vendredi 20 janvier 2017

11 médecins urgentistes sur les 26 du centre hospitalier Victor-Jousselin de Dreux démissionnent

Près de la moitié du service des urgences de l'hôpital de Dreux sont démissionnaires.
Leur but: dénoncer les conditions de travail, face à une direction qu'ils estiment sourde à leurs plaintes.

Services des urgences saturés et conditions de travail jugées insupportables: onze médecins urgentistes sur les 26 du centre hospitalier Victor-Jousselin de Dreux viennent d'annoncer leur démission, comme l'a révélé Franceinfo, une information confirmée au Figaro. Ils avaient déjà écrit pour se plaindre à leur direction en novembre 2016. Un courrier resté sans réponse, selon le Dr Eddy Nicolas, de l'AMUF (Association des médecins urgentistes de France).
Pression sur la direction

«Nous avions fait grève, il y a un an et demi, pour tirer la sonnette d'alarme sur nos conditions de travail et d'accueil des patients. Nous n'avons constaté aucune réaction de la part de la direction», a affirmé à l'AFP le Dr Nicolas. Depuis, la situation s'est encore dégradée. Trois médecins sont partis fin 2016 et n'ont pas été remplacés. Cela devient difficilement supportable.»

La direction de l'hôpital de Dreux se dit surprise. «Depuis mon arrivée, nous n'avons cessé de travailler, pour moderniser l'accueil des patients, changer les équipements, renforcer les équipes par des recrutements», a affirmé au Figaro Carole Festa, la directrice de l'hôpital. Deux urgentistes auraient été embauchés en 2016.

La directrice souligne la «fatigue réelle des équipes, qui traversent une période très dense avec l'épidémie de grippe actuelle». Mais pour elle, leurs inquiétudes sont surtout dues à une circulaire de décembre 2014 sur le temps de travail: une réunion sur ce thème était déjà prévue pour le 2 février.
Déserts médicaux

«Son application dans notre établissement nécessitera le recrutement de trois postes supplémentaires, au bas mot, explique-t-elle. Or, nous sommes dans un territoire excentré, peu attractif pour les médecins.» 
Les urgentistes démissionnaires craindraient donc un sous-effectif accru. Leur démission sera effective le 1er octobre 2017. «Je ferai tout mon possible pour rassurer les plus inquiets et les dissuader de partir», assure Mme Festa.

Les établissements du Centre-Val de Loire éprouvent des difficultés à recruter des médecins. Quatre-vingt postes d'urgentistes seraient vacants, d'après la directrice, un tiers des postes, d'après le Dr Nicolas. 
C'est le cas dans plusieurs régions. Le site de Thann, dans le Haut-Rhin, a dû fermer temporairement son service d'urgence en octobre, a priori pour six mois.

Ce n'est pas non plus le premier cas de démission massive. Stressés, les médecins sont aussi parfois confrontés à des agressions verbales et physiques. En Avignon, en octobre dernier, la moitié des médecins du service d'urgence de l'hôpital Henri-Duffaut ont claqué la porte. Ils dénonçaient des conditions de travail «catastrophiques».



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