en sont plus réduits à ravaler leur indignation - après l’avoir diluée dans l’irrésolution à laquelle les acculait leur solipsisme obligé [11] : ils se comptent, recoupent leurs informations et échangent leurs analyses. Ils s’encouragent dans la révolte - et ce n’est pas un hasard si ceux sur lesquels se focalise cette révolte désormais durable n’ont pas de mots assez durs pour condamner ce réseau informatique qui met à nu leurs scrofules. Certes, le risque existe que dans un sursaut désespéré, les responsables de toute cette corruption parviennent à juguler le formidable instrument de résistance citoyenne qu’est devenu Internet. Mais j’ai confiance dans la capacité de rébellion de mes concitoyens. Je veux croire que, par la pression de leur esprit critique, de leur colère et de leur dévotion au Bien Public, ils vont forcément ramener les politiques à un peu plus de respect pour la démocratie - et un peu plus de considération pour la santé publique...

Plus que jamais, s’impose à nous l’exhortation fondatrice de notre Nation : "Aux armes, citoyens !"...

[1] "On trémule d’excitation anxieuse dans l’attente de leurs conclusions"

[2] "Ces aveux ajoutés au spectacle des commissions d’enquête parlementaires nous font apercevoir les racines de l’impunité dans l’Etat prédateur"

[3] J’ai toujours soutenu que la question de la grippe porcine n’était qu’un exemple parmi bien d’autres et qu’il importait de ne pas s’y noyer

[4] Le jour même où cet article est posté, Le Monde.fr (20/07/10) qualifie de "décision absurde et contradictoire avec l’esprit même de la réforme constitutionnelle de 2008" celle consistant à imposer le huis clos pour l’examen en commission du projet de loi sur les retraites. De nouveau et comme par hasard, le problème ici posé (en l’espèce : la transparence du débat politique) dépasse largement la seule question de la grippe porcine.

[5] Je note rêveusement que dans les 742 pages du rapport, le mot "mensonge" (ou "mensonger") n’est employé que six fois, dont deux fois à mon égard (33% des occurrences...) et pour le reste jamais à l’encontre de quelque personne auditionnée que ce soit... Quant à "caviardé", le terme n’est repris que trois fois dans le rapport, chaque fois à mon propos (100% des occurrences)

[6] Le sérieux de la proposition se mesurant également à l’incongruité de la méthode recommandée ("par un suivi statistique ou de cohortes") par quoi le rapporteur - pourtant médecin de son état - justifie à son corps défendant sa recommandation d’"améliorer les modalités d’information des professionnels de santé" (p. 119) - surtout quand ils opèrent comme rapporteurs d’une commission parlementaire...

[7] "Experts auto-proclamés", "Diafoirus d’internet"...

[8] European Commission. Volume 9A of the rules governing medicinal products in the European Union, section 4.3.3.

[9] L’actualité fournit un autre exemple, non moins éloquent, du processus où, confrontés aux démentis les plus impitoyables du réel, les politiques n’ont d’autre défense que de s’obstiner ad nauseam dans leurs mensonges pourtant démasqués, assurés qu’ils se trouvent qu’une presse à la botte ne craindra pas d’en repasser en boucle même les plus inconcevables...

[10] Et ils sont quelques-uns, dans le monde politique, à avoir fait l’expérience de ma disponibilité et de mon respect dès lors qu’ils sollicitaient l’éclairage de mon expertise

[11] On peut parier, par exemple, que le pourcentage désormais considérable des Français qui jugent leurs politiques corrompus, tel que révélé par un récent sondage, n’est pas près d’évoluer à la baisse

Lien du site du Docteur Girard:





Notes du Syndicat Autonome Santé (SAS):

Nous vous conseillons de consulter le blog du Docteur Girard, il est toujours préférable, afin de se faire une idée sur la réalité des choses de ne pas entendre qu'un seul son de cloche...

 Un peu plus et les cochons étaient exterminés...

Nous dénonçons de notre côté l'une des facettes de ce rapport réalisé par des politiques qui attaque  ceux qui s'expriment via l'Internet, (c'est régulier maintenant de la part des "hommes politiques de plus en plus mouillés"...) de quoi ont peur ces opportunistes (pour la plupart)?


Nous nous étonnons toujours qu'il n'a pas été déclaré le nombre de personnes décédées par la grippe saisonnière en même temps qu'il était déclaré jour après jour le nombre de décès qui théoriquement étaient liés au virus H1N1?
Rappelant que nous avions interpellé le ministère à ce sujet.

Nous dénonçons vivement cette forme de manipulation de l'information, d'autant que la question qui a été posée en son temps au ministère de la Santé, n'a pas reçue de réponse.

On se moque bien des gens, et, ce qui est grave c'est que le profit semble avoir dans cette affaire pris le pas sur l'intérêt général, c'est grave et il est temps non seulement d'écouter mais de lire et consulter toutes les informations possibles que nous pouvons récupérer ici et là.
On prend de plus en plus les gens pour des imbéciles, il est temps de démontrer à tous ces gens qu'ils devront travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup moins (crise oblige, et, l'exemple doit venir des responsables, c'est évident de plus en plus!).

Quant aux vaccins réalisés avec des adjuvants comme le scalène de requin(1) (qui est potentiellement iatrogène)ils ne sont pas sans danger et il faudra une véritable commission d'enquête au niveau international (rappelant que l'OMS a une part de responsabilité non négligeable)constituée de personnes qui ont aucun intérêt dans la politique, la démagogie étant de mise dans bien des interventions de politiques tant au niveau national, européen qu'international.

En ce qui concerne les vaccins: Il apparaît normal que nous nous posions des questions, elles sont légitimes, les droits des uns les devoirs des autres sont à nuancer...surtout à différencier impérativement d'intérêts financiers purement déplacés et indécents dès lors qu'une pandémie pourrait être susceptible d'apparaître, tout le monde ne peut pas s'acheter une île pour s'éloigner un temps des virus et autres menaces...ceci écrit en passant.

La majorité des gens peuvent s'interroger sur l'honnêteté de certains "responsables politiques" considérant que ces gens là nous ont appris qu'ils pouvaient être responsables sans pour autant être coupables voire moralement culpabilisés...souhaitons que les choses changent pour plus d'équité.


1)Nous aimerions savoir pourquoi les doses de vaccins contenaient, comme désinfectant, un dérivé du mercure (le thiomersal) qui est pourtant interdit aux États-Unis d'Amérique, même à dose infime?
L'OMS à ce sujet persiste et signe comme le démontre le communiqué de son comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins

"C'est en 1999 que certains se sont inquiétés aux Etats-Unis d'Amérique de l'exposition au mercure contenu dans les vaccins. Ces craintes se fondaient sur le calcul de l'apport cumulé de mercure dans les schémas de vaccination des nourrissons, qui peut dépasser le taux maximum fixé par l'un des organismes gouvernementaux des Etats-Unis pour le méthylmercure. Le thiomersal cependant, agent de conservation utilisé pour certains vaccins, ne contient pas du méthylmercure mais de l'éthylmercure. Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale a procédé à une première évaluation de la question lors d'une réunion spéciale en août 2000 et a continué à revoir le sujet à mesure que de nouvelles informations apparaissaient sur l'innocuité des vaccins contenant du thiomersal. Lors du dernier examen de la question (à la réunion des 6 et 7 juin 2006), le Comité a réaffirmé la conclusion à laquelle il était déjà parvenu, à savoir l'absence de preuves de la toxicité des vaccins contenant du thiomersal chez le nourrisson, l'enfant ou l'adulte."

En plus clair on peut utiliser le thiomersal (selon l'OMS) tant que la preuve ne sera pas faite de son danger pour la santé...
Faut-il pour autant prendre le risque?...

mardi 20 juillet 2010

Retraites: les députés entament le débat parlementaire

La rentrée en septembre est fortement attendue...


Les députés entament mardi le débat parlementaire sur la réforme des retraites, chantier majeur du quinquennat, avec un examen sur trois jours en commission des Affaires sociales qui précède la vraie bataille, dans l'hémicycle, à partir du 6 septembre.

la premièrere réunion a débuté dans l'après-midi mais les débats ont déjà commencé dans la matinée en commission des Lois, où Georges Tron (Fonction publique) a été entendu sur le volet fonctionnaires du projet de loi, et en commission des Finances, où les socialistes ont donné le ton en obtenant une suspension de séance.

Les députés PS protestaient contre le fait que la majorité UMP a renvoyé au débat budgétaire d'automne tous les amendements de nature fiscale et sur le financement de la réforme. Ils ont obtenu que le ministre du Travail, Eric Woerth, qui n'avait prévu de se rendre qu'à la commission des Affaires sociales, assiste à la discussion.

Cette première séance préfigure des débats électriques, le PS entendant se battre pied à pied contre une réforme "injuste" et médiatiser au maximum les débats de la commission des Affaires sociales, organisés à huis clos sur décision de son président, Pierre Méhaignerie (UMP).

Les députés PCF protestent eux aussi contre "un débat au pas de charge et en plein été" pour faire "imploser le droit à la retraite à 60 ans". Le texte acte la fin de la retraite à 60 ans, l'âge légal de départ étant relevé à 62 ans à l'horizon 2018 (passage de 65 à 67 ans pour une pension sans décote).

"Constamment on va faire des incidents de séance pour montrer le manque de transparence et souligner la situation totalement baroque dans laquelle on se trouve, avec un ministre affaibli" par l'affaire Bettencourt, prévient-on au groupe PS.

Englué depuis un mois dans cette affaire, dans le cadre de laquelle il va être prochainement entendu par la police, M. Woerth a de nouveau réfuté mardi tout conflit d'intérêts et réaffirmé qu'il n'avait "aucune intention de démissionner" du gouvernement.

Au total, quelque 4O0 amendements ont été déposés sur le texte. La plupart émanent de l'opposition et n'ont aucune chance d'être adoptés, pas plus que ceux du Nouveau Centre (équité public-privé, hausse de 1% de la CSG...).

"Je ne doute pas" que "l'esprit de responsabilité soufflera", a lancé mardi M. Woerth, qui n'a visiblement pas de souci à se faire: tout a en effet été calé avec les responsables du groupe UMP pour ne pas toucher au texte à ce stade, sauf à la marge, selon une source UMP.

Les évolutions attendues sur la pénibilité, qui sera l'un des sujets majeurs abordés à gauche comme à droite, sont donc renvoyées à septembre, y compris les propositions de M. Méhaignerie.

"Ce sont des sujets qui méritent d'être débattus dans l'hémicycle et pas seulement en commission", où les travaux pourraient se borner à "prendre la température", a prévenu le patron des députés UMP, Jean-François Copé.

Le gouvernement souhaite attendre la rentrée, au vu des discussions discrètes qu'il aura fin août avec les syndicats et surtout de la mobilisation dans la rue, le 7 septembre, pour acter les quelques concessions entrouvertes par Nicolas Sarkozy: sur la pénibilité donc, mais aussi pour les actifs ayant commencé à travailler avant 18 ans et les polypensionnés.

En tout, une trentaine d'amendements au plus, principalement UMP, devraient être adoptés en commission : possibilité de cumul pension de réversion/emploi, actuellement interdit, prorogation de l'allocation veuvage, sanctions à partir de 2012 pour les entreprises qui ne discutent pas de l'égalité salariale hommes-femmes.

dimanche 18 juillet 2010

Nice: violences policières contre des pompiers !

C'est de pire en pire! Ainsi hier des policiers ont reçu l'ordre de charger des pompiers avec une extrème violence, la télévision a même permis de voir comment ces policiers n'hésitent pas à pointer avec leurs armes, à bout portant, les manifestants!

Nous sommes devant une évidence le gouvernement ne reculera pas pour faire imposer ses objectifs!Ce gouvernement est prêt à tout, il ne peut plus prétendre représenter le Peuple! Trop d'actions contre l'intérêt général

Un pas en avant est fait dans la répression, c'est un de trop, surtout par ces jours où les membres du gouvernement n'apparaissent plus être de dignes représentants du Peuple!

La démission pure et simple de Nicolas Sarkozy devient une impérieuse nécessité dans l'intérêt des citoyens et citoyennes!



Selon l’Agence France Presse (AFP):

Trois pompiers et deux policiers ont été blessés lors de heurts qui ont opposé, hier, place Masséna, à Nice, la police à des pompiers qui protestaient contre la réforme des retraites.

Cinq pompiers ont été interpellés, dont le président de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers, André Goretti. Ils devaient être placés en garde à vue pour violences, a précisé à l'AFP Christophe Marx, directeur de cabinet du préfet.


Selon les pompiers qui se trouvaient encore sur la place après les incidents, les policiers ont chargé violemment contre les manifestants, au nombre d'environ 200, sans avoir été provoqués.

Selon la version de la préfecture, les pompiers ont essayé de franchir, à coups de pieds et de poing, un cordon policier: "ce sont eux qui ont chargé les policiers, ceux-ci se sont défendus".

Les pompiers de Nice sont symboliquement en grève depuis la mi-juin pour protester contre la réforme des retraites qui ne prend pas en compte, selon eux, la pénibilité de leur travail.

Pour la Préfecture, la manifestation était illégale parce que non déclarée au préalable.

Des CRS auraient chargé les manifestants sans avoir été provoqués. Sur ce point, les témoignages semblent diverger. Autre élément discutable le nombre de blessés (au moins 3 policiers - 2 pompiers) et le nombre d'interpellations (5 au total). Certains pompiers du département sont en grève depuis le mois dernier contre la réforme des retraites. Des grévistes qui affirment assurer malgré tout leurs interventions.