mardi 5 avril 2011

L'avenir de la radiothérapie publique, en Ile-de-france, menacée par Claude Evin

Le Sénateur Michel Billout intervient une nouvelle fois auprès du ministère de la Santé, 
"La Vie Hospitalière" publie l'intégralité de son texte. 

M. Michel Billout attire l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée de la santé sur l’avenir de la radiothérapie en Seine-et-Marne. Ce département dispose en effet de quatre centres de radiothérapie :  deux relevant du secteur privé à but lucratif, un à but non lucratif et un public, situé au sein de l’hôpital de Lagny, un des deux seuls centres publics en Île-de-France, hors APHP. Une restructuration de la radiothérapie sur le département est actuellement envisagée par l’agence régionale de santé (ARS).

Sur ces quatre centres, seules les structures privées à but lucratif ne sont pas menacées de fermeture. À aucun moment, le renforcement des services de radiothérapie du centre de Forcilles et de l’hôpital de Lagny  n’a été, semble-t-il, envisagé alors que ces deux structures disposent d’atouts considérables.

Le centre de Forcilles, associant radiothérapie, chimiothérapie et nutrition entérale et parentérale a acquis dans ce domaine une expérience exceptionnelle de 35 ans (installation de la radiothérapie en 1975) qui lui a conféré une réputation nationale et internationale. Il est par ailleurs très bien noté par l’Autorité de sûreté nucléaire : « La réalisation quasi-exhaustive des contrôles de qualité interne des installations de radiothérapie et les contrôles techniques de radioprotection sont un point fort du service. Le processus de formation et d’habilitation du personnel du service de radiothérapie est également un point fort. » Il ne doit pourtant aujourd’hui son maintien qu’à une décision du tribunal administratif de Melun, en date du 30 mars 2010.

Le service de radiothérapie de Lagny est, quant à lui, exemplaire tant au niveau des compétences que du savoir faire, reconnu parmi les patients ainsi que par l’ensemble de la profession. Il est menacé de fermeture au profit d’une clinique privée parce qu’il n’atteindrait pas le fameux seuil de 600 patients par an puisque ce service n’en reçoit que 550. Il manquerait donc un patient par semaine pour atteindre un seuil qui n’est, par ailleurs, justifié par aucun critère scientifique.  De plus, l’ARS indique souhaiter éviter ce que l’on pourrait appeler l’évasion médicale en incitant les malades à se soigner plus près de chez eux. La question est donc de savoir si la disparition de deux centres sur quatre permettra de répondre à cet objectif.

De véritables coopérations entre structures pourraient, au contraire, être envisagées afin de préserver et développer ces structures tout en permettant aux patients de continuer de choisir leur lieu de soin.

Le maintien des deux seuls centres de radiothérapie du secteur privé à but lucratif ne pouvant être garant à lui seul d’un accès au soin pour tous, quels que soient les revenus, dans des délais de prise en charge raisonnables pour ce type de maladie, il souhaite donc connaître les mesures que compte prendre le Gouvernement afin d’assurer l’accès et le développement pour tous les usagers des structures de radiothérapie en Seine-et-Marne, dont le très vaste territoire couvre la moitié de l’Île-de-France.

Michel Billout
Sénateur

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire