vendredi 19 avril 2013

PIP: les salariés au courant...?...

 Tous les salariés de l'entreprise d'implants mammaires PIP étaient au courant de l'existence d'un gel de silicone non homologué, mais le fondateur de la société parvenait à imposer sa volonté, a affirmé vendredi l'un des cadres jugés à Marseille pour tromperie aggravée.

Devant le tribunal correctionnel, Loïc Gossart, 39 ans, directeur de  production de la société varoise Poly Implant Prothese (PIP) de 2006 jusqu'à sa liquidation judiciaire en 2010, a affirmé que 100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant.

Je ne me considère pas pénalement responsable des faits qui me sont reprochés, en tous les cas pas plus responsable que d'autres au sein de PIP, a-t-il déclaré, se disant en revanche très touché moralement: Je fais un travail avec un psy pour mieux comprendre.

Cinq cadres de PIP, dont son fondateur Jean-Claude Mas, sont jugés pour avoir rempli les prothèses d'un gel non conforme.

M. Gossart explique avoir pris conscience en 2007 du taux de rupture inhabituel des implants, notamment après la visite d'un chirurgien: Il m'a montré l'image d'un implant éclaté, avec le gel liquéfié.

Il raconte avoir alors eu de gros soucis avec le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, l'un des cinq prévenus, pour avoir contesté.

Nous n'avions aucun pouvoir car il fallait faire ce qu'il voulait. Il passait par d'autres si on ne faisait pas ce qu'il voulait, dit-il.

Vous ne pouvez tout seul changer tout un système qui existe depuis des années, qu'on vous inculque, souligne-t-il.

J'ai essayé de faire mon possible, ajoute-t-il, relevant que le retour complet au gel conforme qu'envisageait la direction générale (alors confiée à Claude Couty, également prévenu) déplaisait aussi aux syndicats car, plus cher, il aurait entraîné un surcoût et des risques de licenciements dans un contexte de difficultés économiques de la société de 120 salariés.

Pourquoi ne pas avoir eu un sursaut citoyen ?, l'interroge alors le procureur Jacques Dallest.

On essaie de partir, de chercher un emploi à côté... je n'ai pas démissionné car ça reste difficile, lui a-t-il répondu.

Autre prévenu, Thierry Brinon, 53 ans, directeur technique de 2006 à 2010, lui non plus ne s'estime pas responsable: Je n'avais que des pouvoirs opérationnels, avec un rôle de force de proposition.

Embauché en 2006, après 25 ans d'expérience dans les produits médicaux, il dit avoir été mis au fait en 2007 de cette fraude. On l'assure alors de l'innocuité du gel PIP.

Ce sont les plaintes de chirurgiens qui en 2008 ont commencé à me faire douter de la culture de l'entreprise, a dit M. Brinon à la barre. Quand Mas lui demande alors de travailler sur le gel PIP et qu'il refuse, Mas confie cette mission à mon ingénieur.

Tandis que la présidente Claude Vieillard lui fait remarquer que quelques salariés ont choisi de quitter PIP du fait de la fraude, M. Brinon explique avoir choisi de rester notamment parce qu'il croyait au plan de M. Couty d'un retour au gel conforme.


(©AFP / 19 avril 2013 18h16)
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P: Mas évoque la fragilité des patientes de chirurgie esthétique


MARSEILLE - Jean-Claude Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, a évoqué vendredi devant le tribunal correctionnel la fragilité des clientes de la chirurgie esthétique, provoquant un brouhaha dans la salle.

Beaucoup de femmes dans la clientèle de la chirurgie esthétique ne sont pas bien dans leur peau, sont fragiles, a-t-il dit, s'attirant un connard venu des sièges des victimes. Des rangs des plaignantes une question a fusé: Et la reconstruction?

Il était interrogé par le procureur qui lui faisait remarquer que, lors de sa garde à vue, il avait qualifié les plaignantes de femmes fragiles portant plainte pour l'argent.

Source AFP

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