mercredi 23 avril 2014

L'AP-HP fiche ses agents !?...

L'hôpital Robert-Debré a établi des fiches nominatives d'agents en fonction de leur comportement plus ou moins docile, a reconnu l'AP-HP mercredi, tout en condamnant cette pratique révélée par le Canard Enchaîné (édition du mercredi 23 avril).

Un premier fichier nominatif concerne 43 aides-soignantes et auxiliaires de puériculture de la maternité de Robert-Debré.
Y figurent ceux qui ont des "comportement négatifs", soit, tel que défini dans le document, ceux qui sont "souvent opposés aux changements" ce qui a "un effet négatif sur le climat social", indique une source interne.

Le document, daté d'octobre 2013 et envoyé par erreur dans un courrier interne, recense également "des leaders négatifs" qui ont "une emprise négative sur l'équipe: refus de changement, commérage, opposition à la hiérarchie".
Il ne s'agit pas d'un "système organisé" mais de "pratiques et d'initiative individuelles" et la cadre à l'origine du fichier "a été déchargée de ses responsabilités il y a trois mois", a assuré à l'AFP Martin Hirsch, le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris).
La direction a "mis en place une démarche d'amélioration des conditions de travail avec la participation active des équipes du service de la maternité", assure par ailleurs l'AP-HP dans un communiqué.
L'affaire de l'hôpital Robert-Debré n'est pas isolée. 
A l'hôpital Georges-Pompidou, ce sont des chirurgiens qui ont fait l'objet de fiches comptabilisant le nombre et la durée de leurs interventions.

L'affaire a été portée devant la justice par les médecins et l'AP-HP a pour sa part porté plainte en février pour diffamation publique envers un fonctionnaire, après le piratage du mail de la directrice de l'établissement.
"Il y a une ambiguïté sur le statut des fiches et tableaux qui ont circulé entre trois personnes" pour "savoir s'il était conforme aux déclarations de la CNIL (commission nationale de l'informatique), et il y a aussi piratage d'un mail", a estimé M. Hirsch.
Dans ce contexte, consigne a été donnée à tout l'AP-HP de "se mettre en règle là où on ne l'est pas", a poursuivi M. Hirsch, faisant valoir que près de 800 applications informatiques (planning, paye, etc) étaient utilisées au sein de l'AP-HP qui emploie environ 92.000 personnes. Cette mise en conformité pour vérifier que chaque application est couverte par la CNIL "ne se fait pas en 24 heures, cela prendra environ un mois".
"Il est possible si nous faisons bien notre travail que d'autres utilisations de fichiers remontent" pour lesquels "les gens ont cru bien faire et ont mal fait", consent le directeur général de l'AP-HP.
Mais "on peut conformément à la loi suivre l'activité de chaque salarié", plaide M. Hirsch "pour assurer aux Français que l'argent mis à l'hôpital est bien utilisé". "On est comptable de l'activité des personnes qui travaillent à l'AP-HP, vis-à-vis des patients" qui s'y font soigner, dit-il.


Pour "La Vie Hospitalière" le grand malaise qui subsiste dans les hôpitaux ne saurait s'arranger avec des méthodes qui semblent venir  des bas-fonds... les personnels médicaux et para-médicaux n'ont pas à être fichés sur des bases qui pourraient être en plus arbitraires il y a là un manque de respect des droits fondamentaux quelque soit le prétexte invoqué.
Ceci écrit nous rappelons que c'est dans ce même pôle concerné directement par ce flicage éhonté qu'en décembre 2012 une auxiliaire de puériculture avait mis fin  à sa vie en laissant comme message (qui ne semble pas avoir été compris...ce qui est grave dans un milieu hospitalier) : "Je ne peux plus retourner à Robert-Debré. Travail inhumain. Plus la force."

Il faut arrêter de prendre les agents hospitaliers pour des objets !
Nous ne le répèterons jamais assez, le "management" selon les méthodes apparentés aux U.S.A. ça commence à bien faire !! 
Assez de management et plus de ménagement des personnels !!!

La suite sur leparisien.fr et liberation.fr


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