mardi 5 mars 2013

Réunion des urgentistes avec l'ARS à Lille ce mardi soir, leur démission collective est une éventualité




Alors qu'une réunion décisive a commencé vers 18h ce mardi avec l'ARS à Lille, le Docteur Depelchin met la démission collective des urgentistes de Roubaix sur la table des négociations. 

 Une quinzaine de personnes sont restées en bas de l’immeuble de l'ARS en soutien, porteuses de banderoles « Urgences en crise ». 
Depuis le début du conflit, le Docteur Antoine Depelchin est le porte-parole des urgentistes. 

Q = Une réunion de médiation décisive est prévue cet après-midi au siège de l'Agence régionale de santé, votre chef de service vient de démissionner et les urgentistes menacent d'en faire autant, comment en est-on arrivé à cette situation ?

R = L'histoire est assez simple. On a commencé à demander des postes supplémentaires il y a deux ans au regard de l'affluence croissante des patients. Toutes ces demandes sont restées sans réponse. Il y a six mois, on a commencé à écrire les choses de façon plus officielle et en se basant sur des référentiels. Il faut savoir qu'aux urgences de Roubaix et Wattrelos, ce sont 86 000 entrées en 2012. Mais là encore, le rapport est resté sans réponse de notre direction. Elle a finalement mis en place une commission qui a fini par montrer que nos demandes étaient légitimes. Suite à ça, on s'est rendu compte que la direction cherchait à gagner du temps. Et puis, il y a eu la démission de notre chef de service... 

Q = C'est ce qui a poussé les urgentistes à menacer de démissionner collectivement ?

R =  Oui. À un moment donné, on s'est posé la question : est-ce qu'on peut continuer d'accepter de mettre en danger les patients à cause de la défaillance des services publics ? Non, ça suffit. Il faut augmenter la qualité des soins, l'offre de soins et donc les effectifs.

Q = Qu'attendez-vous concrètement de cette réunion ?
R = C'est simple. Si on se base sur les référentiels, on pourrait demander 12 postes en plus. On en demande que cinq. 

Q = Pourquoi cinq ? 
R = Deux qui permettraient de régler les trous dans les plannings de jour et trois qui permettraient d'avoir une ligne de garde en plus. Actuellement, il y a deux médecins de 18 heures à minuit et un seul pour assurer la garde de nuit jusqu'à 9 heures. Le week-end, c'est deux en journée jusqu'à minuit. Ça veut dire qu'on est à deux urgentistes, plus un de nuit le week-end. Il y a pourtant autant d'entrées qu'en semaine : c'est 233 par jour !

Q = Sentez-vous une inflexion de la position de la direction à la suite des mouvements de protestations ?
R =  Non pas du tout. On a bien eu un rendez-vous avec la direction, mais aucune réponse sinon celle nous renvoyant vers l'ARS. C'est elle qui prend la décision.

Q = Alors avez-vous eu des contacts avec l'ARS ?

R = Non aucun. Pas avant cet après-midi. On sera cinq urgentistes de Roubaix à cette réunion. Ce sera la première fois qu'on rencontre les gens de l'ARS, la toute première fois... C'est vous dire la pression et l'ambiance qu'il y a aux urgences. 
De cette réunion dépendra la "démission-mutation" des urgentistes à partir de jeudi.

Q =   Vous irez donc au bout de cette démarche si vous n'obtenez pas satisfaction ?

R = On ne veut plus prendre le risque d'une défaillance médicale sous prétexte d'une défaillance budgétaire. On veut bien travailler beaucoup. On veut bien travailler autant. On ne demande pas plus financièrement. On veut travailler mieux, c'est tout. •


Source "La Voix du Nord"

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