lundi 8 décembre 2014

L'AMUF lance un mouvement de grève illimitée des urgentistes à partir du 22 décembre

Bien que  la loi oblige à assurer un accueil minimum  au service d'urgences, la grève des urgentistes risque de perturber fortement l'accès aux soins durant la période des fêtes de fin d'année...et plus...


En effet lors d'un point presse le 4 décembre, l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a appelé à une grève illimitée dans les services d'accueil des urgences.


Patrick Pelloux, président de l'AMUF, a précisé que cet appel à la grève ne concernait pas la loi de santé proposée par la ministre Marisol Touraine et présentée au Parlement début 2015. Il a expliqué qu'il s'agissait d'un problème interne à l'hôpital. 
plusieurs revendications sont mises en avant par les médecins oxyologues dont la transposition (plus exactement l’application) dans le droit français de deux directives européennes (1) concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, dit aménagement qu'ils souhaiteraient voir limiter à 48 heures par semaine (39 h de travail clinique posté et 9 heures de travail non posté), avec une revalorisation salariale des gardes du soir et du week-end.


 L'Amuf défend aussi l'idée d'une indemnité de sujétion identique pour les gardes quel que soit le statut du médecin : praticien hospitalier, praticien à diplôme hors Union européenne (Padhue), professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH). Cette uniformité verrait un alignement sur le montant actuel perçu par les PU-PH.


A noter que les médecins généralistes et certains spécialistes ont également appelé à la grève lors de la période des fêtes de fin d'année (entre le 24 et le 31 décembre). Leurs revendications portent sur le projet de loi de santé de la ministre Marisol Touraine à laquelle les médecins de ville s'opposent,  et ceci particulièrement pour le tiers payant obligatoire (TPO).

Quant aux cliniques elles lancent un appel à la grève valable à compter du 5 janvier 2015...

Si les médecins hospitaliers ont des revendications justifiées car liées à leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, "La Vie Hospitalière" pense que les médecins libéraux et cliniques privées devraient prendre plus de recul..le fait de s'opposer au tiers payant obligatoire prévu dans le cadre de la loi de santé apparaît discutable, bien des intérêts sont en jeux évidemment, mais le patient dans tout ceci n'a t'il pas son mot à dire?
Si le tiers payant obligatoire permet à l'usager d'avoir un accès aux soins facilité pourquoi pas.
Pour rappel la ministre  Marisol Touraine a fait valoir "que le tiers payant, mesure de simplicité et d’efficacité, était déjà une réalité à l’hôpital, dans les laboratoires, dans de nombreux cabinets de radiologie et dans les pharmacies".
Le projet de loi qui a été présenté, le 19 juin, en Conseil des ministres prévoit d’ici 2017 la généralisation du tiers payant à tous les assurés.
Si les médecins libéraux s'accordent à dire qu'il faut étendre "un tiers payant social" à davantage de patients précaires, une grande majorité apparaît contre le tiers payant obligatoire...
Prenant pour référence une enquête réalisée en octobre 2013 par la Fédération des médecins de France (2) (FMF), auprès de cabinets privés, seuls 12,5 % des praticiens interrogés seraient satisfaits du TPO, alors que 78,7 % seraient contre…il est vrai que les dépassements d'honoraires peuvent se retrouver limités...
L'usager, encore une fois, dans tout ceci, est-il vraiment pris en considération?

Le temps sera probablement le meilleur médecin face aux maux qui rongent notre société…




1) Directives européennes : 2003/88/CE du 4 novembre 2003 et 93/104/C4 du 23 novembre 1993.
2) Fédération de médecins libéraux.

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