mercredi 17 août 2016

Les fusions hospitalières s’adaptent aux besoins des territoires selon l'ARS d'Île-de-France


"Renforcer les partenariats entre établissements, voire, quand la situation le justifie, fusionner des structures aux activités complémentaires installées sur un même territoire… C’est pour l’ARS une manière d’améliorer la cohérence des parcours de soins et d’optimiser la gestion des hôpitaux.
Améliorer l’accessibilité aux soins, fluidifier les parcours… La construction de l'offre hospitalière francilienne répond à de multiples enjeux. Afin de mieux la structurer, l’ARS Ile-de-France incite les établissements de soins d'un même territoire à collaborer notamment dans le cadre de groupements de coopération sanitaires (GCS), ou de communautés hospitalières de territoire (CHT). Et lorsqu’elle le juge opportun, l’ARS peut également suggérer à deux structures de fusionner.
« Nous n’imposons rien. Nous discutons avec les directions pour voir à quel moment des projets de coopération, déjà bien aboutis, pourraient amplifier leurs effets grâce à une fusion. Ensuite, nous accompagnons les établissements dans la mise en place de leur projet médical. Depuis 2010, 6 opérations de fusion se sont réalisées dans la région. », explique Christine Schibler, directrice du Pôle Etablissements de santé de l’ARS.

Concrétiser les rapprochements existants
Parfaite illustration de cette démarche de coopération, le Groupe hospitalier Carnelle-Porte de l’Oise est né le 1er janvier 2015, de la fusion du centre hospitalier intercommunal des portes de l'Oise (Beaumont, 95) et du centre hospitalier de Carnelle (Saint-Martin-du-Tertre, 95). « La fusion était la suite logique du rapprochement engagé par les deux établissements depuis 2012 », souligne Christine Schibler.
Membres de la communauté hospitalière de territoire Vexin Nord Val d'Oise, les deux sites partageaient déjà une direction et des services administratifs communs. Pour sceller leur union de manière définitive, ils ont élaboré, avec l’appui de l’ARS, un projet médical en cohérence avec l'offre de soin déjà proposée sur le territoire et complémentaire de l'activité des deux autres membres de la CHT : le Centre hospitalier de Pontoise et le Groupement hospitalier intercommunal du Vexin.
Recentré sur l'activité de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), le site de Beaumont répond au besoin de soins aigus de proximité du territoire, notamment en gériatrie. Spécialisé en soins de suite et de réadaptation (SSR), le site de St-Martin-du-Tertre peut accueillir les patients des sites de Beaumont et de Pontoise qui le nécessitent.

Adapter l’offre de soins à l’évolution des besoins du territoire
En janvier 2015, le Centre Hospitalier Spécialisé en Pneumologie (CHSP) de Chevilly-Larue (94), et le Centre de lutte contre le cancer (CLCC) Gustave Roussy (Villejuif, 94) ont fusionné. « Le projet médical de Chevilly Larue n'était plus adapté aux besoins du territoire, ce qui expliquait ses difficultés financières. Gustave Roussy, de son côté, cherchait à accroître sa capacité d’accueil en SSR et en lits d’aval », note Eric Véchard, délégué territorial du Val de Marne.
L'ARS a encouragé les établissements à coopérer depuis 2013 et a accompagné ce rapprochement. Cette opération améliore le parcours mais aussi la situation de Chevilly Larue qui était auparavant en difficulté « L’ARS a soutenu cette dynamique de travail. En effet, Gustave Roussy est une structure imposante, d’envergure internationale et le CHSP est un site isolé, davantage centré sur son territoire. Les équipes ont beaucoup travaillé pour trouver une intelligente complémentarité et une organisation partagée efficiente », précise Eric Véchard.
Aujourd’hui Chevilly Larue est le deuxième site de Gustave Roussy après Villejuif. Appelé à devenir un site spécialisé en oncologie à champ élargi, il voit son activité redémarrer progressivement. Les équipes de Chevilly Larue suivent une formation en oncologie et une démarche d’accompagnement du changement est en cours. Gustave Roussy, de son côté, est en mesure de mieux répondre aux besoins d’aval. Une véritable synergie a été trouvée."


Des orientations qui privilégient un certain centralisme selon "La Vie Hospitalière" et entraînent plus facilement des restructurations sous le prétexte d'une meilleure offre de soins notamment, alors que l'hôpital de proximité doit être renforcé et non faire l'objet de mesures pouvant être génératrice d'un manque à gagner, de pertes d'emplois... ce qui au niveau de l'économie locale est préjudiciable dans le temps et non sans conséquence.
Le patient ne doit pas naviguer d'un hôpital à un autre comme c'est de plus en plus le cas et surtout effectuer des distances entre les services qui sont quelquefois de plusieurs dizaines de kilomètres dans des régions où les transports en commun peuvent être au strict minimum (exemple en Seine-et-Marne : les territoires ruraux ou le maillage des transports est très relatif) et puis imposer aux patients, et à leurs proches (qui veulent rendre visite à la personne hospitalisée, par exemple) des établissements publics qui font payer chèrement le droit de stationner des véhicules (pour le seul bénéfice de sociétés privés, en plus !)  ce n'est pas génial.
Nous avons donné déjà notre position à ce sujet et notamment lorsque l'hôpital de Marne-la-Vallée (à Jossigny en Seine-et-Marne) a permis que le stationnement soit payant,  un établissement qui a perdu beaucoup du prestige qu'il pouvait avoir dans cette orientation injustifiée par ailleurs (la gestion des emplacements de parkings aurait très bien pu s'organiser avec des agents publics rattachés au service de la sécurité, par exemple). 
Personnellement je me refuse à payer un quelconque droit de stationner mon véhicule, je me refuse d'engraisser les actionnaires, individus qui ont le cul sur un fauteuil alors que d'autres travaillent !
Je suis formellement en opposition avec ces décisions, dignes de l'ultra-libéralisme, car un bien qui se veut public ne doit pas être la proie de  profiteurs. C'est d'autant plus inadmissible que des cliniques privées  ne font pas payer le stationnement des véhicules...
Mais ceci ne doit pas faire oublier que l'on doit engager une politique de santé qui doit privilégier,  les plus démunis, et, non l'inverse, le droit à la santé pour tous est de plus en plus remis en question par les problèmes financiers  de ceux qui sont économiquement faibles et qui ont souvent bien des difficultés pour se déplacer dans de bonnes conditions  (prestations de plus en plus chères).
Nous continuons à penser que l'hôpital de proximité doit être une priorité d'autant que la population ne cesse d'augmenter, qu'une frange  de celle-ci est vieillissante, et, que bien des soins peuvent être réalisés au sein d'un hôpital local, encore faut-il donner tous les moyens en matériels et personnels pour permettre une offre de soin à la hauteur, ce qui est encore un autre sujet...
Ainsi pour bien des raisons nous sommes opposés aux fusions d'établissements de santé, il est tristement évident de constater que de l'hôpital-hospice nous sommes passés à l'hôpital entreprise (la marchandisation de la santé, une horreur) et que nous allons de plus en plus vers un concept qui s'identifie au très mauvais exemple de la santé  outre-atlantique, là où le "rêve américain" a laissé place à bien des amertumes. 
Ceci écrit, après les GHT, les fusions, à quand les méga-fusions (là où le privé aura fait son lit) ?...
Nous rappelons aussi le rapport de l'IGAS (1) relatif aux fusions hospitalières au cas où certains auraient des pertes de mémoire.
"Ce rapport repose le contexte général des restructurations hospitalières, puis fait une série de constats : activité de fusions assez soutenue lors des 15 dernières années (90 fusions depuis 1995 dans le périmètre des EPS) mais avec un bilan qualitatif difficile à dresser et des risques qui amènent l’IGAS à recommander que « la fusion doit demeurer une opération rare à réserver aux cas où elle paraît effectivement indispensable ». Au nombre des recommandations destinées aux acteurs : une clarification du discours du ministère sur les restructurations, un renforcement du rôle de régulateur des ARS, une plus grande professionnalisation des procédures de fusion."
Pour ne pas conclure.
PG





Sources : ARS d'Île-de-France, IGAS, ANFH.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire