dimanche 10 février 2013

Mort fœtale à Port-Royal : Les conclusions sont attendues…en mars…



Les premiers éléments de l'enquête menée par l'AP-HP à l'issue du décès d'un fœtus in utero à terme à la maternité Cochin Port-Royal ont attestés "que les effectifs soignants, médicaux et paramédicaux, étaient au complet et que la disponibilité des lits et des salles permettait de recevoir les urgences"...« en revanche l'examen médical  n'a pas conduit à la décision de prendre la patiente en charge en urgence »...  

L'enquête médicale et administrative "exceptionnelle" demandée par la ministre de la Santé, Madame Marisol Touraine,  ne donnera  ses conclusions que dans le courant du mois de mars… c’est le Professeur Bruno Carbonne (président de la collégiale des gynécologues-obstétriciens et membre de la Commission médicale d'établissement (CME) de l'AP-HP), et, le Docteur Pierre Panel (président du Cercle d'étude des gynécologues-obstétriciens de la région Île-de-France et chef du service de gynécologie-obstétrique du CH de Versailles), avec l’assistance du  Professeur Christian Richard (coordonnateur des risques associés aux soins, membre de la CME), de Madame Catherine Tardy (cadre supérieur de santé, sage-femme à l'hôpital Tenon), de Caroline Pradines  ( cadre supérieur de santé, sage-femme, membre de la CME) et de Madame Marie-Claude Condamine-Paire (Direction de l'inspection et de l'audit)...

Selon l’AP-HP les effectifs étaient au complet et les lits d’urgences disponibles…

Effectivement et heureusement des lits d'urgence sont encore disponibles (en Ile-de-France...) mais  à partir du moment où on banalise des effectifs au minimum, où on accepte un fonctionnement  du type « usine à bébés » avec une charge de travail soutenue il faut s’attendre dans le temps au pire car l’être humain n’est pas un robot et les "clients" (patients) ne sont pas des produits, chaque cas doit être pris en considération avec le temps nécessaire pour l’évaluation de son état... encore faut-il avoir le temps et les lits disponibles dans les services concernés...

Dans un environnement où  le travail s'effectue à flux tendu il y a bien des risques pour  les patients...c'est une vérité...ce qu'il faut pointer de l'index ce sont les  méthodes de « management » de plus en plus discutables,  il y a beaucoup à revoir et de plus en plus.

Un peu plus de ménagement et moins de management! Nous l'avons déjà écrit!...

Il est temps de revenir en arrière et surtout de penser autrement, les bureaucrates devraient mettre un peu plus la main à la pâte et faire des stages dans les services de soins en tant qu’exécutant, peut être auraient-ils une autre vision du monde hospitalier.

Tout ceci ne rendra pas la vie au bébé mort in utero, ce n’est pas le premier, hélas, ce ne sera pas le dernier si l’on continue cette politique de santé basée strictement sur la rentabilité et ce qui est tout autant grave : la productivité  avec 5.000 bébés par an…pourquoi pas 10.000 dans les années à venir avec bien évidemment autant d’effectif, on peut toujours… faire pire. 

Quant aux lits disponibles aux urgences…nous rappelons que 19 lits sont fermés par manque d’effectifs, «  il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut point ouïr ».

Ce ne sont pas les effets mais les causes qui doivent être prises en considération, et, la réouverture des  lits apparaît indiscutablement nécessaire


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