samedi 9 octobre 2010

Manifestation des personnels du Centre hospitalier de Meaux

Aujourd'hui le gouvernement génère par ses orientations au cas où la retraite serait prise à 62 ans, encore plus de demandeurs d'emplois une 6ème journée nationale de grèves et de manifestations aura lieu le 12 octobre.

Malgré la désinformation permanente du gouvernement et des lobbies, aujourd’hui plus de 70% des citoyens jugent cette réforme injuste et dangereuse, parce qu’elle aggraverait le chômage et celui des jeunes en particulier.

Le nombre de citoyens opposés à cette réforme augmente chaque jour, mais aussi le nombre de ceux qui attendent avec impatience que la CGT et la CFDT changent de braquet et prennent leurs responsabilités (qui ne tente rien...a rien)

La première des responsabilités consiste à exposer sans langue de bois la situation actuelle : « Malgré 6 journées nationales de manifestations, malgré la mobilisation croissantes des salariés, malgré les efforts financiers consentis par ceux qui ont fait grève à plusieurs reprises, …le gouvernement et le Medef continuent à accorder que dédain et arrogance à ce que pensent et disent 70% des Français. 
Hormis le Président qui a perdu quelques points dans les sondages, les forces économiques et politiques qui ont voulu et obtenu cette réforme n’ont subi jusqu’ici aucun préjudice. Tant que leurs intérêts financiers et leur porte-monnaie ne sera pas menacé, elles ne feront aucune concession. Force est donc de constater que seule une grève reconductible, à partir du 12 octobre et notamment dans les secteurs mettant sérieusement en danger leurs sources de profit, pourra débloquer la situation. Si nous nous engageons dans cette voie, nous ne sommes pas surs de gagner. Si nous ne le faisons pas, nous sommes sur que les seniors devront travailler (ou rester au chômage) 2 ans de plus, contre leur gré et au détriment de l’emploi des jeunes ».

répliques de ce traumatisme ont eu lieu, notamment en 1986, contre la loi Devaquet. Ce sont en général des dissensions à l’intérieur du pouvoir en place qui donnent raison à la protestation. Une cristallisation peu probable

Un troisième « modèle » de protestation victorieuse n’est évoqué que pour mémoire car les conditions ne sont pas réunies pour son émergence. Il s’agit d’une cristallisation soudaine et massive de plusieurs revendications - comme celle des dockers ou celle des infirmiers anesthésistes se greffant sur le refus de la réforme des retraites - ou de colères latentes comme celles qu’entretiennent l’affaire Woerth-Bettencourt, voire la personne du chef de l’État. Une telle cristallisation est d’autant moins probable que, même divisés, les syndicats se comportent comme s’ils voulaient, par des cortèges répétés, épuiser l’énergie de la protestation. Ce qui permet à la réforme des retraites de suivre son petit bonhomme de chemin à un train de sénateur.

Qui peut sérieusement contester cette analyse de la situation ? Première conséquence, dans le cas où les dirigeants de la CFDT et de la CGT ne tiendraient pas ce langage de vérité : la mobilisation du 12 octobre pourrait bien marquer le début du reflux de la mobilisation. Parce que des millions de Français en seraient arrivés à la conclusion, à tort ou à raison, que les dirigeants de la CFDT et de la CGT ne font qu’accompagner et canaliser la colère de millions de citoyens. Deuxième conséquence : se trouveraient alors crédibilisée l’hypothèse d’un gentleman’s agreement entre le pouvoir et certains dirigeants syndicaux, hypothèse que d’aucun avaient émises suite aux déclarations déjà anciennes de Raymond Soubie « La situation est sous contrôle » et à celle de François Fillon le 5 octobre « Les principaux dirigeants syndicaux sont responsables ».

Les dirigeants de la CFDT et de la CGT doivent tenir un discours à la fois offensif et responsable, en plaçant au premier plan l’intérêt général. En expliquant que le refus du report à 62 ans n’est pas seulement la défense d’un avantage acquis et une question de justice (ce sont ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans qui seraient concernés). Mais que cette réforme est irresponsable et inacceptable, d’abord et surtout parce qu’elle aggraverait le chômage et celui des jeunes en particulier. Même les salariés de la SNCF et de la RATP sont fondés à s’opposer à une réforme qui aggraverait le chômage de leurs enfants ou de leurs conjoints. Les confédérations syndicales et les forces progressistes doivent impérativement replacer le refus de cette réforme dans une revendication plus large, celle d’une autre répartition du temps de travail.

Les confédérations syndicales ayant décidé de se revoir vendredi 8 octobre 2010, nous les invitons à définir une liste cohérente de revendications relevant de l’intérêt général qui devraient être portées par la grève reconductible à partir du 12 octobre. Par exemple :

· refus du report à 62 ans et à 67 ans pour le taux plein

· refus du cumul d’une pension de retraite et d’un salaire sans limite de revenu

· abrogation des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires

· rétablissement des contingents annuels autorisés d’heures supplémentaires

· majoration des cotisations chômage sur les heures dépassant les 1600 heures annuelles

· incitations au retour à 35 heures et à la semaine de 4 jours

Suite à la démolition de la loi sur les 35 heures, plus de 2 millions de salariés subissent le contrat de travail en jours, sans aucune référence horaire. Cette dérégulation qui se justifie au plus pour quelques dizaines de milliers de cadres doit être abrogée

Aujourd'hui la solidarité implique à tous les citoyens et citoyennes que si nous voulons que nos enfants aient du travail il nous faut quitter le marché de l'emploi au plus tard à 60 ans.
« Les Français n’ont pas besoin de travailler plus longtemps, mais de travailler tous ! »

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