mardi 1 janvier 2013

Le CHU de Martinique est officiellement créé



Le nouveau CHU de Martinique (CHUM) est né officiellement ce 1 er janvier par la fusion entre le CHU de Fort-de-France (1) (hôpital Pierre Zobda Quitman), le CH du Lamentin (2)(Cité hospitalière de Mangot Vulcin) et celui de la Trinité  (3) (hôpital Louis Domergue).
« La Vie Hospitalière » rappelle les contestations des personnels paramédicaux et médicaux et le déficit important reporté (plus de 140 millions d’euros)
Le Chu est dans une situation économique assez critique, situation qui est, semble-t-il, le fruit d’années de désengagement de la métropole vis-à-vis des hôpitaux publics des Antilles.
Les médecins se sont opposés à une fusion entre ces trois établissements, menée au forceps et dans l’urgence dans le but d’essayer de générer quelques économies. “Sans projet médical cohérent, prenant en compte les spécificités des besoins des habitants d’ici, le financement ira de mal en pis”, selon l’avis, en son temps, du président du Syndicat martiniquais des hospitaliers (Smh), le Dr Olivier Duffas.
Le médecin précisait : “Nous ne pouvons couvrir une direction qui ne prend pas ses responsabilités. Nous voulons de la transparence dans les financements. Que les sommes qui nous sont allouées soient bien investies dans le matériel. Il faut faire clairement des choix allant dans le sens des patients, c’est-à-dire de la qualité des soins”.

« La Vie Hospitalière » rappelle qu’après la journée de grève, du 15 février 2012,  les présidents des trois commissions médicales d’établissements (Cme) avaient donné leur démission commune au directeur général du CHU de Fort-de-France., plusieurs chefs de pôle ont fait de même “Nous réclamons les moyens de soigner les Martiniquais avec le même niveau de qualité de soins que les Français de métropole”, ont résumés les médecins hospitaliers, regroupés autour du Smh.
Nous savons que depuis a été publié dans le Journal officiel du Vendredi 3 Août 2012 le décret relatif à la création d’un centre hospitalier universitaire et régional à la Martinique par fusion du Centre hospitalier universitaire de Fort-de-France, du Centre hospitalier du Lamentin et du Centre hospitalier Louis Domergue de Trinité

Une fusion controversée, d’autant qu’un rapport de l’Igas démontre que dans la réalité, même si le lien entre la taille d’un hôpital et la qualité des soins peut exister, il “n’est pas automatique” : “Il est spécifique à chaque acte, varie dans le temps et cesse de s’observer au-dessus d’un certain volume, au demeurant difficile à déterminer”.
Sur le plan financier : “la fusion n’est en général pas l’outil le plus pertinent pour réduire les déficits hospitaliers, qui supposent surtout, pour les établissements concernés, un effort de réorganisation interne pour réduire leurs dépenses”...
Ainsi au-delà d’un certain seuil, les inconvénients semblent l’emporter sur les avantages. L’Igas note le point de rupture à partir d’un nombre de lits compris entre 600 et 900. À compter de ce seuil, les économies d’échelle ne sont plus au rendez-vous et la fusion peut entraîner des “surcoûts” et des “dysfonctionnements”.
La performance optimale se situerait plutôt autour de 200-300 lits. Les taux de rentabilité les plus élevés, mis en avant par le rapport, s’observent dans les petits établissements – hôpitaux locaux et petits centres hospitaliers – qui sont également la catégorie où la proportion d’établissements déficitaires est la moins forte. Le rapport souligne néanmoins qu’il faut prendre ces études comptables avec des pincettes et éviter le raccourci “grande taille = mauvaise santé financière”.
Globalement, en raison des difficultés que la fusion d’hôpitaux soulève et des risques qu’elle présente, tels qu’un temps de trajet trop important entre établissements, des bassins de vie trop différents ou l’absence de complémentarité dans leurs activités, “la fusion doit demeurer une opération rare, à réserver aux cas où elle paraît effectivement indispensable”, concluait le rapport.
La fusion des trois établissements est aussi un moyen de plus pour réduire les dépenses de fonctionnement (réduction des personnels par exemple…), elle est loin d’être un pas en avant dans le cas où ce sont les personnels qui font les frais de ces mesures dictées d’en haut…on connaît les mauvaises conditions de travail qui en résultent…mais ne soyons pas pessimistes en ce début d’année…soyons réalistes…

A suivre



1)       Vote favorable lors du Conseil de surveillance du 16/12/2011.
2)       Vote favorable lors du Conseil de surveillance du 6/1/2012.
3)       Vote favorable lors du Conseil de surveillance du 17/1/2012.
4)       Décret n° 2012-935 du 1er Août 2012.

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