vendredi 14 décembre 2012

L'ANSM rappelle avoir alerté sur les risques de la pilule de troisième génération


L'agence du médicament a lancé plusieurs alertes dans le passé sur les risques thrombo-emboliques des pilules de 3 ème génération, qui ne devraient être prescrites qu'en second recours, a rappelé vendredi à l'AFP le directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).


Nous recommandons de les utiliser en deuxième ligne, mais elles sont encore trop souvent en France utilisées en première ligne a indiqué Dominique Maraninchi, après le dépôt vendredi d'une plainte d'une jeune femme qui accuse la pilule de 3 ème génération d'être à l'origine de son accident vasculaire cérébral.

Marion Larat, 25 ans, handicapée à 65% depuis son AVC, a décidé de porter plainte contre le directeur général de Bayer Santé pour atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine, et contre le directeur de l'ANSM, qui n'a pas demandé le retrait de cette pilule du marché, selon ses avocats.

Tout en jugeant tragique ce qui est arrivé, M. Maraninchi a rappelé les conclusions d'un vaste examen par l'Agence Européenne du Médicament (EMA) qui avait confirmé en septembre un risque de thrombose veineuse deux fois plus élevé chez les femmes utilisant une pilule de 3 ème génération (contenant du désogestrel ou du gestodène) par rapport à celles utilisant une pilule de 2 ème génération.

 En 2010, les pilules de troisième génération représentaient environ 50% des ventes de pilules en France, un pourcentage en augmentation régulière, selon l'ANSM.

 "Ce n'est pas parce que c'est nouveau ou que cela s'appelle troisième ou quatrième génération qu'il y a forcément moins de risques, en réalité il y a en a plus" a souligné M. Maraninchi, précisant que "conformément aux recommandations, il ne fallait utiliser les pilules de troisième génération que chez les femmes qui ne peuvent pas supporter les autres pilules".

Le risque de thrombose veineuse est un effet indésirable bien connu, rare mais grave rappelait l'ANSM dans un point d'information posté sur son site le 1er octobre dernier.

 L'Agence mentionnait également le risque, également rare, de thrombose artérielle (accident vasculaire cérébral ou infarctus du myocarde), en se basant sur une étude danoise qui confirmait ce risque chez toutes les femmes sous pilule, quelle que soit la génération de pilule utilisée.

 Pour minimiser le risque, l'Agence recommande de débuter un traitement contraceptif par une pilule de 2 ème génération, de rechercher les facteurs (tabagisme, hypertension et excès de graisses sanguines...), d'informer les femmes du risque et d'effectuer un suivi médical.



"La Vie Hospitalière" vous conseille de vous rendre directement sur le site de l'Ansm afin de consulter les documents relatifs aux contraceptifs oraux combinés et au risque de thrombose veineuse (prescription des pilules de 2 ème génération contenant du lévonorgestrel en première intention).    

A lire aussi le communiqué de l’Afssaps réalisé suite à la publication d’un  article du « British Medical Journal » (BMJ) en date du 26 octobre 2011 en rapport avec les contraceptifs oraux estroprogestatifs et le risque de thrombose veineuse .

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