mercredi 14 mars 2018

Lorient. « Aux urgences, mon mari a vécu un calvaire »

Elle veut aujourd’hui comprendre pourquoi personne n’a jugé utile d’administrer des anti-douleurs à son mari. « Tout ce qu’on voulait, c’était un peu d’humanité. »
«Je lui ai dit à demain…»


L’épouse et ses deux enfants retournent à Inzinzac. « Je l’ai laissé là, seul. Il fallait que je rentre pour préparer son éventuel retour à la maison le lendemain. Je lui ai dit à demain… »



Un habitant d’Inzinzac-Lochrist, est décédé aux urgences de l’hôpital du Scorff, à Lorient, le 25 février. Sa veuve dénonce les manquements dont son mari aurait été victime. La direction de l’hôpital a ouvert une enquête.

Denis avait 67 ans quand il est décédé le 25 février dernier à l’hôpital du Scorff à Lorient. Il affrontait son quatrième cancer.

Mais en ce mois de février, l’état de Denis empire. On lui pose une sonde de gastrostomie le 22 février à l’hôpital. Malgré la douleur, il est renvoyé chez lui, à Inzinzac-Lochrist, le lendemain. Le retour à la maison est un calvaire, l’homme est pris de vomissements. Il est épuisé et souffre énormément.
« On devait attendre comme les autres »

Le samedi, sa femme prend la décision de rappeler le Samu. « À la maison, il a indiqué qu’il estimait sa douleur à 9 sur 10. Il a été admis à 18 h aux urgences. » Commence alors une longue attente de 3 h 30. « La seule réponse qu’on m’a donnée, c’était qu’il y avait du monde avant nous et qu’on devait faire comme les autres. Pendant ce temps, Denis se tordait de douleurs sur son brancard. »

Mais dans la nuit, le téléphone sonne. Une infirmière des urgences appelle pour annoncer la mort de Denis. « Elle a ajouté que c’était accidentel : Denis avait glissé, était tombé de son lit et s’était étouffé dans son vomi… »
« Que se passe-t-il aux urgences ? »

La femme a écrit à la direction du Groupe hospitalier Bretagne-Sud et veut aussi alerter la Ligue contre le cancer. Si elle ne tient pas l’hôpital pour responsable du décès de Denis, elle veut comprendre « comment on peut être si détaché des malades et de leurs familles. Nous sommes en 2018, que se passe-t-il aux urgences ? »

Ce témoignage intervient alors que plusieurs cas similaires font la Une de l’actualité comme cette femme de 73 ans morte le 6 mars après 2 heures 30 d’attente aux urgences du CHU de Reims.


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