"La Vie Hospitalière"

vendredi 21 septembre 2012

Inauguration d'une Maison médicale universitaire à Coulommiers

Le projet a été initié au départ par quatre médecins, trois infirmiers, le Centre hospitalier de Coulommiers avec le concours de la ville de Coulommiers.
La Maison universitaire dispose de quatre antennes : accueil, consultation, gestion et réunion. 

Pour les étudiants en médecine : la Maison de santé universitaire inaugurée ce jour , au sein même de l’hôpital Abel-Leblanc, (1) leur permet de travailler en équipe ce qui est pour eux une assurance de qualité et de sécurité des soins. 



Cette maison de santé pluri-professionnelle et universitaire est aussi une chance pour le Centre hospitalier de Coulommiers René-Arbeltier et bien évidemment pour la ville qui voit son offre de santé s’améliorer.

Sa réalisation concrétise ainsi l'attente de nombreux professionnels de santé.



Il est prévu une ouverture de la  Maison de santé le dimanche matin, elle contribuera aussi à la prise en charge de consultations non programmées ne nécessitant pas d'hospitalisation dans le cadre de la permanence des soins (PDS (2)) .

En finalité  six médecins  et trois IDE assureront l'activité de cette structure (qui est en SCM (3))...

A noter qu'un laboratoire pour les examens a été installé à l'Hôpital Abel-Leblanc afin d'avoir les résultats des analyses dans les meilleurs délais possibles, le personnel attaché appartient à la FPH (4).

La maison de santé pluridisciplinaire contribuera également à la formation des étudiants des diverses disciplines médicales et paramédicales universitaires.



1) Établissement appartenant au Centre hospitalier de Coulommiers ( Seine-et-Marne) et du nom d’un bienfaiteur de la ville.

2) La PDS  est une organisation de l'offre de soins (publique et privée) qui assure la continuité et l'égalité dans l'accès aux soins.

3) Société Civile de Moyens.


4) Fonction Publique Hospitalière.


jeudi 20 septembre 2012

Les médecins hospitaliers s’inquiètent pour les RTT 2002





L'intersyndicale « Avenir hospitalier », a rappelé hier que le gouvernement doit trouver "une solution rapide" au délicat dossier des RTT accumulées en 2002 par les médecins hospitaliers,
La ministre de la Santé Marisol Touraine consciente du problème posé,  souhaite trouver une solution dans les meilleurs délais possibles….2,1 millions de RTT ont ainsi été accumulées…  et ces jours doivent être pris en congés au plus tard : fin 2012.

Les médecins hospitaliers ne cachent pas leur inquiétude à ce sujet.

La loi sur les 35 heures à l'hôpital prévoyait que les jours de RTT non pris par les médecins et transférés sur un CET (compte épargne temps) devaient être pris au plus tard dans un délai de dix ans (ainsi les jours de RTT de 2002 doivent être pris  au plus tard fin 2012, les RTT de 2003 au plus tard fin 2013 etc).

Rappelons qu’un protocole d'accord avait été signé le 23 janvier 2012 avec sept syndicats hospitaliers , un décret portant modification des dispositions relatives à la RTT et au CET des personnels médicaux des établissements publics de santé devait être publié…à ce jour il ne l’est toujours pas ?  

Les médecins avaient obtenu trois options, selon ce protocole qui supprimait de fait toute date butoir : les congés, la monétisation (se faire payer les RTT) ou le transfert sur un CET en vue d'une cessation progressive d'activité et de points de retraite complémentaire. Mais le décret permettant la mise en place du dispositif n'a jamais été publié.

Le 7 septembre 2012, lors du discours relatif au lancement du « Pacte de confiance pour l’hôpital » Madame Marisol Touraine a déclaré : …« Un accord cadre relatif à l’exercice médical à l’hôpital a été signé il y a quelque mois…je sais que le temps presse pour que les médecins ne perdent pas les droits accumulés dans leur compte épargne temps ».

Le temps presse effectivement car au 19 septembre il ne reste plus que 103 jours…c’est bien peu pour récupérer tous ces jours de RTT.

mardi 18 septembre 2012

Grèce : Les médecins hospitaliers en grève !

Les juges et les médecins hospitaliers grecs ont entamé hier un mouvement de grève de longue durée pour protester contre les coupes budgétaires.

La confrontation entre les organisations syndicales et le nouveau gouvernement de coalition formé il y a trois mois a atteint son paroxysme, alors que s'amoncellent les factures et salaires impayés par l'Etat.
Une grève générale est avancée pour le 26 septembre…
Les médecins hospitaliers ont entamé une grève illimitée pour protester contre les heures supplémentaires impayées.

Seules les urgences sont prises en charge. Leur mouvement rejoint celui des médecins du secteur privé qui ont commencé plus tôt ce mois-ci à refuser de soigner des patients assurés par le système national d'assurance-maladie, de crainte de ne pas être entièrement payés.

Les pharmacies refusent, elles, de délivrer des médicaments prescrits sur ordonnance.

La Grèce dépend des prêts internationaux depuis mai 2010 pour éviter la faillite et une éventuelle sortie de la zone euro.

 Le gouvernement essaie de finaliser un plan d'austérité de 11,5 milliards d'euros exigé pour obtenir la suite des versements des prêts d'urgence.

Le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a affirmé hier que les négociations en cours entre la coalition et les représentants des créanciers devraient aboutir d'ici à la fin de la semaine.

Le ministre des Finances, Yannis Stournaras, devait rencontrer des négociateurs de la troïka -UE, FMI, Banque centrale européenne (BCE)- pour discuter des coupes qui entreront en vigueur les deux prochaines années.


En plus clair : l’économie internationale va à l’encontre de la vie elle-même d’un pays, elle dicte des orientations politiques qui servent comme par hasard la haute finance.

La casse des services publics, la baisse des salaires (voire leur non paiement dans certains cas !) démontrent où va la Grèce .

Son système de santé est en péril, la pauvreté s’instaure de plus en plus, les hommes politiques alliés aux banquiers sont les grands responsables de ce marasme, ils ne représentent plus les intérêts du peuple grecs.

« La Vie Hospitalière » suit depuis le début de la crise les problèmes qu’ont les hôpitaux grecs, nous sommes en contact avec certains médecins, ce n’est pas facile pour eux, ils ont beaucoup de courage face aux malades et aux besoins de santé d’un peuple malmené par les conséquences d’une politique décadente.

Nous les encourageons à poursuivre leur lutte, il est temps d’aller de l’avant et de sauver tout ce qui fait la dignité et l’honneur d’un pays.

L’Europe a pris un sérieux coup…victime de chevaux de troie…

Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe en France au niveau hospitalier pour comprendre que le service public hospitalier est lui aussi victime de manipulations financières…ceci sert des intérêts privés, des intérêts bien éloignés de l’intérêt général.





vendredi 14 septembre 2012

"Coup de Gueule" d'une infirmière

« Coup de gueule » d'une infirmière reçu spontanément à la rédaction du site Infirmiers.com  à lire.

Sans commentaire.


Soutenons l’Hôpital du Blanc !



Pour le Comité de défense de l'hôpital du Blanc (Indre) :
« Aucun des engagements pris par le ministère n'a été tenu ! … Nous n'avons rien vu venir... on va donc reprendre l'action et cela risque d'être nettement plus rude! »  (1)
Une délégation  du Comité de défense de l'hôpital du Blanc avait rencontré, le 11 juillet 2012, le directeur du cabinet de Madame Marisol Touraine, ministre de la Santé …
Les propos tenus s'annonçaient rassurants pour l'avenir de la chirurgie et de la maternité de l’Hôpital du Blanc, tant pour la réduction du déficit que pour le développement  des activités et leur pérennisation …

 « Une rencontre avec l'Agence régionale de santé (ARS) était prévue fin juillet, une autre, à nouveau au ministère, en septembre... L'été est passé sans qu'il y ait eu de rendez-vous avec l'ARS, malgré nos relances. Pire, aucune feuille de route n'a été adressée aux directeurs d'établissement par l'ARS. » a précisé le représentant du Comité de défense.

Mais ce qui inquiète  le plus le Comité de défense, de l''hôpital du Blanc ce sont les arrêtés du 14 juin  2012 transformant les activités de chirurgie et de maternité qui ont toujours cours, malgré le moratoire obtenu et l e projet médical du territoire sur lequel le comité avait travaillé.

 …« il semble qu'aujourd'hui, on ne parle plus de projet de territoire et on se retranche derrière l'ARS pour ne rien faire : ni achat de matériel, ni tentative de développement, ni projet de coopération »…

L’abrogation de l'arrêté du 14 juin transformant, à l'horizon de mars 2013, la chirurgie en chirurgie ambulatoire apparaît être une mesure urgente !




1) Une réunion publique du comité de défense aura lieu le mardi 18 septembre, à la salle de la Libération  au Blanc, à 18heures 30.

Le stress au travail augmenterait le risque d'infarctus



Les personnes exposées au stress dans leur travail auraient un risque 23% plus élevé que celles qui n'y sont pas exposées de faire un infarctus, selon une vaste étude publiée ce jour.



Alors que le stress avait déjà été mis en avant par plusieurs études dans la survenue de maladies coronariennes, des chercheurs européens dont les travaux sont publiés dans la revue médicale Lancet, ont confirmé cette association par le biais d'une analyse à grande échelle effectuée sur près de 200.000 personnes en Europe.

Sur les 100.000 à 120.000 infarctus survenant en France chaque année, cela correspondrait tout de même à environ 3.400 à 4.000 accidents imputables à ce facteur de risque, relève Marcel Goldberg, chercheur à l'Inserm, l'un des auteurs de l'étude.

Les travaux ont porté sur des personnes originaires de sept pays (Belgique, Danemark, Finlande, France, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse), toutes en activité, qui ont été suivies entre 1985 et 2006.

Pour la France, ce sont près de 20.000 agents d'EDF-GDF qui ont été étudiés à partir de 1989.

Le stress au travail a été évalué par des questionnaires portant notamment sur l'excès de travail, les demandes conflictuelles auxquelles les personnes étaient confrontées ou le temps accordé pour accomplir les tâches qui leur étaient confiées.

La moyenne d'âge des participants était de 42,3 ans, avec autant d'hommes que de femmes.

La proportion des personnes exposées au stress atteignait 15,3%, alors que les études précédentes évaluaient cette proportion entre 12,5% et 22,3%.

En harmonisant les données, les chercheurs ont montré que les personnes stressées avaient un risque accru d'infarctus de 23%, mais en étudiant la population globale (stressée et non stressée), ils ont trouvé que le stress au travail était associé à une augmentation du risque de faire un infarctus de 3,4%.

Il s'agit d'un risque modeste mais non négligeable, selon l'Inserm qui souligne la nécessité de prévenir le stress au travail, une démarche qui pourrait avoir un impact positif sur d'autres facteurs de risque comme le tabac ou l'alcool dont la consommation est partiellement liée au stress.

Dans un commentaire, le chercheur danois Bo Netterstrom souligne l'intérêt de l'étude qui montre que le stress résulte souvent plus d'une combinaison d'exigences élevées et de manque de contrôle dans le travail que de l'un ou de l'autre de ces facteurs.


(©AFP) 

mercredi 12 septembre 2012

Le CHU de Caen suspend le paiement de ses cotisations et des fournisseurs


Le CHU de Caen est, en France, le plus pollué par l'amiante,   si sa difficulté à trouver des financements ne lui est pas propre l'amiante  pèse particulièrement au niveau financier.
Tous les travaux effectués sur le bâtiment actuel connaissent un surcoût de 30% à cause de la présence de cette fibre...

Le CHU de Caen  a suspendu le versement de ses cotisations patronales et décalé le paiement de ses fournisseurs, en raison de ses difficultés financières, a annoncé hier  la direction...

"Les salaires sont et seront payés. Mais, dans ce contexte particulièrement grave, j'ai été contraint de suspendre le versement des cotisations patronales et de décaler le paiement des fournisseurs" a écrit le Directeur (Monsieur Angel Piquemal ) dans une lettre ouverte à l'ensemble des agents et praticiens du CHU.

La situation financière de l'établissement qui avait affiché en 2010 le déficit le plus important de France métropolitaine s'est redressé, avec un déficit de 9,2 millions d'euros fin 2011 (soit moins de 2% du budget) contre 19,7 millions un an avant, souligne M. Piquemal.

Mais l'établissement dépense plus que ses recettes et il a pu faire face à ses charges qu'au prix d'une autorisation de découvert... Or, malgré toutes nos démarches auprès des banques, leur renouvellement (de cette autorisation), même partiel, est pour le moment très incertain, a ajouté le directeur.

Les deux autorisations de découvert contractées auprès d'établissements bancaires pour le paiement des charges d'exploitation arrivent à échéance les 3 et 12 octobre prochains, précise la direction.

Si l'établissement s'est largement investi pour redresser sa situation, il ne peut assumer seul l'assainissement de sa structure financière. Des discussions sont actuellement en cours avec (l'Etat) et les établissements bancaires afin de trouver une issue à cette crise, poursuit M. Piquemal...


29 ème Salon Paramédical de Paris

Le Salon Emploi des soignants

10 000 postes sont proposés par 45 établissements...

Cette année une délégation de professionnels du réseau de la Santé et des Services sociaux du Québec sera présente au salon.

Recrutement Santé Québec est un service du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) il est la porte d’entrée pour tous les professionnels de la santé, pour les soignants qui seraient tentés de partir au Québec et c’est là aussi l’occasion de s’informer.
 L’accompagnement pour les démarches d’immigration, de reconnaissance des formations, de la recherche d’emploi l’ intégration au travail sont faits par Recrutement Santé Québec.


On trouvera dans les exposants  des stands de centres hospitaliers (liste non exhaustive) comme :

HÔPITAUX DE SAINT-MAURICE
HÔPITAUX UNIVERSITAIRES HENRI MONDOR
HÔPITAUX UNIVERSITAIRES PARIS NORD VAL DE SEINE
CENTRE HOSPITALIER SAINTE-MARIE (Association Sainte-Marie de Nice)
CENTRE HOSPITALIER THÉOPHILE-ROUSSEL      
CROIX ROUGE FRANÇAISE         
GROUPE HÔPITAUX UNIVERSITAIRES PARIS-OUEST          
GROUPE HOSPITALIER NECKER ENFANTS MALADE
GROUPE HOSPITALIER PAUL GUIRAUD           
SAMU SOCIAL DE PARIS etc

Ouvert ce jour  de 10 heures à 18 heures
A l’Espace Champeret (Paris 17 ème)

dimanche 9 septembre 2012

Le train « Bien vivre pour bien vieillir » bientôt sur les rails…


Du 19 septembre au 3 octobre 2012, le Train « Bien Vivre pour Bien Vieillir » sillonnera la France pour aller à la rencontre d’un public intergénérationnel en quête de bien-être et surtout de mieux-vivre.

Mis en place par Trains Expo SNCF et de nombreux partenaires, le Train  « Bien vivre pour Bien Vieillir » ira à la rencontre des Français pour leur parler de leur avenir !
Bien Vivre dans son corps et dans sa tête, Bien Vivre avec son environnement et son entourage : le Train proposera des solutions concrètes et des rencontres pour permettre à chacun d’envisager son avenir avec vitalité et énergie.

BIEN VIVRE AVEC ET DANS SON ENVIRONNEMENT

Technologies du présent et du futur, services et informations, loisirs… autant d’ingrédients du bien vivre avec les autres et du bien vivre chez soi. 
Nutrition et activités physiques, innovations de l’audition et de la vision, domotique, prévoyance, prévention …
Etre à l’aise dans son environnement : pour réussir sa nouvelle vie de senior et changer le regard de toutes les générations sur le vieillissement.
                                                    
La dernière étude publiée par un organisme de sondage (LH2 (1)) en mai 2012 le montre : 81% des Français de 50 à 85 ans estiment primordial de rester au contact de leur famille et 75% souhaitent développer leur réseau d’amis. Le maintien des relations sociales et l’estime de soi sont les secrets « anti-âge » de toute une nouvelle génération   de   seniors.   Stimulation   intellectuelle et activités physiques permettent de maintenir lien social pour aborder les années avec sérénité et élan.



1) "La Vie Hospitalière" rappelle que les instituts de sondage  donnent des informations qui peuvent sans être contradictoires donner des résultats qui différent selon les critères retenus ...il suffit d'aller sur l'Internet pour s'en apercevoir...la clarté n'étant pas souvent l'objectif...

samedi 8 septembre 2012

Marisol Touraine prend ses distances avec la loi HPST

Discours de Madame Marisol Touraine, le 7 septembre 2012, au Ministère de la Santé, à l'occasion du lancement officiel de la mission Couty (Pacte  de confiance en l'hôpital public).


Le monde a changé. Les pouvoirs publics doivent faire face aux profondes mutations de notre société dans tous les domaines qui relèvent de leur responsabilité. La place de l’économie, le rapport aux institutions, et donc au politique, les transformations sociales qui transcendent les générations ; les attentes de nos concitoyens : les bouleversements sont nombreux et rapides. La santé, à l’évidence, n’échappe pas à cette règle.
Je pense en particulier aux conséquences des évolutions épidémiologiques, au développement des addictions et au poids croissant des maladies chroniques : à commencer par le diabète, les maladies neuro-dégénératives, le cancer ou les maladies cardiovasculaires, qui nous obligent à réorganiser en profondeur l’action de notre système de soins, dont l’hôpital public est l’épine dorsale. Mais je pense également, et c’est en partie lié, au vieillissement des patients et à leur volonté d’être pris en charge à domicile. Je pense enfin aux attentes nouvelles qu’expriment les Français à l’égard de la santé : besoin de protection, de transparence, de qualité. Notre système de santé publique est au coeur de notre pacte social aujourd’hui fragilisé. Or, sans pacte social, il n’y a pas de pacte républicain.
Face à ces mutations, deux attitudes sont possibles.

La première, c’est le renoncement. Renoncer parce que c’est plus facile au regard des contraintes économiques et budgétaires qui pèsent sur nous. Renoncer parce que le poids de la responsabilité est tel qu’il écrase toute volonté. Renoncer et finalement se soumettre, peut-être de bon gré, à l’idée que la santé est un marché comme un autre. Renoncer et donc assister finalement en spectateur au démantèlement annoncé de notre service public de santé.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas mon état d’esprit.

La seconde attitude, elle, part d’une conviction, d’une certitude, celle que l’hôpital public a un avenir parce qu’il est le socle de notre système de santé. J’ai confiance dans l’hôpital public et dans les valeurs qu’il porte : que chacun puisse se soigner quelle que soit sa condition ; que les besoins du patient soient au coeur du parcours de soins ; que la santé soit considérée non pas comme un fardeau, mais comme un facteur de progrès, d’innovation et de croissance.
Nous avons tous ensemble une immense responsabilité. Celle de faire vivre ces principes, qui sont plus que jamais des exigences. En les défendant, c’est l’hôpital public du 21ème siècle, celui de notre siècle, que nous bâtissons. Ensemble nous devons redonner toute sa force à notre hôpital en lui donnant les moyens d’affronter l’avenir.

Le 22 mai dernier, lors du salon Hôpital Expo organisé par la Fédération Hospitalière de France, je m’étais engagée à établir un pacte de confiance avec l’ensemble des personnels du monde hospitalier. Ce pacte de confiance se veut tout entier animé par les valeurs de notre service public de santé.

Le pacte de confiance, que je vous propose d’établir, se fonde sur trois piliers :
1/ La confiance, d’abord, des Français dans leur système de soins.
2/ La confiance, ensuite, entre les responsables politiques et les personnels du monde hospitalier.
3/ La confiance, enfin, au sein même de l’hôpital public.

Je veux commencer par vous dire que je porte une vision globale du système de santé. Je n’oppose pas les uns aux autres.
Les établissements privés à but non lucratif jouent un rôle irremplaçable dans la prise en charge des patients. Ils sont eux aussi confrontés à des évolutions importantes de leur activité et leur retour d’expérience nous sera précieux. Ce pacte de confiance doit leur être utile. Je souhaite aussi associer les établissements de santé privés à but non lucratif (ESPIC) aux travaux qui s’engagent.
Je pense aussi, dans la démarche que j’initie, à la place des établissements privés à caractère lucratif sans lesquels notre système de santé ne pourrait perdurer. Ils sont un élément à part entière de l’offre de soins dans notre pays.

 La confiance entre les Français et leur système de soins.

Permettre le retour de la confiance, c’est garantir l’accès aux soins pour tous parce que c’est la condition d’un système de santé juste.
Trop de Français ont renoncé à se soigner ces dernières années. Ma priorité est donc de garantir à chacun de nos compatriotes qu’il pourra se soigner quels que soient son lieu de résidence et ses revenus. Concrètement cela signifie : encadrer les dépassements d’honoraires, permettre l’accès aux soins d’urgence et lutter contre les déserts médicaux.
Les Français sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner. Les raisons sont connues : restes à charge trop élevés, complémentaires de plus en plus chères, dépassements d’honoraires qui atteignent désormais 2,5 milliards d’euros. Les finances des ménages sont exsangues en période de crise, mais disons le aussi clairement, les médecins manquent à l’appel dans de nombreux territoires. Comme toujours, les premières victimes de ce phénomène sont les plus vulnérables de nos concitoyens : les jeunes actifs, les familles monoparentales, mais aussi les personnes âgées. Mais ne nous y trompons pas : la confiance des Français dans notre système solidaire suppose que chacun s’y reconnaisse, les classes moyennes comme les catégories populaires.
Permettre à chacun de se soigner, c’est considérer la santé comme un bien public et pas comme un marché.
Parce que la santé n’est pas un marché, je refuse de laisser les dépassements d’honoraires devenir la règle dans certains territoires. La négociation s’est engagée et se terminera le 17 octobre. L’objectif fixé est simple : que chaque Français puisse se soigner à proximité de son domicile au tarif opposable. S’il n’y a pas d’accord, je le redis, je prendrai mes responsabilités et passerai par la loi. Mais ce n’est pas ce que je souhaite. Je veux que la négociation aboutisse parce que je crois au sens des responsabilités de l’ensemble des acteurs. Comment d’ailleurs la négociation conventionnelle pourrait-elle à l’avenir conserver toute sa légitimité, si de cette négociation ne naissaient pas des accords utiles aux Français ?
Parce que la santé n’est pas un marché, l’accès aux soins d’urgence en moins de trente minutes doit être garanti. Tel est l’engagement du président de la République. Ces trois derniers mois, des solutions ont été identifiées : création d’antennes de SMUR, transport héliporté, médecins correspondants de SAMU. S’il n’est pas toujours indispensable de se rendre aux urgences, il n’est pas non plus acceptable qu’aujourd’hui, parce que l’on vit en zone rurale ou de montagne, on n’ait pas accès à des soins d’urgence. 2 millions de Français sont dans cette situation. Le 30 juin dernier, j’ai demandé aux ARS d’identifier les territoires concernés. Elus locaux, urgentistes, c’est en lien avec eux que nous adapterons les solutions au plus près des besoins. Une fois encore le service public va montrer sa capacité à innover et les premières réalisations interviendront dès 2013.

Parce que la santé n’est pas un marché, nous ne pouvons pas laisser des pans entiers de la population sans professionnel de santé. La réponse aux déserts médicaux passe par la mise en place de nouvelles maisons de santé et la réorganisation des études de médecine. Le principe fixé par le président de la République est simple : c’est un accès territorial aux soins pour tous. Le gouvernement précédent a beaucoup communiqué sur les maisons de santé et pourtant elles ne représentent aujourd’hui que 2% de l’offre sanitaire ! Dans ce domaine comme dans d’autres, je ne crois pas à la coercition. Nous inciterons les professionnels libéraux à s’installer dans ces zones. Pour ce faire, les ARS pourront user de dispositifs d’exception visant à renforcer à court terme les ressources médicales de ces territoires.
Par ailleurs, la lutte contre les déserts médicaux doit commencer très tôt, dès les études de médecine. Il est normal qu’un étudiant en médecine, qui n’a été formé qu’à l’hôpital, n’ait pas envie de s’installer seul en libéral. On a rarement envie d’exercer un métier dont on ignore tout. Les stages en cabinet prendront à l’avenir toute leur place dans la formation des médecins.
J’aurai dans les prochaines semaines l’occasion de détailler la mise en oeuvre de cette stratégie nationale de santé annoncée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, dans son discours de politique générale.

En créant les conditions d’un égal accès aux soins, nous retisserons le lien de confiance entre les Français et leur système de santé publique.

La confiance entre le politique et l’hôpital public.

La confiance, c’est aussi celle qu’il faut restaurer entre les responsables politiques et le monde hospitalier. Depuis de trop nombreuses années, c’est une relation de défiance qui s’est installée entre les pouvoirs publics et le personnel hospitalier. Défiance lorsque le pouvoir a pointé du doigt une supposée incapacité à faire face à des impératifs de gestion rigoureuse. Défiance encore lorsqu’il invoquait une soi-disante impossibilité de faire évoluer nos établissements de santé. Défiance à l’égard du caractère intangible des valeurs qui fondent notre service public hospitalier : l’égalité d’accès aux soins, la non-sélection des patients, une offre de qualité pour tous ou encore la réponse à l’urgence.
Moi, je veux vous le dire simplement : j’ai confiance en vous et en l’hôpital public. Parce que je suis viscéralement attachée aux vertus du service public hospitalier. Ces valeurs, ce sont les miennes et je les porterai en votre nom. Ce sont aussi celles portées par le président de la République et le Premier ministre.

Consacrer les valeurs du service public, c’est dire que l’hôpital n’est pas une entreprise. C’est réinscrire dans la loi dès cette année le service public hospitalier. C’est ainsi que, dès le PLFSS 2013, sera mis un terme à la convergence tarifaire.

L’hôpital remplit des missions spécifiques et elles sont nombreuses ! L’hôpital forme les professionnels de santé. L’hôpital est au coeur du processus de recherche. L’hôpital porte de nombreuses innovations thérapeutiques. L’hôpital accueille 24h/24h et 7/7. L’hôpital soigne les publics en difficulté, il assure le suivi des pathologies lourdes. Toutes ces missions doivent être pleinement reconnues. La loi HPST avait balayé toutes les dispositions relatives au service public hospitalier, provoquant ainsi dans l’ensemble de la communauté hospitalière le sentiment légitime qu’il y avait là une atteinte sans précédent à l’encontre des valeurs fondatrices du service public. Ces dispositions seront pleinement rétablies dès cette année.
Ensuite, nous complèterons la T2A, qui n’est plus qu’un outil de gestion financière. La tarification doit être au service de la qualité des soins. Derrière le sigle un peu barbare de T2A se cache une machine technique complexe, qui a fait oublier à nos prédécesseurs un principe simple : la tarification hospitalière n’est pas une fin en soi. Elle est un outil technique et politique, qui doit favoriser la justice, l’efficience, la qualité et la transparence. C’est en ce sens que nous la complèterons.
Vous le savez, je le sais mieux que quiconque, nos moyens publics sont contraints. Ils nous imposent davantage d’efforts et d’imagination. Ma volonté est de mobiliser plus justement nos ressources. C’est le respect des missions de service public qui doit fixer les règles de la tarification hospitalière. Nous le ferons en mobilisant les crédits pour les publics vulnérables, et je pense en particulier aux personnes âgées et aux personnes en situation de précarité. En étant plus exigeant sur l’évaluation des missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation. En finançant des formations qualifiantes pour des métiers d’avenir et en améliorant les conditions de travail.
L’efficacité, c’est la transparence des règles de financement. C’est pourquoi je lancerai dès les premiers jours de la campagne hospitalière une opération « transparence et qualité ». Elle permettra aux fédérations de connaître les règles du jeu. Une instance de concertation ouverte aux acteurs du monde hospitalier sera mise en place pour coordonner la réforme de la T2A, afin de concrétiser cet important changement dès janvier 2013.

Les contraintes économiques et budgétaires sont réelles. Pour autant, la réponse à ces contraintes ne peut être le démantèlement du service public de santé. Au-delà des changements apportés à la tarification, je sécuriserai le financement de l’hôpital. J’ai d’ailleurs déjà commencé à le faire par un arrêté du 19 août dernier, qui permet de soulager la trésorerie des établissements. Je le dis ici, concernant les investissements d’avenir, je regrette que l’agence de notation Moodys n’ait pas été attentive à l’action engagée par les pouvoirs publics. Un ONDAM fixé à 2,7%, 4,5 milliards d’euros de plus pour la santé : nous avons pris nos responsabilités parce que nous croyons à l’avenir de l’hôpital public. Que leur faut-il de plus ?

Nous croyons à l’avenir de l’hôpital public, et nous sommes fiers de la qualité de notre recherche clinique et de nos innovations thérapeutiques. C’est pourquoi je veux rendre le financement de notre recherche plus lisible en le réorganisant. Le processus a commencé avec le lancement d’un appel d’offre commun entre l’Agence Nationale de la Recherche et la Direction Générale de l’Offre de Soins pour la recherche translationnelle en santé. C’est une première étape importante. C’est la recherche clinique qui est vecteur d’innovation thérapeutique et permet de définir les soins de demain. Les hôpitaux français sont à la pointe de l’innovation thérapeutique. Les bénéfices en termes de qualité des soins sont immenses. Mais l’innovation suppose également l’adaptation continue des compétences, des équipements et la réorganisation rigoureuse du cadre hospitalier.

Vous l’avez compris, je conçois l’hôpital public comme l’épine dorsale de notre système de santé. Pour conforter cette place singulière, je veux concentrer ses missions vers la prise en charge des phases aigües et des pathologies lourdes. Allier le progrès médical à une meilleure réponse aux attentes des patients est un enjeu fondamental dans la modernisation de nos établissements. Le développement des modes de prise en charge ambulatoire est l’un des grands défis que doit relever dès aujourd’hui l’hôpital public.

L’hôpital doit trouver sa juste place dans le parcours de soins du patient, en s’inspirant par exemple des travaux du haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie. Nous devons redéfinir les responsabilités de chacun et nous engager résolument sur la voie du décloisonnement entre la médecine de ville, le secteur médico-social et l’hôpital. Il est temps de construire le parcours de soins en partant des besoins des patients et non plus des structures.
Nous ne pouvons plus attendre : l’ampleur de ce que l’on appelle les hospitalisations non nécessaires et les conséquences dommageables pour les personnes concernées sont autant de raisons qui exigent une action rapide de notre part. Nous devrons notamment engager la réorganisation de nos services d’urgence. Je veux en finir avec les délais d’attente interminables et l’empilement des patients dans les couloirs. Nous pouvons y remédier. En amont, en fluidifiant les liens avec la médecine de ville. En aval, en introduisant de nouvelles fonctions dans l’hôpital : je pense par exemple à des gestionnaires de lits. Le 16 octobre, une première réunion avec l’ensemble des représentants du monde des urgences se tiendra au ministère.

Cette politique passe aussi par la mobilisation de l’ensemble du monde hospitalier et suppose qu’y soit recréé un climat de confiance.

La confiance au sein de l’hôpital.

Aujourd’hui, près d’un million de personnes travaillent dans nos hôpitaux. Dans tous nos hôpitaux, du Centre hospitalier régional à l’hôpital de proximité. Dans tous ces établissements, la demande des personnels est très forte : ils veulent que le dialogue social retrouve toute sa place. Ils veulent être reconnus et respectés. Ils veulent être écoutés et entendus. Ce dialogue doit s’engager en étroite articulation avec les thèmes de l’agenda social présenté mardi dernier par Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat. Nous partageons les mêmes objectifs et nous veillerons donc à la cohérence globale des mesures que nous prendrons.

Renouer avec la confiance, c’est remettre le dialogue social au coeur de l’hôpital.
Je suis ainsi particulièrement attachée au regroupement syndical, qui s’est opéré ces dernières décennies et qui permet de disposer d’interlocuteurs solides. Le dialogue social passe par des syndicats identifiés comme représentatifs, c’est-à-dire portant des intérêts généraux et collectifs. Rien ne serait pire que l’éparpillement des forces syndicales. Ce sujet de la représentativité fera d’ailleurs l’objet d’une attention particulière dans le cadre d’un groupe de travail sur l’amélioration du dialogue social.
Je veux que nous organisions ensemble un dialogue social efficace dans chaque hôpital. Je constate que le changement intervenu avec la création des ARS n’a pas trouvé son prolongement dans un dialogue social renouvelé. Nous avons besoin de concertation au niveau régional lorsque les projets mis en œuvre concernent plusieurs établissements. C’est néanmoins avant tout au niveau de chaque établissement que le dialogue social devra se mener.
En ce qui concerne le personnel médical hospitalier, à ce jour, ni les instances, ni les modalités de ce dialogue social ne sont satisfaisantes. Or, il est temps de franchir l’étape décisive qui nous permettra d’unir l’ensemble du monde hospitalier.
Pour que le dialogue social puisse se faire dans les meilleures conditions possibles, je n’ai pas attendu le lancement devant vous aujourd’hui du pacte de confiance à l’hôpital. Plusieurs décrets seront publiés avant la fin du mois de septembre qui amélioreront le bilan social des établissements de santé : ces bilans doivent être vraiment utiles et permettre une évaluation efficace des politiques conduites en s’appuyant notamment sur des indicateurs de ressources humaines pertinents. Je souhaite également qu’un volet social apparaisse très clairement dans chaque projet régional de santé, ainsi que dans toutes les opérations de restructuration qui seront conduites. La dimension sociale ne peut plus être un codicille de nos projets d’établissements.

Dans un premier temps, la rénovation du dialogue social aura un impact positif sur les conditions de travail des professionnels. A chaque fois que je me rends dans nos établissements, j’observe à quel point la prise en compte de la qualité de la vie au travail est une nécessité absolue, à quel point la prévention des risques psycho-sociaux liés au stress au travail est également un enjeu majeur pour les établissements de santé. Je sais que ces conditions de travail sont éprouvantes. C’est pourquoi je veux que soient développées les enquêtes de satisfaction auprès du personnel. Elles doivent permettre de sécuriser ses conditions d’exercice.
Dans un second temps, un meilleur dialogue social facilitera les transformations et les évolutions qui doivent être mises en place au sein de l’hôpital. Je pense notamment à une meilleure articulation entre personnels médicaux et non médicaux au sein des établissements. Le dialogue social est la condition sine qua non de la réussite de la conduite du changement.
Un accord cadre relatif à l’exercice médical à l’hôpital a été signé il y a quelques mois par l’ensemble des organisations syndicales de médecins sous leur pression. Je le mettrai en oeuvre dans les prochaines semaines dans le cadre de la procédure engagée avec le ministère de la fonction publique. Je sais que le temps presse pour que les médecins ne perdent pas les droits accumulés dans leur compte épargne temps.

Le dialogue doit aussi s’engager sur la place des ordres paramédicaux récemment créés. 20% seulement des infirmiers sont inscrits au tableau de l’ordre. La mise en place d’une adhésion facultative devrait permettre d’apaiser les choses. Il conviendra par ailleurs d’engager la concertation pour déterminer les conditions dans lesquelles pourront être assurées la régulation déontologique et les règles de discipline à l’égard de toutes les professions paramédicales.

Pour permettre la confiance, je veux vous parler de la gouvernance à l’hôpital.
Je veux redonner aux Commissions Médicales d’Etablissement (CME) la possibilité d’être des acteurs à part entière de la définition de la stratégie des établissements, en bonne articulation avec les projets régionaux de santé. Parce que le directeur ne peut pas décider de tout. Parce que le pilotage efficace d’un établissement de santé ne peut que résulter d’un travail commun entre les médecins et le directeur. Il ne s’agit pas de défiance à l’égard des cadres hospitaliers dont je veux saluer le travail difficile et l’engagement au service de l’intérêt général. Il s’agit seulement de ne pas écarter les soignants. Pour atteindre cet objectif, une évolution de la réglementation semble aujourd’hui nécessaire.
La loi HPST a créé des tensions entre les directeurs et les médecins, qui ne se reconnaissent pas dans cette nouvelle gouvernance. Ce fut un rendez-vous raté. A nous de remobiliser l’ensemble des membres de la communauté hospitalière pour atteindre nos objectifs.

La confiance, c’est aussi préparer l’avenir des personnels de l’hôpital public.
La carrière des personnels
Pour renouer la confiance au sein de l’hôpital, celui-ci doit offrir des carrières attractives avec des perspectives d’évolution à ses personnels. Pour cela, nous ne devons pas nous interdire de travailler sur la question de la coopération entre les professionnels ou sur celle des transferts de tâches et de délégations de compétences. Il faut voir dans quelles conditions il est possible de franchir une nouvelle étape dans la valorisation de transferts d’activité entre professionnels de santé, ainsi que dans l’identification et la définition de nouveaux métiers.
Je peux vous assurer de mon attachement à la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences. L’accompagnement des carrières doit être renforcé par exemple à travers la mise en place de points carrière réguliers. Il nous faut aussi voir comment proposer aux seniors des métiers reconfigurés et s’interroger sur l’extension des contrats d’apprentissage et de la validation des acquis de l’expérience à l’hôpital.
Nous sommes à l’aube de profonds changements générationnels. La gestion des âges de la vie trouve dans la fonction publique hospitalière une application singulière : elle pose la question de l’attractivité de la carrière pour les jeunes professionnels et de leur fidélisation par la promotion interne. Parallèlement au parcours de soins des patients, nous devons bâtir un parcours personnalisé des carrières à l’hôpital, qui permette une plus grande mobilité. Je compte sur votre mobilisation sur cette importante question.
Je sais les réserves qui ont été formulées lors de la mise en place du Développement Professionnel Continu (DPC). Nous préciserons donc ce dispositif dans sa gouvernance et dans sa mise en oeuvre. Plus largement, les liens entre obligation de DPC et formation tout au long de la vie devront être mieux articulés pour intégrer les personnels hospitaliers dans une dynamique de formation, d’anticipation des besoins en qualification et en sécurisation des parcours professionnels. Je veillerai à favoriser le développement de temps communs de formation entre personnel médical et non médical, afin de renforcer les compétences collectives au sein des équipes hospitalières.

Il convient également de dire un mot de la formation des futurs professionnels hospitaliers.

Je pense aux internes. Ils sont en train de faire un choix important, celui de leur futur terrain de stage. A cette occasion, j’ai à coeur de rappeler le rôle primordial des internes, médecins en formation, médecins en devenir : ils sont des acteurs de la permanence des soins. Je veux rappeler leur droit d’être rémunéré pour chacune de leur contribution à la permanence des soins et leur droit à bénéficier du repos de sécurité en fin de garde. Il en va de la sécurité de nos internes, comme de la sécurité des patients.

Je pense aussi à la formation des paramédicaux profondément transformée en quelques années. Les étudiants infirmiers sont les premiers à être entrés dans le processus de LMD. Malgré les craintes initiales, et grâce aux efforts consentis par l’ensemble des acteurs, 2012 aura vu naitre la première promotion d’étudiants ayant le diplôme d’état d’infirmier, et le grade de licence. La poursuite du processus engagé appelle une évaluation que nous mènerons.

Le cap est fixé. La concertation s’engage. Elle pourra déboucher sur des négociations. Les premières mesures réglementaires qui donneront corps à ce pacte de confiance pourront être prises dès le début de l’année 2013. Enfin, les dispositions législatives nécessaires s’intégreront dans une grande loi d’accès aux soins qui sera soumise au Parlement.

Pour réussir cette opération de mobilisation de tous pour l’hôpital public et au sein de l’hôpital public, j’ai fait appel à Edouard Couty. Chacun connaît ici ses éminentes qualités personnelles, sa grande expérience du dialogue social et sa fine connaissance de notre système de santé.
La concertation que vous allez engager doit s’inscrire dans une triple perspective.
 En premier lieu, l’ambition de restaurer un service public hospitalier moderne, à hauteur des enjeux de la santé publique du 21ème siècle. Un service public qui réponde aux attentes des malades. Un service public au sein duquel les compétences et l’engagement des professionnels sont pleinement reconnus.
 Ensuite, le désir de donner une nouvelle impulsion au dialogue social à l’hôpital. Le dialogue de tous les acteurs permettra d’élaborer des solutions concrètes et d’améliorer ainsi le fonctionnement de la gestion des ressources humaines de nos établissements.
 Enfin, la volonté de clarifier le fonctionnement et l’organisation des établissements.

Les travaux que vous conduirez, cher Edouard, comporteront deux phases distinctes : la première est une consultation des acteurs dont vous me remettrez les résultats à la fin du mois de décembre. Sur la base de vos propositions, je définirai ensuite les orientations et prendrai les dispositions pour une mise en oeuvre concrète du pacte de confiance à l’hôpital au-delà de celles qui auront déjà été engagées dans le cadre du PLFSS 2013.

Je sais pouvoir compter sur l’engagement de chacun d’entre vous au service de l’hôpital public et des Français. »


Le monde a changé…le monde change effectivement, mais il faut que ce changement aille dans la bonne direction… la ministre semble s’écarter de la loi HPST (dite loi Bachelot)…

Quatre mois de concertation sont prévus, déjà on peut distinguer une avancée : la fin de la convergence tarifaire entre établissements publics et  établissements privés, une refonte de la T2A est envisagée aussi…le changement de cap pourrait bien se réaliser avec des vents favorables…mais la tempête pourrait venir très vite si les choses n’avançaient pas vers plus d’humanisme et moins de marchandisation de la santé…les eaux sont toujours troubles en ce moment.





vendredi 7 septembre 2012

Responsabilité du médecin vis-à-vis des prothèses défectueuses



Un chirurgien n'a selon un jugement de la Cour de cassation (1) pas d'obligation de sécurité de résultat quant à la qualité de la prothèse qu’il utilise ... ainsi l’éclatement d’une prothèse en silicone ne peut être reproché au chirurgien qui l’a posé.
Il n'est responsable en partie de la défectuosité de la prothèse que si une faute lui est attribuée lors de l'opération…

 En plus clair le patient ne peut pas demander des indemnités au chirurgien qui aurait posée une prothèse défectueuse, à moins que ce dernier  en soit le concepteur…ceci pose toutefois la question de la connaissance par le médecin de la qualité même de la prothèse…
L'obligation de sécurité d’un médecin concerne les soins, les traitements et techniques qu'il dispense, a précisé la Cour de cassation, mais pas sur les produits qu'il utilise, le procès doit être fait au producteur de la prothèse, qui est le seul responsable du défaut de son produit.

Le jugement de la Cour de cassation se fonde en fait sur une directive européenne de 1985 (2) qui prévoit toutefois que le médecin peut être visé si le producteur n'est pas identifié. En pareil cas, selon la loi, le médecin sera alors considéré comme le producteur.


1) Cass. Civ 1, 12.7.2012, n° 916
2) Directive 85/374/CEE du 25 juillet 1985 (transposée dans la loi n° 98-389 du 19 mai 1998)

Hôtel-Dieu de Paris : la fermeture des urgences en projet ?

lundi 3 septembre 2012

Hantavirus : le Samu précise qu'il n'y a pas de cas en France



Le Samu de Paris a indiqué dimanche qu'il n'y avait eu à ce jour aucun cas de contamination de touristes français par l'hantavirus, qui a infesté des visiteurs du parc Yosemite (Californie), et qu'une procédure avait été mise en place pour y faire éventuellement face.

Le Dr Michel Nahon, praticien hospitalier au Samu de Paris, a assuré dimanche qu'il n'y avait aucune panique. L'impact est nul, a-t-il indiqué à l'AFP.

Le Samu de Paris a reçu sur le sujet une vingtaine d'appels, soit une trentaine pour l'Ile-de-France depuis l'appel à la vigilance lancé par les autorités sanitaires américaines, pour les personnes ayant visité le parc depuis la mi-juin.

On a deux types d'appel : les gens qui ont mal compris et sont allés aux Etats-Unis, mais pas dans le parc ou pas dans le camping Curry village, où la contamination s'est produite. Et ceux qui y sont allés et ont des symptômes tels que courbatures, fièvres, et qui se trouvent encore dans la période d'incubation possible, de 4 à 6 semaines, indique-t-il.

Beaucoup téléphonent par excès, mais il vaut mieux dans le doute appeler pour rien plutôt que ne pas appeler, pour bien dépister des cas possibles, indique-t-il.

Il précise qu'il n'y a eu à ce jour aucun cas de contamination.

Tous les Samu ont mis en place une procédure réactive, indique-t-il.

Si on a séjourné dans le parc et qu'il n'y a pas de symptômes, on ne fait rien. S'il y a des symptômes après un séjour au camping, ça peut être différentes choses, mais on considère la personne comme cas possible, explique le Dr Nahon.

Après interrogatoire médical, pour confirmer notamment si on est toujours dans la période d'incubation, on les orientera vers l'hôpital pour deux choses: éventuellement, en fonction de ce que diront les infectiologues, faire une analyse de sang pour isoler le virus, et surtout faire un traitement préventif des complications, afin de limiter les risques vitaux.

L'accès précoce aux soins modifie le pronostic, insiste le Dr Nahon.

Le camping Curry village est sur un terrain non bitumé, avec des petits animaux qui circulent, dont des rongeurs, certains étant porteurs de cet hantavirus. L'hantavirus en règle générale se transmet de rongeur à rongeur mais il arrive parfois qu'il change d'hôte, et qu'il se transmette à l'homme.

Pour être contaminée, il faut que la personne ait touché l'urine ou les déjections ou respiré assez longtemps des poussières contaminées, par exemple en mangeant au contact de la terre ou en dormant dans un lieu souillé.

Le virus est actif relativement peu de temps, selon le Dr Nahon, et la personne ne peut transmettre la contamination à une autre. Toutes les personnes contaminées ne développent la maladie.

Selon le Centre fédéral de contrôle et de prévention des maladies américain (CDC), 10.000 personnes ont fréquenté depuis la mi-juin le Curry village et sont donc susceptibles d'avoir été en contact avec le virus. Six cas de syndrome pulmonaire à hantavirus ont été détectés et d'autres cas potentiels sont surveillés. Deux des personnes infectées sont mortes.


©AFP


"La Vie Hospitalière" précise qu'un numéro vert est depuis le 2 septembre à la disposition du public, toutes les informations sur l'hantavirus sont disponibles sur le site du Ministère de la santé.

jeudi 23 août 2012

Les ressources de la Terre s'épuisent dangereusement ! Il y a urgence !

Ce mercredi 22 août est le 235 ème jour de l'année, il est le premier jour du dépassement de la consommation annuelle des ressources de notre planète.
Selon les calculs de l’ONG Global Footprint Network (GFN), le monde a consommé en 234 jours les ressources naturelles produites par la Terre en un an ! 
Un constat : chaque année, la date du "dépassement", avance! (2) 
Face à cette menace importante de déséquilibre planétaire en ce qui concerne nos ressources il est bien évident de modifier nos comportements, mais n'allons pas trop loin non plus car il convient de s'attaquer aux causes des maux et non à leurs effets (1), si la "transformation écologique" de la ville engagée par certaines municipalités (nous pensons par exemple à Strasbourg ) est une éventualité pour économiser de l'énergie ce qui est logiquement raisonnable... nous pensons que  l'hâbitat traditionnel (utilisant les matériaux naturels de la région) est de loin plus respectable de la nature, et des traditions qui créent les différences et font  le charme des régions, mais tout semble être question  d'intérêts...de prétextes quelquefois...menant toutefois à encore plus de dépenses en ressources ce qui est pour le moins paradoxal.

Pourtant il y a des initatives qui méritent d'être soulignées, et tout particulièrement dans le monde hospitalier , comme le nouveau Centre hospitalier de Marne-La-Vallée (construit sur la commune de Jossigny,  en Seine-et-Marne) apparaît exemplaire en tant que nouvelle structure répondant au concept Haute Qualité Environnementale (HQE).
Le Centre hospitalier économisera sur sa consommation énergétique plus de 20 % ce qui est dans le contexte actuel loin d'être négligeable.

Il est effectivement très important de réduire la consommation d'énergie tout doit être repensé et ceci en fonction des ressources planétaires, dans cette vision globale des choses,  paradoxalement, il apparaît judicieux de promouvoir les hôpitaux de proximité et non de centraliser les structures hospitalières, car ceci contribue  à limiter les déplacements et ainsi d'économiser aussi des carburants, et ...du temps...(vital quelquefois)...

"La Vie Hospitalière" s'étonne particulièrement du double langage des "responsables politiques", des "décideurs" et autres...il est aberrant de parler d'économie d'énergie et de constater un gâchis de l'électricité tout particulièrement la nuit tant pour l'éclairage des voies et espaces publics que pour les zones artisanales et commerciales, bien des économies peuvent être faites et ceci sans pour autant négliger la sécurité publique, des solutions existent pourtant.Certes les initiatives locales en faveur des économies d'énergie sont bien peu de choses par rapport aux gâchis à l'échelle mondiale (quand l'on voit les milliers d'éclairage des grandes villes, des capitales,  il y a de quoi se poser bien des questions sur l'intelligence humaine).
Pendant ce temps nous vivons audessus de nos moyens...mais jusqu'à quand ?

Quant aux gaspillages ils sont non seulement relatifs aux énergies, mais encore à l'alimentation (25 % des aliments partent dans les poubelles), pour les médicaments : 30 % ne sont pas utilisés réellement, pour essayer d'être concis, nous ne terminerons pas sans rappeler  l'exemple de tous ces vaccins  achetés par le gouvernement français et qui ont été détruits, là aussi non seulement il y a une sorte de désinvolture mais encore ceci a coûté des millions d'euros et démontre qu'on peut avoir des responsabilités, faire n'importe quoi,  et  être dans la finalité ni coupable ni responsable (3) ...pas étonnant que notre planète n'a pas une santé mirobolante en ce moment,  rien n'arrête la perfidie...

(A suivre, pour ne pas conclure)



1) Dont la démographie...encore faut-il se pencher politiquement et socialement parlant sur ce problème bien réel car il est évident que 7 milliards d'individus (au 31 octobre 2011, 6 milliards en 1999 soit 1 milliard de plus en un peu plus de 10 années... ) sur la planète est considérable surtout avec un fond de crise économique mondiale qui ne saurait être pris à la légère...



2) La date du "dépassement" était estimée  en 1992  au 21 octobre;
puis au 3 octobre en 2002 et dix ans plus tard, la date a avancé de plus d’un mois. Les ressources produites par la planète sont consommées bien plus rapidement qu’elles ne sont produites dénonce GFN qui compare les besoins croissants de l’humanité à la disponibilité décroissante des ressources.

3) Des millions de doses de vaccins contre la grippe H1N1 ont été détruites pour un coût total d'achat et de destruction de plusieurs centaines de millions d'euros...la dette elle, au moins, se porte bien...et ce ne sont pas ceux qui ont profité de cette situation qui diront le contraire, mais c'est une autre approche des abus de toutes sortes...

lundi 20 août 2012

Les hôpitaux n'ont pas les moyens de faire face à une canicule qui se prolongerait

Patrick Pelloux, Président de l'association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), et premier urgentiste à avoir lancé une alerte lors de la canicule de 2003 (15.000 morts), a donné sur l’antenne de BFMTV, ce jour, son analyse du plan canicule de cet été.

(Capture video BFMTV du 19 août 2012)

Il insiste notamment sur le fait qu’il est essentiel de ne pas pratiquer d’activités sportives, ou d’efforts quels qu’ils soient, sous le soleil dans les heures les plus chaudes de la journée. Il estime par ailleurs que " les hôpitaux n'ont pas été suffisamment préparé et qu'il n'y a pas assez de lits ouverts"... insistant sur le fait qu'en cas de canicule prolongée, les hôpitaux ne seraient pas en mesure d’y faire face, faute de moyens, de lits et de personnels.


Rappel des données transmises par l'Inserm en septembre 2003

La canicule de 2003 a entraîné une surmortalité majeure : environ 15 000 décès supplémentaires par rapport à la mortalité prévisible normalement. 
Cette surmortalité observée porte sur la période du 1er au 20 août et correspond à un excès de + 60 % par rapport à la mortalité moyenne.

La surmortalité a été synchrone avec la période de canicule :
    •     élévation significative de la surmortalité le 4 août,
    •      accroissement régulier jusqu'à un pic le 12 août,
    •      amorce de régression le 13 août,
    •      régression rapide dans les jours suivants,
    •      retour à une mortalité normale le 19 août.
 Une surmortalité :
    •     particulièrement élevée, + 70%, chez les sujets âgés de 75 ans et plus,
    •      très importante aussi, + 30%, dans toutes les classes d'âges comprises entre 45 et 74 ans,
    •     de 40 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes.
La surmortalité a été très prononcée dans la région Centre :+100 %, et en Ile-de-France : +130 %.
La région Ile-de-France totalise à elle seule près du tiers de l'ensemble de la surmortalité observée en métropole. La surmortalité s'élève à :
    •     + 127 % pour Paris,
    •      + 147 % dans l'Essonne,
    •      + 161 % dans les Hauts-de-Seine,
    •      + 160 % en Seine-Saint-Denis,
    •      + 171 % dans le Val-de-Marne.
Les nombres de décès qui ont eu lieu à domicile et en maisons de retraite ont été multipliés environ par deux par rapport à leur valeur habituelle et les décès en excès sont survenus pour :
    •      42 % dans des hôpitaux,
    •      35 % à domicile,
    •      19 % dans des maisons de retraite,
    •      3 % en clinique privée.

 La plupart des causes de décès sont concernées par la surmortalité.
Dans les cas de surmortalité observés en 2003, les causes directement liées à la chaleur (coups de chaleur, déshydratations, hyperthermies) représentent 28,9 % des décès, les maladies cardio-vasculaires 20,6 % et les maladies de l'appareil respiratoire 7,7 %.

mardi 14 août 2012

Maternité des Lilas : vers une renaissance

Plus d’un an de lutte a été nécessaire pour défendre la Maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), et ainsi maintenir un lieu indispensable à l’offre de soins sur le territoire de santé tant pour la naissance (plus de 1700 accouchements par an) que pour l’orthogénie (1).
Un protocole d’accord a été finalisé en juillet avec le Groupe hospitalier les Diaconesses Croix Saint Simon selon des modalités qui répondent aux principales revendications et permettent de fait le déblocage du projet par l’Agence Régionale de Santé (ARS) permettant les débuts de travaux de reconstruction de l’établissement aux Lilas avant la fin de l’année 2012.

« Nous sommes maintenant certains que la Maternité des Lilas vivra et ce grâce à la mobilisation du personnel, du collectif des usagers, des élus de la municipalité des Lilas, des personnalités politiques et de la société civile, des associations, des syndicats, des médias. »

Le Collectif de défense Place de la Bastille le 2 avril 2011

A noter qu'une réunion se tiendra le lundi 3 septembre 2012, à 18 heures 30 à la salle de réunion.
Ordre du jour:
Présentation du protocole d’accord signé entre le Groupe hospitalier Diaconesses - Croix Saint Simon et  la Maternité des Lilas… calendrier prévisionnel des travaux de reconstruction; préparation du forum des associations de la ville des Lilas; questions diverses…

Souhaitons maintenant la renaissance tant attendue de la Maternité des Lilas qui est exemplaire à plus d'un titre, "La Vie Hospitalière" a remarqué lors des manifestations à Paris pour la défense de la Santé combien les personnels de cette maternité étaient présents pour défendre leur établissement.



1) Le premier centre d'orthogénie fut créé en 1961 par le planning familial à Grenoble (il était illégal jusqu'à la publication de la loi Veil en 1973).

samedi 11 août 2012

Entre miracles et guérisons...

Le Dr de Franciscis, un drôle de médecin face aux miracles de Lourdes

"La procession avance lentement sur l'esplanade des Sanctuaires de Lourdes, long cortège de malades, de handicapés brisés dans leur corps. A leur côté, derrière les prêtres, marche un drôle de médecin italien, homme de foi et de science, le Dr Alessandro de Franciscis.

Je me définis comme le plus inutile médecin du monde, un drôle de médecin que les clients viennent voir pour dire Bonjour, je suis guéri, plaisante cet homme de 56 ans au large front dégarni.

Ce médecin dont le sourire malicieux ne s'efface que lorsqu'il parle de sa foi et de Lourdes est une espèce d'huissier dans l'antichambre entre la maladie et le miracle.

A la tête du Bureau des constatations médicales des Sanctuaires, il est le premier à juger du sérieux des déclarations de ceux qui pensent avoir été guéris grâce à une intervention divine. C'est lui qui décide si leur cas mérite, ou non, d'être examiné plus attentivement pour être un jour peut-être, après de longues années, reconnu par l'Eglise comme une guérison miraculeuse.

Né à Naples, italien par son père, universitaire, et américain par sa mère, le Dr de Franciscis se revendique génétiquement pur Italien du sud (...) fier d'être européen et méditerranéen, mais également citoyen du monde.

Il a découvert Lourdes à l'âge de 17 ans, en tant que brancardier de l'Unitalsi, association italienne au service des pèlerins malades et des handicapés. Pour le jeune Alessandro, ce contact avec ces corps atteints fut un choc: C'est là que j'ai décidé de faire médecine.

Ses études de pédiatrie à Naples, d'épidémiologie à Harvard et de théologie à Rome, l'exercice de sa profession à la faculté de médecine de Naples et ses engagements politiques (député, puis président de la Province de Caserta), ne l'éloigneront jamais de ses engagements humanitaires et de Lourdes, où il n'a jamais raté un pèlerinage de l'Unitalsi en près de 40 ans.

Lourdes, une ville habitée par les malades

Désormais, dans son bureau situé à quelques pas de la grotte de Massabielle, où Bernadette Soubirous a dit que la Vierge lui était apparue en 1858, il recueille et archive les déclarations volontaires et spontanées des personnes qui ont éprouvé un changement radical de leur état de santé et le croient dû à Notre Dame de Lourdes.

Plus de 7.000 cas de guérisons inexpliquées ont été enregistrés à Lourdes depuis 1884.

Le Dr de Franciscis procède à une première évaluation du sérieux de ces déclarations, de la véracité des faits. Il soumet ensuite les cas les plus probants au Bureau des constatations, une institution créée en 1883 et composée de tout personnel soignant (médecins, infirmières...) de passage à Lourdes qui le souhaite, croyant ou non croyant.

Il est le premier étranger à diriger ce bureau.

En 2011, il a reçu 48 déclarations de guérisons, et a accueilli 2.650 médecins qui ont jugé que 16 d'entre elles pouvaient être considérées comme importantes, note-t-il. En 2012, il a déjà rassemblé le Bureau six fois.

Mais pour le seul docteur permanent sur le site des Sanctuaires, le miracle de Lourdes, c'est la présence des malades, le fait que leur présence y soit tout naturellement acceptée.

Je pense être à un carrefour unique car c'est un lieu où les regards sont tournés en priorité vers la personne malade, handicapée (...), on ressent comme nulle part ailleurs la présence physique de leur chair. Et c'est un phénomène qui date des débuts, dès après les apparitions.

Le choc ressenti par le brancardier Alessandro de Franciscis en 1973 à Lourdes reste vif, et il voit aujourd'hui dans l'omniprésence des malades dans les Sanctuaires un signe divin qui dépasse le simple réconfort physique ou l'espoir d'une guérison: Lourdes a déplacé des millions de malades, pour seulement 67 guérisons reconnues miraculeuses.

©AFP


"La Vie Hospitalière" tient à rendre hommage à tous les bénévoles qui emmènent des malades, des handicapés, à Lourdes, bien des personnes hospitalisées, clouées dans leurs lits depuis des années ont ainsi une vision (au moins une fois par an pour les plus chanceux) d'une autre monde que celui restreint de leurs chambres.

Ce que par contre nous regrettons c'est tout le commerce qui s'est installé autour de cette grotte où serait apparue la vierge Marie. On peut croire ou ne pas croire, on peut y croire ou non, il y a toutefois là une incohérence flagrante entre les personnes bénévoles et les autres...dans un lieu où la souffrance et l'espoir se mêlent et où certains exploiteurs apparaissent peu respecteux des lieux...ce ne sont hélas, là, pas des apparences.

©LVH

dimanche 5 août 2012

Une chercheuse de l'Inserm refuse la Légion d'honneur


Une chercheuse, spécialiste des cancers professionnels, a refusée la Légion d'honneur décernée par la ministre du Logement Cécile Duflot pour dénoncer l'indifférence qui touche la santé au travail et l'impunité des crimes industriels.

Dans une lettre adressée à la ministre, rendue publique samedi, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), demande à la ministre d'intervenir pour la remise en cause de l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels.

Annie Thébaud-Mony, qui est aussi la Présidente de l'association Henri Pézerat (santé, travail, environnement) qui déplore que la crise économique occulte la santé des travailleurs et les questions environnementales,
veut que sa démarche soit un appel tout autant à la mobilisation citoyenne, que vis à vis des parlementaires et du gouvernement, pour que soient respectés les droits fondamentaux à la vie, à la santé, et à la dignité,

"Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail (...), le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques..."

"Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d'autrui, y compris en matière pénale"... dit-elle dans sa lettre à la ministre.

Cette spécialiste, également porte-parole de Ban Asbestos France (association qui lutte pour la défense des travailleurs de l'amiante) évoque par ailleurs la sous-traitance et le transfert des risques vers des populations très précarisées (maintenance, nettoyages, gestion des déchets).

La carrière de cette chercheuse a été bloquée pendant dix ans !

Elle plaide pour qu'enfin la recherche sur l'exposition aux cancérogènes au travail soit dotée des moyens financiers publics nécessaires et que les jeunes chercheurs qui s'y adonnent cessent d'être maintenus dans un statut précaire.

Pour "La Vie Hospitalière" cette action menée par Annie Thébaud-Mony  est importante et nous souhaitons que les parlementaires et le gouvernement en place actuellement prennent des dispositions afin que la santé des travailleurs soit mieux protégée dans ce monde où l'argent sert de moyen pour exploiter les gens, tout repose sur une économie qui ne sert pas l'intérêt général mais celui bien particulier d'intérêts privés qui deviennent de plus en plus préjudiciables dans bien des aspects...

Dans le milieu hospitalier on voit combien la recherche du profit est devenue le leitmotiv sans aucun souci des conditions de travail des personnels, sans réelle prise en considération des répercutions sur les patients, tout est calculé, à la limite l'optimisation est la règle quant aux méthodes employées on voit qu'elles mênent jusqu'aux suicides d'hospitaliers, et là nous disons qu'il est temps de tout remettre en ordre.

La santé au travail c'est important, et, que le travail lui même soit à l'origine de pathologie ou y contribue gravement n'est pas sans responsabilités à rechercher, quant aux préjudices subis (causés de manière volontaire ou involontaire) tant pour les personnels que pour les usagers, il est temps d'en faire état et de mener toutes les actions nécessaires pour les dommages causés...

Ci-dessous l'intégralité de la lettre (en date du 31 juillet 2012) qu' a envoyé Madame Annie Thébaud-Mony à la ministre de l’égalité, des territoires et du logement:

"Madame la ministre,

Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant - tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part - je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.

Concernant mon activité professionnelle, j’ai mené pendant trente ans des recherches en santé publique, sur la santé des travailleurs et sur les inégalités sociales en matière de santé, notamment dans le domaine du cancer. La reconnaissance institutionnelle que je pouvais attendre concernait non seulement mon évolution de carrière mais aussi le recrutement de jeunes chercheurs dans le domaine dans lequel j’ai travaillé, tant il est urgent de développer ces recherches.

En ce qui me concerne, ma carrière a été bloquée pendant les dix dernières années de ma vie professionnelle. Je n’ai jamais été admise au grade de directeur de recherche de 1e classe. Plus grave encore, plusieurs jeunes et brillant.e.s chercheur.e.s, qui travaillaient avec moi, se sont vu.e.s fermer les portes des institutions, par manque de soutien de mes directeurs d’unité, et vivent encore à ce jour – malgré la qualité de leurs travaux - dans des situations de précarité scientifique.

Quant au programme de recherche que nous avons construit depuis plus de dix ans en Seine Saint Denis sur les cancers professionnels Giscop, bien que reconnu au niveau national et international pour la qualité scientifique des travaux menés, il demeure lui-même fragile, même s’il a bénéficié de certains soutiens institutionnels. J’en ai été, toutes ces années, la seule chercheure statutaire. Pour assurer la continuité du programme et tenter, autant que faire se peut, de stabiliser l’emploi des jeunes chercheurs collaborant à celui-ci, il m’a fallu en permanence rechercher des financements - ce que j’appelle la « mendicité scientifique » - tout en résistant à toute forme de conflits d’intérêts pour mener une recherche publique sur fonds publics.

Enfin, la recherche en santé publique étant une recherche pour l’action, j’ai mené mon activité dans l’espoir de voir les résultats de nos programmes de recherche pris en compte pour une transformation des conditions de travail et l’adoption de stratégies de prévention.

Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux, que la sous-traitance des risques fait supporter par les plus démunis des travailleurs, salariés ou non, dans l’industrie, l’agriculture, les services et la fonction publique, un cumul de risques physiques, organisationnels et psychologiques, dans une terrible indifférence. Il est de la responsabilité des chercheurs en santé publique d’alerter, ce que j’ai tenté de faire par mon travail scientifique mais aussi dans des réseaux d’action citoyenne pour la défense des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité.

Parce que mes engagements s’inscrivent dans une dynamique collective, je ne peux accepter une reconnaissance qui me concerne personnellement, même si j’ai conscience que votre choix, à travers ma personne, témoigne de l’importance que vous accordez aux mobilisations collectives dans lesquelles je m’inscris. J’ai participé depuis trente ans à différents réseaux en lutte contre les atteintes à la santé dues aux risques industriels. Ces réseaux sont constitués de militants, qu’ils soient chercheurs, ouvriers, agriculteurs, journalistes, avocats, médecins ou autres... Chacun d’entre nous mérite reconnaissance pour le travail accompli dans la défense de l’intérêt général.

Ainsi du collectif des associations qui se bat depuis 15 ans à Aulnay-sous-bois pour une déconstruction - conforme aux règles de prévention - d’une usine de broyage d’amiante qui a contaminé le voisinage, tué d’anciens écoliers de l’école mitoyenne du site, des travailleurs et des riverains. Ainsi des syndicalistes qui - à France Télécom, Peugeot ou Renault - se battent pour la reconnaissance des cancers professionnels ou des suicides liés au travail. Ainsi des ex-ouvrières d’Amisol – les premières à avoir dénoncé l’amiante dans les usines françaises dans les années 70 – qui continuent à lutter pour le droit au suivi post-professionnel des travailleurs victimes d’exposition aux cancérogènes. Ainsi des travailleurs victimes de la chimie, des sous-traitants intervenant dans les centrales nucléaires, des saisonniers agricoles ou des familles victimes du saturnisme...

Tous et chacun, nous donnons de notre temps, de notre intelligence et de notre expérience pour faire émerger le continent invisible de ce qui fut désigné jadis comme les « dégâts du progrès », en France et au delà des frontières du monde occidental.

La reconnaissance que nous attendons, nous aimerions, Madame la ministre, nous en entretenir avec vous. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail dont je parlais plus haut, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques... Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale. Vous avez récemment exprimé, à la tribune de l’Assemblée nationale, votre souhait d’écrire des lois « plus justes, plus efficaces, plus pérennes". En qualité de Ministre chargée de l’Egalité des territoires et du logement, vous avez un pouvoir effectif non seulement pour augmenter le nombre des logements mais légiférer pour des logement sains, en participant à la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels.

En mémoire d’Henri Pézerat qui fut pionnier dans les actions citoyennes dans lesquelles je suis engagée aujourd’hui et au nom de l’association qui porte son nom, la reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité.

Pour toutes ces raisons, Madame la ministre, je tiens à vous renouveler mes remerciements, mais je vous demande d’accepter mon refus d’être décorée de la légion d’honneur. Avec l’association que je préside, je me tiens à votre disposition pour vous informer de nos activités et des problèmes sur lesquels nous souhaiterions vous solliciter.

Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma reconnaissance et de mes respectueuses salutations"





Nous rappelons un texte récent que nous avons publié sur le mal-être et ses conséquences qui peuvent être désatreuses, en effet, les conditions de travail sont de plus en plus difficiles et il est grand temps d'agir pour que cessent ces orientations purement politiques dictées au nom du profit et d'intérêts privés,  qui ne respectent aucunement la dignité humaine, et vont jusqu'à détruire  les fondements de notre système pour leurs seuls intérêts.


"Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle."


(Lecomte du Noüy)




mercredi 1 août 2012