samedi 3 décembre 2011

Urgences chirurgicales de nuit en Ile-de-france ? L'ARS ampute...

56 services d'urgences chirurgicales  dans la région Ile-de-france,  ne seront plus actifs la nuit...

L' Agence Régionale de Santé (ARS) fera entrer ces nouvelles dispositions dès 2012, estimant qu'il n'y a pas assez d'interventions chirurgicales la nuit.

87 hôpitaux et cliniques  peuvent effectuer des opérations chirurgicales la nuit, dans cette région où plus de 10 millions de personnes vivent...
Selon l'ARS  l'offre de soins doit être réduite compte tenu qu'il n'y a peu d'interventions urgentes (1) effectuées en rapport avec le nombre de blocs opératoires existants, en quelque sorte c'est une décision qui apparaît surtout économique.

Patrick Pelloux, le président de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF) dénonce le fait que le système public est étranglé financièrement. Nous rappelons que lors des rencontres de l'AMUF, à La Rochelle, le 28 novembre, Patrick Pelloux estimait que " La loi Bachelot nous empêche de faire notre métier ! "..."avec  l’introduction de l’administratif au cœur des services d’urgences, les médecins n’ont plus leur mot à dire sur le matériel, ni même sur la pharmacopée. À la place, on nous impose des chefs de pôle à l’esprit comptable qui sortent des Ponts et chaussées et non des facultés de médecine !...".

"La Vie Hospitalière" constate que la réduction de la permanence des soins au niveau de l'urgence chirurgicale  (31 établissements de santé, seulement,  seront amenés à assurer ces urgences  - dont certains un jour sur deux - )  n'est qu'une avancée de plus vers une offre de soins sans commune mesure avec les moyens d'intervention d'urgence qui doivent être 24 heures / 24 disponibles, là ce n'est plus une logique comptable, une logique économique qui doit être mise en avant,  c'est bien l'obligation d'avoir sur le territoire la possibilité de faire face à des urgences en nombre et toujours imprévisibles.
La responsabilité de l'ARS d'Ile-de-france est engagée, souhaitons que des accidents graves n'interviennent pas car nous risquons de ne pas avoir la réponse pour faire face à une situation jugée catastrophique (accidents d'avions, de trains, de voitures, incendies graves, actes terroristes ....) ...

Le "Syndicat Autonome Santé" entend dénoncer  auprès de Monsieur  Xavier Bertrand le fait que la région Ile-de france ne disposera pas, dès 2012,  et de manière équitable et sécurisante pour l'ensemble des franciliens et franciliens de services d'urgences opérationnels sur l'ensemble du territoire.

A ce sujet le Centre hospitalier de Lagny/Marne (1) devra assurer la permanence des soins une nuit sur deux avec le Centre hospitalier de Meaux ...on note qu'effictevent une superficie importante de la Seine-et-Marne sera totalement dépourvue d'urgences chirurgicales...?...c'est très préoccupant...on y reviendra, car ce département représente près de 50 % de la superficie de la région Ile-de-france, alors que seulement les hôpitaux de Lagny/Marne (1 nuit sur 2), Meaux (1 nuit sur 2) et Melun assureront les urgences chirurgicales.
Les Centres hospitaliers de Coulommiers, Fontainebleau, Montereau-Fault-Yonne, Nemours et Provins se verront officiellement, la nuit, dans l'impossibilité d'assurer leurs missions relatives à la permanence des soins...


Manifestants devant l'entrée de l'ARS à Melun
(le 30 novembre 2011)


Les  urgences médicales continueront de fonctionner 24 heures sur 24...pour le moment...quant aux urgences chirurgicales les nouvelles dispositions qui entreront en vigueur dès le 1er janvier ne sont pas sans poser bien des questions sur la prise en considération de la permanence des soins dans un bassin de vie de 10 millions d'habitants, autrement que par des considérations économiques...nous notons aussi le vide particulièrement pour la Seine-et-Marne (2) qui se retrouve avec 2 services d'urgences chirurgicales ouverts la nuit seulement.

Il y a de toute évidence un recentrage des urgences vers la capitale alors que ces services devraient être déployés sur toute la région.
Il ne faudrait pas qu'un accident grave intervienne à Provins (ville qui se trouve à 15 kilomètres aussi de la Centrale nucléaire de Nogent/Seine, dans l'Aube...), il ne faudrait pas non plus qu'un accident grave intervienne à Nangis (Raffinerie de Grand Puits), Nemours ou encore  Montereau...

Les risques existent... l'Agence Régionale de Santé fera toutefois une évaluation de ce nouveau dispositif dans un an, d'ici là...il est fort possible que bien des choses auront changé...

Il faudra prendre en considération aussi les nouveaux hôpitaux comme celui d'Evry (déjà couvert de dettes  avant l'ouverture, et, dont la base de financement est totalement réalisée avec des fonds privés, ceci écrit en passant...), et, celui de Jossigny dont le maître d'ouvrage est le Centre hospitalier de Lagny/Marne ...qui voit déjà certains "chevaux de Troie" arriver comme le service de radiothérapie de Mareuil-Lès-Meaux qui est à 100 % privé...on y reviendra...

Les responsabilités sont engagées... avec comme grand responsable la politique du gouvernement qui fait argent de tout et méprise de plus en plus les usagers, qui sont en finalité " les laissés-pour- compte".


1) Le bassin de vie de Marne-La-Vallée est de 430.000 habitants...
2) Département qui représente 49 % de la superficie de l'Ile-de-france.

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