samedi 12 janvier 2008

Témoignage : les cliniques bien soignées...

Les cliniques sont des groupes puissants qui n'aspirent qu'à une chose : pomper la securité sociale à son maximun. Ils abusent certaines fois, pour ne pas dire régulièrement. Ces  maniaques du profit creusent le trou de la Sécu.

 En effet, un groupe de cliniques, la Générale de Santé, a ponctionné exagérément la CNAM pendant des année. Un ancien cadre du groupe a dénoncé cette pratique. Depuis, il a été licencié.  Apparemment, ce groupe empochait 2 fois le montant remboursé !

( www.marianne2.fr/Quand-les-cliniques-privees-taxent-la-Secu-_a82022.html)
Note: voir l'extrait que nous publions après le post.

 D'autres escroqueries peu visibles sont manigancées tous les jours. C'est ce que me rapporte une infirmière qui travaille à mi-temps dans une clinique psychiatrique privée conventionnée de la  région parisienne.
Témoignage :


 "Diplômée depuis 1986, je suis une ancienne infirmière psy à la retraite. Pour arrondir mes fins de mois, je bosse dans une clinique psychiatrique conventionnée avec les  caisses d'assurance maladie et les mutuelles.  Cette clinique a pour vocation de soigner les troubles psychologiques et psychiatriques aigus ou subaigus.
 Je travaille dans une petite unité, seule pour 14 patients, tous autonomes. Ils souffrent généralement de TOC et de dépression. Jusque là, rien d'anormal, Sauf que les soignants ne peuvent pas  participer aux rencontres très précieuses entre le supposé malade et le psychiatre. Nous ne savons pas ce qui s'y dit, car le médecin ne nous en informe pas et le dossier de soins est informatisé,  protégé par un code. Les compte-rendus ne peuvent être consultés.
 La durée moyenne de séjour est de 1 mois. Dans mon unité, presque tout les patients partent au bout de 1 mois. Ca m'a intriguée. Je me suis renseignée auprès d'une secrétaire comptable avec qui  j'entretiens de bons rapports, qui m'a expliqué une chose étonnante. Les médecins abusent des patients et la CNAM. Je m'explique.
 Une malade qui rentre pour dépression passagère devrait rester hospitalisée 2 semaines si son état évolue bien. Or, les médecins font en sorte de la convaincre de rester 2 semaines de plus. En  général, elle accepte car un médecin est un médecin compétent et sérieux. L'escroquerie est de faire le maximun de profit. Les mutuelles complètent les frais de séjour pour une dépression un mois  seulement. Après, c'est à l'assuré de payer de sa poche le ticket modérateur. Inversement, même si la malade n'est pas vraiment guérie, au bout d'un mois on rapporte à la malade qu'elle est  beaucoup mieux et qu'elle peut parfaitement affronter ses angoisses, et qu'elle est priée de s'en aller.
 Il est vrai que l'occupation des chambres est toujours à 100%. Ils s'arrangent ainsi pour gagner de l'argent et ne jamais laisser des lits vides.
 Je suis écoeurée de ces pratiques qui doivent exister aussi sur toute la France. On dit que ce sont les français qui causent le trou de la Sécu. Bravo, les cliniques y participent beaucoup. Sans  réel efficacité thérapeutique.
 Je suis inquiet, non pour moi, mais pour les générations futures et en particulier mes petits enfants."

 Sans commentaire

Ce texte provient du blog dont le lien est ci-dessous:

http://viehopital.over-blog.com/article-15561811.html



   
Quand les cliniques privées taxent la Sécu…
Article de Pauline Delassus
 (17 Décembre 2007)


La Générale de Santé est accusée d’avoir encaissé, pendant plusieurs années, des remboursements abusifs de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

Les assurés ne sont pas les seuls à creuser le trou de la Sécu. Pendant quatorze ans, Slim Ghedamsi a été directeur adjoint de l’audit du groupe Générale de Santé. Ce groupe, numéro un du secteur des cliniques, avec 170 établissements pour un chiffre d’affaires en 2006 de 1,4 milliard d’euros, est accusé par Slim Ghedamsi, d’avoir alimenté sa trésorerie pendant plusieurs années avec des millions d’euros versés à tort par l’assurance maladie, 24 selon M.Ghedamsi. En 2001, un nouveau dispositif de caisses centralisées des paiements et des facturations des cliniques est mis en place à la Générale avec un système de caisses pivots prenant en charge tous les remboursements. Installé apparemment trop vite, ce système provoque un énorme bug informatique dans les chaînes de traitement de l’assurance maladie. Pendant deux ans, jusqu’à fin 2003, les caisses ne savent plus ce qui était payé et elles remboursent plusieurs fois les mêmes cliniques. « Dès 2001 j’ai prévenu qu’il y avait de grosses erreurs commises par la machine. On m’a écouté mais les remboursements prenaient beaucoup de temps » explique M.Ghedamsi. Dans l’année 2003, arrive un nouveau directeur général qui prend en compte ces erreurs : « Il s’est tout de suite demandé comment transformer ces indus en profit, continue l’ancien cadre, et il a fait passer une note confidentielle aux cadres indiquant la manière de procéder ». 

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnam) n’a jamais été prévenue de ces remboursements abusifs. « J’ai écrit au directeur de la Cnam le 10 avril 2004, j’ai également prévenu le directeur de la répression des fraudes, dès lors je suis rentré en conflit avec la direction de la Générale qui m’a licencié pour faute grave et harcèlement moral en 2005 » nous raconte très en colère Slim Ghedamsi qui, depuis, n’a cessé de se battre afin d’alerter l’opinion et les institutions sur cette fraude scandaleuse.

"L’affaire est sortie en février 2007 dans Le Canard enchaîné, a été reprise par le Parisien en novembre et par l’Humanité ce jeudi . L’Union des familles laïques (Ufal), une association de défense des assurés sociaux, a pris le dossier en main: « Je demande une intervention dans les comptes des cliniques, on ne sait pas combien en tout a été remboursé frauduleusement, c’est impossible que tout ait été récupéré » déclare le plaignant.

..."L’Ufal a été reçue par la Cnam, dont les représentants lui ont assuré que l’affaire était close et qu’il n’y avait plus aucun problème. « Nous avons des preuves montrant que tout l’argent n’a pas été rendu. La Cnam nous a assuré le contraire, c’est une institution qui se doit d’être transparente pourtant elle minimise étrangement les avantages des cliniques privées aux dépens des hôpitaux et je ne sais vraiment pas pourquoi» s’interroge Teper.
À la Cnam, la réaction du service de presse tient en une phrase : « C’est une affaire réglée ». Ils insistent : « Les sommes ont été récupérées, il ne reste que 475 000 euros en litige ». Les sommes en question ne sont pas précisées, « on ne sait pas de combien il s’agissait, ajoute-t-ils précisant finalement : En février 2007, un million d’euros étaient en litige ». L’affaire ne semble pourtant pas entièrement réglée puisqu’un groupe de travail a été formé à la Cnam pour suivre les évolutions du dossier, avons-nous appris auprès du ministère de la Santé qui a indiqué être « solidaire de la Cnam, victime d’une fraude grave ». La Cour des comptes s’est saisie de l’affaire, la Justice devrait suivre. Il reste cependant étrange que la Cnam, cible dans cette affaire, ne soit pas du tout encline à la poursuite de l’enquête. Quand les citoyens sont accusés de couler la caisse maladie par négligences et abus, les groupes privés semblent eux protégés, même par la victime de leurs entourloupes."


(Extrait sous copyright)

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