samedi 2 mars 2013

Radiothérapie publique en Ile-de-France évincée...

Le service de radiothérapie  publique du Centre hospitalier de Lagny/Marne  d'après ce qu'avait  fait comprendre le Directeur de l'Agence Régionale, Monsieur Claude Évin (ancien ministre de la Santé), dans un courrier qu'il avait envoyé au "Syndicat Autonome Santé" (SAS) en février 2011 :

" Concernant le projet de rapprochement entre le service de radiothérapie de Lagny et celui de Saint Faron:

 Je tenais ici à vous apporter quelques éléments de réponse.

 Je me suis personnellement engagé à mettre en œuvre trois objectifs stratégiques majeurs pour notre région, à savoir l’amélioration de la qualité du service rendu aux usagers, la réduction des inégalités de santé dont vous savez qu’elles sont importantes dans notre région, et enfin l’amélioration de l’efficience de nos structures et programmes de santé afin de garantir la meilleure utilisation des moyens financiers engagés par la collectivité nationale pour notre santé.

 L’organisation de la radiothérapie sur le Nord Seine-et-Marne est au cœur de ces enjeux.

 Premièrement, l’activité de radiothérapie du Centre Hospitalier de Lagny-sur-Marne est, aujourd’hui, inférieure aux seuils d’activité minimum règlementaires. Ces seuils n’ont pas été dictés par des considérations financières mais d’abord pour des impératifs de qualité : en deçà d’un niveau minimum d’activité, il est démontré que les structures ont des difficultés à recruter et fidéliser des personnels compétents.
Si la qualité du service de Lagny n’est pas en cause aujourd’hui, ne pas structurer l’offre de soins en radiothérapie afin de garantir que les seuils d’activité soient atteints est potentiellement à risque. Pour votre information, ce seuil de qualité est fixé par les textes à 600 patients ; un centre de taille moyenne accueille environ 1000 à 1500 patients par an et les plus gros près du double (1).

 Deuxièmement, si l’ARS ne prenait pas ses responsabilités en engageant cette restructuration, le service de radiothérapie de Lagny serait amené à plus ou moins brève échéance à fermer. Juridiquement, l’insuffisance d’activité aurait entrainé un rejet de la conformité du service, qui  ne permettrait pas la poursuite de l’activité. Les patients auraient alors du être pris en charge dans un autre centre, parfois éloigné de leur domicile. Si les inégalités de santé ne sont pas toutes liées à l’offre de soins, il n’empêche que l’ARS doit tout mettre en œuvre afin que les besoins des patients soient garantis au plus près de leur lieu de vie et dans les meilleures conditions techniques et de qualité. En matière de radiothérapie, l’un des objectifs majeurs de l’ARS est la réduction des temps de trajets domicile / hôpital qui sont particulièrement pénibles pour des patients fatigués par leurs traitements.

 Troisièmement, l’hôpital de Lagny doit se restructurer dans les prochains mois dans un bâtiment neuf, sur le site de Jossigny. Ce bâtiment comprend trois « bunkers » de radiothérapie destinés à accueillir les patients pour une prise en charge intégrée de l’ensemble des soins de cancérologie sur le site de l’hôpital.
Si l’ARS n’était pas intervenue avec force en décembre 2010, l’équipe de radiothérapeutes privés aurait engagé, comme elle en avait l’intention, des travaux importants sur le site de la clinique pour construire un deuxième bunker, et installer un second équipement. Cet investissement aurait mis en péril toute activité à Jossigny pour de nombreuses années.

 C’est donc dans un souci à la fois de qualité de prise en charge dans le nouvel hôpital de Jossigny et pour garantir que des investissements très importants – environ 400 millions d’euros - soient bien utilisés que l’ARS a exigé l’arrêt des projets de construction souhaités par les radiothérapeutes privés de la clinique et a contraint à une réflexion entre ces derniers et l’hôpital afin d’organiser la radiothérapie sur le site du futur hôpital public (a).

 Les conséquences auraient été ubuesques : des patients et des installations de radiothérapie à Jossigny; des médecins libéraux et une installation privée neuve et aux normes à la clinique Saint-Faron.

 Alors le service public hospitalier aurait été en très grande détresse.

 L’ARS a donc imposé une coopération entre le Centre Hospitalier de Lagny-sur-Marne et le Centre de radiothérapie de Saint-Faron et exigé le principe d’un exercice en secteur 1 exclusif pour tous les praticiens ; un engagement à garantir un égal accès à tous les patients de l’hôpital ; une articulation des filières de prise en charge de cancérologie pour l’ensemble du secteur. Je vous précise par ailleurs que les équipements resteront propriété du centre hospitalier.

 Il ne s’agit donc pas de « brader » le service public, mais bien au contraire de le garantir grâce au maintien d’une offre de soins accessible et de qualité au sein du centre hospitalier de Jossigny.

 A ce stade d’avancement du dossier aucune signature de convention n’est intervenue et l’ARS a bien prévu de mettre en place des rencontres avec des élus et des représentants du personnel, certaines sont d’ores et déjà prévues dans le courant du mois de mars, les réunions techniques en cours n’ayant pas vocation à conclure un quelconque accord définitif.

 J’attends de cette coopération à Lagny qu’elle garantisse l’accès aux soins de tous les patients qui ont besoin de traitements de radiothérapie et qu’elle assure à l’hôpital public de pouvoir offrir sur le futur site de Jossigny l’ensemble des modalités thérapeutiques nécessaires à une prise en charge complète en cancérologie."


 Claude EVIN
 Directeur Général de l’ARS Île-de-france.


Ainsi pour le nouvel hôpital de Marne-la-Vallée  (à Jossigny) qui a reçu tous les services du Centre hospitalier de  Lagny/Marne,  le service de radiothérapie n'est plus un service public...or, ce qui est aussi à prendre en considération ce sont les capitaux publics engagés pour la construction de ce nouvel hôpital  (sic) allons-nous assister à un nouveau scandale?

Bien des questions se posent, et, nous n'avons toujours pas les réponses notamment en ce qui concerne le matériel (bunkers etc)...qui finance en fin du compte (1) ? 
Il est vrai que quand l'on a consulté le dossier qui se trouvait à la mairie de Jossigny "il n'y avait pas photo", le nouvel hôpital du Centre hospitalier de Lagny/Marne était une belle réalisation publique (dont l'architecture ressemblait au Centre hospitalier de Douai).

Le SROF accolé à la clinique Saint Faron à Mareuil-lès-Meaux   (petit bâtiment à gauche)

Le temps effectivement a passé et ce sont toujours les mêmes critères qui sont retenus pour les services publics hospitaliers mis de manière déloyale en concurrence avec les "autres"...

La Santé supporte bien des vices de cette société de moins en moins sociale et qui  respecte de moins en moins les droits humains, aujourd'hui on accepte que des gens vivent dehors...en France !...?
Mais c'est un autre sujet, et, c'est la raison qui fait que l'on peut affirmer que l'égalité aux soins pour tous devient de plus en plus relative...

Restons concis, on voit malgré tous les incidents qu'il y a eu dans les services de radiothérapie que les libéraux savent profiter des aubaines des restructurations et "autres"...orientations pour la cause...et ce qui est inquiétant que les personnels travaillent toujours en flux tendu.

Bien des questions devraient avoir des réponses claires de la part de l'ARS d'Ile-de-France car des responsabilités sont aujourd'hui très sérieusement engagées.

(A suivre)

1) Le SROF de Mareuil-lès-Meaux devait faire l'acquisition d'un deuxième bunker (comme par hasard)...lesdits fonds ont-ils été amenés au bénéfice du service de radiothérapie de Jossigny ? ...

a) Comment expliquer qu'à ce jour le service de radiothérapie de l'hôpital de Jossigny est totalement sous contrôle privé, et, que le service de radiothérapie à Mareuil-lès-Meaux fonctionne toujours???


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