samedi 11 août 2012

Entre miracles et guérisons...

Le Dr de Franciscis, un drôle de médecin face aux miracles de Lourdes

"La procession avance lentement sur l'esplanade des Sanctuaires de Lourdes, long cortège de malades, de handicapés brisés dans leur corps. A leur côté, derrière les prêtres, marche un drôle de médecin italien, homme de foi et de science, le Dr Alessandro de Franciscis.

Je me définis comme le plus inutile médecin du monde, un drôle de médecin que les clients viennent voir pour dire Bonjour, je suis guéri, plaisante cet homme de 56 ans au large front dégarni.

Ce médecin dont le sourire malicieux ne s'efface que lorsqu'il parle de sa foi et de Lourdes est une espèce d'huissier dans l'antichambre entre la maladie et le miracle.

A la tête du Bureau des constatations médicales des Sanctuaires, il est le premier à juger du sérieux des déclarations de ceux qui pensent avoir été guéris grâce à une intervention divine. C'est lui qui décide si leur cas mérite, ou non, d'être examiné plus attentivement pour être un jour peut-être, après de longues années, reconnu par l'Eglise comme une guérison miraculeuse.

Né à Naples, italien par son père, universitaire, et américain par sa mère, le Dr de Franciscis se revendique génétiquement pur Italien du sud (...) fier d'être européen et méditerranéen, mais également citoyen du monde.

Il a découvert Lourdes à l'âge de 17 ans, en tant que brancardier de l'Unitalsi, association italienne au service des pèlerins malades et des handicapés. Pour le jeune Alessandro, ce contact avec ces corps atteints fut un choc: C'est là que j'ai décidé de faire médecine.

Ses études de pédiatrie à Naples, d'épidémiologie à Harvard et de théologie à Rome, l'exercice de sa profession à la faculté de médecine de Naples et ses engagements politiques (député, puis président de la Province de Caserta), ne l'éloigneront jamais de ses engagements humanitaires et de Lourdes, où il n'a jamais raté un pèlerinage de l'Unitalsi en près de 40 ans.

Lourdes, une ville habitée par les malades

Désormais, dans son bureau situé à quelques pas de la grotte de Massabielle, où Bernadette Soubirous a dit que la Vierge lui était apparue en 1858, il recueille et archive les déclarations volontaires et spontanées des personnes qui ont éprouvé un changement radical de leur état de santé et le croient dû à Notre Dame de Lourdes.

Plus de 7.000 cas de guérisons inexpliquées ont été enregistrés à Lourdes depuis 1884.

Le Dr de Franciscis procède à une première évaluation du sérieux de ces déclarations, de la véracité des faits. Il soumet ensuite les cas les plus probants au Bureau des constatations, une institution créée en 1883 et composée de tout personnel soignant (médecins, infirmières...) de passage à Lourdes qui le souhaite, croyant ou non croyant.

Il est le premier étranger à diriger ce bureau.

En 2011, il a reçu 48 déclarations de guérisons, et a accueilli 2.650 médecins qui ont jugé que 16 d'entre elles pouvaient être considérées comme importantes, note-t-il. En 2012, il a déjà rassemblé le Bureau six fois.

Mais pour le seul docteur permanent sur le site des Sanctuaires, le miracle de Lourdes, c'est la présence des malades, le fait que leur présence y soit tout naturellement acceptée.

Je pense être à un carrefour unique car c'est un lieu où les regards sont tournés en priorité vers la personne malade, handicapée (...), on ressent comme nulle part ailleurs la présence physique de leur chair. Et c'est un phénomène qui date des débuts, dès après les apparitions.

Le choc ressenti par le brancardier Alessandro de Franciscis en 1973 à Lourdes reste vif, et il voit aujourd'hui dans l'omniprésence des malades dans les Sanctuaires un signe divin qui dépasse le simple réconfort physique ou l'espoir d'une guérison: Lourdes a déplacé des millions de malades, pour seulement 67 guérisons reconnues miraculeuses.

©AFP


"La Vie Hospitalière" tient à rendre hommage à tous les bénévoles qui emmènent des malades, des handicapés, à Lourdes, bien des personnes hospitalisées, clouées dans leurs lits depuis des années ont ainsi une vision (au moins une fois par an pour les plus chanceux) d'une autre monde que celui restreint de leurs chambres.

Ce que par contre nous regrettons c'est tout le commerce qui s'est installé autour de cette grotte où serait apparue la vierge Marie. On peut croire ou ne pas croire, on peut y croire ou non, il y a toutefois là une incohérence flagrante entre les personnes bénévoles et les autres...dans un lieu où la souffrance et l'espoir se mêlent et où certains exploiteurs apparaissent peu respecteux des lieux...ce ne sont hélas, là, pas des apparences.

©LVH

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