lundi 6 décembre 2010

Position de l'AMUF concernant la mise en place des ARS et la restructuration de la PDSH

Mise en place des ARS et restructuration de la Permanence Des Soins Hospitalière (PDSH) : Position de l’AMUF


L’AMUF exprime son inquiétude sur l’avenir des urgences, des SMUR et des SAMU dans le cadre de la restructuration de la Permanence Des Soins Hospitalière (PDSH) au sein des ARS.

Prolongeant leurs réflexions sur la concentration des plateaux techniques (blocs, imagerie...) la nuit, les ARS évoquent déjà la possibilité de fermeture nocturne des urgences des hôpitaux ayant perdu leur permanence des soins et envisagent de repenser les lignes de gardes des SAMU SMUR.

Après la fermeture des blocs de chirurgie et de maternité va-t-on assister à la fermeture (d’abord nocturne) des services d’urgences puis des SMUR des hôpitaux de proximité ?

L’AMUF réaffirme que les structures d’urgences et les SMUR des hôpitaux de proximité garantissent par leur maillage une égalité de traitement et d’accessibilité dans les soins urgents sur l’ensemble du territoire.
Depuis plusieurs années l’AMUF oeuvre pour la mise en place d’un maillage fiable, lisible et pérenne en s’opposant à toute décision pouvant remettre en cause le principe de préservation de ce réseau.

L’AMUF ne peut que constater jour après jour la volonté des directions ou des ARS de remettre en cause ce réseau pour raisons financières.

L’AMUF refuse ce constat et a décidé de lancer un grand mouvement national sur cette thématique. Contrairement aux idées reçues le renforcement de ce réseau des urgences et des smur doit être une priorité.

Dans ce contexte l’AMUF propose :

1. Concernant la réflexion des ARS sur le maillage des SMUR

L’AMUF demande le maintien du maillage actuel des SMUR ainsi que la sanctuarisation de son financement (MIGAC). Face aux difficultés croissantes de financement le risque est donc majeur de voir les établissements remettre en cause ce principe intangible du maintien du maillage des SMUR dans le cadre de la mise en application de leur contrat de retour à l’équilibre (CREF).

2. Concernant la réflexion des ARS sur la possibilité de remettre en cause les décrets urgences 2006.

L’AMUF refuse la remise en cause des décrets urgences 2006 qui ouvrirait la brèche permettant la fermeture nocturne des urgences des hôpitaux de proximités. L’AMUF réaffirme que chaque structure d’urgences doit rester une porte d’entrée 24H/24H dans le réseau des urgences conformément aux décrets 2006. Dès lors qu’une restructuration des plateaux techniques sera envisagée à l’échelle d’un territoire, elle devra s’accompagner d’un renforcement de l’offre des structures d’urgences et des SMUR et non d’un affaiblissement des urgences.

3. Concernant la tentation des ARS de remplacer les SMUR par un vecteur para  médicalisé protocolé (Infirmier Sapeur Pompier).

Les ISP « protocoles » ne peuvent venir en remplacement des SMUR. Les ISP dans le cadre de la détresse vitale ne se conçoivent que dans les zones éloignées des smur et en l’attente d’un smur. L’AMUF refuse la mise en place des ISP protocoles en prehospitaliers dans les zones couvertes par les SMUR qui ne correspondent à aucun besoin médical et contribuent à la gabegie financière dénoncée par plusieurs rapports parlementaires sur les SDIS.
En dehors de ce cadrage restreint, l’AMUF s’opposera à la validation des protocoles ISP en national.

4. Concernant les conditions de travail dans les structures d’urgences, les SAMU et les SMUR.

L’AMUF demande depuis plusieurs années la prise en compte de la pénibilité de nos métiers. Les restructurations actuelles au niveau des ARS vont accroitre les tensions au sein des structures des urgences des samu et des smur qui constituent le socle de sécurité de ce dispositif. Les conditions de travail doivent permettre le maintien d’équipes pérennes et fiables dans ces services. L’AMUF demande la mise en place du décompte horaire dans toutes les structures d’urgences samu smur et demande que cesse  immédiatement la politique du décompte en demi-journée sans considération des heures faites conduisant certains hôpitaux à imposer un temps de travail hebdomadaire minimum de 60 heures aux urgentistes.

5. Concernant la proposition des ARS de ne laisser qu’un seul établissement de garde par département dans certaines régions (IDF++).

La proposition d’une tête de pont par département est dangereuse et irréaliste. L’AMUF signale que les gros hôpitaux contestent ces mesures du fait de leur dangerosité pour la population. L’AMUF remarque l’absence de représentation des hôpitaux de proximité dans ces discussions. L’AMUF s’oppose à la réduction drastique de la PDSH au moment où l’hôpital public assure seul la PDS et demande que l’offre d’urgence de proximité soit renforcée en fonction des contraintes spécifique des territoires de santé de ces établissements.

6. Concernant l’offre de proximité.

L’AMUF a des propositions concrètes sur cette offre de proximité indispensable en cas d’éloignement géographique des centres « tête de pont » et met en garde les tutelles contre la tentation de réduire les urgences de proximité à des maisons de santé pluridisciplinaires ou des MMG. Les urgences et les SMUR  des hôpitaux de proximités doivent être maintenues 24h/24 et sont le socle fondamental du principe d’égalité dans l’accès aux soins urgents pour la population.

Pour le Conseil d’Administration de l’AMUF

Patrick PELLOUX
Président de l’AMUF
 
Bruno FAGGIANELLI
Secrétaire Général AMUF

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